D’importants risques pèsent sur le redressement en cours de l’économie mondiale

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) annonce, le redressement de l’économie mondiale, dans la dernière édition des Perspectives économiques. «L’expansion économique devrait se poursuivre pendant les deux années à venir, et les perspectives de croissance à court terme sont plus favorables qu’elles ne l’ont été pendant de nombreuses années», a indiqué le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. Dans son rapport, l’OCDE explique que la croissance de l’économie mondiale s’affermit, à la faveur du redressement des échanges, de la progression de l’investissement et du dynamisme des créations d’emplois, sur fond de politiques monétaires très accommodantes et d’assouplissement budgétaire. Selon l’organisation internationale dont la mission est de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde, le rythme de l’expansion mondiale sur la période 2018-19 devrait avoisiner les 4%, soit un niveau proche de la moyenne à long terme. Mais que l’on ne se réjouisse pas trop vite. Comme le souligne Angel Gurría, «la reprise en cours reste soutenue par une politique monétaire très accommodante et, de plus en plus, par des mesures d’assouplissement budgétaire, ce qui donne à penser que l’avènement d’une croissance vigoureuse et véritablement autonome n’est pas encore une réalité». En outre, l’organisation prévient que d’importants risques liés aux tensions commerciales, aux vulnérabilités relevées sur les marchés financiers et à la hausse des prix du pétrole assombrissent fortement l’horizon. En détail, l’organisation s’inquiète de la forte hausse des prix du pétrole relevée l’année dernière estimant que «si cette tendance se poursuit, elle pourrait alimenter l’inflation et amoindrir la hausse du revenu réel des ménages ». L’OCDE rappelle aussi que la menace de restrictions commerciales a commencé à exercer un impact négatif sur la confiance, ce qui pourrait peser sur l’expansion en cours. Dans le cas où de telles mesures venaient à être mises en œuvre, l’organisation pense qu’«elles auraient des conséquences néfastes sur l’investissement et l’emploi». L’autre sujet d’inquiétude concerne la normalisation des taux d’intérêt dans certaines économies, notamment aux Etats-Unis, qui, craint l’OCDE, mettrait au jour «les tensions et les vulnérabilités financières suscitées par le niveau élevé des prises de risques sur les marchés de capitaux et par l’ampleur de l’endettement, en particulier dans les économies de marché émergentes dont une grande partie de la dette est libellée en devises». L’organisation pense qu’un assouplissement budgétaire procyclique aurait pour effet d’exacerber encore ces risques. Ainsi, elle appelle à «faire davantage pour garantir une amélioration des niveaux de vie à moyen terme qui soit à la fois conséquente et résiliente». Pour A. Gurría, «les responsables de l’action publique doivent mettre davantage l’accent sur les politiques structurelles pour améliorer les compétences et stimuler la productivité de façon à asseoir une croissance forte, durable et inclusive». L’OCDE assure toutefois que la faiblesse des taux d’intérêt, même s’ils augmenteront progressivement, conjuguée à l’assouplissement budgétaire dans de nombreux pays, continueront d’étayer l’expansion, qui s’accompagnera de hausses modérées aussi bien des salaires que de l’inflation. Dans ce contexte, la bonne nouvelle viendrait de la zone OCDE où le chômage devrait chuter pour atteindre les niveaux les plus bas jamais observés depuis 1980. Mais attention. L’OCDE estime cependant qu’il va falloir prendre des mesures supplémentaires pour ramener davantage de personnes sur le marché du travail. Soulignons que parmi les recommandations formulées par l’organisation, il y a l’«accélération des réformes avec, en toile de fond, un contexte à court terme favorable et la nécessité d’assurer une croissance plus robuste et plus inclusive». L’OCDE exhorte également les pays à multiplier les investissements dans l’éducation et les compétences, dans le cadre de mesures visant à faire un meilleur usage des politiques en matière de fiscalité et de dépenses, pour relever les niveaux de vie dans l’ensemble de la distribution des revenus. Autre point cité par ces recommandations, «la mise en œuvre de politiques propres à favoriser la création d’emplois et le dynamisme des entreprises dans l’économie». A propos de ce dernier point, l’OCDE appelle concrètement à l’amélioration des infrastructures numériques et physiques, à l’intensification de la collaboration entre les universités et les entreprises dans le domaine de la R-D, à l’abaissement des obstacles à l’entrée dans les services professionnels et à la réduction des lourdeurs administratives. Alain Bouithy
