Le Maroc conforte sa position dans les chaînes de valeur industrielles

Intégration économique en Afrique

Le Maroc fait partie des économies africaines qui ont le plus réussi leur intégration dans les chaînes de valeur industrielles mondiales, souligne un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale (BM) intitulé « Integrating Africa: From Threads to Hubs ».

Avec le Kenya, l’Afrique du Sud et  la Tunisie, il affiche des taux de participation en amont aux chaînes de valeur mondiales supérieurs à 10 % des exportations brutes dans des secteurs spécifiques fondés sur la fabrication ou l’assemblage,  souligne le document qui estime toutefois que cette intégration reste principalement structurée autour de l’Europe plutôt que de l’Afrique.

Quoi qu’il en soit, le Maroc est visible notamment dans les composants automobiles et aéronautiques, sous l’impulsion des zones franches tournées vers l’exportation et de l’insertion dans des réseaux d’acheteurs internationaux.

Il figure également parmi les pays ayant développé des niches dans la chimie. Portée par les exportations de plastiques, d’engrais et de produits chimiques en provenance d’Égypte, du Maroc et d’Afrique du Sud, « la valeur des chaînes de valeur régionales (CVR) pour les produits chimiques transformés a atteint 2,7 milliards de dollars US », indique le rapport.

En Afrique du Nord, l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, en particulier, se sont positionnés sur des créneaux tels que l’électronique, l’industrie pharmaceutique et les systèmes de câblage automobile, exportant souvent vers leurs voisins européens, poursuit le document.

Au sein du Maghreb,  le Maroc et la Tunisie sont davantage intégrés à l’Europe qu’au reste de l’Afrique. Le rapport estime toutefois que « leurs spécialisations dans les machines, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques offrent des perspectives prometteuses pour le développement de plateformes de production à l’échelle du continent ».

A l’instar de la Tunisie, le Maroc s’est orienté très tôt vers l’industrie pharmaceutique, l’électronique et les composants automobiles, alors que ces secteurs étaient moins proches de ses capacités antérieures, rappelle le rapport, qui souligne que la proximité de ces deux pays avec les marchés européens et leur insertion dans les réseaux de fournisseurs ont facilité leur développement dans les chaînes de production industrielles, et leur ont donc permis de progresser dans les domaines des composants aéronautiques et des systèmes de câblage automobile.

Dans son rapport, la Banque mondiale estime que « les futurs gains tirés de l’intégration du continent proviendront essentiellement d’une meilleure synergie entre les marchés africains, en reliant la production au-delà des frontières, en atténuant les frictions commerciales et réglementaires, en renforçant la mise en œuvre des accords régionaux et en fournissant les infrastructures, les services et les emplois dont les marchés régionaux ont besoin ».

A travers ce document, l’institution internationale propose un programme d’action concret pour transformer les engagements continentaux en marchés opérationnels et en pôles de production régionaux. Il appelle à l’interopérabilité des systèmes douaniers, normatifs, de paiement, de transport, d’énergie et numériques, afin que les entreprises puissent s’approvisionner, produire, se financer et faire commerce par-delà les frontières grâce à des règles et procédures prévisibles.

Alain Bouithy

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