La demande mondiale pour les produits agricoles devrait croître de 15% sur les dix années à venir

La demande mondiale pour les produits agricoles devrait croître de 15% sur les dix années à venir

La demande mondiale pour les produits agricoles devrait augmenter de 15% au cours de la prochaine décennie, selon les projections de l’Organisation pour la coopération économique et le développement (OCDE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En parallèle, « la croissance de la productivité agricole devrait augmenter légèrement plus vite, provoquant ainsi une inflation des prix des principaux produits agricoles qui, de leur côté, devraient rester ou légèrement baisser par rapport à leur niveau actuel », soulignent les deux institutions dans un nouveau rapport annuel. D’après ce document, intitulé « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2019‑2028 », la croissance de la production agricole devrait toutefois permettre de maintenir les prix des produits alimentaires relativement faibles lors de la prochaine décennie. Soulignons que le rapport fournit un scénario de référence complet de l’évolution à moyen terme des marchés des produits agricoles aux niveaux national, régional et mondial. Il met également en lumière les risques de plus en plus nombreux qui planent sur ces marchés. Ce qui, d’après les auteurs, « peut aider les décideurs à mieux les anticiper et y faire face ». Dans la préface dudit rapport, José Graziano da Silva, directeur général de la FAO et Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, citent à cet égard « la propagation des épizooties et des maladies des plantes, le risque croissant de phénomènes climatiques extrêmes ainsi que les perturbations des approvisionnements que pourraient provoquer les tensions commerciales de plus en plus vives ». Mis à part ces perturbations, la propagation de maladies végétales et animales, la résistance aux antimicrobiens, les nouvelles réglementations encadrant les techniques phytogénétiques et des événements climatiques extrêmes, le rapport attire également l’attention sur d’autres incertitudes. Il s’agit de « l’évolution des préférences alimentaires face aux problèmes de durabilité et de santé et les dispositifs politiques capables de répondre au taux d’obésité en hausse à travers le monde », souligne-t-on dans un communiqué. S’agissant des perspectives pour les dix prochaines années, le rapport prévoit de meilleurs rendements et une plus grande intensité de la production grâce notamment aux innovations technologiques qui permettront d’augmenter la production même si l’utilisation des terres agricoles mondiales reste relativement stable. En même temps, « les émissions de gaz à effet de serre provenant directement de l’agriculture devraient augmenter de 0,5% chaque année lors des 10 prochaines années », prévient-on. Cette évolution reste cependant « en dessous de la moyenne de 0,7% enregistrée ces dix dernières années et inférieure aux prévisions concernant le taux de croissance de la production », rassurent les deux institutions notant par ailleurs que cette situation reflète une baisse de l’intensité du carbone. De plus en plus nombreuse, la population mondiale continuera d’utiliser des quantités croissantes de produits agricoles pour l’alimentation humaine et animale ainsi qu’à des fins industrielles, poursuit le document. S’agissant de l’alimentation humaine, il ressort du rapport que « l’essentiel de la demande supplémentaire de la décennie à venir viendra de régions et de pays à forte croissance démographique, en particulier d’Afrique subsaharienne et d’Inde, ainsi que du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ». Selon l’OCDE et la FAO, l’utilisation de céréales pour l’alimentation devrait augmenter de près de 150 millions de tonnes pendant la période concernée – soit une hausse de 13% – due en grande partie au riz et au blé. « Le facteur le plus important derrière cette hausse de l’utilisation alimentaire de produits de base est la croissance de la population, qui devrait augmenter plus vite en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud », expliquent-elles. Si les conclusions du rapport indiquent une baisse de la sous-alimentation dans son ensemble, Máximo Torero, sous-directeur général de la FAO pour le développement économique et social, prévient qu’« au rythme d’amélioration actuel, nous serions loin d’atteindre notre objectif Faim Zéro d’ici 2030. » Alain Bouithyy

L’IS représente 15,3% des recettes fiscales en Afrique

L’IS représente 15,3% des recettes fiscales en Afrique

En dépit de la baisse des taux observée à l’échelle mondiale, l’impôt sur les bénéfices des sociétés a constitué une source essentielle de recettes pour les pays du monde entier. C’est ce que révèle une étude réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques OCDE. «Les impôts acquittés par les sociétés restent une source prépondérante de recettes publiques, surtout dans les pays en développement, malgré une baisse tendancielle des taux de l’impôt sur les sociétés qui se manifeste depuis deux décennies au niveau mondial», a souligné l’organisation dans un rapport publié récemment. L’analyse des données recueillies, et qui s’articulent autour de quatre grandes catégories de données : recettes de l’impôt sur les sociétés, taux légaux d’imposition des sociétés (IS), taux effectifs d’imposition des sociétés et incitations fiscales à l’innovation,  ont montré qu’en 2016, la part de l’impôt sur les sociétés dans le total des recettes fiscales est ressortie à 13,3% en moyenne dans les 88 juridictions couvertes par la base de données, contre 12% en 2000. Selon les résultats de l’étude, qui couvre une centaine de pays dans le monde, l’impôt sur les sociétés jouerait un rôle encore plus important dans les pays en développement. En effet, il ressort des données décortiqués qu’il a représenté en moyenne 15,3% du total des recettes fiscales en Afrique et 15,4% dans la région Amérique latine et Caraïbes, contre 9% dans la zone OCDE. En outre, il est apparu que «les recettes de l’impôt sur les sociétés ont également progressé en pourcentage du PIB, puisque leur niveau moyen est passé de 2,7% du PIB en 2000 à 3% en 2016 dans l’ensemble des juridictions couvertes par la base de données», a noté l’OCDE. Dans son rapport, l’OCDE a noté également une nette tendance au recul des taux légaux de l’impôt sur les sociétés – le taux nominal supporté par les entreprises – au cours des deux dernières décennies. En effet, après croisement des données, il ressort que le taux légal moyen combiné de l’impôt sur les sociétés (administration centrale et administrations infranationales) n’a progressé que de 21,4% en 2018 contre 28,6% en 2000. L’organisation a noté que «plus de 60% des 94 juridictions pour lesquelles la base de données contient des informations sur le taux d’imposition affichaient un taux légal supérieur ou égal à 30% en 2000, contre moins de 20% des juridictions en 2018». Par ailleurs, la base de données qui accompagne ledit rapport, «Statistiques de l’impôt sur les sociétés», a montré que les taux légaux d’imposition ont baissé dans 76 juridictions entre 2000 et 2018 et qu’ils sont restés identiques dans 12 juridictions et  n’ont augmenté que dans six autres au cours de cette période. La comparaison des données a également révélé que l’année dernière 12 juridictions ne prélevaient aucun impôt sur les sociétés ou appliquaient un taux zéro d’imposition. L’autre enseignement de ce rapport,  c’est que de nombreux facteurs influent sur les recettes de l’IS, de sorte qu’il peut être trompeur de se concentrer uniquement sur les taux légaux d’imposition. A ce propos, l’OCDE fait remarquer que certains pays peuvent appliquer de multiples taux d’imposition en fonction des caractéristiques et du chiffre d’affaires de l’entreprise, soulignant que des barèmes progressifs ou des régimes différents peuvent être prévus pour les petites et moyennesfmoyennesf entreprises, tandis que dans certaines juridictions, les taux appliqués aux entreprises non résidentes sont différents de ceux pratiqués pour les entreprises résidentes. L’organisation a rappelé également que «dans certains pays, les bénéfices non distribués et les bénéfices distribués sont imposés à des taux différents, et certains pays appliquent à certains secteurs des taux d’imposition différents». Et d’ajouter que «les entreprises implantées dans des zones économiques spéciales ou désignées bénéficient souvent de taux réduits d’imposition, et des régimes fiscaux préférentiels accordent des taux plus bas à certains types de sociétés ou à certaines catégories de revenus». Alain Bouithy

Roberto Azevêdo, DG de l’OMC, : « Le commerce et le système commercial doivent jouer un rôle moteur dans la croissance »

Roberto Azevêdo, DG de l’OMC, : « Le commerce et le système commercial doivent jouer un rôle moteur dans la croissance »

L’appel a été lancé en marge d’une réunion tenue récemment à Bali en Indonésie en vue d’apaiser les tensions commerciales et de recentrer l’attention sur l’importance du commerce et du système commercial multilatéral pour stimuler la croissance économique. Soulignons que « cet appel a été lancé par le Directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo, la Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le Président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et le Secrétaire général de l’OCDE, Ángel Gurría », souligne un communiqué de l’OMC. C’était lors d’une conférence organisée conjointement sur le thème « How Global Trade Can Promote Growth for All » (Comment le commerce mondial peut promouvoir la croissance pour tous) », précise la même source. « Le système commercial n’est pas parfait – mais il représente les meilleurs efforts des gouvernements du monde entier, qui travaillent ensemble depuis 70 ans, pour trouver des moyens de coopérer sur les questions commerciales », estime Roberto Azevêdo notant qu’« il a fallu beaucoup de gens et beaucoup de temps pour pousser le rocher aussi loin sur la colline. Même le maintenir en place nécessite des efforts constants ». Commentant cette actualité, il fait remarquer qu’« aujourd’hui, l’OMC couvre environ 98% du commerce mondial. Il a supervisé une ouverture historique des marchés et l’intégration des économies. Depuis 1980, les tarifs moyens ont été réduits des deux tiers. Le système a fourni stabilité et prévisibilité au commerce mondial, même en période de crise financière ». Ainsi, affirme le Directeur général de l’OMC, « de ce fait, il a contribué à alimenter une croissance et un développement sans précédent dans le monde entier, ainsi qu’une réduction spectaculaire de la pauvreté. Le système a une valeur réelle. Nous devons donc continuer à y travailler ». Cela dit, la communauté mondiale doit explorer toutes les voies qui pourraient atténuer les tensions actuelles et renforcer le système commercial, a-t-il indiqué. Car, prévient-il, « nous connaissons tous les risques d’une nouvelle escalade – des risques pour l’économie et des risques pour le système commercial lui-même, qui multiplieraient les risques économiques à long terme ». Pour Roberto Azevêdo, « nous ne pouvons pas laisser cela se produire. Le commerce et le système commercial doivent jouer un rôle moteur dans la croissance, comme ils le font efficacement depuis sept décennies », a-t-il rappelé. Martin Kam

Peu de pays font payer le carbone assez cher pour que les objectifs climatiques puissent être atteints

Peu de pays font payer le carbone assez cher pour que les objectifs climatiques puissent être atteints

D’après un nouveau rapport de l’OCDE, s’ils veulent respecter les engagements qu’ils ont pris dans le cadre de l’Accord de Paris pour réduire les émissions et ralentir le changement climatique, les gouvernements doivent augmenter les prix du carbone beaucoup plus vite. La publication Effective Carbon Rates 2018: Pricing Carbon Emissions through Taxes and Emissions Trading présente de nouvelles données sur les taxes et les permis échangeables applicables aux émissions de carbone, dans 42 pays de l’OCDE et du G20 qui représentent environ 80 % des émissions mondiales. Elle montre que les prix du carbone, bien qu’ils augmentent peu à peu, sont encore trop bas aujourd’hui pour avoir un impact notable dans la lutte contre le changement climatique. Selon le rapport, le déficit de tarification du carbone (qui compare le prix réel du carbone et les coûts réels du changement climatique, estimés à 30 EUR par tonne de CO2) était de 76.5 % en 2018. C’est moins que les 83 % observés en 2012 et les 79.5 % constatés en 2015 mais cela reste insuffisant. Au rythme actuel de diminution de ce déficit, le prix du carbone ne compensera les coûts réels qu’en 2095. Une action beaucoup plus énergique est nécessaire pour inciter les entreprises à innover et à rivaliser en vue de décarboner l’économie, et pour encourager les ménages à adopter un mode de vie bas carbone. « Le gouffre qui sépare aujourd’hui le prix du carbone et le coût réel des émissions pour notre planète est inacceptable », a déclaré Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE. « Donner un prix correct au carbone est une manière concrète et efficace, par rapport à son coût, de ralentir le changement climatique. Nous laissons échapper une occasion de mettre les économies sur la voie d’une croissance bas carbone et nous perdons un temps précieux chaque jour qui passe. » Le prix du carbone est en l’occurrence mesuré à l’aide du taux effectif sur le carbone, qui est la somme de trois éléments : les taxes qui visent spécifiquement les énergies fossiles, les taxes sur le carbone et les prix des permis d’émission échangeables. Sous l’effet de chacun de ces trois éléments, plus la quantité de carbone contenue dans une source d’énergie est grande, plus le prix de celle‑ci est majoré, ce qui encourage les utilisateurs à se tourner vers les énergies qui émettent peu ou n’émettent pas du tout. D’après le rapport, dans l’industrie et dans le secteur résidentiel et commercial, les émissions sont dans leur grande majorité totalement gratuites. C’est dans le secteur des transports routiers que le déficit de tarification du carbone est le plus bas (21 % si l’on utilise la référence de 30 EUR) et dans l’industrie qu’il est le plus élevé (91 %). Il est supérieur à 80 % dans le secteur de l’électricité et dans le secteur résidentiel et commercial. L’analyse des prix du carbone en 2015 met en évidence de fortes variations entre pays, le déficit de tarification allant de 27 % en Suisse à plus de 90 % dans certaines économies émergentes. La Corée, la France, l’Inde, le Mexique et le Royaume‑Uni ont sensiblement réduit leur déficit de tarification entre 2012 et 2015. Toutefois, en 2015, il n’y avait toujours que 12 pays, sur les 42 étudiés, qui présentaient un déficit inférieur à 50 %. De nouvelles initiatives de tarification du carbone dans certains pays, comme le système d’échange de permis d’émission de la Chine et les nouveaux efforts déployés par le Canada et la France pour faire payer le carbone, pourraient nettement réduire ce déficit. L’intensité carbone du PIB est en général plus basse dans les pays où le déficit de tarification est moins grand. Selon le rapport, les échanges de permis d’émission constituent un moyen efficace de faire payer les émissions, à condition que les prix des permis soient stables et se situent à un niveau élevé conforme à la réalité. Les taxes présentent l’avantage d’être faciles à administrer, notamment si elles viennent se greffer sur le régime fiscal existant. Les réformes sans incidence sur les recettes peuvent permettre de réduire d’autres prélèvements et faire payer le carbone peut aider à mobiliser des recettes internes. OCDE

