Congo. Les TPMEA, cœur battant de l’économie congolaise (Branham Kintombo)

TRIBUNE ECO. En République du Congo, les Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises et l’Artisanat (TPMEA) ne se contentent pas de participer à l’activité économique : ils en sont la force vive, la source constante d’innovation et de résilience au cœur des territoires. De Brazzaville à Pointe-Noire, en passant par les zones rurales souvent éloignées des grands circuits économiques, ces promoteurs congolais réinventent chaque jour des réponses adaptées non seulement aux besoins de leurs communautés, mais aussi aux réalités, aux contraintes et aux enjeux propres à leur environnement local.

Pourtant, ce dynamisme se heurte encore à des obstacles bien connus : difficulté d’accès au financement, offre de formation technique encore à renforcer, ou encore faible accès à la commande publique. Ces freins limitent la capacité des TPMEA à se structurer, à croître et à créer davantage de valeur. Et pourtant, leur rôle est capital. En Afrique, les transactions des PME représentent la majeure partie de l’activité économique : elles constituent l’épine dorsale du tissu productif, avec plus de 90 % des entreprises et environ 60 % des emplois, dont une part significative occupée par des femmes et des jeunes actifs.

En République du Congo, comme ailleurs sur le continent, les TPMEA sont un levier central pour la structuration des filières locales et la construction d’une croissance plus inclusive, durable et portée par une économie nationale progressivement diversifiée.

Pour que ce potentiel se transforme durablement en croissance inclusive, l’accompagnement ciblé de ces promoteurs est une priorité nationale. Car ce n’est Pas uniquement de financement qu’il est question. Un soutien bien pensé, au bon moment, peut enclencher une transformation durable : un renforcement de compétences, un appui à la formalisation, ou encore une meilleure orientation vers les débouchés du marché peuvent suffire à faire toute la différence dans la trajectoire d’une TPMEA.

En 2023, ce sont plus de 500 TPMEA et artisans congolais qui ont pu bénéficier du soutien du Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnement (FIGA), notamment à travers des garanties de crédit bancaire et des services d’accompagnement non financier. Ce chiffre, en forte progression, témoigne d’un besoin réel et croissant. Mais il reste modeste à l’échelle d’un pays où l’entrepreneuriat informel reste majoritaire. C’est pourquoi le renforcement des dispositifs d’appui, en volume et en qualité, constitue un impératif si l’on souhaite libérer pleinement l’énergie économique portée par les TPMEA.

Cette dynamique d’accompagnement se manifeste également à travers des initiatives innovantes à fort impact social. Le programme Tatungueno, mis en œuvre par le FIGA, s’attache à favoriser la réinsertion socio-économique des ex-combattants en leur offrant un cadre structuré d’accès à l’entrepreneuriat.

Dans le même esprit, le label Kolisa valorise le savoir-faire artisanal congolais, tandis que le crédit Kolisa soutient l’essor des activités génératrices de revenus par un financement de proximité. Ces projets témoignent de la capacité de nos politiques publiques à conjuguer inclusion, valorisation des talents locaux et transformation économique durable.

Nous devons cultiver notre ambition. Responsables publics, partenaires techniques et financiers, acteurs privés : chacun doit faire corps pour construire un écosystème favorable à la réussite des promoteurs congolais. L’État continuera à impulser, en synergie l’alliance avec les acteurs bancaires, les incubateurs ou encore les collectivités locales. Accompagner les TPMEA, c’est construire dès aujourd’hui l’économie congolaise de demain – plus inclusive, plus locale, et plus résiliente.

Branham Kintombo, Directeur Général du FIGA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha