Congo-Brazzaville : l’énigme des 815 disparus de la DGSP et les zones d’ombre de l’Opération Zéro Kuluna

Congo-Brazzaville : l’énigme des 815 disparus de la DGSP et les zones d’ombre de l’Opération Zéro Kuluna

PARLONSS-EN. La DGSP aurait été infiltrée par des éléments divers : des mercenaires étrangers (notamment tchadiens, centrafricains et rwandais) chargés d’exécutions extrajudiciaires pour terroriser la population, des individus assimilés à des marabouts pratiquant des rituels macabres, et des personnes soupçonnées de trafic d’organes humains, profitant du chaos et de la disparition des corps. Après l’affaire tragique et toujours non élucidée des disparus du Beach, un nouveau dossier de disparitions massives vient raviver les blessures de la mémoire collective congolaise. Une fois encore, ce sont des familles plongées dans l’angoisse, une société condamnée au silence et un État qui refuse de rendre des comptes. Cette fois-ci, c’est Maître Maurice Massengo Tiasse, avocat bien connu, qui, à travers une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, révèle l’existence de 815 personnes portées disparues dans les geôles de la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP). Ces révélations posent une question centrale, troublante et inévitable : que s’est-il réellement passé lors de l’Opération Zéro Kuluna, vaste campagne de lutte contre le banditisme urbain menée par la DGSP et officiellement présentée comme une action de sécurisation des populations ? L’Opération Zéro Kuluna : de la lutte contre l’insécurité à la violence systémique Dès l’entrée en scène de la DGSP dans cette opération, de nombreux témoignages concordants ont fait état d’une brutalité extrême : arrestations arbitraires, détentions sans procédure judiciaire, humiliations publiques et, plus grave encore, exécutions sommaires. Ce qui devait être une opération de sécurité s’est rapidement transformé en machine de peur, opérant en dehors de tout cadre légal clair. Le choix même de confier une mission de police urbaine à une unité historiquement conçue pour la protection du régime interroge profondément. Lorsque la sécurité du citoyen est confiée à un appareil de coercition politique, la dérive devient presque inévitable. Infiltrations au sein de la DGSP : rumeurs persistantes et signaux alarmants Très vite, dans certains cercles politiques, militaires et civils, des rumeurs persistantes ont circulé, évoquant une grave infiltration au sein même de la DGSP. Ces rumeurs décrivaient l’existence de plusieurs catégories d’éléments opérant au sein de cette structure : des agents accomplissant normalement leur mission ; des éléments chargés de procéder à des exécutions extrajudiciaires de Congolais, dans le but de terroriser la population et de dissuader toute forme de contestation sociale ou politique ; ces éléments auraient été, selon plusieurs sources concordantes, des mercenaires étrangers — notamment tchadiens, centrafricains et rwandais — ce qui expliquerait l’obligation qui leur aurait été faite de porter des cagoules afin de masquer leur identité et leur origine. des individus assimilés à des marabouts, chargés de recueillir le sang des victimes et de mutiler certains corps à des fins rituelles ; et des individus soupçonnés d’appartenir à des réseaux de trafic d’organes humains, profitant du chaos, de l’opacité et de la disparition des corps. Nous imaginons qu’en demandant clairement au général Serge Oboa, Directeur général de la Sécurité présidentielle, d’exposer ses agents — sûrement infiltrés — qui ont commis des abus au cours de cette opération, et demande des sanctions. Cela aidera à atténuer sa responsabilité dans cette sale affaire, qui est extrêmement grave. Sassou n’a jamais protégé quelqu’un de toute sa vie.»”, le professeur Marion Michel Madzimba Ehouango avait lui aussi eu vent de ces infiltrations. Le fait que ces informations circulaient bien au-delà des milieux populaires démontre qu’il ne s’agissait pas de simples élucubrations, mais de signaux d’alerte ignorés. Et comment ne pas accorder du crédit à ces allégations lorsque circule une vidéo montrant un élément de la DGSP à Mindouli, dans le département du Pool, une hache attachée à la ceinture, se vantant d’avoir écrasé la tête d’un homme qu’il présente comme un “ninja” de Ntumi ? Or, à l’examen des images, la victime apparaît proprement vêtue, sans aucun élément permettant de l’identifier comme un bandit armé. Cette scène soulève une interrogation fondamentale : depuis quand la hache, outil du bûcheron, est-elle devenue une arme militaire ou de maintien de l’ordre ? Rumeurs ou réalités occultées ? Pendant longtemps, ces récits ont été relégués au rang de fantasmes. Pourtant, l’histoire politique du Congo invite à la prudence face à ce déni. Lors de la Conférence nationale souveraine, des accusations similaires avaient déjà été formulées contre Denis Sassou Nguesso, sans jamais donner lieu à des poursuites judiciaires sérieuses. Des témoignages évoquaient qu’il se serait livré à des pratiques extrêmes, allant jusqu’à boire du sang humain, s’en servir pour des ablutions rituelles et manifester une attirance troublante pour la chair humaine. La révélation précise et chiffrée de Maître Maurice Massengo Tiasse, évoquant la disparition de 815 personnes, change radicalement la nature du débat. Il ne s’agit plus de soupçons vagues, mais d’allégations graves et circonstanciées. Responsabilité du commandement : le silence du général Serge Oboa Une question demeure, centrale et lourde de sens : le général Serge Oboa, alors à la tête de la DGSP, était-il informé de ces dérives, ou avait-il perdu le contrôle de certains éléments opérant sous son autorité ? Comment ne pas accorder du crédit à ces soupçons lorsque l’Opération Zéro Kuluna s’est progressivement transformée en une opération de contrôle systématique des bus, visant à identifier de jeunes passagers sur la seule base de tatouages visibles sur leurs corps ? Comment ne pas s’interroger lorsque les maisons de parents de supposés “kulunas” sont saccagées et incendiées, lorsque des jeunes sont enlevés, puis portés disparus sans la moindre procédure judiciaire ? Et surtout, pourquoi le général Serge Oboa a-t-il, lors de la cérémonie de port des galons, interdit aux mères éplorées, à la recherche de leurs enfants disparus, d’exprimer leur douleur dans les lieux publics, pourtant légalement autorisés pour les manifestations ? De quoi avait-il peur ? Quelles vérités ces mères pouvaient-elles révéler en pleurant et en manifestant publiquement, au point qu’il faille les reléguer au silence et à l’invisibilité ? L’éternelle question de l’impunité : Sassou Nguesso encore hors d’atteinte ? Une question s’impose alors, brutale mais légitime : Si, pour l’affaire des disparus du Beach, pour le génocide du

Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

HAUT ET FORT. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, le régime de Sassou Nguesso recycle une méthode désormais bien connue : fabriquer la crise pour éliminer l’adversaire politique. Cette énième crise que le pouvoir de sassou entretient volontairement dans le département Pool a un objectif clair : Ntumi, en tant que citoyen congolais, dispose pleinement du droit constitutionnel de se porter candidat à l’élection présidentielle de mars 2026, s’il le souhaite. L’histoire politique récente du Congo montre une constante : 1) Une stratégie répétée depuis 1997 : Depuis son retour au pouvoir en 1997, Sassou Nguesso s’est systématiquement arrangé pour ne jamais affronter un adversaire de taille, capable de créer un véritable rapport de force politique. Entre 2007 et 2009, dans la même logique, plusieurs figures politiques majeures disparaissent successivement de la scène : Résultat : Sassou se présente à l’élection de 2029 sans adversaire crédible et se permet même de fanfaronner publiquement : « Je joue le penalty sans gardien ». En 2016, malgré le rendez-vous manqué de l’opposition, minée par les égos, les pressions et les intimidations, le pouvoir se retrouve en grande difficulté. Sassou était clairement battu par Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko. L’un finira en prison, l’autre sera contraint, sous pression, de reconnaître des résultats falsifiés, étouffant ainsi toute contestation sérieuse. Une disparition lourde de conséquences : Sassou se retrouve, une fois encore, sans adversaire. 2) Ntumi, la nouvelle cible : À la lumière de ces événements, une évidence s’impose : Sassou Nguesso craint l’adversité et le véritable challenge politique. Et la guerre actuelle contre Ntumi s’inscrit parfaitement dans cette logique. Dès lors que ce dernier manifeste son intention de se porter candidat à l’élection de mars 2026, il devient immédiatement un homme à abattre, afin de permettre au pouvoir en place de dérouler, une fois de plus, son tapis électoral sans opposition réelle. 3) Qui veut vraiment le changement ? Entre ceux qui refusent de participer aux élections par peur d’affronter le système et ceux qui accusent Ntumi sans établir le lien évident avec l’échéance de mars 2026, il devient facile de distinguer ceux qui veulent réellement le changement de ceux qui entretiennent le statu quo. Après 43 années de confiscation du pouvoir, le Congo reste pris en otage par un régime qui ne survit que par la peur, la manipulation et l’élimination méthodique de toute alternative crédible. Le changement ne viendra ni de la peur ni du silence, mais du courage de celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’injustice. L’histoire nous observe, et chacun devra assumer sa position. « Les luttes que l’on évite aujourd’hui deviennent les chaînes que l’on portera demain. Le changement n’est jamais offert, il se conquiert. » Milos HEMILEMBOLO Secrétaire national aux relations extérieures de la Convergence Citoyenne

Congo/Quand Ziana TV reconstitue l’histoire des Kulunas : révélations, responsabilités et fragilité du pouvoir Sassou Nguesso

Congo/Quand Ziana TV reconstitue l’histoire des Kulunas : révélations, responsabilités et fragilité du pouvoir Sassou Nguesso