De nouveaux efforts s’imposent pour davantage d’équité dans l’enseignement

De nouveaux efforts s’imposent pour davantage d’équité dans l’enseignement

L’origine sociale reste le facteur qui exerce la plus forte influence sur la scolarisation et l’apprentissage, ainsi que sur les retombées économiques et sociales de l’éducation, d’après un nouveau rapport de l’OCDE. L’édition 2018 de Regards sur l’éducation nous apprend qu’un enfant dont la mère n’a pas suivi d’études supérieures aura moins de chances qu’un autre de fréquenter une structure d’éducation et d’accueil de la petite enfance. Même s’il est aujourd’hui communément admis que le développement cognitif s’amorce bien avant l’âge d’entrée à l’école, les pouvoirs publics continuent de consacrer moins d’argent au financement des structures d’éducation et d’accueil du jeune enfant (EAJE) qu’à celui de l’enseignement supérieur. Les enfants issus d’un milieu défavorisé sont d’autre part moins susceptibles de faire des études poussées. Au second cycle du secondaire, ceux dont les parents n’ont pas suivi d’études supérieures tendront à privilégier les cursus de l’enseignement professionnel à ceux de l’enseignement général, et la probabilité d’un abandon en cours de route est chez eux relativement élevée. Leur présence dans l’enseignement supérieur s’en ressent logiquement : la part de nouveaux étudiants qui n’ont pas un parent ayant lui-même atteint ce niveau d’instruction est faible. Les études supérieures sont plus déterminantes que jamais, fait savoir l’OCDE. De fait, les mutations technologiques, la transformation numérique et l’innovation donnent un large avantage aux compétences avancées, les emplois moins qualifiés étant quant à eux voués à se raréfier. Les revenus d’un diplômé du second cycle de l’enseignement secondaire ne représentent que 65 % de ceux d’un diplômé du supérieur, en moyenne, et les générations suivantes se trouveront prises au même piège. Il faut en effet entre quatre et cinq générations aux familles du dernier décile de revenu pour se hisser jusqu’au revenu moyen dans les pays de l’OCDE. « Tout un chacun est capable du meilleur et mérite de pouvoir grandir, s’épanouir et devenir acteur à part entière de la société », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, présentant officiellement le rapport, à Paris. « Il nous incombe de veiller à ce que ni leur situation personnelle ni leur situation sociale n’empêche les élèves de s’accomplir. Voilà la promesse que l’éducation devrait faire à tous. » L’équité devant l’enseignement suppose que les pays affectent des moyens, financiers et autres, à l’instruction des plus vulnérables, luttent contre le redoublement et encouragent les personnes issues d’un milieu défavorisé à fréquenter le système éducatif ordinaire. Les enseignants quant à eux devraient avoir l’occasion de se perfectionner et se montrer des pédagogues capables d’apprécier le niveau de leurs élèves et de venir en aide à chacun là où il en est. Il faut d’autre part développer et rendre accessibles, y compris financièrement, des services de qualité dédiés à l’éducation de la petite enfance. L’importance d’investir dans l’éducation de la petite enfance pour les enfants défavorisés est aussi une recommandation importante, présentée récemment, du Cadre de l’OCDE pour la croissance inclusive pour réduire les inégalités. Le rapport révèle par ailleurs que les différences entre les sexes ont la vie dure. Les garçons sont plus enclins que les filles à redoubler, à abandonner l’école et à ne pas faire d’études supérieures. Leurs meilleurs résultats scolaires n’empêchent toutefois pas ces dernières d’être moins bien servies en termes d’emploi et de rémunération. Elles conservent une plus faible probabilité de s’inscrire dans une filière supérieure conduisant à des professions très lucratives et d’y décrocher un diplôme. À titre d’exemple, alors que les ingénieurs sont très demandés de nos jours, 6 % seulement des femmes diplômées du supérieur sont issues d’une école d’ingénieurs, contre 25 % des hommes. La cohésion sociale grandira dans la mesure où l’on intègrera les immigrés et où l’on veillera à les doter des compétences nécessaires pour s’investir sur le marché du travail et au sein de la collectivité, estime l’OCDE. Or les immigrés de première et de deuxième générations ont comparativement moins de chances de s’inscrire en licence ou de suivre une première formation supérieure de type long et d’en sortir diplômés dans les pays pour lesquels des données sont disponibles. Les adultes, de leur côté, ont moins de chances de prendre part à une formation structurée au cours de leur vie s’ils sont nés à l’étranger. Le rapport montre que si l’instruction est financièrement rentable pour l’individu, elle l’est également pour l’État, la présence d’une forte proportion de diplômés du supérieur se traduisant, par exemple, par davantage de rentrées fiscales et de cotisations sociales. Dans les pays de l’OCDE, le secteur public reçoit un retour sur investissement de 10 % pour chaque homme et 8 % pour chaque femme ayant obtenu un diplôme tertiaire. L’édition 2018 de Regards sur l’éducation permet également de voir où en sont les pays pour ce qui est de l’équité, en lien avec l’Objectif de développement durable concernant l’éducation. Il apparaît qu’une bonne partie de la zone OCDE est encore à la peine sur ce plan, en ce qui concerne tant la scolarisation que la qualité de l’enseignement. L’écart entre les sexes au niveau du taux de participation aux activités, formelles ou non, de formation des adultes est extrêmement variable selon les pays, défavorable aux femmes dans quelques-uns et aux hommes dans les autres. La qualité des résultats d’apprentissage est elle aussi d’une criante inégalité : dans tous les pays de l’OCDE, le niveau en mathématiques des jeunes de 15 ans est en forte corrélation avec leur statut socioéconomique et la situation géographique (urbaine ou rurale) de leur établissement scolaire. La plupart du temps, cette relation n’a rien perdu de son intensité au cours de la dernière décennie. Regards sur l’éducation est le principal recueil de statistiques nationales comparables mesurant la situation de l’éducation à l’échelle internationale. Le rapport couvre les systèmes éducatifs des 36 pays membres de l’OCDE, ainsi que ceux de l’Afrique du Sud, de l’Arabie saoudite, de l’Argentine, du Brésil, de la Chine, de la Colombie, de la Fédération de Russie, de l’Inde et de l’Indonésie. Le rapport dresse également les constats suivants : Dépenses d’éducation Entre 2010

Pays du G20 : le commerce international de marchandises s’est contracté au deuxième trimestre

Pays du G20 : le commerce international de marchandises s’est contracté au deuxième trimestre

Corrigé des variations saisonnières et exprimé en dollars courants des États-Unis, le commerce international de marchandises des pays du G20 a reculé au deuxième trimestre de 2018. Ce, après huit trimestres consécutifs de croissance. Selon les chiffres collectés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les exportations des économies du G20 ont diminué de 0.6% et les importations de 0.9%. Il ressort de ces données que les exportations ont augmenté au cours de cette période en Arabie saoudite (9.7%), en Inde (5.7%), aux États-Unis (4.4%), au Canada (4.4%), en Russie (1.2%) et en Australie (1.2%). En revanche, l’organisation a noté qu’elles ont été en forte baisse en Argentine (moins 19.9%), au Brésil (moins 9.0%) et au Royaume-Uni (moins 6.9%) et que des reculs ont été aussi enregistrées en Chine (moins 2.8%) et dans l’Union européenne (moins 1.9%). S’agissant des importations, les données analysées indiquent qu’elles ont diminué dans la plupart des économies du G20, principalement en Turquie (moins 9.4%) et au Brésil (moins 6.5%), a relevé l’OCDE a noté dans un communiqué, soulignant que les importations ont augmenté seulement en Inde (2.9%), au Canada (1.4%), au Mexique (1.4%), au Japon (1.2%) et en Indonésie (1.2%). Selon la même source, « la contraction généralisée du commerce international de marchandises s’explique en partie par la forte dépréciation d’un certain nombre de devises par rapport au dollar des États-Unis au deuxième trimestre de 2018, notamment le peso argentin (en baisse de 18%), la livre turque (en baisse de 15%), et le real brésilien (en baisse de 11%) ». A ce sujet, l’OCDE a précisé que ces effets ont été partiellement compensés par la hausse des prix du pétrole : le prix de référence du Dubai Crude est passé de 64.0 à 71.6 dollars des États-Unis par baril au deuxième trimestre, par rapport au précédent. A titre de rappel, les pays du G20 comprennent l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l’Union européenne. Martin KAM

