
TRIBUNE. La conjoncture politique en RD Congo a de quoi inquiéter. L’on assiste, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières congolaises, à une situation pour le moins volcanique.
En effet, au regard des alliances qui semblent se tisser en dehors du pays entre Joseph Kabila et certains opposants, de la colère qui gronde au sein de la population congolaise et dans les forces armées (FARDC), du tribalisme et de l’extrémisme décomplexés de certains Lubas qui suscitent l’animosité de la majorité, de la méfiance que manifestent à bas bruit certains chefs d’État de la région à l’égard de Félix Tshisekedi, de l’isolement sous-régional d’une RDC confrontée à une agression rwandaise soutenue à bas bruit par l’Ouganda, de l’occupation territoriale d’une partie du Nord-Kivu par le Rwanda et son M23…, tout porte à croire que le pays de Lumumba court un grand danger. Le cocktail est explosif.
Tout dépendra donc de la posture de Félix Tshisekedi et de son régime. À sa place, je me montrerai plus conciliant à l’égard de l’opposition et de la société civile, et j’enterrerai définitivement le débat sur le changement de la Constitution.
Toute tentative de défier l’opinion majoritaire, de modifier la Loi fondamentale et de museler les voix dissidentes ou critiques conduira à un affrontement sanglant… avec sans nul doute des implications au niveau régional qui pourraient précipiter le Congo tout entier dans une situation de chaos généralisé.
À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé…
Par Patrick Mbeko