Le taux de chômage de la zone OCDE stable à 5.4% en mars 2018

Le taux de chômage de la zone OCDE restait stable à 5.4% en mars 2018. Dans l’ensemble, 34 millions de personnes étaient au chômage dans la zone OCDE, 1.4 millions de plus qu’en avril 2008, mais 15.1 millions de moins que lors du pic de janvier 2013. Le taux de chômage était également stable dans la zone euro (à 8.5%) en mars et était stable ou en baisse dans toutes les économies de la zone euro. Les plus fortes baisses (de 0.2 point de pourcentage) étaient observées aux Pays-Bas (à 3.9%) et au Portugal (à 7.4%). Le taux de chômage était également stable au Canada (à 5.8%), au Japon (à 2.5%) et aux États-Unis (à 4.1%). Il était en baisse de 0.2 point de pourcentage en Israël (à 3.6%) et de 0.1 point de pourcentage au Mexique (à 3.2%), mais augmentait de 0.4 point de pourcentage en Corée (à 4.0%). Des données plus récentes indiquent qu’en avril, le taux de chômage était en baisse de 0.2 point de pourcentage aux États-Unis, à 3.9%, le plus bas niveau depuis décembre 2000, tandis qu’il restait stable au Canada. Le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) de la zone OCDE diminuait de 0.1 point de pourcentage, à 11.1% en mars.Dans la zone euro, le taux de chômage des jeunes était en baisse de 0.2 point de pourcentage), à 17.3%, son plus bas niveau depuis octobre 2008. Le taux de chômage des jeunes diminuait fortement en mars en Italie (baisse de 0.8 point de pourcentage, à 31.7%) et en Espagne (baisse de 0.7 point de pourcentage, à 35.0%) et baissait également fortement en Grèce(baisse de 1.2 points de pourcentage, à 42.3% en janvier, le dernier mois disponible) mais restait élevé dans les trois pays.
Léger affaissement de l’aide publique au développement au niveau mondial

L’aide publique au développement (APD) est restée stable au niveau mondial et les apports aux pays les plus pauvres ont connu une augmentation en 2017, a indiqué l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soulignant que l’année écoulée a été marquée par une diminution des dépenses consacrées aux réfugiés dans les pays donateurs. Selon les données préliminaires de l’APD mondial pour l’année 2017, l’aide extérieure dispensée par des contributeurs publics a atteint 146,6 milliards USD au titre de l’année 2017. Ce qui représente un léger recul de 0,6 % en termes réels par rapport à 2016. L’année 2007 a été marquée par une diminution des dépenses consacrées aux réfugiés dans les pays donateurs et par une augmentation des apports consacrés aux pays ayant le plus besoin d’aide, a souligné l’organisation. En excluant le coût des réfugiés dans les pays donateurs, l’OCDE a estimé que les apports nets d’aide publique au développement ont augmenté de 1,1 % en termes réels par rapport à 2016 (après correction de l’inflation et des fluctuations de change). D’après l’organisation dont la mission consiste à promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde, « l’APD affectée à l’accueil des réfugiés par les pays donateurs a chuté de 13,6 %, pour s’établir à 14,2 milliards USD, sous l’effet d’une baisse des arrivées de réfugiés, en Europe principalement. Les coûts des réfugiés dans les pays donateurs ont représenté 9,7 % des apports nets d’APD, contre 11 % en 2016 », a-t-elle souligné. Des chiffres sur l’aide bilatérale (de pays à pays) aux pays les moins avancés, il ressort que celle-ci a connu une augmentation de 4% en termes réels, culminant à 26 milliards USD après plusieurs années de baisse. Selon ces mêmes données, « l’aide à l’Afrique en général a augmenté de 3 % pour s’établir à 29 milliards USD ; s’agissant spécifiquement de l’aide à l’Afrique subsaharienne, elle a progressé dans les mêmes proportions pour atteindre 25 milliards USD », a ajouté l’OCDE, précisant que l’aide humanitaire a augmenté de 6,1 % en termes réels, passant à 15,5 milliards USD. En conséquence du léger affaissement de l’aide au développement, l’OCDE a noté que « le montant total de l’APD provenant des membres du Comité d’aide au développement (CAD) a représenté à peine 0,31 % du revenu national brut (RNB) cumulé de ces pays, en léger retrait par rapport à 0,32% en 2016 et bien en-dessous de l’objectif de 0,7 % minimum fixé par les Nations unies ». Il est aussi ressorti du rapport de l’OCDE que l’APD nette totale s’est accrue dans 11 pays au cours de l’année dernière et que les hausses les plus fortes ont été enregistrées en France, en Italie, au Japon et en Suède. En effet, selon les données recueillies, l’APD française a enregistré la plus forte hausse (+16%) au cours de l’année écoulée. Comme l’ont expliqué les ministres français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, cette progression concerne à la fois l’aide multilatérale (+19%) et bilatérale (+14%). Dans un communiqué conjoint, ces derniers ont indiqué que l’aide publique au développement française a atteint 10,1 milliards d’euros équivalant à 0,43% du revenu national brut (RNB), après avoir représenté 8,7 milliards d’euros en 2016, soit 0,38% du RNB. « La hausse des interventions multilatérales en 2017 est liée principalement aux contributions au Fonds vert pour le climat, soutenant la mise en œuvre de l’Accord de Paris. L’aide bilatérale est portée par la hausse d’activité, notamment sur les prêts bonifiés de l’Agence française de développement (AFD)», ont-ils expliqué de même source. A noter que sur l’échelle du classement des pays pourvoyeurs d’aide, la France conserve son cinquième rang mondial, derrière les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon. Soulignons qu’en proportion de son RNB, la France a progressé nettement au-dessus de la moyenne du CAD qui est de 0,31% et qu’elle a promis que « cette hausse a vocation à se poursuivre, dans le cadre de la trajectoire vers la cible de 0,55% du RNB en 2022, annoncée par le président de la République et détaillée par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) du 8 février 2018 ». Soulignons également que le rapport de l’OCDE fait état de la baisse de l’APD dans 18 pays, « souvent en raison de la baisse des arrivées de réfugiés, les replis les plus marqués ayant été observés en Australie, en Autriche, en Espagne, en Grèce, en Hongrie, en Norvège, en Slovénie et en Suisse ». Si pour le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, beaucoup de contributeurs restent encore bien loin de l’objectif de 0,7 %, il reste persuadé que « soutenir les pays en développement par le biais de l’APD est le moyen le plus rapide de faire prévaloir la stabilité et la croissance inclusive ». Lors de la présentation des chiffres pour 2017, ce dernier a ainsi invité les pays donateurs à mettre à profit la période de croissance économique actuelle « pour intensifier leurs efforts, augmenter leurs niveaux d’aide au développement et assurer que cette aide aille aux pays ayant le plus besoin.» Alain Bouithy
L’expansion économique mondiale se consolide

L’économie mondiale prend de la vigueur, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), soulignant toutefois la recrudescence des tensions. A en croire les récentes données publiées par l’OCDE, l’expansion économique mondiale s’affermit, sur fond de hausse robuste de l’investissement accompagnée d’un rebond des échanges et d’un redémarrage de l’emploi qui alimentent une reprise généralisée. Dans ses dernières perspectives économiques intermédiaires, l’organisation internationale d’études économiques a indiqué que le rythme de l’expansion sur la période 2018-19 devrait être plus rapide qu’en 2017. C’est une bonne nouvelle. Mais il faut cependant garder la tête froide, car les tensions qui se font jour « pourraient menacer l’instauration d’une croissance forte et durable à moyen terme », a-t-elle averti. Mis à part cet avertissement, les analystes de l’OCDE font souffler un vent d’optimisme quant à l’évolution de l’économie mondiale qui devrait connaître une croissance de 3,9% en 2018 et 2019. Comme pour conforter ses prévisions, l’organisation a relevé dans ses perspectives que le redémarrage de l’investissement privé et des échanges est porté par la solide confiance des entreprises et des ménages. Avant toutefois d’ajouter que l’inflation devrait repartir lentement. L’autre information confortant les observations des analystes de l’OCDE, c’est que «les prévisions font état d’une légère amélioration de l’économie mondiale depuis la précédente édition des Perspectives économiques, en novembre 2017, et concernent toutes les économies du G20». Ce n’est pas tout. Selon l’Organisation, les nouvelles réductions d’impôt et les hausses de dépenses prévues aux Etats-Unis ainsi que la relance budgétaire attendue en Allemagne donneront un coup de pouce à la croissance à court terme. Dans ses perspectives, l’organisation a également noté « plusieurs risques et vulnérabilités dont certains relèvent du secteur financier tandis que d’autres tiennent à la montée du protectionnisme », peut-on lire dans un communiqué. Des risques que prend au sérieux le chef économiste de l’OCDE par intérim Alvaro Pereira, soulignant que dans ce contexte, une escalade des tensions commerciales