Les Marocains en tête des immigrés économiques en France

Les Marocains en tête des immigrés économiques en France

Les ressortissants marocains viennent en tête des immigrés issus des pays extra-européens arrivant en France pour motif économique, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur «Le recrutement des travailleurs immigrés: France 2017». Dans ce document, l’organisation dont la mission consiste à promouvoir les politiques améliorant le bien-être économique et social à travers le monde, révèle que les immigrés extra-européens arrivant pour motif économique sur le territoire français sont principalement Marocains, Américains et Tunisiens. En ce qui concerne les immigrés intra-européens, le rapport indique qu’ils sont originaires principalement du Portugal, de Grande-Bretagne et d’Espagne. En ce qui concerne les titulaires d’un premier titre de séjour en France, le rapport indique que les Marocains et les Algériens représentent chacun environ 12%, suivis des Chinois et des Tunisiens (environ 7% chacun). Quant aux titres familiaux, les nationalités marocaine, algérienne et tunisienne représentent à elles seules 45% des premiers titres délivrés. Cette étude, qui a pour objectif d’analyser les politiques publiques françaises en matière de recrutement de main-d’œuvre immigrée depuis l’étranger et d’évaluer dans quelle mesure la migration économique répond aux besoins du marché du travail, fait apparaître que quelque 258.900 immigrés «permanents» sont entrés en France au cours de l’année 2016. Il ressort des estimations révélées par ce rapport que «l’immigration de travail reste minoritaire dans les flux d’étrangers admis à s’installer durablement en France en dépit d’une volonté de relance amorcée dès les années 90». En effet, les étrangers arrivant en France au titre de l’immigration économique ne seraient que 10,8%, ce qui représente quelque 27.900 personnes. En revanche, les immigrés arrivés sur le territoire français sont estimés à 38% pour raison familiale, soit 98.400 personnes. Soulignons qu’en dehors de ces deux motifs de migration vers la France, il y a aussi la libre-circulation au sein de l’Union européenne (33,6%, soit 86.900 personnes), humanitaire (9%, soit 23 200 personnes) et tous les «autres» (8,7%, soit 22.500 personnes). «Si les entrées directes de travailleurs étrangers sont relativement limitées, l’immigration familiale et les ressortissants européens contribuent respectivement au moins deux fois et deux à quatre fois plus au marché du travail que les migrants économiques originaires de pays tiers», souligne le rapport. Notons aussi, comme le souligne le rapport, qu’«un certain nombre d’immigrés en situation irrégulière bénéficie chaque année d’une régularisation pour motif économique». L’OCDE estime que la persistance de ces régularisations témoigne de besoins de main-d’œuvre non satisfaits dans plusieurs secteurs. Selon l’organisation, «en 2014 et 2015, on dénombre environ 5000 régularisations (admissions exceptionnelles au séjour-AES) pour motif économique chaque année puis 6.400 en 2016». Alain Bouithy

