Page d’histoire. D’où Kongolu Mobutu a-t-il pris le nom de Saddam Hussein ?

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RETRO. Nous sommes en février 1991 en pleine opération militaire dénommée “Tempête du désert” sous couvert de laquelle les forces coalisées de l’Otan sous l’égide des États-Unis d’Amérique défendaient le Koweït contre la très puissante armée de Saddam Hussein.

Cette guerre du Golfe avait eu un retentissement international car on pouvait suivre en live sur nos petits écrans les bombardements de part et d’autre. La renommée de président irakien qui tenait momentanément tête contre la première puissance du monde avait alors pris une épaisseur considérable.

Et au même moment de la guerre du Golfe survint un incident militaire important à Kinshasa dans un bar situé non loin de Ungabusta en pleine commune de Gombe où les GI’S américains aimaient venir prendre leur rafraîchissement. Ce jour là de février 1991 tout avait dégénéré entre un groupe des GI’S qui, pour des raisons inconnues, s’était mis à molester des zaïrois/congolais présents sur place.

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Les marines américains (probablement sous l’effet de l’alcool) étaient déchaînés contre les pauvres zaïrois mis par terre et humiliés à un degré tel que la scène avait révulsé les cœurs des zaïrois qui suivaient à distance et qui avaient appelé au téléphone le capitaine Mobutu Kongolu qui était en pleine réunion de travail dans son bureau situé dans l’immeuble Sozacom. Ils lui expliquèrent l’humiliation que subissaient ses frères zaïrois de la part des GI’S qui avaient brandi des armes pour mieux imposer leur volonté de domination.

Aussitôt que Kongolu a entendu le mot « minduki » armes, il abandonna immédiatement la table de réunion, mobilisa ses hommes et prit les armes pour aller à la rescousse des zaïrois pris en otage par les marines. En bon officier, il organisa au préalable un plan de guerre qui consistait à ne pas attaquer frontalement l’ennemi mais l’encercler en réduisant progressivement le cercle jusqu’à le coincer.

Les marines se sont sentis pris brusquement au piège du capitaine Kongolu qui avait endossé sa tenue militaire pour cet affrontement. On était à deux doigts d’un affrontement militaire. L’atmosphère était électrique à Gombe.

C’est le Chargé d’affaires de l’Ambassade des États-Unis en poste à Kinshasa qui s’est vite dépêché sur place pour pouvoir éteindre l’incendie. Il avait demandé de négocier avec le capitaine Kongolu qui continuait à tenir encerclés les marines américains en infériorité numérique et en déficit de munitions.

A l’issue de cet affrontement, le capitaine Kongolu avait pu récupérer les congolais arrêtés et molestés par les américains et les acheminer illico aux Cliniques Ngaliema pour leurs premiers soins. Et cette libération des zaïrois était accompagnée des salves d’applaudissements de nombreux badauds congolais présents sur place et qui avaient commencé à crier “ Saddam Hussein, Saddam Hussein” en référence au grand leader irakien qui tenait tête en ce moment aux américains.

C’est donc à partir de ce haut fait d’arme que ce nom s’est répandu dans l’opinion publique à Kinshasa et à travers tout le pays au profit d’un homme qui, au dire de ses proches, n’aimait guère ce sobriquet car il avait déjà son nom de code “ DUBAI” dans les appels par Motorola et phonies. Le nom de Saddam Hussein lui était collé pour toujours dans l’imaginaire congolais pour la simple raison que ce jeune officier zaïrois âgé alors de 21 ans avait bravé l’Amérique en cette période où un seul chef sur terre, le leader irakien Saddam Hussein, savait le faire. C’est la rue congolaise qui a donné ce nom au capitaine Kongulu suite à cet acte de grande bravoure.

Repose en paix mon capitaine!

Par Germain Nzinga

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