Le taux de chômage de la zone OCDE continue de baisser pour atteindre 5,1% en mars 2022

Le taux de chômage mensuel de l’OCDE est tombé à 5,1% en mars 2022, après 5,2% en février. La tendance positive pour l’OCDE se poursuit par un onzième mois consécutif de baisse ou de stabilité du chômage, qui reste inférieur au taux de 5,3 % enregistré en février 2020, juste avant la pandémie. Le taux de chômage était inférieur au taux enregistré avant la pandémie dans deux tiers des pays de l’OCDE en mars, contre seulement la moitié d’entre eux en février. En outre, le nombre de chômeurs dans les pays de l’OCDE a continué de baisser, atteignant 34,6 millions, soit 0,9 million de moins qu’avant la pandémie. La baisse du taux de chômage dans la zone OCDE en mars a été enregistrée aussi bien pour les femmes que pour les hommes, et pour l’ensemble des tranches d’âge. Dans la zone euro, le taux de chômage a continué de baisser pour s’établir à 6,8% en mars, après 6,9% en février. Les plus fortes baisses ont été enregistrées en Autriche, en Italie, et en Lettonie. La plus forte hausse a été observée en Irlande et de légères hausses ont été enregistrées en Grèce, au Portugal et en Espagne. En dehors de la zone euro, le taux de chômage a diminué de façon significative au Mexique, et plus modérément au Canada, en République tchèque, en Islande, en Israël, au Japon et aux États-Unis. En revanche, il a augmenté en Turquie et plus légèrement en Colombie et au Danemark. Des données plus récentes montrent qu’en avril 2022, le taux de chômage s’est stabilisé à 3,6% aux États-Unis, et qu’il a légèrement diminué au Canada (pour atteindre 5,2%, son niveau le plus bas depuis que des données comparables existent, en 1976). Il convient de noter que le taux de chômage ne tient pas compte des personnes qui ne sont pas en emploi qui ne font pas partie de la population active, soit parce qu’elles ne sont pas en mesure de chercher activement un emploi, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles pour travailler. CP/OCDE
Les gouvernements appelés à clarifier et renforcer les disciplines internationales concernant les subventions

Les gouvernements du monde devraient œuvrer rapidement pour clarifier et renforcer les disciplines internationales concernant les subventions, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale (BM). Une plus grande coopération internationale est nécessaire en ce qui concerne les données, l’analyse et la réforme des subventions, ont estimé ces quatre institutions internationales dans un rapport conjoint rendu public récemment, rappelant le bien-fondé des subventions bien conçues et les rôles importants qu’elles peuvent jouer dans certaines circonstances. L’intensification de la coopération internationale « est nécessaire pour améliorer les informations et analyses concernant les subventions et leurs incidences, lesquelles permettront, à leur tour, d’éclairer les efforts déployés pour renforcer les disciplines relatives aux subventions et réduire les frictions commerciales découlant de leur utilisation », souligne le rapport intitulé “Subsidies, Trade, and International Cooperation” (Subventions, commerce et coopération internationale). En d’autres termes, une large coopération internationale permettra d’accroître la transparence, l’ouverture et la prévisibilité du commerce mondial, ont soutenu les auteurs dudit rapport. Car, selon certaines observations relevées dans ce rapport, « les subventions semblent être largement répandues, en augmentation et souvent mal ciblées par rapport aux objectifs de politique générale visés ». Mais, ce n’est pas le seul écueil relevé dans ce document. Outre les préoccupations en matière d’efficacité économique, le rapport note que « cette situation incite à recourir à des mesures unilatérales de défense commerciale, ce qui érode le soutien public en faveur d’un commerce ouvert et contribue à des tensions commerciales sérieuses qui entravent les progrès concernant d’autres priorités commerciales mondiales ». On peut dès lors estimer qu’« en construisant une large coalition d’intérêts au-delà des frontières, il devrait être possible d’améliorer l’efficacité des subventions et de limiter les retombées internationales négatives de leur utilisation », a soutenu la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala. Car, si les subventions peuvent clairement être un outil important pour remédier aux défaillances du marché, la