PARLONS-EN. Dans son émission La Matinale, l’animateur Brice Landry Decaux a livré une série de révélations qui ont relancé le débat sur l’origine du phénomène des Kulunas, ces bandes de jeunes délinquants également connus sous le nom de Bébés Noirs. À travers son analyse, Ziana TV ne fait pas qu’éclairer un phénomène social : elle met en lumière les zones d’ombre d’un système politique qui, depuis des décennies, semble avoir laissé prospérer – voire créer – des groupes de violence urbaine pour servir des intérêts obscurs. Les premières révélations : la vidéo d’Aimé Hydevert Mouagni Tout commence avec une vidéo publiée par Aimé Hydevert Mouagni, député de la majorité présidentielle, dans laquelle il affirme que durant le régime de Pascal Lissouba, lui et ses amis avaient reçu pour mission – de la part de hauts responsables du Parti Congolais du Travail (PCT), voire de Denis Sassou Nguesso lui-même – de commettre des actes d’insécurité à Brazzaville. Ces déclarations, devenues virales sur les réseaux sociaux, ont entraîné sa suspension de l’Assemblée nationale, la perte de son immunité, son arrestation et son incarcération. Libéré provisoirement pour raisons médicales, il s’est envolé pour la Turquie, avant de se retrouver aujourd’hui en France où il mène une vie discrète. Mais ces révélations ne sont pas un accident. Elles s’inscrivent dans une longue histoire de violences urbaines dont l’origine semble remonter au cœur même du pouvoir. Retour dans les années 1980 : les premières disparitions sous Sassou Nguesso Contrairement à ce que certains affirment, le phénomène du banditisme urbain ne naît pas sous Lissouba. Dès les années 1979-1980, au début du premier règne de Denis Sassou Nguesso, Brazzaville est secouée par de mystérieuses disparitions, notamment celle des enfants de Moukondo. Ces drames installent un climat de peur qui marquera durablement la capitale. Jean-François Ndenguet et la génération des Bébés Noirs Sous le magistère du général Jean-François Ndenguet, ancien directeur général de la Police nationale, le phénomène prend une nouvelle ampleur. Ndenguet aurait créé ses propres Bébés Noirs, les dotant d’armes et de munitions. Leurs exactions – viols, braquages, mutilations, assassinats – plongent plusieurs quartiers de Brazzaville dans la terreur. Le plus célèbre d’entre eux, le capitaine de police Romuald Manounou, surnommé « Morgan », est arrêté en 2022 et condamné à sept ans de prison pour association de malfaiteurs, abus de fonction, arrestation arbitraire et extorsion. Pourtant, malgré cette condamnation, il est aujourd’hui libre… et en France, avec la bénédiction silencieuse d’une partie des autorités congolaises. Un phénomène qui se poursuit… en toute impunité Même après la chute de figures comme Hydevert Mouagni ou Morgan, les Kulunas continuent d’opérer avec la même brutalité. Brazzaville reste sous la menace d’un phénomène qui semble prospérer au vu et au su des autorités, sans aucune réponse structurelle du gouvernement. La rumeur du coup d’État : révélatrice d’un régime en crise Une rumeur attribue à plusieurs hauts responsables proches de Sassou Nguesso la préparation d’un coup d’État. Parmi les noms cités : Dominique Okemba, Jean-François Ndenguet (actuellement discret à l’étranger) et Jean-Jacques Bouya Et selon certaines sources, Pierre Oba serait également impliqué : dans son village, des armes, des munitions, 4 000 machettes, ainsi que des documents compromettants auraient été découverts. lors d’une perquisition, menée par des éléments de la DGSP. Un détail qui interroge : les Kulunas brazzavillois utilisent justement des machettes dans leurs opérations. Face à ces soupçons internes, Sassou Nguesso se retrouve dans une impasse stratégique : comment arrêter des proches disposant d’appuis dans l’armée, la police, la gendarmerie et d’autres institutions ? Le général Serge Oboa entre en scène Le général Serge Oboa, chef de la sécurité présidentielle, n’est pas impliqué dans le complot supposé. Son action commence lorsqu’un de ses éléments est agressé par des Kulunas. Il lance alors des opérations punitives contre ces gangs dans plusieurs quartiers. Sassou Nguesso saisit l’occasion pour éliminer les grands Kulunas liés à Jean-François Ndenguet. Une liste contenant leurs noms et adresses aurait été remise aux autorités par Morgan en échange de son évasion. Mais au lieu d’ouvrir une enquête qui pourrait remonter jusqu’aux commanditaires situés au sommet de l’État, le pouvoir opte pour une issue brutale : des exécutions extrajudiciaires et la destruction des maisons des chefs de gang présumés. Une conclusion dérangeante : un phénomène créé par le pouvoir L’analyse de Ziana TV met au jour une vérité que beaucoup soupçonnaient : le banditisme urbain des Kulunas n’est pas un phénomène spontané, mais une création politique, instrumentalisée successivement par différents clans du pouvoir pour : semer la peur, garder le contrôle, neutraliser des adversaires, et masquer des luttes internes au sommet de l’État. Avec l’exécution de certains Kulunas, le silence prolongé des autorités, et l’absence totale d’un débat parlementaire sur un phénomène pourtant central dans la vie quotidienne des Congolais, il est désormais évident qu’aucune lumière ne sera faite sur ce système. Faute d’information fiable, les autorités congolaises devront accepter que rumeurs, fantasmes et suppositions populaires prennent le dessus. C’est dans cet espace de non-dit que s’impose l’idée, largement répandue, que les Kulunas sont une création du pouvoir, un instrument destiné à gouverner dans la peur. Les exécutions sommaires, les destructions de maisons et les disparitions ciblées ne visent pas à restaurer la sécurité. Elles servent surtout à effacer les traces d’un système qui fabrique ses propres monstres… puis élimine ceux qui deviennent gênants. Deux questions demeurent : Deux interrogations majeures surgissent inévitablement de cette reconstitution et frappent par leur simplicité autant que par leur force. Premièrement : Comment un régime qui contrôle l’armée, la police et la gendarmerie peut-il être menacé par quelques gangs, si ceux-ci ne sont pas son propre produit ? Un pouvoir disposant de tous les leviers de la force publique, des renseignements et de l’appareil coercitif d’État ne peut logiquement pas trembler devant des groupes de jeunes armés de machettes — sauf si ces groupes sont issus de son propre système, utilisés ou tolérés pour servir des objectifs politiques précis. Deuxièmement : Comment des piliers aussi puissants du régime Sassou

Mariage princier au Congo : gabegie, pouvoir personnel, christianisme performatif et personnalisation psychotique extrême de Bruno Itoua et Cie ( lecture en 5 min)*

Mariage princier au Congo : gabegie, pouvoir personnel, christianisme performatif et personnalisation psychotique extrême de Bruno Itoua et Cie ( lecture en 5 min)*