serait dommageable pour la croissance et l’emploi. Si, comme il a indiqué, « la croissance est stable ou s’améliore dans la plupart des pays du G20 et l’expansion se poursuit », Alvaro Pereira a estimé que « les pays devraient s’appuyer sur des solutions collectives, comme le Forum mondial sur les surcapacités sidérurgiques, pour résoudre les questions spécifiques ». Ce cadre de l’OCDE est persuadé de la nécessité de «préserver le système commercial international fondé sur les règles». Pour rappel, les Perspectives économiques exposent un éventail de politiques publiques qui contribueraient à alimenter la croissance à moyen terme. Comme l’a rappelé l’OCDE sur son site officiel, « les pays y sont invités à insuffler une nouvelle dynamique à leurs efforts de réforme structurelle, en particulier dans les domaines de la fiscalité et des compétences ». L’objectif étant de stimuler l’emploi et de favoriser une croissance inclusive à long terme. Alain Bouithy
Coopération fiscale internationale: signature par de nouveaux pays d’un accord décisif pour le renforcement des conventions fiscales

La coopération fiscale internationale a fait un grand pas en avant avec la signature par de nouveaux pays d’un accord décisif pour le renforcement des conventions fiscales, s’est réjouit l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En effet, les ministres et représentants de haut niveau de la Barbade, la République de Côte d’Ivoire, la Jamaïque, la Malaisie, le Panama et la Tunisie ont signé le 24 janvier dernier la Convention multilatérale pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions fiscales pour prévenir l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS), portant ainsi le nombre de signataires à 78. Cette Convention vise à actualiser le réseau existant de conventions fiscales bilatérales et restreint les possibilités d’évasion fiscale de la part des entreprises multinationales, a indiqué l’organisation. En outre, l’Algérie, le Kazakhstan, le sultanat d’Oman et le Swaziland ont fait part de leur intention de signer la Convention, et plusieurs autres pays et territoires se préparent activement dans la perspective d’une signature d’ici juin 2018, a-t-elle poursuivi. Pur rappel, jusqu’à présent, seules quatre juridictions – soit l’Autriche, l’Île de Man, Jersey et la Pologne – ont ratifié la Convention, qui entrera en vigueur trois mois après qu’un cinquième pays aura déposé son instrument de ratification. La Convention, premier accord multilatéral de ce type, permet aux pays de transposer les résultats du Projet BEPS de l’OCDE et du G20 dans leurs réseaux de conventions fiscales bilatérales. « La signature aujourd’hui de la Convention multilatérale marque une nouvelle étape importante du processus d’actualisation des règles fiscales internationales par la mise en œuvre rapide des mesures BEPS », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. « Tout en évitant aux signataires de renégocier des milliers de conventions fiscales au niveau bilatéral, la Convention est le gage d’une certitude et d’une prévisibilité accrues pour les entreprises et d’un meilleur fonctionnement du système fiscal international au bénéfice des citoyens. » Le projet BEPS OCDE/G20 propose des solutions aux gouvernements pour remédier aux lacunes des règles internationales en place qui permettent à des entreprises de faire « disparaître » leurs bénéfices ou de les transférer artificiellement vers des destinations à fiscalité faible ou nulle, où elles exercent peu d’activités économiques, voire aucune. Ces pratiques entraîneraient pour les recettes publiques un manque à gagner, qui pourrait atteindre, selon des hypothèses prudentes, 240 milliards USD par an, soit l’équivalent de 10 % des recettes de l’impôt sur les sociétés dans le monde. Une centaine de pays et juridictions travaillent aujourd’hui au sein du Cadre inclusif sur le BEPS afin de transposer les mesures adoptées dans leur législation nationale et leurs conventions fiscales bilatérales. En raison du nombre considérable de conventions bilatérales, leur mise à jour serait un processus fastidieux et contraignant. La Convention, élaborée au terme de négociations inclusives auxquelles ont pris part plus d’une centaine de pays et territoires en vertu d’un mandat conféré par les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales des pays du G20, résout ce problème. Elle modifiera les conventions fiscales bilatérales en place, de manière à mettre rapidement en œuvre les mesures relatives aux conventions fiscales élaborées dans le cadre du Projet BEPS. Ces mesures portent en particulier sur les dispositifs hybrides, l’utilisation abusive des conventions, l’établissement stable et le règlement des différends, et comportent une disposition facultative relative à l’arbitrage obligatoire et contraignant, approuvée par 28 signataires. Avec CP