patronne de l’OMC rappelle que « les exemples abondent où les subventions ne font pas grand-chose pour atteindre l’objectif visé, ou le font à un coût inutilement élevé, au niveau national, à l’étranger ou en ce qui concerne l’indivis mondial ». Tout ceci pour dire qu’« une meilleure compréhension de la prévalence des programmes de subventions et de leurs effets peut aider à développer et à façonner les règles nécessaires », a-t-elle fait savoir. Insistant sur les bonnes raisons d’intensifier la coopération internationale, notamment à l’heure actuelle, les équipes de l’OMC, du FMI, de l’OCDE et de la Banque mondiale expliquent qu’avec l’augmentation de la fréquence et de la complexité des subventions ayant des effets de distorsion, alors même que la nécessité de politiques actives pour faire face à l’urgence en matière de climat, de santé, d’alimentation et autre s’accroît, les subventions et le débat sur les subventions ont entraîné d’importantes dissensions au sein du système commercial. S’il est admis que les renseignements sur les subventions sont insuffisants d’une manière générale, comme semble clairement le monter ledit rapport, tout porte à croire qu’un secteur fait exception : l’agriculture. A l’exception de ce secteur, le rapport constate que « la plupart des données disponibles pour un large éventail de pays et de secteurs présentent des lacunes importantes ». Selon les équipes des organismes cités dans ce document, les éléments d’information sur la portée et l’ampleur du soutien des pouvoirs publics dans les secteurs industriels en particulier « restent relativement rares ». D’après ces dernières, quand bien même il existe de nombreux programmes de subventions liés aux services, force est de constater que les « données complètes sur leur nature et leur ampleur font défaut ». Alain Bouithy
Tunisie : Accélérer les réformes structurelles pour dynamiser la croissance future et relever le niveau de vie, selon l’OCDE
Selon un nouveau rapport de l’OCDE, l’accélération des réformes structurelles sera la clé pour que la Tunisie se remette complètement de la récession du COVID-19, surmonte les vulnérabilités économiques et améliore le niveau de vie de tous. La dernière Étude économique de l’OCDE consacrée à la Tunisie souligne les succès enregistrés par le pays au cours de la dernière décennie en matière de lutte contre la pauvreté et de réduction des disparités d’éducation et de bien-être entre les hommes et les femmes. Ces progrès constituent des fondements solides pour une reprise inclusive dans le sillage de la récession de 2020. La hausse des matières premières observée depuis le début de la guerre en Ukraine et l’Omicron et les nouvelles variantes potentielles du COVID-19 pourraient ralentir la reprise et exacerber les problèmes structurels. À court terme, il est très important d’accroître le taux de vaccination, de continuer à apporter un soutien aux plus vulnérables et de lever les incertitudes politiques. À plus long terme, les réformes devraient viser à améliorer le climat des affaires, ainsi que l’enseignement, la formation professionnelle et les politiques actives du marché du travail. Il sera également essentiel, pour améliorer la note de crédit du pays et réduire sa vulnérabilité financière, de garantir la stabilité macroéconomique, qui est menacée par le niveau élevé des déficits budgétaires et de balance des paiements ainsi que de l’encours de la dette, et par la montée de l’inflation. « La Tunisie devrait poursuivre son action pour intensifier la campagne de vaccination nationale et soutenir les ménages et les entreprises vulnérables jusqu’à ce que la reprise de la pandémie de COVID-19 soit bien engagée », le Secrétaire général de l’OCDE, M. Mathias Cormann,a déclaré en présentant l’Étude au cours d’un lancement virtuel, aux côtés du ministre de l’Économie et de la Planification, M. Samir Saïed. « Des réformes structurelles judicieusement mises en œuvre permettraient à la Tunisie de mieux tirer profit de son capital humain et géographique et de relancer la croissance. Il conviendrait en priorité d’améliorer l’environnement des entreprises et les politiques du marché du travail, et de remettre les finances publiques sur une trajectoire durable. » « Un environnement politique stable fondé sur la démocratie et l’État de droit est essentiel au succès économique », a déclaré le Secrétaire général. La crise du COVID-19 est venue frapper une économie déjà affaiblie depuis plusieurs années par une croissance faible, entraînant une chute historique du PIB de 8.8 % en 2020. Selon l’Étude, le PIB devrait se redresser lentement, tandis que l’inflation pourrait s’accélérer en 2022 sous l’effet de l’évolution de prix sur les marchés mondiaux des matières premières, des goulets d’étranglement au niveau des chaînes d’approvisionnement et des tensions salariales dans le secteur public. Compte tenu de pressions inflationnistes, il est important de s’abstenir de financer le déficit budgétaire par création monétaire et de préparer le passage à un ciblage de l’inflation. La garantie de la stabilité politique, l’achèvement de la transition institutionnelle en Tunisie et la consolidation des fondements de la bonne gouvernance et de l’État de droit devraient permettre d’affermir la reprise. L’Étude recommande de contenir la masse salariale du secteur public, de réformer les entreprises publiques et le système de subventions, et d’améliorer l’intégrité et le respect des obligations fiscales. Ces mesures permettraient de consolider les finances publiques tout en libérant des ressources pour financer des investissements publics indispensables dans les infrastructures, l’éducation et la santé. Les réformes devraient viser à mieux tirer parti de la main-d’œuvre tunisienne qualifiée et de la proximité du pays avec l’Europe. La réduction des obstacles à la concurrence intérieure et aux échanges internationaux et l’allégement des charges administratives pesant sur les entreprises ainsi que des prélèvements sur le travail favoriseraient le dynamisme des entreprises et la création d’emplois dans le secteur formel. Une meilleure adaptation du contenu des programmes de formation et d’enseignement professionnels aux besoins des entreprises et un renforcement des services de l’emploi contribueraient à réduire le chômage, qui reste particulièrement élevé chez les jeunes. Améliorer la sélection ainsi que la formation initiale et continue des enseignants dans l’enseignement de base et la formation professionnelle, en mettant l’accent sur les compétences pédagogiques, permettrait de rehausser la qualité de l’enseignement et serait particulièrement bénéfique pour les enfants issus de familles défavorisées. La côte méditerranéenne et les régions désertiques du sud de la Tunisie sont très exposées au changement climatique. Pour assurer une reprise durable, le pays devra ajuster son mix énergétique, notamment en augmentant la part de l’énergie solaire et des autres énergies renouvelables, afin de l’aligner sur les objectifs au titre de l’Accord de Paris. Attirer les investissements privés dans les infrastructures et les technologies vertes nécessitera de lever les obstacles à la concurrence, tels que l’accès au réseau de transmission et de distribution d’électricité, simplifier les procédures administratives et réduire les obstacles à l’importation du matériel nécessaire. OCDE
Accord sans précédent sur la réforme de la fiscalité internationale

136 pays et juridictions représentant plus de 90 % du PIB mondial sont parvenus à un accord sur une réforme de la fiscalité internationale établissant un taux minimum d’imposition sur les multinationales, a annoncé l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le Maroc figure parmi les pays signataires de cet accord qui vise à garantir l’application d’un taux d’imposition minimum de 15% aux entreprises multinationales (EMN). Approuvée, le vendredi 8 octobre, la réforme majeure du système fiscal international, ainsi finalisée, entrera en vigueur à compter de 2023. Elle « permettra de garantir l’application d’un taux d’imposition minimum de 15% aux entreprises multinationales (EMN) à compter de 2023», a indiqué l’OCDE dans un communiqué rendu public le jour même de son adoption. L’accord historique, qui intervient après des années d’intenses négociations en vue d’adapter les règles fiscales internationales aux réalités du XXIe siècle, « permettra également de réattribuer à des pays du monde entier plus de 125 milliards USD de bénéfices d’environ 100 entreprises multinationales parmi les plus grandes et les plus rentables au monde», selon l’institution internationale. Les grands groupes internationaux concernés s’acquitteront désormais de « leur juste part de l’impôt quelles que soient les juridictions où elles exercent leurs activités et réalisent des bénéfices», a poursuivi l’OCDE. En effet, selon la Solution reposant sur deux piliers pour résoudre les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie à laquelle ont adhéré les 136 pays et juridictions, le Pilier Un touche des centaines d’EMN (celles dont le chiffre d’affaires est d’au moins 750 millions d’euros) parmi les plus grandes et les plus rentables. Ce pilier «prévoit une réattribution d’une partie des bénéfices de ces entreprises aux pays dans lesquels elles vendent leurs produits ou fournissent leurs services et dans lesquels se situent leurs consommateurs », a expliqué l’organisation affirmant que sans cette mesure, ces entreprises pourraient réaliser d’importants bénéfices dans un pays de marché sans y payer beaucoup d’impôts. Selon les termes du Pilier Deux, « un groupe beaucoup plus important d’EMN sera désormais soumis à un impôt minimum mondial. Par conséquent, même si l’une de ces entreprises parvient à transférer ses bénéfices vers un paradis fiscal, ces bénéfices seront malgré tout imposés à un taux minimum de 15 %», a-t-elle fait savoir. L’organisation a toutefois précisé que l’accord sur l’impôt mondial minimum n’a pas pour objectif de mettre fin à la concurrence fiscale, mais d’y poser des limites convenues multilatéralement, assurant qu’il permettra aux pays de dégager chaque année environ 150 milliards USD de recettes supplémentaires. Pour son Secrétaire général, Mathias Cormann, l’accord conclu vendredi dernier « permettra d’améliorer le fonctionnement de nos accords fiscaux internationaux et les rendra plus équitables », a-t-il déclaré soutenant qu’il représente une grande victoire à mettre au crédit d’un multilatéralisme efficace et équilibré. Cet accord ambitieux garantit que notre système fiscal international est adapté aux réalités de l’économie numérique et mondialisée d’aujourd’hui. Nous devons maintenant agir avec célérité pour assurer la mise en œuvre effective de cette réforme de grande ampleur.»A souligner que sur les 140 membres que compte le Cadre inclusif OCDE/G20 sur le BEPS, quatre pays (le Kenya, le Nigéria, le Pakistan et le Sri Lanka) ne font pas partie des pays signataires. En effet, ils n’ont pas adhéré à la Déclaration sur la Solution reposant sur deux piliers pour résoudre les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie, qui actualise et finalise l’accord politique conclu en juillet dernier pour réformer en profondeur les règles fiscales internationales. Il n’empêche que la déclaration sera présentée en amont de la réunion des ministres des Finances du G20 à Washington le 13 octobre, et au Sommet des dirigeants du G20 qui se tiendra à Rome fin octobre, selon l’OCDE. Alain Bouithy
Les administrations publiques doivent réexaminer leurs dépenses pour gagner en efficience

RAPPORT. Dans l’après-Covid, les pouvoirs publics devraient chercher en priorité à renforcer la résilience face aux crises et à reconquérir la confiance des citoyens, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si la pandémie de Covid-19 a prouvé l’aptitude des pouvoirs publics à faire face à une crise mondiale majeure avec un niveau extraordinaire de flexibilité, d’innovation et de détermination, l’organisation internationale d’études économiques a toutefois estimé qu’ils auraient pu faire mieux dans un nouveau rapport intitulé « Panorama des administrations publiques » -édition 2021. En effet, « les données qui commencent à apparaître semblent montrer qu’il aurait été possible de renforcer considérablement la résilience en amont », a relevé l’OCDE dans son document phare sur la gouvernance publique, faisant remarquer en outre que de « nombreuses actions peuvent avoir entamé la confiance des citoyens et limité la transparence des pouvoirs publics ». L’organisation internationale, qui œuvre pour la mise en place de politiques meilleures pour une vie meilleure, a en conséquence estimé que « les administrations publiques vont devoir réagir aux crises à venir avec rapidité et à l’échelle requise, sans mettre en péril la confiance ni la transparence ». La directrice de la gouvernance publique de l’OCDE, Elsa Pilichowski a sur ce sujet indiqué qu’« à l’avenir, nous devrons tout à la fois favoriser la reprise économique et éviter le déclin démocratique ». Sur ce dernier point, la responsable a estimé que « renforcer la démocratie devra être l’une de nos priorités absolues ». Dans sa publication, qui fournit des indicateurs fiables et internationalement comparables sur les activités des administrations publiques et leurs résultats au sein des pays de l’OCDE, l’organisation fait remarquer que les pays ont adopté des milliers de dispositions d’urgence, souvent selon des procédures accélérées. Mais si un certain allègement des exigences habituelles est, certes, inévitable dans les situations d’urgence, le rapport biennal a néanmoins estimé qu’« il doit être limité en termes de durée et d’ampleur, afin de ne pas nuire à la perception qu’ont les citoyens de la compétence, de l’ouverture, de la transparence et de l’équité des pouvoirs publics ».Dans ses recommandations, le rapport exhorte les pouvoirs publics à redoubler d’efforts dans trois domaines pour favoriser la confiance et la transparence et renforcer la démocratie. Considérant qu’il existe un risque de rupture entre certains individus et groupes et les processus démocratiques traditionnels, il estime qu’il est essentiel de lutter contre la mésinformation. D’autant plus qu’en 2020, seuls 51 % des citoyens de la zone OCDE ont fait confiance à leurs administrations publiques. Pour l’organisation, il est crucial d’améliorer la représentation et la participation de manière équitable et transparente. A ce propos, elle exhorte les pouvoirs publics à « s’efforcer de promouvoir l’inclusion et la diversité et appuyer la représentation des jeunes, des femmes et des autres groupes de population sous-représentés dans la vie publique et dans les consultations sur l’action publique ». Si le fait d’affiner les pratiques de consultation et d’association peuvent permettre de renforcer la transparence et la confiance à l’égard des institutions publiques, l’OCDE constate que « moins de la moitié des pays ont instauré des exigences de transparence qui s’appliquent à la plupart des acteurs pratiquant régulièrement des activités de lobbying ». Enfin, pour affronter les défis mondiaux, l’organisation appelle les pouvoirs publics à ériger en priorité le renforcement de la gouvernance tout en tirant parti des nouvelles technologies. « Pour pouvoir affronter l’avenir et préserver les fondements de la démocratie, les administrations publiques doivent se tenir prêtes à agir avec rapidité et à l’échelle requise, sans mettre en péril la confiance ni la transparence », a-t-elle expliqué. A noter qu’en plus de proposer des comparaisons entre pays membres et partenaires de l’Organisation dans des domaines tels que les finances publiques, l’emploi public, la budgétisation, la transformation numérique et la prestation des services publics, ledit rapport exhorte les administrations publiques à apprendre à mieux dépenser. « Les administrations publiques vont devoir réexaminer leurs dépenses pour gagner en efficience, s’assurer que les priorités définies correspondent aux besoins de la population et améliorer la qualité des services publics », a conclu l’OCDE. Alain Bouithy
La crise actuelle offre l’opportunité de corriger les politiques publiques

Repenser l’action publique peut contribuer à instaurer une reprise plus équitable, selon l’OCDE La crise due à la pandémie de Covid-19 offre aux gouvernements du monde l’opportunité de mettre leurs économies sur une trajectoire de croissance plus durable et inclusive, a souligné récemment l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Bien qu’elle ait provoqué des perturbations sociales et économiques importantes dans plusieurs pays, la pandémie de Covid-19 offre également l’occasion de s’attaquer aux problèmes sous-jacents, a expliqué l’organisation internationale d’études économiques dans un rapport intitulé «Objectif croissance 2021 : pour une reprise dynamique». Comme l’a fait remarquer le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, «la pandémie est venue nous rappeler douloureusement que notre croissance passée était souvent, par nature, non durable, et qu’elle a laissé beaucoup de monde en chemin». Pour lui, «la reprise nous donne l’occasion de corriger nos politiques publiques pour asseoir une croissance plus forte, plus équitable, plus résiliente et durable», a-t-il soutenu estimant que c’est dès maintenant que les gouvernements doivent agir. Ainsi que l’a expliqué l’organisation dans son rapport, qui analyse les défaillances qui préexistaient avant la pandémie ainsi que celles qu’elle a provoquées, «repenser l’action publique peut contribuer à instaurer une reprise plus forte, plus résiliente, plus équitable et plus durable après la