Congo/RDC. Ne restez jamais indifférent quand brûle la case du voisin…

TRIBUNE. En lisant les commentaires de nos voisins du Congo-Brazzaville qui demandent aux zaïrois (prenez cette appellation de leur part avec toute la charge de mépris et de condescendance) de ne pas se mêler de leurs affaires intérieures, je pense à la triste attitude que nous zaïrois avions affichée durant l’assassinat de Juvenal Habyarimana et le déclenchement du génocide rwandais.

Pour nous zaïrois de l’époque, les événements se déroulaient loin, très loin de Kinshasa sans nous apercevoir que la guerre au Rwanda n’était que la première étape pour atteindre son principal objectif consistant à faire main-basse sur le Zaïre, sur ses terres, sur ses richesses et qui, pis est, sur le bradage de la souveraineté de son peuple. 25 ans plus tard, on s’en aperçoit trop en retard avec les graves menaces de déflagration totale du pays que l’on vit présentement.

Ceci est ma conviction : les 12.000 hectares de terre arables octroyées par Sassou à Kagame, la décision parlementaire de faire entrer des officiels rwandais sans visa au Congo- Brazzaville, faisant ainsi suite à la massive pénétration en 1995 de 8400 réfugiés rwandais au Congo d’abord regroupés au camp de Kintete ( dans le faubourg de Brazzaville) avant d’être mêlés aux populations locales par des alliances matrimoniales avec des congolais de souche, s’il faut ajouter à cela l’installation d’une base militaire rwandaise à Mindouli, l’on est en face d’autant des facteurs indéniablement déclencheurs, à court ou à moyen-terme, d’énormes dégâts collatéraux autant contre les congobrazzavillois eux-mêmes que contre la stabilité générale de toute la sous-région de l’Afrique centrale.

Quelles que soient les injures que nous adressent ces jours-ci nos voisins, nous les zaïrois qui connaissons le mode opératoire de Paul Kagame, nous devons continuer à crier contre la politique de Sassou-Nguesso qui est en réalité le pendant actuel du genocide déclencheur de l’invasion du Zaïre en 1996.

Que nos voisins Congo-brazzavillois réécoutent la sagesse africaine qui interdit de rester bras croisés quand brûle la case du voisin ou encore d’y jeter de l’huile sur un feu déjà incandescent.Qu’ils aient l’intelligence stratégique de tirer les leçons utiles de ce qui se passe chez leur grand voisin pour ne jamais revivre la même expérience douloureuse.

Par Germain Nzinga

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