Et le piège se referma sur la RD Congo !

Et le piège se referma sur la RD Congo !

PARLONS-EN. Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont finalement entériné l’« accord de paix » signé à Washington en juin dernier, sous le regard du président Donald Trump. Pas besoin d’être devin pour voir que le chef de l’État congolais l’a fait à contrecœur, lui qui avait posé comme préalable à toute signature avec le Rwanda le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Comme je l’ai rappelé dans un post il y a deux semaines, Tshisekedi n’avait, en réalité, guère d’alternative. Sa marge de manœuvre s’était considérablement rétrécie après la signature des protocoles d’accord avec le Rwanda et ses supplétifs du M23. Pris au piège de ses propres errements et soumis à de fortes pressions américaines, il a accepté de se rendre à Washington pour apposer sa signature sur un texte qui, au final, récompense d’une certaine manière le pays contre lequel son régime voulait précisément se prémunir, en attirant les États-Unis dans le secteur extractif congolais en échange d’un soutien militaire et diplomatique. Les images de la cérémonie à Washington parlent d’elles-mêmes. Et en diplomatie, les images pèsent parfois plus que les mots. Il existe des accords qui tiennent sans image forte immédiate, mais quand il n’y a aucun acte symbolique, la paix reste souvent fragile, contestée ou réversible. Un accord de paix sans poignée de main n’en est pas un. Tout le monde le sait, à commencer par les Américains et les Rwandais, grands gagnants de cet « accord de paix » aux contours singuliers. « Les dividendes de la paix sont la prospérité et les investissements, y compris les investissements américains », a déclaré Paul Kagame. Comprenne qui pourra. Pendant ce temps, dans le Kivu, on mesure concrètement les effets de cet « accord de paix » : il pleut des balles et des mortiers, et la population ne sait plus à quel saint se vouer. Bref, pour sortir la RDC de cette situation calamiteuse, Félix Tshisekedi n’aurait d’autre choix que de torpiller ce soi-disant accord de paix en demandant au Parlement de ne pas cautionner la faute qu’il vient d’entériner à Washington. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko

LA PAIX EN RDC : Patrick Muwawa et Massad Boulos ont deux visions différentes

LA PAIX EN RDC : Patrick Muwawa et Massad Boulos ont deux visions différentes

TRIBUNE. « Aujourd’hui le président américain Donald Trump a demandé une prière pour la paix au Congo à la Maison Blanche, vous pensez que ça ne représente rien? Vraiment si cet accord n’était pas ce qu’il était, croyez-vous que le président allait autant s’y investir ? » C’est en ces termes élogieux que Patrick Muwawa, le ministre congolais des communications, s’expliquait devant un partenaire des journalistes pour donner crédit au probable Accod de Washington. Cette approche fait montre d’une grande ignorance de la mécanique de la diplomatie américaine. Et voici comment. – Commençons par la fameuse prière présidentielle. Mais quelle prière ? Et à quel Dieu? Puisque ce n’est pas le Dieu de Jesus-Christ qui est l’architecte de la guerre qui déchire le Congo-Kinshasa depuis 1996 mais la politique américaine depuis Bill Clinton jusqu’à ce jour. Les règles mises en place pour le pillage via des proxies africains des richesses rd congolaises, ces règles là n’ont jamais été abrogées. De GW Bush à Trump II, chaque nouveau dirigeant américain arrive à la Maison Blanche avec un narratif qui fait croire aux congolais que les choses ne seront plus comme auparavant mais en réalité rien de substantiel ne change. On modifie le maquillage mais le fond stratégique reste indemne. Pour preuve? En dépit des nombreux accords signés, les congolais continuent à être tués comme des mouches, leurs femmes violées comme des choses et leurs enfants massacrés sans aucune once de pitié. – Sachons-le une fois pour toutes : le président américain ne s’investit pas dans cet accord au nom du bien-être du peuple congolais. Dans la vision globale de la politique de son second mandat « America Great Again », l’objectif principal est d’exploiter le plus rentablement possible, le chaos qu’ils ont organisé partout dans le monde pour pérenniser l’hégémonie américaine mondiale. Et Trump n’y va pas de main morte. En RDC, les clauses de ce probable accord leur rapporterait 50% net de dividendes d’exploitation des ressources minières et le petit 25% concédé au véritable propriétaire ( peuple congolais) et qui pis est, à parité de 25% concédés gracieusement au pays agresseur ( Rwanda), sûrement à titre de récompense pour ses “bons” et loyaux services vis-à-vis du Donneur des ordres. Que conclure??? Trois constats. – Le premier constat : l’approche géopolitique que les dirigeants rd congolais se font du conflit interlacustre accuse beaucoup de déficit. La rage avec laquelle ils s’attaquent au Rwanda et la confiance et soumission quasi aveugles avec lesquelles ils traitent avec Washington les exposent à haïr l’exécutant pour cajoler son commanditaire. Ce qui bien entendu ne pourra rien changer sur le théâtre des opérations militaires à l’Est du Congo. – Entretemps la “diplomatie de jérémiades” maintes fois employée dans des tribunes internationales s’avère inféconde et démontre même à la face du monde l’impuissance d’un pays incapable de s’organiser pour défendre l’intégrité de ses frontières. En réalité les puissances mondiales lisent derrière es sempiternelles plaintes et acccusations, les signaux d’un État faible et failli. Pour cette raison ils trouvent plus de garantie, au nom de leurs intérêts, de traiter avec l’Etat Agresseur car ce dernier répond à leurs critères de puissance impérialiste. L’envoi tout récent par les USA des réfugiés sur le territoire rwandais; l’organisation d’un tournoi international du cyclisme à Kigali cette semaine en cours et le changement de narratif américain sur la guerre en RDC démontrent qui du gouvernement congolais ou rwandais bénéficient de plus de confiance aux yeux du Maître commandeur. – Que personne ne s’étonne de graves tournants qu’est en train de prendre ce projet devenu hypothétique de l’accord de Washington annoncé tambour battant par les officiels congolais mais qu’hier Massad Boulos, l’émissaire du président américain en Afrique, a remis dans ses justes proportions en déclarant : « la guerre qui déchire l’Est du Congo ne peut plus être perçue uniquement comme conflit régional mais comme un conflit INTERCONGOLAIS » . Toujours durant cette interview, le même émissaire va enfoncer le clou en levant certains malentendus diplomatiques. Il a réfuté certaines rumeurs dans le microcosme politique congolais annonçant la tenue d’un sommet à la Maison Blanche entre Tshisekedi et Kagame. Ce qui s’apparente en politique à un grand RECUL DIPLOMATIQUE qui balaie tout espoir misé par le pouvoir congolais sur la tenue de ce sommet en vue de mettre fin au conflit congolais. Ceci dit, le ministre Muyaya doit revoir son optimisme béat et se mettre en tête que pour les Yankees comme pour d’autres pays, seule compte la fructification de leurs propres intérêts vitaux même si pour cela des millions des vies congolaises sont sacrifiées. On l’a dit à maintes reprises et je le répète : Personne d’autre mais alors personne de l’extérieur ne sauvera le Congo en coma avancé sinon les congolais eux-mêmes réunis dans un nouveau contrat social autour d’un même idéal patriotique et d’une nouvelle vision stratégique globale. Par Germain Nzinga

SanctuaryKingdom : Rachid Bouhamidi expose à l’Espace Rivages de la Fondation Hassan II

SanctuaryKingdom : Rachid Bouhamidi expose à l’Espace Rivages de la Fondation Hassan II

ARTS. La Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger organise l’exposition « SanctuaryKingdom » de l’artiste maroco-américain Rachid Bouhamidi  du 2 octobre au 3 novembre 2025 à l’Espace Rivages. Bouhamidi est en quête d’équilibre et de pureté entre formes et couleurs. Sa création est une expérience visuelle captivante par sa richesse chromatique.  Il manipule des  teintes contrastées pour capturer la lumière. Par des  œuvres vibrantes d’énergie, il transmet des messages notamment à propos du statut de la femme.  Son attachement pour le Maroc est fort en dépit de son éloignement, n’ayant visité le Maroc  pour la première fois qu’à l’âge adulte. « Cette exposition représente l’aboutissement de mon désir, en tant qu’individu et en tant qu’artiste, de renouer avec le pays de mon père. Cette exposition est une reconnaissance de mon appartenance au Maroc », exprime Rachid Bouhamidi. Rachid Bouhamidi est né à Palm Springs aux Etats-Unis en 1981, d’une mère française et d’un père marocain. Il a grandi en Californie du Sud, mais vit et travaille à Los Angeles. Il est diplômé en Beaux-Arts de la School of the Art Institute à Chicago et titulaire d’un Master en peinture de l’Université de Boston. Son parcours artistique l’a conduit à exposer aux États-Unis, en Europe et au Maroc. Le vernissage aura lieu le jeudi 2 octobre 2025 à 18H30 à l’Espace Rivages au siège de la Fondation.