LIBRES PROPOS. Les relations politico-familiales entre le Congo et le Gabon sont vieilles (mariage Omar Bongo–Édith Lucie Sassou-Nguesso) et connaissent depuis 2023 un réchauffement visible avec la noce annoncée d’Omar Denis Junior Bongo et Julia Otto présentée par la presse internationale comme un événement « fastueux et très politique ». À la tête de ces festivités, Bruno Jean Richard Itoua (BJRI) est entre décor, le ministère des hydrocarbures, le pétrole, la courtisanerie et les affiches géantes. Si partout ailleurs au monde, un ministère des hydrocarbures se juge à ses chiffres de production, à ses contrats, à ses réformes et aux retombées qui profitent à la population, au Congo ; il se mesure aux incantations d’un ministre qui joue au pseudo – apôtre et aux affiches géantes où son visage occupe plus de place que celui des mariés. Quelle flagornerie éhontée ! BJRI, ancien patron de la SNPC, recyclé dans les portefeuilles stratégiques depuis vingt ans est devenu le symbole d’un État confisqué par l’autosacralisation. C’est le culte de la personnalité qui se mue en adulation et en idolatrie condamnées sévèrement par la Bible (Exode 20:5, I Cor 10:7-15). Ministre par décret, «disciple» par maman Olangui Oshio, bombardé apôtre en avril puis consacré le 25 mai 2025 sans église et en l’absence de son épouse par Bafounguissa Jean Baptiste et Miyouna Léandre. Le commun des mortels se demande si BJRI a été réellement éprouvé comme le recommande, Timothée 3:10. Miyouna et Bafounguissa ont-ils vérifié si BJRI est irréprochable, n’est pas arrogant, ni colérique, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête, etc comme exigé en Tite 1:6-8 ? Certainement les borgnes et les Nepios qui ignorent les livres d’Esaïe 58:1, d’Ephesien 5 :11de Matthieu et autres diront de ne pas juger alors que la bible et la langue de Molière parlent de jugements ( 1er… dernier). BJRI incarne la fusion obscène du pouvoir et du religieux. Son nom traîne dans les Panama Papers, dans le faux et la surfacturation mais surtout dans la désorganisation du système éducatif, son ministère dans les cérémonials de cour, et sa gouvernance dans un théâtre où la logique publique se confond avec les logiques privées. Le pétrole est censé irriguer l’économie ; il sert plutôt de parfum dans une liturgie narcissique où l’homme de pouvoir encense sa propre image. Le dispositif : Tartuffe au baril et prophétisme patrimonial BJRI n’est pas un ministre, c’est un metteur en scène de lui-même. Ses prières quotidiennes ne relèvent pas de la chrétienté, mais d’un entrepreneuriat syncrétiste qui légitime son pouvoir temporel. Il n’administre pas, il manipule. Il ne régule pas, il maudit. Il ne signe pas… Les commissions mises en place pour un mariage princier qu’il préside sont la caricature du néo-patrimonialisme triomphant : ministres transformés en maîtres de cérémonie, directeurs généraux en porteurs de dragées, parlementaires en figurants obligés. La République est prostituée à l’événementiel privé. L’État devient un traiteur de luxe pour noces claniques. À ce stade, il n’y a plus de distinction entre administration et sanctuaire, budget et offrandes, fonction publique et fanfare de cour. Le Congo est gouverné comme un sanctuaire privé, où le citoyen n’est qu’un adepte soumis au manipulateur, et où la logique du service public s’efface derrière l’économie morale de la loyauté. Jugez-en vous-même : le noyau du Directoire Nkeni-Alima s’est réuni le 05 août 2025 sous la direction du président de Sénat Pierre NGOLO, entouré des ministres Pierre OBA, BJRI, Hugues Ngouélondélé, Léon Juste IBOMBO, etc., qui ont été rejoints dans la cour du roi Petaud pour la circonstance par des parlementaires et des cadres à l’image du Cardiologue Bertrand ELENGA-MBOLA qui a abandonné les malades au CHUB au profit de l’organisation du mariage et et de la mobilisation des cadres surtout haut placés. Inimaginable pour Hugues Ngouolondélé qui s’est marié avec Ninelle en toute modestie et Cie qui suivent le dévoyé apôtre BJRI. Curieux pour le pervers BJRI qui se constitue un trésor de guerre pour remplacer le très discret Denis Sassou Nguesso. Le pétrole qui lui monte à la tête nous oblige à lorgner son ministère. Un ministère captif, une tragédie annoncée L’avenir du ministère des Hydrocarbures sous BJRI s’écrit : hyper-personnalisation, confusion d’intérêts, pilotage par l’apparat. Le pétrole ne se négocie plus dans des contrats, mais dans des cérémonials, et la crédibilité internationale se délite à mesure que la flagornerie remplace la gestion axée aux résultats. Les investisseurs réclament de la prévisibilité ; ils trouvent une messe superflue. Les Congolais et les partenaires veulent des chiffres ; ils obtiennent des affiches. Ce système est dangereux. Car il engendre un ministère schizophrène, partagé entre une administration fantôme et un cabinet de fait dominé par le christianisme performatif. Le moindre choc exogène – chute du baril, pressions internationales, déstabilisation clanique – fera s’écrouler ce décor de carton-pâte. La vérité crue est là : tant que ce modèle perdure, le Congo perd des milliards, perd sa crédibilité et perd son avenir. Car un État qui remplace ses ingénieurs par des chantres, ses directeurs par des diacres improvisés, et ses politiques publiques par des prières syncrétistes ne peut récolter que le déclin. Le cas de ya « B.J.R.I. » n’est pas une anecdote : il est la métaphore d’un pays otage d’une gouvernance théâtrale et narcissique. Un État réduit au rôle de sanctuaire privé, où la rationalité publique est sacrifiée sur l’autel d’un ego hypertrophié. Tant que l’encensement et la courtisanerie tiendront lieu de stratégie et que la personnalisation extrême tiendra lieu d’institution, le pétrole congolais continuera d’être brûlé non pour le développement, mais pour la gloire éphémère d’un seul homme. Comme quoi, la politique et l’argent rendent folles toutes les personnes non préparées pour les hautes fonctions. Ce mariage offusque plus d’un congolais qui broie le noir alors qu’à côté, les dépenses de prestiges… Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Ouabari Mariotti, ancien ministre : les clignotants sont au rouge dans la plupart des secteurs socio-économiques du Congo

Ouabari Mariotti, ancien ministre : les clignotants sont au rouge dans la plupart des secteurs socio-économiques du Congo

HAUT-ET-FORT. « Dans la plupart des secteurs socio économiques congolais, depuis l’aménagement du territoire, la santé, l’éducation, les transports, jusqu’à l’économie et les finances, ainsi que ces autres branches qui y sont liées, en passant par la culture, l’art et le sport, les clignotants sont au rouge », constate l’ancien Ministre de la Justice, Ouabari Mariotti, dans la tribune ci-dessous. 15 août 1960-15 août 2025- 65 ans. En République du Congo, 65 ans d’indépendance. Et, ici, je redis mes vérités sur ce pays, mon pays que j’aime passionnement. La République du Congo commémore, le 15 août 2025, la 65 eme année de son accession à l’indépendance. Une célébration qui intervient dans un contexte de morosité générale, les Congolais étant particulièrement préoccupés par les obstacles et les soucis qui compliquent, au jour le jour, le cours de leur existence, ou, selon les cas, le déroulement de leurs activités et toutes autres ambitions constructrices. En effet, dans la plupart des secteurs socio économiques congolais, depuis l’aménagement du territoire, la santé, l’éducation, les transports, jusqu’à l’économie et les finances, ainsi que ces autres branches qui y sont liées, en passant par la culture, l’art et le sport, les clignotants sont au rouge. Les sphères concernées ayant besoin d’une autre forme d’attention. Le redressement traine à venir. Et la grogne, diffuse, sur le territoire national, gagne du terrain, dans le pays. Ce qui apparait comme l’indifférence du pouvoir face à ce malaise éloigne la population des autorités, détruisant les rapports de confiance entre celle-ci et les dirigeants. A l’exception du Parti Congolais du Travail, Parti au pouvoir, et de ses alliés politiques, le reste des forces vives de la nation, toutes tendances des formations d’opposition confondues, la société civile et autres personnalités libres de tout engagement, aussi bien de la diaspora que de l’intérieur du pays, en appellent au sens républicain et patriotique du Président Denis Sassou Nguesso. Un appel aux fins de créer les conditions optima d’un sursaut national puissant et d’une véritable réconciliation des Congolais avec eux mêmes, pour un objectif majeur. Répondre plus efficacement aux aspirations légitimes des Congolais et leur assurer une meilleure protection sociale. Ce qui permettrait au Président de la République, capitalisant l’état d’esprit, au sein de la nation, né du sursaut national, de procéder à la convocation d’un dialogue ouvert, sans exclusive, pour des solutions consensuelles aux nombreux défis qu’affronte le pays. Au demeurant, enrayer la crise financière, visible, et se mettre au service de l’indispensable redressement du pays. Les assises du dialogue seraient une opportunité pour le Président Denis Sassou Nguesso de se dépasser pour le Congo. Se déterminer à un retour d’une trajectoire financière crédible dans le pays, notamment par la valorisation du trésor public, un meilleur contrôle des recettes des hydrocarbures et des regies financières. En finir avec le malaise permanent résultant du versement irrégulier des pensions que vivent des corps sociaux dépendant exclusivement des caisses de l’Etat, comme ceux des retraités. Revenir, définitivement, au paiement par virement bancaire des salaires et indemnités imposables de tous les agents des pouvoirs publics et des institutions de la République, avec le traditionnel bulletin de paie, rayant la procédure archaique et sujette à des malversations du versement des traitements en espèces. Le dialogue permettrait, par ailleurs, au Président Denis Sassou Nguesso de donner la preuve de sa volonté de traduire en acte le symbole du Père de la Nation qu’un Président de la République revêt par une mesure spéciale exercée à titre humanitaire. Celle ci consisterait à accorder, aux termes de l’exception, la grâce présidentielle à trois compatriotes, aux dossiers judiciaires particuliers, purgeant de lourdes peines d’emprisonnement. De ces compatriotes, deux d’entre eux, MM. Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa ont été, entre autres, les concurrents défaits du Président Denis Sassou Nguesso, aux élections présidentielles de mars 2016. Sans compter qu’ils ont été, à une époque, ses proches et loyaux collaborateurs, dans les instances militaires, pour le premier, au Gouvernement, s’agissant du second. Le troisième compatriote, un ancien Ministre des Hydrocarbures, sous le Président Pascal Lissouba, M. Benoit Koukebene, purge, depuis 27 ans, une condamnation qui a fini par la force des choses de se muer en exil forcé en France. Un malheur ne venant jamais seul, aux souffrances que subissent les Congolais, en raison de l’âpre conjoncture socio économique que traverse leur pays, demeurent vains, parallèlement, les appels répétés au Président Denis Sassou Nguesso pour demander la convocation de la tenue du dialogue. Et pourtant, les exhortations au dialogue traduisent une détermination responsable de co-entreprise et de partage pour résoudre les problèmes nationaux. Elles seraient, à l’avantage du Président Denis Sassou Nguesso, une chance pour promouvoir la compréhension, renforcer son engagement en faveur de l’apaisement, de l’unité, de la cohésion et de la réconciliation nationales. En effet, par leurs statuts de figures politiques, toujours utiles à leur nation, les Ministres Benoit Koukebene et André Okombi Salissa ainsi que le Général Jean Marie Michel Mokoko prendraient part au dialogue. Au bout du compte, dans l’opinion congolaise, le dialogue amplifierait, au bénéfice du Président Denis Sassou Nguesso, l’image d’un dirigeant rassembleur, au nom de l’intérêt supérieur de la nation. Dans les années 90-91, les peuples africains ne juraient que par les conférences nationales pour sortir leurs pays des blocages de tous ordres qui les tiraient vers le bas. De nombreux Etats, dont la République du Congo, en sont arrivés à ces conférences qui ont valu, par la suite, ce qu’elles pouvaient valoir. Le temps passant, du bien et du mal ont été dits d’elles. Aujourd’hui, en Afrique, la tendance est à l’exploration des vertus du dialogue, comme ligne capitale pour une gouvernance plus juste, plus transparente, plus raisonnable, plus proche des populations, faisant des richeses naturelles du pays des ressources qui profitent véritablement aux nationaux. Le dialogue est également perçue en Afrique comme un outil fraternel, crucial dans la confrontation des idées et l’esprit de conciliation mutuelle, avec une place prépondérante dans la quête de la vérité. Oui, la vérité. Parce qu’à bon nombre de dirigeants, à

Les Congolais peuvent-ils enfin dire : Bye Bye Sassou Nguesso ?

Les Congolais peuvent-ils enfin dire : Bye Bye Sassou Nguesso ?

