Les FARDC et la MONUSCO traquent la milice CRP à Djugu

Les FARDC et la MONUSCO traquent la milice CRP à Djugu

L’armée congolaise (FARDC), appuyée par la MONUSCO, a lancé jeudi 9 avril des opérations contre la milice « Convention pour la révolution populaire » (CRP) dans les zones de Lodha et Fataki, dans le territoire de Djugu (Ituti). Un bilan provisoire fait état d’un militaire FARDC tué, 15 miliciens capturés et 22 armes récupérées.  Les casques bleus se sont également déployés pour sécuriser les sites de déplacés dans la zone.  Les menaces de la milice CRP se sont intensifiées ces derniers jours dans les localités de Lodha, Fataki et Bule, situées à environ 100 kilomètres au nord de Bunia, dans le territoire de Djugu. Pour faire face à cette situation, les FARDC ont lancé une opération contre ce groupe armé de Thomas Lubanga. Selon des sources sécuritaires, des affrontements ont été signalés depuis jeudi matin entre Fataki et Lodha, ainsi que dans les zones de Bule et Kaa. Au cours de ces combats, un soldat des FARDC a été tué. Quinze miliciens ont été capturés et 22 armes récupérées. À ce stade, les éléments de la CRP seraient en débandade et en repli dans la zone. La MONUSCO patrouille De son côté, la MONUSCO a intensifié ses patrouilles robustes, notamment au carrefour Lodha-Djaiba, afin de bloquer les mouvements des combattants. L’objectif est de protéger le site de déplacés de Lodha, régulièrement menacé par cette milice, qui accuse ses occupants de collaborer avec les FARDC. Par ailleurs, une autre unité des casques bleus a été déployée vers Bule pour renforcer la protection des civils. Ces patrouilles ont contribué à dissuader les groupes armés et à renforcer la sécurité des habitants. Radio Okapi

RD Congo/Mort de Willy Ngoma : que comprendre et à quoi s’attendre ?

RD Congo/Mort de Willy Ngoma : que comprendre et à quoi s’attendre ?

PARLONS-EN. La mort de Willy Ngoma, le très bavard porte-parole du M23, tué, dit-on, lors d’une frappe de drone attribuée aux FARDC, suscite des réactions pour le moins contrastées. Entre les soutiens du pouvoir à Kinshasa qui s’en réjouissent ouvertement et les critiques du régime qui adoptent une posture attentiste, l’observateur neutre que je suis s’interroge : que s’est-il réellement passé à Rubaya, et que révèle cet épisode dans la séquence politico-militaire en cours ? Willy Ngoma a-t-il réellement été atteint par une frappe de drone des FARDC ? Si tel est le cas, comment expliquer l’absence d’images alors que ce type d’opération s’accompagne souvent, volontairement ou non, d’enregistrements qui circulent rapidement ? Plus encore, pourquoi le gouvernement congolais demeure-t-il étonnamment silencieux sur une action qui, si elle était confirmée, constituerait un succès militaire et symbolique ? Cet effacement est-il un choix tactique, un signe de prudence diplomatique, ou l’indice que la version la plus répandue n’épuise pas la vérité des faits ? Autre interrogation : pourquoi le Rwanda, principal soutien du M23, adopte-t-il un mutisme aussi calculé ? Faut-il y voir la volonté de ne pas assumer publiquement un revers, de préserver une marge de dénégation, ou de préparer une riposte sans s’exposer sur le terrain diplomatique ? Autant de questions qui, au-delà du sort d’un homme, renvoient à une interrogation plus large : assiste-t-on à un simple épisode de guerre, ou au signal d’un tournant dans la dynamique du conflit et dans la bataille des récits qui l’accompagne ? Deux observations s’imposent. Tout d’abord, Ngoma, comme Corneille Naanga, n’était que le visage congolais d’un dispositif politico-militaire qui n’a de congolais que le nom. Autrement dit, un figurant sur un échiquier dont il ne maîtrisait ni les articulations ni les subtilités. Sa mort, en soi, n’est donc pas un événement majeur. Mais elle pourrait devenir un casus belli pour le Rwanda et le M23, contraints récemment de battre en retraite sous la pression américaine après la prise d’Uvira. De là découlent deux hypothèses. La première : une opération sous faux drapeau Rwanda/M23 (sorte de règlement de compte interne) visant à attribuer à Kinshasa la responsabilité de l’escalade militaire qui suivrait la mort de Ngoma ⸺ ce qui placerait les États-Unis dans une position délicate. Le régime de Paul Kagame a souvent excellé dans l’art d’attribuer à autrui la responsabilité des crimes commis par ses hommes. Pendant la guerre civile au Rwanda, l’ancienne rébellion tutsie du FPR, aujourd’hui au pouvoir à Kigali, n’hésitait pas à assassiner des personnes qu’elle avait en aversion, parfois en se déguisant en forces régulières, uniquement pour multiplier les occasions d’accuser le président Habyarimana, que la presse internationale vouait déjà à la réprobation. Kagame a réédité ce type de procédé au Zaïre, entre juillet et octobre 1996, pour justifier l’invasion des forces de l’AFLD encadrées par l’armée rwandaise. La seconde hypothèse est celle d’une guerre totale assumée par Kinshasa, avec le soutien de ses partenaires. Si tel est le cas, alors la suite des événements ne dépendra pas de la capacité du M23 à maintenir sa cohésion, mais de la manière dont Kigali, son parrain, choisira de réagir. Et quoi qu’il advienne, l’arbitrage final appartiendra à Washington, partenaire des deux capitales dans l’exploitation des minerais critiques de la RDC. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko

RD Congo. Après une courte accalmie, de violents affrontements éclatent entre FARDC et CRP à Bule

RD Congo. Après une courte accalmie, de violents affrontements éclatent entre FARDC et CRP à Bule

De violents affrontements ont été signalés ce mercredi 4 février au centre commercial de Bule, dans le territoire de Djugu, entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens du groupe armé Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga. À la suite des combats qui ont éclaté en plein centre de Bule, les habitants qui tentaient de regagner leurs domiciles ont de nouveau pris la fuite ce mercredi. Les activités socio-économiques, qui reprenaient timidement depuis quelques jours, sont à nouveau complètement paralysées. Six heures de combats Selon des témoignages recueillis sur place, les combats ont éclaté vers 8 heures du matin, heure locale, dans la localité de Nglé, non loin du site des déplacés installé dans la plaine de Savo. Un habitant, réfugié dans cette zone pour se mettre à l’abri des tirs, affirme que les premières détonations ont semé une vive panique au sein de la population, composée en grande partie de personnes déplacées internes. Les affrontements se sont ensuite poursuivis jusqu’au centre commercial de Bule. Les échanges de tirs auraient duré près de six heures, d’après des sources locales. Des témoins rapportent que des éléments de la CRP sont de nouveau visibles au centre commercial de Bule, où les rares commerces ayant rouvert après une courte période d’accalmie ont aussitôt fermé leurs portes. Un climat d’insécurité persistant Ces nouveaux affrontements surviennent à peine une semaine après la visite conjointe des autorités militaires des FARDC et de la MONUSCO dans cette entité. Cette mission visait à rassurer les habitants sur la protection des civils et à rétablir la confiance entre la population et les forces de sécurité. Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué et les responsables de l’armée n’ont pas encore fait de déclaration à ce sujet. Radio Okapi

RD Congo. Les dessous de l’échec de l’Accord de Washington…

RD Congo. Les dessous de l’échec de l’Accord de Washington…

Comme je l’avais annoncé la semaine dernière, la dernière sortie médiatique de Boulos, l’émissaire du président Trump en Afrique, et son langage diplomatique alambiqué n’auguraient rien de bon pour le destin du Congo. À la dernière minute, on apprenait que le gouvernement congolais a fait marche en arrière et voici pourquoi. Il suffit de regarder ces quatre clauses de l’Accord pour en avoir l’explication. 1. Intégration des rebelles dans les FARDC 2. Retrait conditionné des troupes rwandaises 3. Cogestion des provinces de l’Est avec le Rwanda (et Ouganda) 4. Cogestion de nos rivières et forêts avec le Rwanda Qu’en dire? Analysez bien ces quatre points et vous comprendrez que le point commun c’est le STATUT même de la RDC en tant qu’Etat indépendant et SOUVERAIN qui est mis à vil prix. Ces quatre points insinuent que la RDC est devenue une “petite” province du Rwanda, gérée non point à partir de Kinshasa mais de Kigali. Le très sale jeu politique en marche ces jours-ci d’exploiter la condamnation de Kabila, d’espérer tirer profit de sa probable vengeance politico-militaire pour plier la RDC et pour la mettre à feu et à sang se comprend dans l’optique de cette volonté cynique des puissances occidentales de rendre le Congo ingouvernable pour imposer leur vieux schéma d’implosion du pays. Malheur à tout politicien qui, par naïveté politique, a cru sécuriser les frontières de notre pays en se jetant dans le bras de cette puissance-là même qui se veut le commanditaire d’un Rwanda qui n’est qu’un simple sous-traitant. Il aura à rendre des comptes à l’histoire et au peuple congolais pendant que ce même peuple ne se laissera jamais faire et lui survivra. Par Germain Nzinga

RDC. Uvira… la ville de tous les enjeux !!!