Russie/USA. Opération diviser pour régner

Russie/USA. Opération diviser pour régner

TRIBUNE. « J’ai une idée. Proposer à la Russie l’adhésion à l’OTAN. Bien sûr, en échange de cette incitation positive, Trump devra obtenir de Poutine tout ce qu’il souhaite concernant la cessation des hostilités, la coopération économique et les différends territoriaux. » voilà en substance cette étrange proposition émise par un des stratèges américains, celle d’admettre la Russie dans l’OTAN. Quoique cette proposition du républicain Matt Gaetz d’inviter la Russie à rejoindre l’OTAN soit une vieille idée déjà évoquée au comité sénatorial par la secrétaire d’État Albright, ainsi qu’aux articles de McFaul (2006) et Charles Chen (2010) dans Foreign Affairs, le contexte géopolitique actuel dans lequel se refait cette proposition insinue des calculs géostratégiques bien ciblés. Dans le tableau de plus en plus visible de la division monde entre deux blocs OTAN et BRICS et après l’échec militaire de Trump en Iran et son échec des menaces de sanctions économiques sur l’Inde, la Russie est redevenue aux yeux des yankees comme un facteur clé pour espérer diviser et affaiblir le BRICS, ce nouveau bloc international à même de mettre en péril la domination de l’OTAN depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Par ailleurs dans la bataille de conquête hégémonique mondiale entre les USA et la Chine, en voulant ouvrir largement la porte de l’OTAN à la Russie, c’est en réalité la Chine que les américains veulent déposséder d’un allié majeur dans son ambition de domination du monde. Cette proposition émise par un “républicain “ (même famille politique que le président Trump) donne matière à réflexion et lève un pan de voile sur les « câlins » diplomatiques de Trump vis-à-vis de Poutine soit dans leur rencontre à Alaska soit dans ses discours flatteurs en faveur de Poutine devant ses partenaires otaniens venus le voir à Washington. Seul couac à cet ambitieux projet : Vladimir Poutine n’est pas né de la dernière pluie et aura du mal à faire foi à une puissance impériale qui a voulu systématiquement dépecer son territoire national par une guerre par proxy ukrainien. Par Germain Nzinga

6 AOÛT 1945 – 6 AOÛT 2025 : TRISTE 80e ANNIVERSAIRE

6 AOÛT 1945 – 6 AOÛT 2025 : TRISTE 80e ANNIVERSAIRE

GUERRE MONDIALE. Le 6 août 1945, trois B-29 décollent de l’île de Tinian, au milieu du Pacifique. Le bombardier Enola Gay transporte dans sa soûte Little boy, une bombe atomique d’une puissance de 15 000 tonnes de TNT. Environ six heures après leur envol, la bombe est larguée sur la ville d’Hiroshima et explose à 600 mètres d’altitude. La déflagration est gigantesque. Un souffle monstrueux ravage la cité. 90% des habitations sont endommagées ou détruites. La température atteint 4000 degrés. Des milliers de japonais sont complètement et instantanément incinérés. En quelques secondes, 80 000 personnes périssent dans la fournaise atomique. L’un des pilotes, Robert Lewis, sort la caméra pour filmer la tragédie et s’écrie : “Mon Dieu, qu’avons-nous fait?” À Hiroshima une seule bombe a semé l’apocalypse. Les habitants calcinés et ensevelis dans les bâtiments. Le pourcentage aura atteint 3/4 des destructions. Trois jours plus tard, le même feu nucléaire qui a mis à feu la ville d’Hiroshima s’abat cette fois-ci sur la ville de Nagasaki. Des dizaines de milliers de Japonais sont anéantis. Le 15 août 1945, l’Empereur Hirohito annonce, enfin, que le Japon va déposer les armes. En regardant de très près les menaces actuelles de guerre nucléaire entre les forces de l’Otan et la Russie, on a l’impression que l’humanité n’a tiré aucune leçon de cette tragédie. Elle semble même obsédée de courir vers la même apocalypse… Germain Nzinga

USA/Afrique. La honte….