pandémie». Soulignons que ce document, qui offre aussi aux responsables de l’action publique des conseils ciblés par pays leur permettant de profiter de l’occasion qui leur est donnée d’une refonte complète de leurs politiques, formule une série de recommandations. Celles-ci servent de cadre aux discussions engagées au sein du G20 sur les stratégies à mettre en œuvre pour favoriser une reprise économique dynamique et promouvoir une croissance de meilleure qualité, a précisé l’organisation. Lancé peu après la deuxième réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale des pays du G20 tenue sous la présidence italienne, qui a eu lieu le 7 avril courant, le rapport propose ainsi un cadre de réforme de l’action publique qui s’articule autour de trois axes. Le premier axe incite à œuvrer en faveur de la résilience et de la durabilité à travers des politiques structurelles permettant de renforcer la première ligne de défense face aux chocs. A savoir : les soins de santé et filets de protection sociale, les infrastructures essentielles. Il s’agit aussi d’améliorer la gouvernance publique et de multiplier les incitations à mieux prendre en compte les considérations de viabilité à long terme offertes aux entreprises. Le deuxième axe vise à faciliter la réaffectation des ressources et à stimuler la croissance de la productivité. Pour l’organisation, «placer la croissance sur une trajectoire plus durable, plus résiliente et plus inclusive suppose, de la part des pouvoirs publics, des mesures structurelles visant à renforcer la dynamique de l’emploi et à encourager les entreprises à se montrer plus dynamiques, plus innovantes et plus vertes». Le troisième axe prône le soutien des populations pendant les phases de transition. L’OCDE estime que les politiques publiques devraient avoir pour objectif de ne laisser personne en chemin pendant les phases de transition, de façon à garantir une réaffectation socialement productive et à assurer la résilience. Ainsi, explique-t-elle, «il est nécessaire d’investir dans les compétences et la formation et de prendre des mesures vigoureuses en faveur d’un accès à des emplois de qualité, particulièrement parmi les catégories les plus vulnérables, ainsi que d’instaurer des filets de protection sociale généralisés, et de développer l’apprentissage et les aides à l’accès au marché du travail». Selon le rapport, qui plaide pour une action concertée, en particulier face aux enjeux qui dépassent les frontières, la santé, la lutte contre le changement climatique, les échanges mondiaux et la fiscalité des entreprises multinationales constituent «les domaines dans lesquels une coopération internationale s’impose pour améliorer l’efficacité des politiques nationales et étayer la transition vers une mondialisation plus durable, plus résiliente et plus équitable». Alain Bouithy
Plus de la moitié des marchandises de contrefaçon saisies sont transportées par voie maritime

Le transport maritime est la principale voie pour les contrefacteurs, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO). Dans un rapport conjoint dévoilé récemment, les deux institutions internationales indiquent que les porte-conteneurs ont transporté plus de la moitié de la valeur totale des contrefaçons saisies dans le monde au cours de l’année 2016, soit 56 %. Selon le nouveau document, intitulé «Misuse of Containerized Maritime Shipping In the Global Trade of Counterfeits» (Utilisation abusive du transport maritime conteneurisé dans le cadre du commerce mondial de biens contrefaits), 82% de la valeur des parfums et cosmétiques de contrefaçon ont été saisis par les autorités douanières à l’échelle mondiale, entre 2014 et 2016. D’après les données recueillies, au cours de cette même période, 81% de la valeur des articles d’habillement contrefaits et 73% de la valeur des produits alimentaires, des jouets et des jeux contrefaits saisis par les douanes concernaient le transport maritime. A en croire les deux institutions, «la République populaire de Chine a été la plus grande économie de provenance pour les expéditions de conteneurs, ce qui fait 79% de la valeur totale des conteneurs maritimes contenant des faux et saisis dans le monde entier ». Dans leur rapport, l’OCDE et l’EUIPO soulignent que l’Inde, la Malaisie, le Mexique, Singapour, la Thaïlande, la Turquie et les Emirats arabes unis figurent également parmi les principales économies de provenance pour les produits contrefaits et piratés échangés dans le monde entier. Dans un communiqué, l’Organisation de coopération et de développement économiques et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle relèvent que «des analyses complémentaires ont montré que plus de la moitié des conteneurs transportés par bateau en 2016 à partir d’économies connues pour être des sources majeures de marchandises de contrefaçon étaient entrés dans l’Union européenne (UE) via l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni». La même source poursuit en ajoutant que «l’UE compte également des pays comme la Bulgarie, la Croatie, la Grèce et la Roumanie, caractérisés par des volumes relativement faibles d’échanges conteneurisés en général, mais par un niveau élevé d’importations en provenance d’économies où la contrefaçon est très répandue». Pour en finir avec le commerce illicite, le rapport rappelle qu’un certain nombre de méthodes d’évaluation des risques et de ciblage ont été adaptées au transport maritime conteneurisé. L’objectif étant notamment de contrer le commerce illicite de stupéfiants et de produits dangereux et interdits. Mais contre toute attente, «les analyses effectuées révèlent que le commerce illicite de biens contrefaits n’a pas été une priorité pour les autorités de contrôle, les envois de marchandises de contrefaçon étant généralement considérés comme des «infractions commerciales» et non comme des agissements criminels, déplore le rapport de l’OCDE et de l’EUIPO. A en croire les deux institutions, la situation est telle que les efforts déployés à l’heure actuelle en matière d’application des lois ne sont sans doute pas adaptés au risque considéré. Ainsi que le suggère le document, «des mesures de gouvernance flexibles et adaptées sont nécessaires pour renforcer les méthodes d’évaluation des risques et de ciblage de la contrefaçon». S’agissant de produits contrefaits ou piratés, le rapport note qu’ils représentent des atteintes aux marques et aux droits d’auteur et des risques pour la santé et la sécurité, des produits défectueux et des pertes de recettes pour les entreprises et les pouvoirs publics. Pour mieux apprécier la gravité du phénomène de la contrefaçon sur les économies du monde, il est important de se souvenir que «des travaux antérieurs de l’OCDE et de l’EUIPO ont montré que les importations de biens contrefaits ou piratés avaient représenté pas moins de 509 milliards USD en 2016, soit environ 3,3% du commerce mondial», souligne le communiqué. Comme le rappelle le rapport, le transport maritime représente plus de 80% du volume des marchandises échangées entre les pays et plus de 70% de la valeur totale du commerce. Alain Bouithy
La dernière enquête PISA de l’OCDE met en lumière les difficultés des jeunes à l’ère du numérique

Un élève sur quatre dans les pays de l’OCDE ne parvient pas à effectuer les tâches les plus simples en compréhension de l’écrit, ce qui signifie qu’il aura probablement du mal à réussir dans un monde de plus en plus instable et numérique. C’est l’une des constatations de la dernière enquête mondiale PISA de l’OCDE, qui évalue la qualité, l’équité et l’efficacité des systèmes scolaires. Environ 600 000 jeunes de 15 ans scolarisés dans 79 pays et économies ont passé les tests PISA 2018 en compréhension de l’écrit, en sciences et en mathématiques, la plupart sur ordinateur, souligne l’OCDE dans un communiqué publié dernièrement précisant que l’accent était mis cette fois-ci sur la compréhension de l’écrit. La plupart des pays, en particulier développés, n’ont guère enregistré d’amélioration au cours des dix dernières années, malgré une progression des dépenses d’éducation de 15 % sur la même période. En compréhension de l’écrit, les élèves de Beijing, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang (Chine) et de Singapour ont obtenu des résultats sensiblement meilleurs que ceux des autres pays. Les pays membres de l’OCDE arrivés en tête sont l’Estonie, le Canada, la Finlande et l’Irlande. « Sans une solide instruction, les jeunes risquent de rester en marge de la société, incapables d’affronter les défis du monde du travail de demain, et les inégalités vont continuer à se creuser », a mis en garde le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, à l’occasion de la présentation du rapport à Paris, en ouverture d’une conférence de deux jours sur l’avenir de l’éducation, avant d’ajouter : « Chaque dollar dépensé dans