Stagnation sans précédent des salaires dans de nombreux pays de l’OCDE

Stagnation sans précédent des salaires dans de nombreux pays de l’OCDE

Selon un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’embellie constatée au niveau de l’emploi à l’échelle de la zone de l’organisation serait éclipsée par une stagnation sans précédent des salaires. En effet, alors que la croissance économique se redresse et que le chômage s’est établi à un niveau exceptionnellement bas, la stagnation des salaires semble persister dans la plupart des pays de la zone au point de préoccuper l’OCDE. Et pour cause, « si les pays ne parviennent pas à rompre avec cette tendance, la confiance du public à l’égard de la reprise économique sera compromise et les inégalités se creuseront sur le marché du travail », prévient le rapport relevant que la croissance des salaires reste beaucoup plus morose qu’avant la crise financière. Comme le rappelle l’organisation internationale, « à fin 2017, la croissance des salaires nominaux dans la zone OCDE était inférieure de moitié à ce qu’elle était 10 ans auparavant : au deuxième trimestre 2007, lorsque le taux de chômage moyen des pays de l’OCDE était à peu près identique à celui d’aujourd’hui, la croissance moyenne des salaires nominaux était, quant à elle, de 5,8 % contre 3,2 % au 4ème trimestre 2017 ». A en croire l’Organisation, ce qui préoccupe aujourd’hui, c’est que la stagnation des salaires touche beaucoup plus les travailleurs faiblement rémunérés que ceux se situant au sommet de l’échelle des salaires. En effet, selon elle, les revenus du travail réels des 1 % les mieux rémunérés ont augmenté beaucoup plus rapidement ces dernières années que ceux des travailleurs à temps plein médians. Ce qui n’a fait qu’accentuer une tendance déjà bien installée, relève l’OCDE. Pour son secrétaire général, Angel Gurría, « la tendance au redressement de l’emploi sans progression parallèle des salaires met en évidence non seulement les changements structurels à l’œuvre dans nos économies, que la crise financière a accentués et accélérés, mais également l’impérieuse nécessité pour les pays de soutenir les travailleurs, et plus particulièrement les moins qualifiés d’entre eux ». Ce dernier, qui s’est exprimé à l’occasion du lancement du rapport à Paris, estime que « des mesures ciblées et une coopération plus étroite avec les partenaires sociaux s’imposent pour aider les travailleurs à s’adapter à la mutation rapide du monde du travail et à en tirer profit, et pour faire en sorte que la croissance profite à tous ». Soulignant les causes de la stagnation des salaires, l’OCDE explique dans un communiqué qu’il s’agit de plusieurs facteurs, notamment le faible niveau d’inflation et le ralentissement marqué de la productivité, ainsi que l’accroissement des emplois à bas salaire. Rappelons que les Perspectives de l’emploi dans son édition 2018 pointent une réduction significative des salaires moyens des travailleurs à temps partiel par rapport à ceux des travailleurs à temps plein. « La réduction de la couverture de l’assurance chômage dans de nombreux pays et la persistance du chômage de longue durée pourraient également entrer en ligne de compte », assure l’organisation qui fait remarquer que, dans la zone OCDE, moins d’un demandeur d’emploi sur trois perçoit des indemnités de chômage en moyenne, et la contraction à long terme de la couverture des allocations de chômage s’est poursuivie depuis la crise dans de nombreux pays. Selon les Perspectives de l’emploi, le taux d’emploi des 15-74 ans s’était élevé à 61,7 % à fin 2017 dans la zone et, pour la première fois, on dénombrait davantage d’actifs occupés aujourd’hui qu’avant la crise. Des chiffres recueillis, il ressort que « le taux d’emploi devrait atteindre 62,1 % d’ici à la fin de l’année 2018 et 62,5 % au quatrième trimestre 2019. Certaines des améliorations les plus notables concernent les catégories défavorisées, comme les travailleurs âgés, les mères de jeunes enfants, les jeunes ou les immigrés », indique l’OCDE. D’après les estimations, la plupart des pays de la zone affichent un taux de chômage en deçà, ou presque, du taux constaté avant la crise alors que les offres d’emploi atteignaient également un niveau record au Japon, dans la zone euro, aux Etats-Unis et en Australie, souligne l’organisme sur son site web officiel. Ce n’est pas tout. Selon les prévisions, « le taux de chômage observé à l’échelle de l’OCDE devrait rester orienté à la baisse, pour s’établir à 5,3 % fin 2018 puis à 5,1 % fin 2019. Pour autant, l’OCDE fait observer que « les performances restent inégales en termes de qualité et de sécurité des emplois, notamment au regard de l’augmentation du taux de pauvreté parmi la population en âge de travailler, atteignant 10,6 % en 2015, contre 9,6 % une décennie plus tôt ». Alain Bouithy