USA/Afrique. La honte….

COUP DE GUEULE. S’il y a quelque chose que je trouve répugnant et affligeant chez nos dirigeants africains, c’est l’humiliation qu’ils font subir à tout le continent chaque fois qu’ils acceptent d’être invités « en MASSE» par UN Chef de l’Etat en Occident ou en Orient. Ils acceptent l’invitation “collective” d’UN président pair qui va jusqu’à ignorer leur nom et les pays qu’ils dirigent. Le scénario d’hier à la Maison-Blanche dérange les bonnes consciences. Dans un mélange d’arrogance et de condescendance incroyable, Trump prend les présidents africains pour ses petits nègres de service. Il les invite pour la seule raison ( ignorée des concernés) que leurs pays regorgent de minerais qui intéressent Trump et qu’il veut se servir d’eux comme bouclier dans sa guerre hégémonique avec la Chine et le BRICS. Pour le reste, il les ignore complètement. Il leur demande de se présenter chacun avec  » nom et pays » et leur demande de se dépêcher de le faire! Il fait même signe à l’un des dirigeants africains de conclure, puis dit : « On va peut-être devoir aller un peu plus vite, parce qu’on a un programme chargé. Si je pouvais juste avoir votre nom et votre pays, ce serait super. » Le clou de l’humiliation sera enfoncé avec la photo d’ensemble qui est d’une violence symbolique inouïe. Il ne daigne même pas se mettre debout avec eux DEVANT le bureau ovale. Il est le seul à s’asseoir dans son bureau et ses petits garçons de course tout autour pour glorifier le pouvoir du mâle dominant. Trump désobligeant est le seul qui sourit dans cette photo et il jouit de pouvoir s’asseoir sur la dignité de ses hôtes. Un mépris à peine supportable! Mais le pire est dans l’attitude même adoptée par ses hôtes africains visiblement dociles, infantiles, intimidés même. Regardez-les! C’est comme des serfs répondant à l’appel de leur maître. Ils se montrent si déférents et obséquieux vis-à-vis de leur hôte blanc qu’ils le regardent autant avec envie qu’avec le désir à peine voilé de recevoir en retour de leur déplacement, de l’argent frais prélevé sur les pillages de leurs propres avoirs nationaux. Ils font montre d’un déficit criant de dignité et d’incarnation de la fonction présidentielle. Ils ont pris tous – sinon presque tous-, la triste habitude d’aller vendre à vil prix aux yankees, les richesses du sous-sol africain. Ils livrent là toute l’Afrique à l’ignominie et à la risée du monde. Ils refusent d’incarner l’esprit d’autonomie de leur tout jeune collègue burkinabé. Il font la honte du continent noir. Ils seront jugés sévèrement par le tribunal de l’histoire. Par Germain Nzinga

Gabon. Oligui Nguéma éclipse le Congo et son Président ( lecture en 4 minutes )

