Beb Adon Ousmane Philemon : «Vivre la Coupe du monde au Maroc est une fierté pour tous les Africains»

Athlète en haltérophilie d’origine camerounaise, Philemon Beb Adon Ousmane évolue au sein du club le Coq de Bernoussi à Casablanca, sous la direction du coach Hicham. Dans cet entretien, il nous livre ses impressions sur l’organisation par le Maroc du Mondial 2030 et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Pagesafrik/Libé : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? PBAO: Je suis Philemon Beb Adon Ousmane, international camerounais en haltérophilie. Je suis résident au Maroc et je participe au championnat du Maroc et à la Coupe du Trône d’haltérophilie. Actuellement, j’évolue au niveau du Club Olympique de Bernoussi, sous la direction du coach Hicham. Le Maroc, aux côtés du Portugal et de l’Espagne, organisera le Mondial 2030. Quelles sont vos impressions ? C’est une excellente opportunité pour le Maroc, un pays en pleine émergence dans de nombreux domaines, comme on peut le constater dans ses principales villes. Pour nous qui y vivons, nous avons confiance que le Royaume sera à la hauteur de cet événement mondial très attendu. C’est une grande fierté et vraiment un plaisir pour les Africains, particulièrement pour les sportifs du continent qui évoluent ici. Nous sommes heureux de pouvoir vivre les émotions de cette grande compétition sur place. Il faut reconnaître que beaucoup parmi nous n’imaginaient même pas avoir un jour cette chance. Savoir qu’elle se déroulera ici est tout simplement extraordinaire. Du point de vue des infrastructures, pensez-vous que le pays sera prêt? Je le pense. Le Royaume dispose déjà du minimum requis en termes d’infrastructures de qualité pour accueillir des événements de cette envergure. Il l’a démontré à maintes occasions dans divers secteurs. A ce titre, je tiens à saluer les réalisations du Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui œuvre sans relâche pour hisser le Royaume dans tous les domaines. Il est important que ces efforts soient préservés, car ils contribuent à l’émergence du Maroc. Par ailleurs, l’organisation devrait veiller à ce que l’esprit sportif et le fair-play soient mis en avant durant la compétition afin que la fête soit vraiment belle. Etes-vous également enthousiaste en ce qui concerne l’organisation de la CAN prévue en décembre prochain ? Je le suis évidemment. Le Maroc a toutes les capacités pour offrir à l’Afrique une CAN mémorable, qui sera l’une des plus marquantes de son histoire. Je m’attends à une édition bien meilleure à celles que nous avons connues jusqu’ici. Et comme pour le Mondial 2030, le fair-play devra primer et l’organisation tenir compte des écueils qu’on a pu observer par le passé, notamment lors d’autres compétions sportives panafricaines. Aujourd’hui, le Maroc est un pays émergent, respecté où le vivre-ensemble n’est pas un vain mot. Il est, sans doute, l’un des pays les plus appréciés du monde arabe. Nous saluons la générosité du peuple marocain, son ouverture et apprécions sincèrement l’accueil chaleureux qui nous est réservé dans les clubs. C’est important de le souligner ici parce que ce n’est pas toujours le cas sous d’autres cieux. Enfin, nous ne pouvons qu’espérer que cette CAN soit un grand succès et que le meilleur l’emporte. Propos recueillis par Alain Bouithy
INTERVIEW. Beb Adon Ousmane Philemon, l’ancien sans-abri, au chevet des migrants et des plus démunis

MAROC/CAMEROUN. Président-fondateur de l’Association des migrants et démunis (A.M.D), une organisation qu’il a fondée en 2020, Beb Adon Ousmane Philemon est un ex sans-abris résidant à Casablanca. Arrivé au Maroc en 2012, dans des conditions extrêmement difficiles, ce Camerounais compte parmi les rares migrants subsahariens parvenus en l’espace de quelques années à changer leur vie. L’agent de sécurité qu’il est entre-temps devenu se dit très fier des changements intervenus dans sa vie. Entretien. Pagesafrik : Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ? Je suis Beb Adon Ousmane Philemon, ex sans-abris d’origine camerounaise et président-fondateur de l’Association des migrants et démunis (A.M.D), une organisation créée en dans le but de venir en aide aux migrants en grande difficulté et faire émerger les talents et savoir-faire de ces derniers. Pagesafrik : Comment a-t-elle justement vu le jour et quels sont ses principaux objectifs ? L’idée de créer l’A.M.D m’est venue suite à tout ce que j’ai vécu dans le passé. J’ai en fait décidé de fonder cette organisation après avoir vécu le pire dans la rue pendant 1 an et demi. Comme je vous l’ai annoncé dans ma présentation, je suis un ancien sans-abri. Pour n’avoir pas pu réaliser mon rêve de devenir un grand athlète, un champion d’haltérophilie de haut-niveau et prétendre défendre les couleurs de l’équipe nationale d’haltérophilie du Cameroun, j’ai dû quitter mon pays dans l’espoir de trouver une vie meilleure sous d’autres cieux. Cela n’a pas été facile, je dirais même très difficile. En effet, j’ai dû traverser le désert du Sahara par la route avant d’arriver au Maroc où je réside depuis 2012. Je peux dire qu’à la création de l’A.M.D, je m’étais déjà fixé comme objectif de venir en aide aux migrants subsahariens vulnérables vivant des situations critiques et des plus déplorables, particulièrement aux mères d’enfants et aux sans-abris. Pagesafrik : Vous avez organisé en juin dernier un concours « Miss Ebène Afrikan New Talents Migrantes subsaharienne du Maroc. Quelle en était l’intérêt ? L’idée derrière ce programme était en réalité de faire émerger les talents cachés des personnes migrantes vulnérables et non tout autre chose. Nous avons remarqué qu’il y a plusieurs profils de génie parmi les migrantes vivant au Maroc dans la peinture, la couture, la confection, entre autres… L’organisation de Miss ébène Afrikan New Talents Migrantes subsaharienne du Maroc entendait ainsi faire éclore les meilleurs talents cachés afin de les assister et leur trouver des partenaires pouvant les accompagner à vivre pleinement de leur passion au Maroc. Nous saisissons l’occasion que vous nous tendez pour annoncer qu’une nouvelle activité destinée à leur apprendre à pêcher sera organisée à l’occasion de la deuxième édition que nous comptons réaliser le 8 mars 2023 dans le cadre de la journée internationale de la femme. Nous comptons à cette même occasion mettre en lumière la culture africaine subsaharienne et, naturellement, contribuer de nouveau à faire émerger de nouveaux talents. Pagesafrik: Que faites-vous de vos journées ? Dans le cadre des activités mises en place au sein de notre association, j’organise chaque année des formations gratuites en cuisine, pâtisserie, esthétique, coiffure et couture moderne. A part ça, je suis un agent sécurité dans un l’hôtel casablancais. Et, j’ai repris à faire de l’haltérophilie : j’évolue au sein du championnat marocain d’haltérophilie. Pagesafrik: Quels sont les projets que vous comptez mettre en place en 2023 ? Pour 2023, nous comptons élargir les activités de notre Association à d’autres villes du Maroc où l’on trouve également des migrantes subsahariennes en difficulté. Bien sûr que nous tenons à organiser la deuxième édition du concours « Miss Ébène Afrikan New Talents Migrantes subsaharienne du Maroc ». Nous allons nous y mettre encore cette année pour assister et accompagner les migrants et démunis. Il est aussi question d’insertion, de formations professionnelles et d’assistance dans le domaine de la santé. Propos recueillis par Martin Kam