l’éducation génère des retombées considérables en termes de progrès social et économique et contribue à bâtir un avenir inclusif et prospère pour tous. » Le pourcentage d’élèves ne possédant que des compétences très limitées en compréhension de l’écrit témoigne de la difficulté que pose pour les pays, y compris développés, la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030 (ODD) établis par les Nations Unies, qui appellent notamment à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » (ODD 4). La proportion des élèves médiocres, filles comme garçons, a par ailleurs augmenté en moyenne entre 2009 (dernière année où la compréhension de l’écrit a été la matière dominante de l’enquête PISA) et 2018. Le bien-être des étudiants est également une problématique qui s’accroît. Deux élèves environ sur trois dans les pays de l’OCDE se disent satisfaits de leur vie, bien que le pourcentage d’élèves satisfaits ait reculé de 5 points entre 2015 et 2018. Dans quasiment tous les pays, les filles redoutent davantage l’échec que les garçons, en particulier parmi les meilleurs élèves. Dans les pays membres, un élève sur quatre se dit victime de harcèlement au moins quelques fois par mois. Environ un élève sur dix dans les pays de l’OCDE et 1 sur 4 à Singapour obtiennent les meilleurs résultats en compréhension de l’écrit. Cependant, l’écart entre les élèves de milieux socio-économiques favorisés et défavorisés est saisissant : dans l’OCDE, le niveau à l’écrit des 10 % d’élèves des familles les plus riches équivaut à une avance de trois années scolaires environ par rapport aux 10 % d’élèves les plus pauvres. En France, en Allemagne, en Hongrie et en Israël, cet écart est de quatre années. Certains pays ont néanmoins enregistré des améliorations impressionnantes ces dernières années. Le Portugal, qui a pourtant été durement touché par la crise financière, s’est hissé au niveau de la plupart des pays de l’OCDE. La Suède a amélioré ses résultats dans les trois matières considérées par rapport à 2012, inversant ainsi la tendance précédente. La Turquie a également progressé tout en doublant le taux de scolarisation des jeunes de 15 ans. La dernière enquête PISA montre également à quel point les technologies numériques sont en train de transformer le monde à l’extérieur de l’école. Les élèves sont plus nombreux aujourd’hui à considérer la lecture comme une perte de temps (+ 5 points de pourcentage) et les garçons comme les filles sont moins nombreux à lire pour le plaisir (- 5 points) que ne le faisaient leurs pairs en 2009. Ils passent également environ 3 heures par jour en ligne pendant la semaine – en hausse d’une heure par rapport à 2012 – et 3 heures et demi pendant le week-end. Parmi les autres résultats clés : Résultats des élèves en sciences et en mathématiques En moyenne dans l’OCDE, un élève sur quatre environ n’atteint pas le niveau de base en sciences (22 %) ou en mathématiques (24 %), ce qui signifie qu’il ne peut pas, par exemple, convertir un prix dans une autre monnaie. Environ un élève sur six (16.5 %) à Beijing, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang (Chine) et un sur sept à Singapour (13.8 %) atteignent le meilleur niveau en mathématiques, contre 2.4 % seulement dans les pays de l’OCDE. Équité en matière d’éducation Les élèves dépassent la moyenne de l’OCDE dans 11 pays et économies, y compris en Australie, au Canada, en Corée, au Danemark, en Estonie, en Finlande, au Japon, en Norvège et au Royaume-Uni, alors que la corrélation entre le statut socio-économique et les résultats en compréhension de l’écrit est plus faible, ce qui signifie que ces pays possèdent les systèmes scolaires les plus équitables, où les élèves peuvent réussir, quelle que soit leur situation. Dans 45 pays et économies, les chefs d’établissements défavorisés sont bien plus susceptibles de signaler que le manque de personnel éducatif nuit à l’enseignement dispensé. Dans 42 pays et économies, le manque de matériel pédagogique et des infrastructures médiocres constituent également des obstacles importants à l’enseignement. En moyenne dans les pays de l’OCDE, 13 % des élèves étaient issus de l’immigration en 2018, contre 10 % en 2009. Ces élèves obtiennent en moyenne des résultats inférieurs en compréhension de l’écrit, équivalant à un retard d’une année scolaire environ. Pourtant, dans des pays comme l’Arabie saoudite, l’Australie, la Jordanie et Singapour, les élèves