PARLONS-EN. Sortie honorable ou impunité maquillée ? Une analyse critique de la proposition onusienne à Denis Sassou Nguesso Sous l’impulsion de Daldy Rustichel Youbou, représentant permanent de la société civile et de la diaspora congolaise auprès des Nations Unies, un accord politique inédit aurait été négocié avec le Secrétariat général de l’ONU pour offrir au président congolais Denis Sassou Nguesso une sortie « honorable » de la vie politique nationale. L’accord prévoit la nomination de Denis Sassou Nguesso à la tête d’une nouvelle institution internationale chargée de la gestion des trois grands bassins forestiers tropicaux de la planète — Amazonie, Congo, Bornéo-Mékong —, à condition qu’il renonce formellement à se porter candidat à l’élection présidentielle congolaise de 2026. Le président français Emmanuel Macron aurait exprimé son soutien à cette proposition. L’idée paraît séduisante. Mais au-delà des apparences diplomatiques et des ambitions écologiques mondiales, ce scénario cache des zones d’ombre profondes. Il soulève des questions cruciales de justice, de mémoire collective et de souveraineté populaire. Les avantages apparents : une transition politique rendue possible Ce compromis pourrait offrir aux Congolais une bouffée d’air frais après des décennies de répression politique, de confiscation démocratique et de stagnation socio-économique : Fin de la présidence à vie : Pour la première fois depuis des décennies, Sassou Nguesso envisagerait de ne pas se représenter, mettant ainsi fin à un cycle politique basé sur la peur, la fraude électorale et l’usage abusif de la force publique. Libération des prisonniers politiques : Ce point est fondamental pour restaurer un climat de confiance entre les institutions et les citoyens. Dialogue national inclusif : L’engagement à organiser un dialogue avec toutes les forces vives de la nation, y compris la diaspora, pourrait jeter les bases d’une véritable refondation du pays. Ouverture à une transition politique : Si une feuille de route claire est définie, ce processus pourrait aboutir à la tenue d’élections crédibles et transparentes. Une reconnaissance de son engagement écologique Cependant, il faudra aussi reconnaître que depuis des décennies, Denis Sassou Nguesso a fait de la protection de l’environnement l’un de ses chevaux de bataille. Sa vision, notamment développée et relatée dans plusieurs ouvrages par Michel Innocent Peya, est connue et débattue sur le plan international. Cette année, la République du Congo a même réussi à faire adopter, lors de la soixante-dix-neuvième session des Nations Unies, une résolution importante — votée par 155 voix pour — proclamant la Décennie des Nations Unies pour le boisement et le reboisement (2027–2036), dans le cadre d’une gestion durable des forêts. Ce contexte explique en partie le choix des Nations Unies de lui proposer ce rôle de leadership environnemental mondial. Les dangers et désavantages : l’impunité sous couvert diplomatique Mais cette proposition soulève également de graves préoccupations, tant sur le plan éthique que politique : Une impunité légalisée : En garantissant la protection internationale de Denis Sassou Nguesso et de sa famille, les Nations Unies risquent de cautionner une amnistie de fait pour des crimes graves: crimes de sang (disparitions, tortures, exécutions extrajudiciaires), crimes économiques (détournements massifs de fonds publics), et crimes contre la démocratie (élections truquées, répression des opposants). Un dernier sursaut de violence ? : L’histoire montre que les dictateurs en fin de règne cherchent souvent à effacer les traces de leurs crimes. Cette période de transition pourrait donc être la plus dangereuse, marquée par des enlèvements, des assassinats ciblés ou des sabotages politiques. Mémoire des victimes bafouée : Une sortie « par la grande porte » sans justice reviendrait à insulter les familles des victimes et à invisibiliser les luttes du peuple congolais pour la liberté et la dignité. Un précédent dangereux : Ce type de compromis pourrait inspirer d’autres autocrates africains à négocier leur immunité en monnayant leur départ contre un poste honorifique ou international. L’interrogation sur la morale dans les institutions onusiennes La proposition fait également émerger une question sensible mais fondamentale : les recrutements et nominations au sein des organes des Nations Unies tiennent-ils compte de la moralité des individus ? Le cas du président congolais renvoie à d’autres précédents troublants, comme celui de la représentante du HCR à Kinshasa, qui bénéficie encore aujourd’hui d’une protection onusienne, les Nations Unies refusant de lever son immunité diplomatique, bien qu’elle ait été citée dans le dossier des disparus du Beach. Denis Sassou Nguesso, à l’instar de cette diplomate, pourrait donc être placé à l’abri de toute poursuite, profitant d’un bouclier juridique international. Ce scénario interroge : jusqu’à quel point l’ONU peut-elle protéger des individus poursuivis ou impliqués dans de graves violations des droits humains ? Une opportunité à condition d’un strict encadrement Cette initiative, aussi controversée soit-elle, pourrait réussir, mais à trois conditions fondamentales : Que la vérité soit dite : Un mécanisme de justice transitionnelle, type Commission Vérité et Réconciliation, doit être mis en place pour établir les responsabilités, même symboliques. Que la société civile soit garante du processus : Aucun dialogue ne peut être crédible sans les forces vives du pays, notamment la diaspora, les intellectuels, les jeunes et les femmes. Que l’accord ou les nouvelles fonctions diplomatiques ne bloquent pas les poursuites internationales : La protection diplomatique ne doit pas empêcher d’éventuelles plaintes au niveau international, notamment à la CPI ou dans le cadre de la compétence universelle. Conclusion : Une page à tourner, mais sans gommer le passé La proposition onusienne, si elle est acceptée par Denis Sassou Nguesso, marque un tournant politique majeur pour le Congo-Brazzaville. Elle pourrait permettre une transition pacifique, dans un pays meurtri par des décennies de dictature. Mais si elle n’est pas accompagnée de véritables garanties de justice et de vérité, elle risque de perpétuer le cycle de l’impunité et de détruire toute confiance dans les institutions internationales. Le Congo a besoin d’un nouveau départ, certes. Mais aucun avenir solide ne peut être bâti sur l’oubli organisé du passé. Par Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika

Congo. Administration à la Présidence : de la confusion au dysfonctionnement (lecture en 5 minutes)

Congo. Administration à la Présidence : de la confusion au dysfonctionnement (lecture en 5 minutes)