OCDE : Les jeunes vieilliront dans des conditions moins favorables que les retraités actuels

Les jeunes générations seront durement touchées par le vieillissement démographique et la montée des inégalités, a annoncé l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un nouveau rapport « Preventing Ageing Unequally ». Selon cette organisation internationale d’études économiques, les jeunes générations feront face à des risques accrus d’inégalité à un âge avancé par rapport aux retraités actuels. « L’âge sera vécu de manière radicalement différente pour les générations nées à partir des années 60, sous l’effet de l’allongement de la durée de vie, de la diminution de la taille des cellules familiales, du creusement des inégalités tout au long de la vie active et des réformes qui ont réduit les pensions de retraite », a indiqué l’OCDE soulignant que certains groupes font face à des risque élevés de pauvreté pendant la vieillesse. Dans ce rapport, publié récemment, l’organisation a relevé que les inégalités s’accroissent d’une génération à l’autre et sont déjà plus marquées chez les jeunes qui se lancent aujourd’hui dans la vie active que chez les personnes âgées. Les auteurs du rapport ont ainsi estimé que « les personnes âgées de demain connaîtront donc des situations beaucoup plus variées : elles vivront plus longtemps, mais elles seront aussi plus nombreuses à avoir connu des épisodes de chômage et des salaires bas, tandis que certaines auront mené des carrières stables et bien rémunérées ». Ils ont aussi fait remarquer que les inégalités dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et des revenus commencent à s’accumuler très tôt. Ainsi, ont-ils souligné « en moyenne sur l’ensemble des pays, un homme de 25 ans diplômé de l’enseignement supérieur peut espérer vivre près de 8 ans de plus que son homologue moins diplômé; pour les femmes, cet écart est de 4.6 ans. À tout âge, les personnes en mauvaise santé travaillent moins et ont des revenus moindres même lorsqu’elles travaillent ». Le rapport a fait également remarquer que pour les hommes peu instruits, « être en mauvaise santé réduit les revenus d’activité perçus tout au long de la vie professionnelle de 33 %, contre une perte de 17 % pour les hommes ayant un niveau d’études élevé ». Dans un communiqué visible sur le site web de l’OCDE, il est aussi relevé que « les personnes aux revenus modestes ont généralement une espérance de vie inférieure à celle des personnes aux revenus élevés, ce qui diminue encore la totalité des prestations de retraite qu’elles perçoivent ». On y apprend aussi que « le relèvement de l’âge de la retraite tend à creuser les inégalités en termes de prestations totales entre les hauts et les bas salaires, mais l’impact est limité ». L’OCDE a toutefois indiqué que les inégalités entre hommes et femmes pendant la vieillesse vont probablement rester considérables, soulignant qu’« à l’heure actuelle, les prestations de retraite annuelles perçues par les plus de 65 ans sont inférieures de 27 % environ en moyenne pour les femmes, et ces dernières sont beaucoup plus touchées que les hommes par la pauvreté au moment de la vieillesse ».
La transformation numérique ne crée pas les mêmes opportunités pour tous

Les inégalités d’accès et d’utilisation pourraient brider le potentiel de l’économie numérique, a prévenu dernièrement l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans sa dernière étude en date sur ce sujet. Pour tirer le meilleur parti de la transformation numérique au service de l’économie et de la société et assurer qu’elle soit largement partagée, l’OCDE a estimé qu’il convenait d’élargir l’accès aux opportunités qu’offrent les technologies et d’aider les retardataires à combler leurs lacunes. Car, si les technologies numériques continuent de faire des avancées impressionnantes, l’infrastructure Internet s’améliore et l’utilisation des outils numériques gagne du terrain, force est de constater que les progrès restent inégaux selon les pays, les entreprises et au sein des sociétés, a indiqué l’organisation. En effet, comme l’a souligné Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, «la transformation numérique n’est pas uniforme dans l’ensemble des pays, des entreprises et des foyers, et ne crée donc pas les mêmes opportunités pour tous». Il faut dire que les politiques publiques n’ont pas évolué au rythme de l’innovation numérique et de la transformation des économies et des sociétés, impulsées par les grands groupes technologiques, comme cela a été relevé dans l’édition 2017 des «Perspectives de l’économie numérique». Pour rendre la transition numérique plus productive et inclusive, l’étude a suggéré que les pays intensifient désormais leurs efforts, investissent davantage dans l’éducation et le développement des compétences, et encouragent l’utilisation croissante des technologies avancées comme l’analytique des données massives et l’infonuagique, en particulier au sein des petites entreprises. Les inégalités face au numérique ne sont pas les seuls points révélés dans cette étude qui «exhorte également les gouvernements à réexaminer leur droit du travail, leurs accords commerciaux et autres législations, à la lumière des destructions d’emplois, de l’émergence de nouvelles formes de travail et du remodelage des échanges commerciaux», a indiqué l’OCDE dans un communiqué. L’organisation a assuré, en outre, qu’«elle les encourage à travailler de concert pour s’attaquer aux risques de sécurité numérique et d’atteinte à la vie privée, afin de répondre aux préoccupations croissantes suscitées par les cas de violations de données et les incidents de sécurité, qui pourraient compromettre l’adoption des services numériques». Par ailleurs, si l’accès à Internet se généralise, les débits moyens s’accélèrent et les prix chutent, l’étude tend à montrer que l’utilisation des données mobiles connaît un essor beaucoup plus rapide dans certains pays que dans d’autres, la Finlande et la Lettonie se détachant nettement du lot. Ainsi, «en termes de diffusion de l’Internet, en 2016, 97% de la population ou plus y avaient accès au Danemark, en Islande, au Japon, au Luxembourg et en Norvège, contre 60% ou moins au Mexique et en Turquie. Les internautes représentaient plus de 95% des jeunes âgés de 16 à 24 ans, mais moins de 63% des 55-74 ans», peut-on lire sur le site officiel. Selon l’étude, en 2016, 95% des entreprises des pays de l’OCDE disposaient d’une connexion haut débit, contre 86% en 2010. Mais selon l’organisation, ces chiffres masquent de fortes disparités entre petites et grandes entreprises, en particulier au Mexique, en Grèce, en Pologne et en Turquie. «Les petites entreprises accusent en outre un retard en termes d’utilisation des outils avancés, tels l’analytique des données massives et l’infonuagique», a-t-on constaté. Quoi qu’il en soit, pour le secrétaire général de l’OCDE «il nous incombe d’aider les citoyens et les entreprises à franchir le cap du numérique en offrant au plus grand nombre la possibilité d’accéder à moindre frais aux outils numériques et de se doter des compétences pour en tirer pleinement parti». A noter que ce dernier s’est ainsi exprimé à l’occasion de la présentation de la publication lors d’une réunion du Réseau parlementaire mondial de l’OCDE, à Paris.
L’inflation annuelle dans la zone OCDE augmente légèrement à 2.0% en juillet

L’inflation annuelle dans la zone OCDE s’est établie à 2.0% en juillet 2017 après 1.9% en juin en raison principalement de l’évolution des prix de l’énergie qui ont augmenté de 3.7% en glissement annuel en juillet 2017 après 3.0% en juin. L’inflation pour les biens d’alimentation a également légèrement augmenté en juillet (1.7% en glissement annuel après 1.6% en juin). Hors alimentation et énergie, l’inflation annuelle est restée stable à 1.8% pour le troisième mois consécutif. Dans les pays du G7, l’inflation annuelle a augmenté au Canada (1.2% en juillet après 1.0% en juin) et plus légèrement en Allemagne et aux États-Unis (1.7% après 1.6%). L’inflation annuelle est restée stable en France (0.7%), au Japon (0.4% pour le quatrième mois consécutif) et au Royaume-Uni (2.6%). Elle a légèrement ralenti en Italie (1.1% après 1.2%). Dans la zone euro, l’inflation annuelle mesurée par l’IPCH est restée stable à 1.3% en juillet. Hors alimentation et énergie, l’inflation annuelle a légèrement augmenté à 1.2% en juillet après 1.1% en juin. L’estimation rapide publiée par Eurostat, montre une augmentation de l’inflation annuelle à 1.5% en août 2017 après 1.3% en juillet et une stabilité de l’inflation annuelle hors alimentation et énergie à 1.2%. L’inflation annuelle dans les pays du G202 est restée stable à 2.0%3 en juillet. Parmi les pays émergents du G20, l’inflation annuelle a diminué en Afrique du Sud (4.4% en juillet après 5.0% en juin), en Indonésie et dans la Fédération de Russie (3.9% après 4.4%), au Brésil (2.7% après 3.0%) et en Chine (1.4% après 1.5%). En revanche, elle a augmenté en Inde (1.8% après 1.1%) et en Arabie Saoudite (-0.3% après -0.4%).