Regard sur la nouvelle stratégie d’octroi de licences en Angola (2019-2025)

Regard sur la nouvelle stratégie d’octroi de licences en Angola (2019-2025)

TRIBUNE. Dans le cadre d’une autre réforme marquante de son secteur des hydrocarbures, l’Angola a publié en février 2019 un nouveau décret présidentiel détaillant la stratégie d’octroi de licences du pays pour les six prochaines années. Publié en février 2019, décret présidentiel no. 52/19 s’inscrit dans la poursuite des efforts de l’administration Lourenco visant à garantir les investissements en exploration et à arrêter la baisse de production. La production de pétrole angolaise est en effet en baisse depuis son pic de près de 1,9 million de bpj en 2008 pour atteindre 1,478 millions de bpj l’an dernier. Avec l’objectif « d’accroître la production de pétrole et de gaz » et de « remplacer la baisse évidente de la production de ces dernières années », le nouveau décret définit donc la nouvelle stratégie générale du pays en matière d’attribution de concessions pétrolières jusqu’en 2025. Selon les termes du décret, les concessions pétrolières sont soumises à trois modalités différentes : un appel d’offres public, un appel d’offres public limité et les négociations directes. L’appel d’offres public suit la procédure et les modalités décrites dans le décret présidentiel 86/18. Dans le cadre d’une telle vente aux enchères, la compagnie nationale Sonangol a droit à une participation de 20% dans des activités de recherche dans le cas où elle n’est pas l’exploitant du bloc. En 2019, les blocs 11, 12, 13, 27, 28, 29, 41, 42 et 43 dans le bassin de Namibe et le bloc 10 dans le bassin de Benguela doivent être attribués par appel d’offre public. En 2020, il est proposé d’attribuer les blocs CON1, CON5 et CON6 dans le bassin du Congo (onshore) et les blocs KON5, KON6, KON8, KON9, KON17 et KON20 du bassin de Cuanza (onshore). Enfin, les blocs CON2, CON3, CON7 et CON7 du bassin du Congo (onshore) et les blocs KON1, KON3, KON7, KON10, KON13, KON14, KON15 et KON19 du bassin de Cuanza (onshore) sont proposés pour être soumis à une enchère publique en 2023. Pour des raisons d’intérêt stratégique national, l’octroi de certains blocs sera soumis à un appel d’offre limité à un certain nombre de sociétés précédemment sélectionnées. Cette modalité sera réservée aux société possédant des connaissances, une expertise et des compétences techniques et technologiques en Angola ou dans d’autres provinces pétrolières similaires. La procédure suivra les règles énoncées dans le décret présidentiel no. 86/18 et s’appliquera en 2021 aux blocs maritimes 7, 8, 9, 16, 33 et 34 et aux zones libress 31 et 32, et en 2025 aux blocs 22, 24, 25, 26, 35, 36, 37, 38, 39 et 40. Enfin, les blocs 6, 30, 44, 45, 46 et 47 sont ouverts à des négociations directes, qui doivent être conclues avant la fin du premier semestre de 2019. Les entreprises retenues doivent signer un contrat de service à risque et démontrer une expérience, expertise et capacités techniques et technologiques pour de telles opérations en Angola ou dans d’autres provinces pétrolières. La législation est conforme à la mise en œuvre par le président angolais, João Lourenco, d’un programme réformiste et ambitieux qui transforme radicalement la gouvernance du deuxième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne depuis ses élections de 2017. En mai 2018, l’Angola avait déjà publié trois décrets présidentiels relatifs à la gouvernance et à la réglementation de son secteur pétrolier et gazier : le décret présidentiel no. 5/18 établit le cadre des activités d’exploration des zones de développement ; le décret présidentiel n ° 6/18 réglemente le développement des champs marginaux ; et le décret présidentiel no. 7/18 encadre la prospection, la recherche, l’évaluation, le développement, la production et la vente de gaz naturel. On peut maintenant s’attendre à ce que la nouvelle stratégie en matière d’octroi de licences et sa promulgation par le président angolais suscitent davantage l’intérêt des sociétés africaines et indépendantes et des compagnies internationales pour explorer les basins angolais. 2019 sera une année cruciale pour le secteur pétrolier angolais, qui s’apprête également à lancer son premier appel d’offres pour les champs marginaux lors de la Conférence sur le pétrole et le gaz en Angola à Luanda du 4 au 6 juin 2019. Adriano Rioja Ciprian Avocat associé, cabinet juridique de Centurion.

MATIERES PREMIERES : les prix du pétrole entre la hausse de l’offre et la faiblesse de la demande

MATIERES PREMIERES : les prix du pétrole entre la hausse de l’offre et la faiblesse de la demande

Les cours de pétrole ont poursuivi leur baisse, affectés par une augmentation de la production et une faiblesse de la demande, alors que les prix du Brent se sont établis à près de 72 dollars début août contre 74 dollars en moyenne en juillet, 75 dollars en juin et un pic de 77 dollars en mai, a observé la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). D’après ce département relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances, les prix du gaz butane se sont inscrits en revanche en hausse pour atteindre environ 550 dollars la tonne début août. « Les prix des engrais phosphatés DAP se sont établis à 427 dollars la tonne en juillet, en hausse de 3% sur un mois et de 24% sur un an. Les perspectives semblent s’améliorer, avec une reprise attendue des importations de l’Inde et une modération des exportations de la Chine », a-t-elle souligné dans sa note de conjoncture du mois d’Août ( n°258). La même source a relevé que les cours du blé tendre (SRW) ont augmenté de 0,4% en juillet pour atteindre 207 dollars la tonne, portant leur hausse à 20% depuis début 2018. Selon la DEPF, la moisson en cours s’avère plus faible qu’attendue, les perspectives de récolte s’étant détériorées chez certains gros producteurs de l’hémisphère Nord (UE, CEI), affectés par une météo défavorable. Les analyses de la DEPF ont aussi noté que les prix mondiaux du sucre brut (ISA) ont reculé à 258 dollars la tonne en juillet, leur plus bas niveau depuis trois ans, marquant une baisse de 6% sur un mois et de 20% sur un an. « La tendance baissière des prix du sucre s’explique par l’abondance des disponibilités à l’exportation, en raison, notamment, d’une production record en Thaïlande et en Inde (deuxième pays exportateur dans le monde), ainsi que par des perspectives de l’offre favorables », ont-ils fait savoir. Martin KAM

Gunvor: Un ancien employé admet avoir versé des pots-de-vin à des dignitaires congolais et ivoiriens

Gunvor: Un ancien employé admet avoir versé des pots-de-vin à des dignitaires congolais et ivoiriens

Un ex-trader du négociant pétrolier Gunvor répondant au nom de Pascal C. va être condamné pour corruption au Congo et en Côte d’Ivoire, selon une information du journal Le Temps. Le belge de 45 ans « doit écoper de 18 mois de prison avec sursis pour avoir payé de hauts dignitaires congolais et ivoiriens en échange de pétrole », écrit le quotidien suisse soulignant qu’il va être condamné le 28 août dans le cadre d’une procédure simplifiée négociée avec le Ministère public de la Confédération (MPC) Citant l’acte d’accusation que lui a transmis par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (Suisse), notre confrère Sylvain Besson (auteur de l’article) précise que l’ancien trader était chargé de développer les affaires de la société genevoise en Afrique, entre 2007 et 2012 et qu’il a admis avoir conclu trois «ententes corruptives» au Congo et en Côte d’Ivoire pour obtenir des cargaisons de pétrole. Dans une déclaration écrite transmise par son porte-parole, Seth Pietras, la société Gunvor a naturellement réagi en rejetant « ces accusations qui font partie d’une procédure simplifiée à l’encontre d’un ex-employé », rapporte le journal. Adrien Thyg

Le droit inaliénable du peuple de Loango de revendiquer ses droits

Le droit inaliénable du peuple de Loango de revendiquer ses droits

TRIBUNE. Le fait d’avoir été privé de la jouissance des richesses de son terroir et loin de voir l’amélioration de ses conditions de vie, mais plutôt reduit à subir les affres d’une gravissime pollution par les hydrocarbures, le peuple de Loango est manifestement victime d’une injustice flagrante et inadmissible. Il convient de noter que les activités extractives industrielles ont beaucoup d’impacts négatifs, considérables et durables tant sur l’environnement que sur le cadre de vie des populations riveraines. A cet effet, les préoccupations environnementales sont d’autant plus croissantes sur le littoral congolais qu’elles concernent principalement la pollution des eaux, la dégradation des cultures, l’atteinte à l’écosystème marin et côtier, la détérioration de la biodiversité et des sols, et leurs inévitables effets pervers sur la santé publique. Hélas cette gravissime situation n’émeut nullement les pouvoirs publics! De ce fait, il est cependant indéniable que le peuple de Loango aura subi un préjudice dont on ne peut apprécier l’étendue encore moins l’ampleur de la part des compagnies pétrolières ainsi que par l’attitude laxiste sinon la démission d’un pouvoir ethnocentrique corrompu et dont, par ailleurs, l’hégémonie tribale ostentatoire est assumée sans le moindre scrupule. Ici se pose avec acuité la question de responsabilité civile concernant les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures. C’est pourquoi on comprend très mal, au regard des sérieux dégats causés sinon des désastres perpétrés, il n’a jamais été initié, au niveau du parlement, une loi portant création d’un fonds national d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures. Les compagnies pétrolières se livrant à la pollution devraient normalement être tenues à une obligation de réparation du préjudice écologique. C’est justement cela qui aurait justifié la mise sur pied d’un mécanisme indemnitaire ou compensatoire à l’endroit notamment des victimes ainsi que pour la réhabilitation de l’écosystème ainsi altéré. On peut affirmer sans coup férir qu’un tel mécanisme participerait de la valorisation de l’être humain et de la sauvegarde de l’environnement. Par ailleurs, il y a lieu de déplorer le fait que le développement des activités pétrolières au Loango n’est accompagné d’aucune politique de développement socio-économique de cette riche et généreuse région du Congo-Brazzaville. En effet, la justice sociale et l’équité auraient voulu qu’il y ait une redistribution des richesses nationales (construction des infrastructures de base et amélioration significative du bien-être des citoyens) sans exclusive sur l’ensemble du territoire national, mais ici l’égoïsme et l’égocentrisme ont pris le dessus sur la valeur de partage, d’où la confiscation et la dilapidation de la rente pétrolière par le clan kleptomane et criminogène au pouvoir. On ne soulignera jamais assez que le pétrole de la région du Kouilou est, certes, une richesse nationale. Ceci demeure incontestable! Mais il n’en demeure pas moins vrai que le peuple de Loango, riverain de cette ressource stratégique et des zones d’exploitation, a été littéralement spolié et lésé dans son droit naturel de propriété. Aussi, il est dans son bon droit de faire valoir ses droits sur ce qui lui revient de droit. Et ce droit naturel est inaliénable et imprescriptible. En effet, on ne saurait perdre de vue le fait que l’Etat de droit, c’est d’abord l’état des droits. Et la démocratie, c’est avant tout les droits des citoyens dont fait partie la revendication des droits et la dénonciation des injustices. Bien évidemment, dans cette perspective, il est surtout question de raison et de bon sens. En conséquence, de deux choses l’une, le peuple de Loango est tenu de faire le choix entre vivre libre en jouissant de ses richesses ou mourir esclave privé de tout droit sur sa propre terre. En fait, pour tout peuple au monde quel qu’il soit, victime d’injustice flagrante, notamment l’expropriation éhontée de ses richesses, la revendication de son droit d’en jouir est un acte hautement légitime. En outre, on ne dira jamais assez que dans le meilleur des mondes, la redistribution plus ou moins équitable des richesses nationales devait être un impératif du moins une préoccupation au coeur de la politique gouvernementale. Mais hélas, on est reduit à constater que le peuple dans son ensemble, littéralement paupérisé et précarisé, est confronté à une pauvrété ainsi qu’une misère structurelles et endémiques. Pendant ce temps, la classe dirigeante foncièrement kleptomane affiche de manière ostentatoire une richesse insolente, surtout fulgurante et sans cause, donc mal acquise. Il sied cependant de souligner que l’accentuation des ces inégalités nuisent non seulement au vivre ensemble, à la cohésion et la concorde sociales, mais aussi au bien-être et à la santé de toute la société. On ne saurait cependant occulter une chose non moins importante : le fait d’être privé délibéremment du droit de jouissance des richesses nationales et de se voir plutôt imposer la pauvreté et la misère est susceptible de susciter auprès des citoyens des velléités de frustrations et tensions sinon des convulsions sociales; état de fait fort légitime et compréhenssible. En somme, c’est un devoir citoyen de proclamer la vérité d’autant que seule la vérité est révolutionnaire, car c’est d’elle que surgit la conscience citoyenne quand ce n’est la résurgence de velléité de revendication tant étouffée par ceux dont l’intérêt ne réside que dans la prédation, l’appropriation, l’accaparement, la captation, la confiscation des richesses nationales, sans aucun souci du bien-être du grand nombre. On ne saurait indéfiniment se résoudre au silence sur lequel prospère la fripouille félonne! C’est pourquoi cette réflexion n’est qu’une traduction de l’expression de la voix des sans voix, car il serait indécent et malencontreux d’ajouter volontairement à nos injustices la peur et le silence; ce qui ferait des citoyens congolais à la fois des malheureux victimes et complices des infortunes qu’on leur impose par les prédateurs de la république. René MAVOUNGOU PAMBOU Activiste politique et combattant de la liberté

La hausse des prix des matières premières devrait se poursuivre en 2018

La hausse des prix des matières premières devrait se poursuivre en 2018

La hausse des prix des matières premières devrait se poursuivre en 2018, a annoncé la Banque mondiale dans un récent rapport, indiquant que le baril de pétrole devrait atteindre 56 dollars l’année prochaine alors que les prix des métaux devraient se tasser. Le prix du baril de pétrole dont le coût moyen est à 53 dollars cette année devrait augmenter en 2018 «sous l’effet de l’augmentation constante de la demande, des accords entre exportateurs sur une diminution des volumes de production et de la stabilisation de l’extraction d’huile de schiste aux Etats-Unis», a expliqué l’organisation. Après une envolée de 28% en 2017, les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon) devraient progresser de 4% l’année prochaine, a prévenu l’institution de Bretton Woods. Selon les prévisions annoncées dans l’édition d’octobre du Commodity Markets Outlook (une publication périodique qui analyse en détail les marchés des principaux groupes de matières premières), «il faut s’attendre à une stabilisation de l’indice des métaux, qui a bondi de 22% en 2017, le renchérissement d’autres métaux de base compensant une correction du prix du minerai de fer». S’agissant des matières premières agricoles (produits alimentaires et non alimentaires confondus), le rapport prévoit un modeste fléchissement en 2017, puis un redressement l’année prochaine. A en croire l’économiste senior et auteur principal de la publication, John Baffes, «les prix de l’énergie remontent du fait de la stabilité de la demande et de la contraction des stocks, mais beaucoup dépendra de la décision des producteurs de pétrole de prolonger ou non les coupes de production». En ce qui concerne les métaux, cet expert est persuadé que les évolutions en Chine vont jouer un rôle essentiel dans la trajectoire des prix. En comparaison avec les prévisions du cours du pétrole publiées au mois d’avril dernier, on notera que celles rendues publiques récemment ont été légèrement revues à la baisse. Elles tiennent, par ailleurs, compte d’un certain nombre de risques. En effet, les auteurs du rapport estiment que «des incertitudes entourent notamment la production de la Libye, du Nigeria et du Venezuela, tandis que les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres producteurs pourraient s’entendre afin de continuer à limiter l’extraction, ce qui maintiendrait les pressions à la hausse sur les prix». Cela dit, il n’est pas exclu que les prix reculent à nouveau «si cet accord n’est pas reconduit ou si les Etats-Unis produisent davantage d’huile de schiste», a prévenu l’organisation dans un communiqué, notant, par ailleurs, que les cours du gaz naturel devraient augmenter de 3% en 2018. Si le charbon devrait coûter probablement moins cher après s’être envolé de près de 30% sur 2017, elle a estimé que «la politique environnementale de la Chine devrait constituer l’un des principaux déterminants des tendances à venir sur les marchés du charbon». Selon ses prévisions, les prix du minerai de fer devraient chuter, de leur côté, de 10% en 2018, alors que le resserrement de l’offre tirera probablement vers le haut ceux des métaux de base (plomb, nickel et zinc). La Banque mondiale a toutefois prévenu que «cette prévision pourrait être revue à la baisse si, notamment, la demande de la Chine se révèle plus faible qu’anticipé, ou si les restrictions sur la production des industries lourdes de ce pays sont assouplies». Etant donné le relèvement attendu des taux d’intérêt aux Etats-Unis, les auteurs du rapport s’attendent à un repli de l’or l’année prochaine. A l’inverse, ils ont soutenu que les prix agricoles devraient se redresser en 2018, à la suite de la dégradation de l’offre, avec une légère appréciation des céréales, huiles et tourteaux. «Les marchés des matières premières agricoles sont bien approvisionnés et, pour certaines céréales, les ratios stocks/utilisation (un indicateur du degré d’approvisionnement) devraient atteindre leur plus haut niveau depuis plusieurs années», rapporte la Banque sur son site web officiel.

Dr Kitsoro Firmin C. Kinzounza: il y a un problème de gouvernance financière indépendamment de la chute du prix du baril de pétrole

Dr Kitsoro Firmin C. Kinzounza: il y a un problème de gouvernance financière indépendamment de la chute du prix du baril de pétrole

« Il y a un problème de gouvernance financière indépendamment de la chute du prix du baril de pétrole. Qu’on arrête donc d’accuser le pauvre prix du baril en chute libre d’être à l’origine de la crise économique et financière actuelle », a déclaré Dr Kitsoro Firmin C. Kinzounza au journal La Semaine Africaine. Prenant le niveau d’endettement des autres pays de la CEMAC, l’économiste congolais a rappelé que « nous avons environ 1500 milliards pour la Guinée Equatorial; 850 milliards pour le Gabon; 360 milliards pour le Cameroun et 28 milliards pour la R. Centrafricaine, et la République du Congo 5400 milliards ». Que s’est-il passé pour le Congo se retrouve avec une dette aussi élevée? Pour ce consultant international en management « il s’est passé que dans les autres pays de la CEMAC, le ministre des Finances est la seule personne habilitée à engager l’Etat à l’étranger, donc à endetter l’Etat ». Ce qui n’était pas le cas au Congo où jusqu’à récemment « nous avons trois organes qui endettent l’Etat à l’international, en l’occurrence le ministre des Finances comme cela se fait normalement et de l’autre côté la SNPC et le ministère de l’Aménagement du territoire et des grands travaux », a-t-il fait observer. Ce qui, a-t-il ajouté, « fait que nous arrivons à un taux d’endettement de 117% du PIB alors qu’au Gabon le même taux était de 61% du PIB en juin 2017 ». Comment expliquez ce pays qui a multiplié des prêts aux autres pays africains soit devenu le plus endetté de la CEMAC? Pour répondre à cette question, Dr Kitsoro Firmin C. Kinzounza a rappelé que la crise profonde dans laquelle se trouve le Congo n’est pas due simplement à la chute du prix du baril de pétrole « mais plutôt, à 80 %, à la mauvais gouvernance financière et la mission du FMI a eu le mérite d’établir pleinement ce fait ». Pour rappel, le Congo a accordé des prêts à hauteur de 100 milliards à la Côte-d’Ivoire, 50 milliards à la Guinée Conakry, 25 milliards à la RCA, entre autres. Ceci sans l’autorisation préalable du Parlement, a fait observer l’économiste. « Selon nos informations, seule la Côte d’Ivoire a établi un échéancier de remboursement. La Guinée Conakry aurait opposé au Congo une note de la Banque mondiale demandant aux pays ravagés par le virus Ebola d’annuler leurs créances », a-t-il poursuivi. Pour conclure sur ce point, il a noté que « nous avons là une manifestation de générosité d’un Etat envers d’autres, sans implication du Parlement et de la Cour des comptes et de discipline budgétaire ».

Une vidéo accablante sur la corruption de Gunvor au Congo-Brazzaville

Une vidéo accablante sur la corruption de Gunvor au Congo-Brazzaville

Le géant du pétrole Gunvor affronte de nouvelles révélations concernant les agissements de ses agents au Congo. Un ancien directeur de la société genevoise a été filmé à son insu en train de détailler le versement de pots-de-vin à des dirigeants de ce pays africain. Cet enregistrement est désormais aux mains de la justice suisse, selon un rapport diffusé ce mardi par l’ONG Public Eye (ex-Déclaration de Berne). Gunvor est désormais directement visée par le Ministère public de la Confédération (MPC) en vertu de l’article 102 du Code pénal, pour avoir échoué à prévenir la corruption en son sein. Dans la vidéo on entend, entre autres, les propos suivants : «On versait des commissions, on pensait que tout se passait bien», explique G. dans l’enregistrement, selon la retranscription donnée par Public Eye. «Quand on les a payés [les intermédiaires locaux], on était persuadés que ça partait majoritairement quelque part, que ça allait à qui de droit. Et on ne pouvait qu’en être persuadés, comme on a eu des cargos, donc on pensait que tout se passait bien.» Réponse du Congolais qui apparaît dans la vidéo: «L’argent n’est pas arrivé à bon port. Denis Christel [le fils du président Sassou] ne touchait presque rien.» René MAVOUNGOU PAMBOU