PARLONS-EN. Depuis bientôt 4 ans, la Présidence de la République du Congo, avec son architecture tripartite asphyxiante est en panne structurelle. Elle fonctionne comme une machine désarticulée, minée par une confusion institutionnelle chronique et des logiques claniques. Depuis 2016, le décret nᵒ2016-238 définit un organigramme du cabinet présidentiel tricéphale : – le directeur de cabinet (Dircab), actuellement Florent Ntsiba, qui concentre les services techniques, financiers, administratifs et le contrôle du personnel ; – le secrétaire général du Gouvernement (SGG), Benjamin Boumakany, assure la production normative, le secrétariat du Conseil des ministres et la régulation juridique ; – et le secrétaire général de la Présidence (SGPR), Stevie Pea Ondongo, qui a pour missions la coordination de l’action publique, l’évaluation stratégique et la cohésion interministérielle. Dans la pratique, aucune ligne de subordination réelle ne structure ces rôles. Les prérogatives se recoupent, les arbitrages sont paralysés, les responsabilités diluées. Le Cabinet présidentiel devient un pouvoir transversal sans contrepoids, où la loyauté personnelle prime sur la rationalité administrative : c’est le délabrement administratif et politique. Par exemple, lors de la réception du ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdel Aty le 5 mars 2025 par M. Sassou, le relais administratif a été mal assuré par le cabinet. M. Sassou a déclaré officiellement soutenir la candidature de l’Égyptien, Khaled El-Enany (cf. Les dépêches de Brazzaville, Jeune Afrique, etc.), alors qu’il y a Firmin Édouard Matoko. Comme des personnes atteintes d’Alzheimer, aujourd’hui, ils feignent de courir çà et là. Au temps de Wilson Abel Ndessabeka, Elenga Ngaporo, Bitsindou Gérarld, Gabriel Longobe ou Jean Baptiste Ondaye qui suivaient les dossiers, ces couacs ne seraient jamais arrivés. Ntsiba : entre centralisation abusive et sabotage de la technostructure Depuis son installation en 2017, le général Ntsiba a opéré une captation fonctionnelle de l’État présidentiel. Son modus operandi repose sur des pratiques systémiques éprouvées depuis son admission comme chef de cabinet au sein de l’armée populaire nationale d’un corps dénommé direction générale des services de sécurité (du décret nᵒ 73-101 du 22 mars 1973), ayant le rôle et les prérogatives d’un ministre de l’Intérieur et de la Défense cumulés, attribués au commandant Denis Sassou par le Président Marien Ngouabi à l’époque. On y distingue l’ostracisme administratif : – les chefs de certains départements (juridique, télécommunications, santé, affaires étrangères, affaires intérieures, documentation) sont marginalisés, dépossédés de leurs notes, ou bloqués dans l’accès au Président ; – l’interférence normative. Des textes préparés par le SGG sont révisés sans validation juridique, ou publiés en retard, créant un climat d’insécurité réglementaire ; – la colonisation des circuits décisionnels : les notes stratégiques, tableaux de bord et évaluations produits par le SGPR sont ignorés ou remplacés par des documents non validés ; – le clientélisme décisionnel : la proximité personnelle avec le Dircab devient la condition d’accès à l’agenda présidentiel, court-circuitant toute chaîne institutionnelle, résultat : la Présidence de la république devient un espace de pouvoir informel, structurellement fermé à l’expertise, hostile aux contre-pouvoirs, et incapable de générer de la valeur publique. Des comparaisons avec d’autres pays Depuis 2016, sous les décrets 2016-072, 2016-499 et 2016-598, la Présidence du Bénin repose sur une structure intégrée et hiérarchisée. Le SGPR béninois est le coordinateur stratégique et le chef de l’administration présidentielle. Le Dircab a un rôle limité aux affaires personnelles du Chef de l’État, sans pouvoir de coordination politique. De son côté, le SGG reste centré sur la chaîne réglementaire et normative, dans une séparation claire des tâches. Mieux encore, le SGPR béninois dispose d’une unité d’appui stratégique, d’un bureau d’évaluation des politiques publiques, et préside le Comité interministériel, là où au Congo, Stevie Pea Ondongo semble relégué au rôle décoratif. Au Sénégal, depuis les réformes de Macky Sall de 2012, le SGPR est l’unique coordinateur exécutif, avec rang de ministre d’État. Sous son autorité, se limite à la gestion de l’agenda et des notes personnelles du chef de l’État. La chaîne de coordination est claire, efficace, et pilotée depuis un centre unique : le SGPR. Au Maroc, le SGG est doté d’une indépendance juridique renforcée et assure la régulation de toute l’activité normative. Le cabinet royal est très discret et non décisionnel. La coordination des politiques publiques est confiée au chef du Gouvernement, appuyé par des directions générales stratégiques, à compétence technique exclusive. En Côte d’Ivoire, sous Ouattara, le ministre, SGPR est aussi le coordinateur des politiques publiques et le superviseur des conseils de gouvernement. Le Dircab n’a aucune prérogative transversale. L’ensemble du cycle de décision, de la planification à l’évaluation, est intégré dans la Présidence sans ambiguïté fonctionnelle. Ces modèles convergent vers la séparation des fonctions politiques, normatives et administratives, et limitent l’influence du Dircab à un rôle périphérique et exécutif. Des anomalies L’absence d’une agence judiciaire de l’État permet à des affidés du cabinet présidentiel de négocier en toute opacité avec des tiers, dans des affaires engageant la République. Parmi tant de cas sur lesquels nous avons enquêté il ya : – le dossier Berrebi, dans lesquels un proche du Cabinet s’arrogeait le pouvoir de « négocier » un compromis international sans clarté ; – le cas Hojeij, où des promesses orales non formalisées ont entraîné des contentieux coûteux devant des juridictions internationales ; – le dossier Odzali, marqué par une médiation parallèle conduite sans l’aval du SGG et Cie, débouchant sur un arbitrage humiliant pour le Congo. Bref, la situation actuelle ressemble à celle d’un État obstrué de l’intérieur. En confiant à Ntsiba des fonctions qui ne relèvent ni de l’armée ni d’un haut technocratique, la Présidence s’est donné un gardien de couloir plutôt qu’un architecte de la coordination : dossiers bloqués, chefs de département marginalisés, décisions présidentielles biaisées. La motivation de Tsiba peut être trouvée dans les décombres de l’ancien FROLIBABA. Il est clair, la volonté d’assujettissement du pouvoir est manifeste et réitérée plusieurs fois. L’aggiornamento annoncé par certains proches de M. Sassou ne se fera qu’avec son départ ou au changement de leadership à la tête du cabinet présidentiel et à certains postes de direction. Ghys Fortuné BAMBA DOMBE