Gabon. Oligui Nguéma éclipse le Congo et son Président ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. La préférence du Président américain, Donald Trump, d’avoir comme interlocuteur en Afrique centrale francophone le Président du Gabon Brice Clotaire Oligui Nguema, au mini-sommet USA-Afrique du 9 au 10 juillet 2025, prouve une fois de plus que la diplomatie et l’avenir du Congo ont pris une tangente incertaine que mêmes les chantres du pouvoir ne peuvent expliquer. Adoubé par Trump, Oligui Nguéma attirerait désormais vers lui minerais, sécurité et alliances, reléguant ainsi la capitale congolaise au rang de spectatrice d’un basculement régional inévitable. C’est bien Oligui Nguéma qui capte désormais les projecteurs géostratégiques. La rencontre inédite programmée à Washington entre Trump et cinq chefs d’État africains est le signe le plus clair du basculement des priorités américaines dans la région. Le Gabon, avec son manganèse, son uranium et sa façade atlantique de 800 km, devient l’interlocuteur privilégié pour sécuriser les corridors miniers critiques et contrer les influences chinoises, russes ou turques. Pendant ce temps, Brazzaville est tenue à l’écart, perçue comme un État prédateur à la dette opaque, plombée par des spreads obligataires supérieurs à 450 points de base et incapable d’offrir des garanties politiques solides hors d’une logique monarchique usée. Ainsi, tandis que Sassou s’emploie à organiser noces princières et vitrines biofuel pour prolonger la fiction d’un État moderne, la réalité du Congo apparaît pour ce qu’elle est : une architecture sophistiquée de militarisme ethnique, de rente détournée et de lignage sacralisé, désormais contournée par les grandes stratégies géopolitiques qui préfèrent investir ailleurs leur capital diplomatique et économique. Le Congo livré au tribalisme Au fil du temps, M. Sassou a consolidé son pouvoir en l’adossant à une mise en scène quasi monarchique et tribale où Oyo est devenu la capitale rituelle du régime, accueillant obsèques nationales, grandes messes officielles et même certaines rencontres diplomatiques et mystiques. Le clanisme dans l’appareil diplomatique bat son plein au point de voir des illettrés peupler nombre des ambassades du Congo. Comment expliquer, par exemple, que sur tout le personnel que compte la représentation diplomatique congolaise à Londres, seuls 2 s’expriment couramment en anglais ? Leur seul mérite, c’est d’être Mbochi… Dans cette logique de sacralisation du lignage, Denis Christel Sassou Nguesso, dit Kiki, s’est vu confier la gestion des flux pétroliers et miniers, préparé à incarner la continuité économique. Mais plus significatif encore est le rôle désormais accordé à Omar Denis Junior Bongo (ODJB), petit-fils de M.Sassou et fils d’Omar Bongo, qui, par son mariage initialement programmé pour août 2025 à Oyo puis ramené en 2026 dans le Haut-Ogooué au Gabon, entérine la fusion symbolique des deux dynasties et projette une continuité lignagère à l’échelle régionale. Ce scénario s’organise sous l’œil bienveillant de Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu l’homme fort du Gabon, qui facilite cette recomposition tout en asseyant sa propre légitimité de protecteur du nouvel axe Sassou-Bongo. Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

Les gagnants et les perdants de l’accord de paix Rwanda-RDC

Les gagnants et les perdants de l’accord de paix Rwanda-RDC

POINT DE VUE. Le soi-disant accord de paix qui vient d’être signé, ce 27 juin 2025, entre la RD Congo et le Rwanda n’est rien d’autre que la version plus élaborée de l’accord de principe en six points auquel les ministres des Affaires étrangères des deux pays avaient apposé leurs signatures, il y a quelques mois. Cet accord de principe, on le sait, fait la part belle au Rwanda de Paul Kagame puisqu’il reprend largement les revendications rwandaises des dernières années. Plusieurs compatriotes me demandent qui sont les gagnants et les perdants de l’accord qui vient d’être signé à Washington par les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda. Pour répondre à cette question, il faut se poser les questions suivantes : quel est ou quels sont les objectifs poursuivis par le Rwanda en RDC ? Quel est le principal objectif poursuivi par Félix Tshisekedi en invitant les États-Unis à conclure un « deal » avec la RD Congo ? Examinez l’accord en fonction des objectifs rwandais et congolais et vous connaitrez les gagnants et les perdants. La principale proposition congolaise reposait sur un partenariat minerais contre sécurité. Dans l’accord signé, on apprend que les États-Unis obtiendraient « une grande partie des droits miniers du Congo » en échange d’investissements privés américains. Quid du parapluie sécuritaire américain demandé par la RDC pour se protéger des agressions répétitives du Rwanda ? RIEN. Quant au Rwanda, il a toujours voulu avoir un droit de regard sur ce qui se passe dans le Kivu et tirer profit de l’exploitation des ressources minières congolaises. L’accord lui facilite-t-il la tâche à cet égard ? L’euphorie du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Ndunguhire, qui parle « de jour historique », est la réponse la plus éloquente. Quand le diable est content de ta prière, c’est que tu pries mal. Dans cette histoire d’accord, il y a deux gagnants et un perdant, et un chacun sait à quel camp il appartient. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko