INTERVIEW. Beb Adon Ousmane Philemon, l’ancien sans-abri, au chevet des migrants et des plus démunis

MAROC/CAMEROUN. Président-fondateur de l’Association des migrants et démunis (A.M.D), une organisation qu’il a fondée en 2020, Beb Adon Ousmane Philemon est un ex sans-abris résidant à Casablanca. Arrivé au Maroc en 2012, dans des conditions extrêmement difficiles, ce Camerounais compte parmi les rares migrants subsahariens parvenus en l’espace de quelques années à changer leur vie. L’agent de sécurité qu’il est entre-temps devenu se dit très fier des changements intervenus dans sa vie. Entretien.

Pagesafrik : Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je suis Beb Adon Ousmane Philemon, ex sans-abris d’origine camerounaise et président-fondateur de l’Association des migrants et démunis (A.M.D), une organisation créée en dans le but de venir en aide aux migrants en grande difficulté et faire émerger les talents et savoir-faire de ces derniers.

Pagesafrik : Comment a-t-elle justement vu le jour et quels sont ses principaux objectifs ?

L’idée de créer l’A.M.D m’est venue suite à tout ce que j’ai vécu dans le passé. J’ai en fait décidé de fonder cette organisation après avoir vécu le pire dans la rue pendant 1 an et demi.

Comme je vous l’ai annoncé dans ma présentation, je suis un ancien sans-abri. Pour n’avoir pas pu réaliser mon rêve de devenir un grand athlète, un champion d’haltérophilie de haut-niveau et prétendre défendre les couleurs de l’équipe nationale d’haltérophilie du Cameroun, j’ai dû quitter mon pays dans l’espoir de trouver une vie meilleure sous d’autres cieux.

Cela n’a pas été facile, je dirais même très difficile. En effet, j’ai dû traverser le désert du Sahara par la route avant d’arriver au Maroc où je réside depuis 2012.

Je peux dire qu’à la création de l’A.M.D, je m’étais déjà fixé comme objectif de venir en aide aux migrants subsahariens vulnérables vivant des situations critiques et des plus déplorables, particulièrement aux mères d’enfants et aux sans-abris.

Pagesafrik : Vous avez organisé en juin dernier un concours « Miss Ebène Afrikan New Talents Migrantes subsaharienne du Maroc. Quelle en était l’intérêt ?

L’idée derrière ce programme était en réalité de faire émerger les talents cachés des personnes migrantes vulnérables et non tout autre chose.

Nous avons remarqué qu’il y a plusieurs profils de génie parmi les migrantes vivant au Maroc dans la peinture, la couture, la confection, entre autres…  L’organisation de Miss ébène Afrikan New Talents Migrantes subsaharienne du Maroc entendait ainsi faire éclore les meilleurs talents cachés afin de les assister et leur trouver des partenaires pouvant les accompagner à vivre pleinement de leur passion au Maroc.

Nous saisissons l’occasion que vous nous tendez pour annoncer qu’une nouvelle activité destinée à leur apprendre à pêcher sera organisée à l’occasion de la deuxième édition que nous comptons réaliser le 8 mars 2023 dans le cadre de la journée internationale de la femme. Nous comptons à cette même occasion mettre en lumière la culture africaine subsaharienne et, naturellement, contribuer de nouveau à faire émerger de nouveaux talents.

Pagesafrik: Que faites-vous de vos journées ?

Dans le cadre des activités mises en place au sein de notre association, j’organise chaque année des formations gratuites en cuisine, pâtisserie, esthétique, coiffure et couture moderne.

A part ça, je suis un agent sécurité dans un l’hôtel casablancais. Et, j’ai repris à faire de l’haltérophilie : j’évolue au sein du championnat marocain d’haltérophilie.

Pagesafrik: Quels sont les projets que vous comptez mettre en place en 2023 ?

Pour 2023, nous comptons élargir les activités de notre Association à d’autres villes du Maroc où l’on trouve également des migrantes subsahariennes en difficulté.

Bien sûr que nous tenons à organiser la deuxième édition du concours « Miss Ébène Afrikan New Talents Migrantes subsaharienne du Maroc ». Nous allons nous y mettre encore cette année pour assister et accompagner les migrants et démunis. Il est aussi question d’insertion, de formations professionnelles et d’assistance dans le domaine de la santé.

Propos recueillis par Martin Kam

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