Congo. Lettre ouverte au président de la République

Congo. Lettre ouverte au président de la République

Excellence, monsieur le président de la République, Les partis politiques, les associations de la société civile et les personnalités indépendantes de l’intérieur et de la diaspora congolaise, signataires de la lettre dont la teneur suit, viennent à vous, par la présente, vous adresser leurs civilités et vous exprimer leur protestation indignée contre l’explosion de la criminalité et de l’intolérance politiques dans notre pays, l’indifférence hautaine du pouvoir face à la désespérance sociale des populations, l’idée lunaire du pouvoir, d’organiser une élection présidentielle en mars 2026, dans un pays aujourd’hui naufragé, ce, sans que les conditions préalables d’organisation d’une élection libre, transparente, honnête et apaisée ne soient remplies. Excellence, monsieur le président de la République, Le Congo-Brazzaville se donne à voir à l’international, comme une République et une démocratie. C’est énoncer une banalité que de rappeler qu’une République se caractérise entre autres, par la garantie réelle des libertés individuelles et collectives (libertés de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, de presse, de réunion, de manifestation, de cortège, de conscience) et par la protection des citoyens contre l’arbitraire et la criminalité politique. Quant à la démocratie, entendue comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », elle a pour fondement, la garantie réelle et la protection véritable des libertés fondamentales et des droits humains (droits à la liberté, à la vie, à des soins de santé de qualité, à un emploi et un salaire décents, à une éducation et une formation professionnelle de bon niveau, à une nourriture nutritive et saine, à un logement décent, à des loisirs sains, à un environnement salubre, à une vie digne). S’agissant du droit à la liberté, l’article 9 de la Constitution du 25 octobre 2015 dispose : « La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu ». Sur le même sujet, l’article 11 de la Constitution stipule : « Toute personne arrêtée est informée du motif de son arrestation et de ses droits dans la langue qu’elle comprend. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain et dégradant est interdit. Le pouvoir judiciaire, gardien des libertés individuelles assure le respect de ce principe dans les conditions fixées par la loi ». Dans cet esprit, l’article 14 de la Constitution dispose : « Tout individu, tout agent de l’Etat, tout agent des collectivités locales, toute autorité publique qui se rendrait coupable d’actes de torture ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant, soit de sa propre initiative, soit sur instruction est punie conformément à la loi ». S’agissant des partis politiques, l’article 58 de la Constitution stipule : « les partis politiques se créent librement autour d’un idéal de paix, d’unité nationale et de développement socio-économique. Ils jouissent de la personnalité morale. L’adhésion à un parti politique est libre. Nul ne peut faire l’objet de mesures discriminatoires en raison de son appartenance à un parti ou du fait qu’il n’appartient à aucune formation politique ». A propos de l’opposition politique, l’article 63 de la Constitution dispose : « L’opposition est reconnue en République du Congo. Elle ne peut subir de limites, quant à son existence et à ses activités démocratiques, que celles imposées à tous les partis politiques par la Constitution et la loi ». A cette disposition constitutionnelle, il convient d’ajouter le principe selon lequel, dans une démocratie, l’opposition politique remplit une fonction tribunitienne, qui consiste pour elle, à mettre en accusation l’action gouvernementale, à critiquer les mauvais choix et les défaillances du pouvoir en place et à proposer des politiques alternatives. Excellence, monsieur le président de la République, La République et la démocratie protègent les différences. Elles garantissent les libertés fondamentales et les droits humains. La République se construit autour des droits inaliénables des citoyens. Elle postule le règne des citoyens égaux en droits. Un régime construit sur la pratique de la violence politique viole les valeurs de la République et de la démocratie. Un Etat démocratique a l’impérieux devoir de protéger les citoyens contre la criminalité politique. Or, sur le plan sécuritaire, dans notre pays et dans la perspective de l’élection présidentielle de mars 2026, en violation flagrante des caractères républicain et démocratique officiellement proclamés du pays, ainsi que des articles 9,11, 14, 58 et 63 de la Constitution en vigueur, articles cités supra, les mœurs barbares à l’œuvre pendant les temps funestes de la JMNR, temps caractérisés par des violences politiques perpétrées par les tortionnaires Mabouaka François, Kouvouama, alias Castro et autres Antoine Ngayot de triste mémoire, sont ressuscitées allègrement. Le mode opératoire est toujours le même : créer un climat d’insécurité dans le pays, dans le sinistre dessein d’intimider les opposants politiques et tous ceux qui ne portent pas le pouvoir actuel dans leurs cœurs, et plus largement, de faire peur aux populations. Cette stratégie de l’intimidation nous a été récemment rappelée dans un audio devenu viral sur les réseaux sociaux, audio diffusé par l’ancien député de Moungali, Heydevert Mouagni. En effet, dans cet audio, l’ancien député, aujourd’hui déchu et en fuite à l’étranger, a révélé que sous le pouvoir dirigé par l’ancien président Pascal Lissouba, les têtes pensantes du camp de l’actuel président de la République, ayant à leur tête, le défunt Oko Camille, avaient mis en œuvre une stratégie visant à créer l’insécurité dans le pays, aux fins de discréditer le pouvoir de l’époque, retourner l’opinion nationale contre lui, amener les populations à regretter la période Sassou, caractérisée selon eux, par le règne de la paix sociale et de la tranquillité de l’ordre public, et partant, de les inciter à exiger le retour au pouvoir de l’ancien président Denis Sassou Nguesso. Aujourd’hui, comme dans les années 1993-1998 au cours desquelles les exécutions extrajudiciaires étaient légion, le pouvoir actuel a remis en train la stratégie de l’intimidation, en vue de se donner les moyens de se maintenir à vie à la barre par la force brutale. Pourtant, lors de la Conférence nationale souveraine de 1991, les participants avaient lancé le cri de cœur suivant, à l’endroit de la classe politique congolaise : « Plus jamais