
COUP DE GUEULE. S’il y a quelque chose que je trouve répugnant et affligeant chez nos dirigeants africains, c’est l’humiliation qu’ils font subir à tout le continent chaque fois qu’ils acceptent d’être invités « en MASSE» par UN Chef de l’Etat en Occident ou en Orient. Ils acceptent l’invitation “collective” d’UN président pair qui va jusqu’à ignorer leur nom et les pays qu’ils dirigent.
Le scénario d’hier à la Maison-Blanche dérange les bonnes consciences. Dans un mélange d’arrogance et de condescendance incroyable, Trump prend les présidents africains pour ses petits nègres de service. Il les invite pour la seule raison ( ignorée des concernés) que leurs pays regorgent de minerais qui intéressent Trump et qu’il veut se servir d’eux comme bouclier dans sa guerre hégémonique avec la Chine et le BRICS. Pour le reste, il les ignore complètement. Il leur demande de se présenter chacun avec » nom et pays » et leur demande de se dépêcher de le faire! Il fait même signe à l’un des dirigeants africains de conclure, puis dit : « On va peut-être devoir aller un peu plus vite, parce qu’on a un programme chargé. Si je pouvais juste avoir votre nom et votre pays, ce serait super. »
Le clou de l’humiliation sera enfoncé avec la photo d’ensemble qui est d’une violence symbolique inouïe. Il ne daigne même pas se mettre debout avec eux DEVANT le bureau ovale. Il est le seul à s’asseoir dans son bureau et ses petits garçons de course tout autour pour glorifier le pouvoir du mâle dominant. Trump désobligeant est le seul qui sourit dans cette photo et il jouit de pouvoir s’asseoir sur la dignité de ses hôtes. Un mépris à peine supportable!
Mais le pire est dans l’attitude même adoptée par ses hôtes africains visiblement dociles, infantiles, intimidés même. Regardez-les! C’est comme des serfs répondant à l’appel de leur maître. Ils se montrent si déférents et obséquieux vis-à-vis de leur hôte blanc qu’ils le regardent autant avec envie qu’avec le désir à peine voilé de recevoir en retour de leur déplacement, de l’argent frais prélevé sur les pillages de leurs propres avoirs nationaux.
Ils font montre d’un déficit criant de dignité et d’incarnation de la fonction présidentielle. Ils ont pris tous – sinon presque tous-, la triste habitude d’aller vendre à vil prix aux yankees, les richesses du sous-sol africain. Ils livrent là toute l’Afrique à l’ignominie et à la risée du monde. Ils refusent d’incarner l’esprit d’autonomie de leur tout jeune collègue burkinabé. Il font la honte du continent noir. Ils seront jugés sévèrement par le tribunal de l’histoire.
Par Germain Nzinga