RDC. Uvira… la ville de tous les enjeux !!!

PARLONS-EN. Depuis la chute de Bukavu en février 2025, les autorités provinciales du Sud-Kivu se sont repliées à Uvira, faisant de cette ville le nouveau siège des institutions provinciales. Mais pas seulement…. c’est également ici que l’armée congolaise (FARDC), appuyée par ses alliés (la Force de Défense Nationale du Burundi et les Wazalendo) a établi ses positions fortifiées. Cette photo, prise depuis Bujumbura (capitale du Burundi), illustre bien la complexité de la position géographique d’Uvira. Sans entrer dans une analyse des forces militaires en présence, je voudrais simplement partager une analyse descriptive, pour mieux faire comprendre à chacun l’importance stratégique de cette ville dans le contexte actuel. – À l’ouest, les hauts et moyens plateaux d’Uvira abritent de nombreux villages où vivent principalement les communautés Bafuliru, Banyamulenge et Banyindu. C’est également là que se trouve Mulenge, localité à l’origine du nom « Banyamulenge ». L’histoire récente a montré que celui qui contrôle les hauts et moyens plateaux d’Uvira possède un net avantage sur ceux qui tiennent uniquement la ville. Aujourd’hui, les combattants Banyamulenge « Twirwaneho », ayant fait allégeance à l’AFC et pris le contrôle de plusieurs localités dans ces zones (ainsi que dans les hauts et moyens plateaux de Fizi), bénéficient de cet avantage stratégique. C’est à Uvira que j’ai vécu la guerre de l’AFDL… J’ai encore en mémoire les épisodes d’août/septembre 1996, lorsque Mobutu avait dépêché des milliers de soldats zaïrois à Uvira pour combattre ce que l’on qualifiait alors de « révolte des Banyamulenge ». Chaque jour, des centaines de blessés revenaient des affrontements menés sur ces hauteurs, confirmant qu’en terrain montagneux, la personne positionnée en altitude domine presque toujours celui qui se trouve en contrebas. La tactique actuelle de l’AFC laisse entrevoir une volonté claire d’encercler Uvira par les hauteurs, comme l’illustre la récente prise stratégique de la localité de Rurambo. – A l’est, le lac Tanganyika forme une frontière naturelle entre la RD Congo et le Burundi. Uvira n’est en réalité qu’une étroite bande de terre (parfois large d’à peine 500 mètres) coincée entre deux obstacles majeurs : le lac Tanganyika d’un côté et les hauts et moyens plateaux de l’autre. En cas d’encerclement et de combats, la configuration géographique de la ville la rend particulièrement vulnérable. Le lac, infranchissable dans un contexte de conflit, ferme toute possibilité de fuite vers l’est. La seule issue terrestre reste alors le poste frontalier de Kavimvira, menant à Bujumbura, la capitale burundaise. – Au Nord, s’étend ce que l’on appelle « Plaine de la Ruzizi ». Sur près de 90 kms, elle regroupe une dizaine de localités faisant partie intégrante du territoire d’Uvira. Aujourd’hui, cette zone est sous le contrôle des FARDC et de leurs alliés (Burundais et Wazalendo). D’après les témoignages de ceux qui s’y sont rendus récemment, la plaine de la Ruzizi ressemble à une véritable forteresse imprenable, compte tenu du nombre important d’élements FARDC, de soldats burundais et de Wazalendo qui y sont déployés. L’armée congolaise contrôle ainsi toutes les localités de la Plaine de la Ruzizi, jusqu’au niveau de la localité de Katogota, où sont positionnées les forces de l’AFC/M23. De Katogota à la frontière rwandaise (Province de l’Ouest), c’est environ 8km. Toute tentative de capture de la ville d’Uvira passerait donc nécessairement par la prise de toutes ces localités sur les 90 kms de la plaine de la Ruzizi. Il faut également noter que cette bande territoriale est frontalière des anciennes provinces burundaises de Cibitoke et de Bubanza. Du temps de la guerre de l’AFDL, lorsque le Burundi était engagé aux côtés des rebelles, la conquête de la plaine de la Ruzizi ne représentait pas une difficulté majeure. Aujourd’hui, les enjeux sont radicalement différents. – Au sud, les territoires de Fizi et de Kalemie, accessibles aussi bien par la route que par le lac Tanganyika. Lors de la chute de Bukavu, par exemple, tous les éléments des FARDC repliés à Uvira avaient fini par embarquer sur des bateaux depuis le port d’Uvira, cap sur Kalemie. Par Benjamin Babunga Watuna Penseur libre

Ce tournant dans la guerre en RDC…

Ce tournant dans la guerre en RDC…

TRIBUNE. Ceux qui ont un regard averti ont pu observer un tournant majeur dans la guerre qui se déroule en RDC. Au moment où, après la défaite de Goma, les FARDC refusaient de se battre et qu’on a vu des villes tomber les unes après les autres sans coup férir, l’on entend brusquement des sanctions des USA contre des dignitaires rwandais puis des condamnations du Rwanda par l’UE, ces deux puissances protagonistes mêmes du conflit congolais et qui financent par millions de dollars les RDF et leurs opérations militaires en RDC. Pendant que je lis par-ci par-là la jubilation des intellectuels congolais qui voient en tout ça la victoire de la diplomatie congolaise, je choisis de rester circonspect. La question fondamentale et cruciale que je me pose depuis une semaine est la suivante : quelle est la logique souterraine à ce brusque changement ? Trois hypothèses à cela. 1.En 2024, une règle d’or a été violée dans le processus de la guerre de basse intensité qui se déroule en RDC. L’invasion de Goma par une armée d’un pays étranger et devant les caméras du monde a brisé l’omerta que le Rwanda et ses commanditaires occidentaux avaient réussi à imposer, 25 ans durant, sur les massacres humains à vaste échelle, sur les viols massifs des femmes et bien entendu sur les pillages systématiques des richesses congolaises dont eux étaient devenus acheteurs et recéleurs. La plupart des médias du monde ont diffusé jour et nuit les images de massacres de 3000 congolais à Goma et ça a suscité l’indignation du monde et la bascule de l’opinion internationale en faveur du Congo. Les puissants se sont vite aperçus du danger d’afficher publiquement leurs alliances avec le régime rwandais sanguinaire et se sont pris à des condamnations pour masquer leur complicité aux crimes et donner de bonnes apparences. 2.Ils savent que, quelle que soit ta puissance militaire, tu ne peux vaincre un pruol qui te déteste, un peuple dont tu n’as pas gagné au préalable les cœurs et les esprits. Dans la bataille géopolitique qui se déroule en RDC entre l’Occident et la Chine pour le contrôle des minerais congolais, il s’avère nécessaire de ne pas s’afficher publiquement de peur de s’aliéner l’affection de l’opinion congolaise. Ils ont donc choisi la duperie et la ruse en utilisant un « LIEUTENANT » africain qui assure la sale besogne de pillages et des massacres opérés par des multinationales occidentales. D’où l’attachement des occidentaux à la personne de Kagame en dépit du sang de millions des congolais sur ses mains. Comparativement à la guerre de Gaza et de l’Ukraine qui a vu tomber les condamnations de juridictions internationales sur Netanyahu et sur Poutine, cela n’a pas été le cas pour le Congo-Kinshasa. Tout le monde sait que c’est le Rwanda qui a envahi le Congo voisin et pourtant les condamnations ont épargné le concepteur et meneur de la guerre notamment Paul Kagame. En se contentant de condamner des fretins comme James Kabarebe et Lawrence Kanyuka, ces puissants occidentaux procèdent à la DIVERSION comme pour dire entre les lignes, que la guerre et le soutien à notre proxy continuent, nonobstant les apparences. Pour preuve, l’administration Trump n’a pas coupé l’aide annuelle de 200 millions de $ destinés depuis des décennies à l’armée Rwandaise. Tout comme l’Union européenne qui tempête ces derniers temps mais elle n’a pourtant pas annulé ses accords UE-Rwanda sur l’exploitation des matières premières congolaises. Ce mode opératoire de crier sur les toits du monde via des sanctions ou des condamnations de l’ennemi pendant qu’on est resté en parfait accord avec lui se verifie même à l’intérieur du Congo où n’ont jamais été défenestrés des FARDC tous ces infiltrés rwandais mixés ou brassés ni encore n’ont jamais été annulés les fameux accords sécuritaires et économiques signés par Felix Tshisekedi en juin 2021 à l’avantage du Rwanda. Bref ici et là, le politique occidental et/ou congolais joue sur la forme tout en sauvegardant intégralement le contenu dudit système. 3.Pour tout dire, ces brusques condamnations de la communauté internationale sont relatives à la forte pression de l’opinion occidentale qui a vu diverses images d’horreur à l’Est du Congo. Elles sont purement COSMÉTIQUES et il s’agit ici de jouer avec le temps et avec l’amnésie des congolais pour espérer reprendre tôt ou tard là où ont été suspendus momentanément les pillages du Congo via Kagame ou via un autre nègre de service adapté à ce rôle. Et de fait si dans l’avenir ils se sentiront obligés de se débarrasser de Paul Kagame ou de Tshisekedi, ces puissants ne nous donnent aucune garantie de mettre fin à ce système de prédation dans son ensemble car il les nourrit et les engraisse. Ils changeront des acteurs mais pas le système. Ils ne vont pas arrêter de soutenir le Rwanda ou la sous-traitance d’un pays tiers. Cessons d’être naïfs et sachons que ça se chuchote déjà dans les couloirs du bureau de l’UE à Bruxelles que ces condamnations sont juste pour préparer l’opinion du monde à l’envoi imminent des troupes française et belge à l’Est du Congo en remplacement des troupes rwandaises à qui l’ordre a été donné de quitter progressivement Bukavu et Goma. C’est bien là le piège. Le retrait du Rwanda pour être remplacé par la France ou l’ex-puissance coloniale belge dans la région des grands lacs amorce une nouvelle page d’histoire d’occupation du Congo. Comme nous l’a prouvé la Monusco, ces troupes occidentales ne viennent pas pour consolider la paix durable au Congo. Elles viennent pour garantir la mainmise occidentale sur les resources congolaises. Il a donc raison l’euro-député Marc Botenga qui au sortir d’une session parlementaire du vendredi dernier, faisait ce coup de gueule : «cessez de soutenir le Rwanda, de signer des contrats avec lui ou de lui fournir les armes et la guerre finira ». Mais voyons! ils ne peuvent pas et ils ne veulent pas que cette guerre finisse car ce chaos organisé en RDC fait même partie de la mécanique du capitalisme sauvage

RDC/Rwanda. “DELENDA CARTHAGO EST“…

RDC/Rwanda. “DELENDA CARTHAGO EST“…

TRIBUNE. “Le seul président que j’aime en Afrique, c’est le président du Rwanda, Monsieur Kagame qui œuvre au développement de son pays.”, cette grosse affirmation sort de la bouche du nouveau président des États-Unis, Donald Trump qui l’a prononcée samedi dernier devant un parterre de journalistes, à l’heure même où la diaspora congolaise manifestait à Paris contre l’invasion militaire rwandaise du territoire congolais. Un autre soutien à Kagame vient du gouvernement israélien prêt à se ranger à côté de Kagame dans sa sale besogne contre le peuple congolais. Puis celui de l’ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, qui a ouvertement porté son soutien au Rwanda contre la RDC. Il reconnaît aux rwandais le droit d’envahir l’Est du pays pour défendre les terres occupées par leurs frères « banyamulenge ». On ne parle même plus de balkanisation mais c’est carrément d’annexion au Rwanda des deux Kivus. Et justement durant cette manifestation de la diaspora congolaise à Paris, à laquelle se sont joints beaucoup d’étrangers dont de nombreux européens, un honorable député français a dénoncé haut et fort aussi bien la présence d’une base de l’Otan au Rwanda que le plan britannique de récupération des sans-papiers et toutes ces multinationales devenues les receleurs des minerais pillés en RDC. Il en a voulu à l’UE qui alimente les conflits via ces accords scélérats et surtout la France qui n’assume pas son rôle de médiateur pour relever ce premier pays francophone du monde. Il demande d’arrêter cette complaisance vis-à-vis de Kagame et vis-à-vis du Rwanda. De toutes ses déclarations, une a principalement retenu mon attention, la présence d’une base militaire de l’OTAN au Rwanda. Jusque là tous les analystes parlaient en termes de financement et de soutiens logistiques portés par les puissances occidentales à l’armée Rwandaise jusqu’à ce que les congolais découvrent la présence des militaires occidentaux dans les troupes rwandaises attaquant le territoire congolais. Parmi les victimes tuées par les FARDC sur le champ de bataille se comptent beaucoup de militaires blancs. La guerre n’est plus entre la RDC et le Rwanda ni entre pays africains aidant l’un de deux belligérants. La guerre a pris une dimension internationale et le Rwanda sert simplement de paravent à une armée à plusieurs tentacules. Ça me fait penser aux cochonneries que ces otaniens ont voulu faire contre la Russie en se servant de l’Ukraine. Si la RDC compte encore des élites intellectuelles sérieuses, ces dernières doivent réfléchir le plus vite possible sur les bénéfices de la stratégie anticipative de Poutine, sur la modalité de plier le Rwanda avant que celui-ci ne devienne la plaque tournante d’essaimage de conflits et des prédations occidentales en Afrique des grands lacs. Comme ces puissants se cachent derrière leur sous-traitant désormais connu de tous, si la cohésion intérieure congolaise venait de se constituer et que le protégé des occidentaux arrivait à être défait, les commanditaires de ce dernier seront bien obligés de reculer et de revoir leur plan de destabilisation du Congo. Ils seront bien forcés de capituler comme ils l’ont fait à Kiev. À la lumière de la sagesse de Caton l’ancien au moment où Rome perdait pied dans les longues guerres puniques qui l’opposaient à Carthage, le gouvernement congolais doit adopter son mot d’ordre: “Delenda Carhago est”. Et pour appliquer cette stratégie de Caton sur ce qui se passe en RDC, il faut que désormais la meilleure défense qui vaille pour ce pays agressé soit l’attaque et la neutralisation du lieu d’où provient ce chaos organisé. Ceci est une question de survie ou de disparition de la nation congolaise. Germain Nzinga

RD Congo. Le pouvoir, les Lubas et le problème de cohésion nationale

RD Congo. Le pouvoir, les Lubas et le problème de cohésion nationale

LIBRES PROPOS. Je suis de ceux qui estiment que la victoire militaire contre le Rwanda et ses supplétifs du M23 passe par une vraie cohésion et l’unité des Congolais. C’est d’ailleurs l’une des suggestions que j’ai faites au régime de Félix Tshisekedi lors d’une émission. Ceci dit, peut-on vraiment affirmer que les Congolais sont aujourd’hui divisés au moment où leur pays est confronté à un vrai problème existentiel ? La réponse est à la fois OUI et NON. OUI, parce que la réalité de cette division est perceptible. NON, parce que cette division résulte davantage d’une rupture entre la grande majorité des Congolais et le régime de Félix Tshisekedi perçu comme un pouvoir tribal soutenu essentiellement par des Lubas. Comme j’ai eu à le souligner, les Congolais soutiennent leurs forces armées (FARDC) et les Wazalendos, mais rejettent le régime de Kinshasa. Ce qui apparaît comme un problème social profond n’est que le symptôme d’un mal résultant du comportement d’un groupe d’ethnocrates sans scrupules. La division supposée des Congolais est en réalité une rupture entre le peuple et un pouvoir tribal soutenu par les siens. Dans cette optique, doit-on parler de problème de cohésion et d’unité nationales ? Dans une certaine mesure OUI, parce que les Lubas qui soutiennent ce qu’ils appellent eux-mêmes « pouvoir na biso balubas » (notre pouvoir à nous les lubas) sont des Congolais au même titre que les autres Congolais… quand bien même chez eux la tribu passe avant la mère patrie. Le vrai problème n’est pas celui de la cohésion et de l’unité nationales, mais du rapport de certains Congolais tribalisés (privilégiant la tribu à la mère patrie) à leur pays et leurs compatriotes d’origine ethnique différente. Alors que la grande majorité des Congolais, ethnies et/ou tribus confondues, se mobilisent pour défendre leur pays face aux assauts du Rwanda et de son M23, les ethnocrates lubas sont, eux, préoccupés par rien d’autre que la préservation de « leur » pouvoir, mobilisant pour ce faire les artifices de l’ubwenge pour arriver à leurs fins. Tous les discours sur le soutien aux FARDC, la cohésion nationale et « l’unité derrière le chef de l’État » concourent à cela. Seulement voilà : les Congolais dans leur majorité ne sont pas dupes. On ne construit pas dans le déni de la réalité, le mensonge et la fourberie. Félix Tshisekedi et ses frères de tribu doivent se surpasser pour convaincre de leur bonne foi, car le mal est profond. Outre la gouvernance problématique du régime, le tribalisme de certains de nos compatriotes Lubas a causé et continue de causer d’énormes dégâts dans la société congolaise. Le Rwanda et son M23 le savent pertinemment et l’exploitent… Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko