Page d’histoire : il était une fois les deux Congo (la RDC et la RPC) –  » L’affaire de la LICOPA « 

Page d’histoire : il était une fois les deux Congo (la RDC et la RPC) –  » L’affaire de la LICOPA « 

Deux pays avec la même dénomination RETRO. En 1960, deux pays d’Afrique centrale accèdent à leur indépendance avec 45 jours d’écarts. Mais avec la même dénomination officielle. Le premier c’est la République du Congo, dont la capitale est Léopoldville. Celle-ci se trouve sur la rive gauche du Pool Malebo (le Pool Malebo est un semi-lac formé par le fleuve Congo avant les chutes de Kinsuka). Cette République du Congo accède à son indépendance le 30 juin 1960. Et le second pays, la République du Congo, dont la capitale est Brazzaville. Brazzaville se trouve sur la rive droite du Pool Malebo, juste en face de Léopoldville. Cette dernière République du Congo devient indépendante le 15 août 1960. Pour éviter la confusion due à cette homonymie, aux Nations-Unies apparait l’habitude d’accoler le nom de la capitale au nom du pays pour spécifier de quel pays on parle. C’est ainsi qu’apparaissent les appellations de la République du Congo-Léopoldville et de la République du Congo-Brazzaville. Les deux pays changent de dénomination: la RDC et la RPC En 1964, le Congo-Léopoldville adopte une nouvelle Constitution par référendum et à cette occasion choisit une nouvelle appellation officielle pour se distinguer de son voisin. C’est ainsi qu’à partir du 1er août 1964, la République du Congo-Léopoldville devient la République Démocratique du Congo (RDC en sigle). Cinq ans plus tard, soit le 31 décembre 1969, le Congo-Brazzaville change à son tour d’appellation et devient officiellement la République Populaire du Congo (RPC en sigle) Donc au moment où se déroule notre histoire du jour, l’affaire de la LICOPA, en 1971, nous avons la RDC, dirigée par le général Joseph Désiré Mobutu et la RPC, dirigé par le commandant Marien Ngouabi. Il faut noter que ces deux militaires sont arrivés au pouvoir respectivement à la suite d’un coup de force militaire. Les étudiants de l’Université de Lovanium manifestent; les étudiants de Brazzaville les soutiennent. Le 4 juin 1971, les étudiants de l’Université Lovanium de Kinshasa manifestent leur mécontentement à l’égard du régime du général Joseph Désiré Mobutu. Celui–ci réagit brutalement en fermant l’Université et en enrôlant de force 2200 étudiants dans l’armée. Par solidarité avec leurs camarades de l’Université de Kinshasa, les étudiants de la RPC manifestent à Brazzaville pour dénoncer les mauvais traitements des étudiants par le général Joseph-Désiré Mobutu. Pour ce dernier les manifestations des étudiants de Brazzaville sont l’œuvre des autorités politiques du Congo-Brazzaville. Le président Marien Ngouabi envoie à Kinshasa une délégation du ministère des Affaires étrangères pour venir expliquer aux autorités de la RDC que les autorités politiques de la RPC ne sont ni de près ni de loin impliquées dans ces manifestations spontanées d’étudiants du Congo-Brazzaville. Pour preuve, les leaders de ces manifestations ont été sanctionnés. Le général Mobutu exige le rapatriement des étudiants fugitifs; le commandant Marien Ngouabi s’y oppose. Rassurées, les autorités de Kinshasa s’engagent à tourner la page de ces incidents. Mais quelques jours seulement après cette harmonisation, Kinshasa envoi le 14 juin 1971 une demande aux autorités de Brazzaville pour exiger le rapatriement à Kinshasa des 15 étudiants de Lovanium qui ont fui le pays et ont trouvé refuge à Brazzaville. Les autorités de la RPC vont opposer un refus catégorique à cette demande de Kinshasa. La raison évoquée est simple : la convention de l’OUA sur les réfugiés interdit à tout pays signataire de rapatrier dans leur pays d’origine des réfugiés politiques. Ce qui est le cas de ces 15 étudiants de Lovanium réfugiés à Brazzaville. Mais pour manifester sa bonne foi et dans le cadre du bon voisinage, Brazzaville va trouver d’autres pays d’accueil pour ces étudiants de Lovanium. C’est ainsi que, par exemple, l’un de ces étudiants en fuite à Brazzaville, Artur Zahidi Ngoma, va se retrouver en France où il fera des études de droit à l’Université de la Sorbonne. En 2003, il deviendra vice-président de la République en RDC. Le procès Licopa de Kinshasa De son côté, le général Mobutu décide d’organiser un procès public pour juger les meneurs des manifestations de Lovanium. Au cours du procès, trois noms reviennent régulièrement : La LICOPA, Ando-Ibara et Gaston Eyabo. La LICOPA est la  » Ligue Congolaise pour la Paix et l’Amitié  » entre les peuples. C’est une ONG qui semble avoir encouragé et soutenu les étudiants de l’Université de Lovanium dans leur projet de manifestation. Ando-Ibara est le président de cette structure. C’est un congolais de Brazzaville mais qui est installé à Kinshasa où il a un long carnet d’adresses. Il avait même des contacts à la présidence de la République. Mais son statut personnel était flou. Etait-ce un opposant au régime de Marien Ngouabi ? On pourrait le penser; parce qu’ on le voyait parfois passer à la télévision à Kinshasa pour critiquer le pouvoir de Brazzaville. En même temps, on le voyait aussi régulièrement fréquenter l’ambassade du Congo-Brazza à Kinshasa. Était-il un espion des services de Brazzaville ? Ou un agent de Kinshasa pour espionner ses compatriotes ? Un agent double ? Ou tout simplement un aventurier comme les deux Congo savent en produire ? En tout cas, juste avant le début du procès des étudiants de Lovanium, Ando-Ibara s’est enfui de Kinshasa ; il est allé se cacher dans son village natal situé à 400 Km au Nord de Brazzaville. Le troisième nom qui est apparu au cours de ce procès public est celui de Gaston Eyabo; qui n’est autre que le chargé d’affaires (diplomate) de la République Populaire du Congo à Kinshasa. Le général Mobutu prend des sanctions contre Brazzaville Pour le général Mobutu, les noms d’Ando-Ibara et de Gaston-Eyabo cités pendant le procès suffisent à le convaincre que les autorités du Congo-Brazzaville étaient impliquées dans le complot de Lovanium contre son pouvoir. C’est ainsi qu’il va prendre deux décisions importantes. L’expulsion de tous les diplomates du Congo-Brazzaville et la fermeture de l’ambassade de la RPC à Kinshasa. Le président du Congo-Brazzaville prend acte de la décision d’expulsion de ses diplomates de Kinshasa. En revanche, il s’oppose à la fermeture de

LINAFOOT : arrêt temporaire du championnat national à Kinshasa

LINAFOOT : arrêt temporaire du championnat national à Kinshasa

La Ligue nationale de football (LINAFOOT) a suspendu ses matches à Kinshasa jusqu’à nouvel ordre. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion stratégique tenue le lundi 9 février entre le ministre des Sports, le Secrétariat général aux Sports, les gestionnaires des stades, la FECOFA ainsi que la commission de gestion de la LINAFOOT. Cette mesure intervient au lendemain de la fermeture du stade Tata Raphaël par le ministre de tutelle. Les parties concernées dénoncent des épisodes répétés de vandalisme visant les infrastructures sportives de l’État. Elles se sont accordées sur le principe d’une reprise des rencontres à Kinshasa, laquelle sera annoncée après évaluation de la situation et obtention de garanties de sécurité. Chaque club devra signer un acte d’engagement officiel l’exposant directement à des sanctions en cas de récidive. Dans sa décision, la commission de gestion de la LINAFOOT confirme une reprise imminente des activités dans la ville-province de Kinshasa, dans les meilleurs délais, après la communication des nouvelles dates des rencontres aux équipes de la zone B. Radio Okapi

Rdc/ Israel : Visite historique du Président de l’état d’Israel Isaac Herzog à Kinshasa

Rdc/ Israel : Visite historique du Président de l’état d’Israel Isaac Herzog à Kinshasa

Ce mardi dans la journée, à la Cité de l’Union africaine, le Président Félix Tshisekedi a reçu son homologue israélien Isaac Herzog en visite pour la première fois en République Démocratique du Congo (RDC) en tant que Chef d’État, 40 ans après son défunt père. Cette rencontre de plus d’une heure, qui a été ensuite élargie à leurs délégations respectives, s’est soldée par un point de presse tenu par les deux dirigeants.  « Notre discussion a porté sur le raffermissement de nos relations et l’embellissement de celles-ci », a révélé le Président Tshisekedi. « Vous savez qu’Israël est très développé dans beaucoup de domaines parmi lesquels la sécurité, la défense, l’agriculture, les infrastructures, la haute technologie et les techniques de protection de l’environnement », a-t-il poursuivi. Le Chef de l’État a également présenté les opportunités que la RDC offre aux opérateurs économiques israéliens. Il a notamment cité les secteurs des mines, des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de la science, de l’éducation et de la santé. « C’est pour vous dire que nous avons de nombreuses occasions de sceller des partenariats stratégiques et gagnants-gagnants », a-t-il estimé. Le Président de la République a annoncé que dans les semaines qui viendront, la ministre des Affaires étrangères devrait rencontrer son homologue israélien. « Cela va nous permettre d’ouvrir la voie sur des engagements gouvernement à gouvernement pour matérialiser ce que nous sommes en train de dire ici », a-t-il dit. De son côté, le Président Herzog s’est également montré favorable à un renforcement de la coopération entre son pays et la RDC. « Il ne fait plus de doute qu’il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire. Nous avons discuté profondément et nous sommes heureux d’être ici pour raffermir et élargir nos visions », a-t-il déclaré.  Évoquant la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC, le dirigeant de l’État hébreu a appelé la communauté internationale à braquer ses projeteurs sur la crise sécuritaire qui secoue le pays : « le conflit n’est pas seulement au Moyen-Orient. J’apprécie les efforts du Président Trump dans la poursuite de la restauration de la paix dans le conflit qui vous engage avec le Rwanda. Je souhaiterais que l’attention du monde puisse s’orienter vers ceci plutôt que de se concentrer obsessionnellement sur Israël ». Enfin, le Président Herzog a affirmé qu’il poursuivra la vision de son père de maintenir l’amitié entre Israël et la RDC. « Continuons à travailler ensemble dans l’esprit de fraternité alors que nous regardons les défis qui sont devant nous avec un esprit de confiance et d’optimisme », a-t-il conclu. Cette visite du Président Isaac Herzog à Kinshasa intervient après la prise des fonctions officielle du nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Israël en RDC, M. Leo Vinovezky, qui a remis ses lettres de créance lundi dernier au Chef de l’État Félix Tshisekedi. Doté de pouvoirs essentiellement honorifiques, le Président de l’État d’Israël veille à représenter tous les citoyens de son pays, que ce soit en Israël ou à l’étranger. De même, il préside diverses cérémonies à caractère officiel. Il a été élu en juillet 2021 par la Knesset (parlement) à une majorité sans précédent et a entamé son mandat de onzième président de l’État d’Israël.

Kinshasa : baisse de 13% des prix de 40 produits de grande consommation

Kinshasa : baisse de 13% des prix de 40 produits de grande consommation

L’appréciation de 21 % de la valeur du franc congolais a impacté, à la baisse pour 13%, les étiquettes de 40 produits de grande consommation à Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants en République démocratique du Congo, selon un bulletin du ministère de l’Economie, mercredi. « En moyenne, les prix de quarante biens de grande consommation ont reculé d’environ 13 %, ce qui correspond à une transmission réelle de l’effet de change dans un environnement historiquement marqué par des pressions inflationnistes récurrentes », ont rapporté les enquêteurs du ministère. En effet, une analyse comparée des prix relevés sur le marché de Kinshasa entre mi-septembre et mi-octobre 2025, met en évidence les effets tangibles de l’appréciation du franc congolais. Selon ce bulletin, « passé d’un niveau moyen de 2 800 à 2 200 CDF pour un dollar américain, soit un gain d’environ 21 %, cette évolution se traduit par une dynamique baissière qui se reflète sur plusieurs segments du marché intérieur ». « À l’inverse, les produits à forte composante locale ou à petit conditionnement (pain, condiments, boissons, produits ménagers) affichent des variations faibles voire nulles, traduisant une inertie liée aux coûts internes et à la structure des marges de distribution », a-t-on lu. Cette inflexion, a rapporté la source, constitue un signal encourageant de réajustement des prix à la baisse. Les produits importés ou dépendants des circuits internationaux, tels que le poisson congelé, le riz, les produits laitiers, les huiles raffinées ou encore les viandes et volailles ont enregistré les baisses les plus marquées, souvent supérieures ou égales à l’appréciation du franc congolais, confirmant leur sensibilité directe au taux de change. En définitive, la période sous examen confirme une tendance baissière des prix sur les marchés, soutenue par la vigueur du franc congolais. Les experts du ministère de l’Economie ont soutenu que le maintien d’une surveillance continue des marchés demeure essentiel pour apprécier la persistance de ces ajustements, identifier les secteurs encore rigides sur lesquels il faudra agir pour consolider les acquis de cette phase de stabilité monétaire. Dans le cadre de l’enquête menée par les experts, le prélèvement hebdomadaire des prix a été ‎assuré par les agents des deux divisions urbaines du ministère de l’Economie nationale. Ce prélèvement concerne 39 produits de grande consommation, 183 marques et 62 types d’opérateurs, sur 16 sites y compris quatre marchés: le marché Central, Gambela, ‎Zigida et Liberté. ACP

RDC. Le Président Félix Tshisekedi a lancé la reprise du trafic ferroviaire Kinshasa – Matadi

RDC. Le Président Félix Tshisekedi a lancé la reprise du trafic ferroviaire Kinshasa – Matadi

Au cours d’une cérémonie organisée en fin de matinée ce vendredi, à la Gare centrale de Kinshasa, dans la commune de Gombe, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé la reprise du trafic ferroviaire Kinshasa-Matadi (province du Kongo-central), un tronçon long de 365 kilomètres. Par la même occasion, le Chef de l’État a réceptionné 7 voitures – voyageurs automotrices acquises  sur fonds propres du gouvernement grâce à la redevance logistique terrestre (RLT). Ces nouvelles voitures acquises grâce à une collaboration avec une entreprise chinoise sont arrivées à Kinshasa hier soir en provenance de  Matadi, ouvrant ainsi la voie ferrée totalement réhabilitée après des éboulements et autres avaries de vétusté. Cette cérémonie a été marquée par trois prises de parole. Le Directeur général de l’ONATRA, Martin Lukusa, a exprimé sa gratitude au Président de la République pour son leadership qui a permis de rouvrir le trafic ferroviaire entre la capitale et Matadi où se trouve le principal port du pays. Pour lui, le train reste la meilleure alternative aux autres moyens de transport de masse dans une mégalopole de près de 20 millions d’habitants. Le Directeur général de l’ONATRA SA a, par la même occasion, annoncé la reprise prochaine du trafic ferroviaire urbain dans la ville de Kinshasa. La ministre du portefeuille a, quant à elle, vanté la renaissance de l’ONATRA, jadis fleuron du transport multimodal en RDC. « Cette réhabilitation n’est pas un simple projet ferroviaire mais plutôt un projet structurant à effet réel », a dit la ministre Julie Mbuyi Shiku. «  Nous célébrons le retour de la confiance et de l’espérance », a-t-elle conclu. Intervenant en dernier lieu, le vice-Premier ministre, ministre des Transports et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a fait savoir que l’acquisition des 7 wagons- voyageurs marque les prémices d’une longue série d’acquisitions. Dans les prochains mois, a-t-il dit , 5 locomotives neuves et 40 wagons porte-conteneurs sont attendus en supplément de l’actuelle flotte de l’ONATRA SA. Le VPM Bemba a aussi annoncé la reprise du trafic urbain à Kinshasa sur la ligne Gare centrale – aéroport international de N’djili et la réouverture de la voie ferroviaire Gare centrale -Kitambo magasin. Les travaux de dégagement des emprises ferroviaires se poursuivent normalement. Invité à couper le ruban symbolique, le Chef de l’État a visité les 7 wagons acquis et s’est lui-même rendu compte du confort acceptable réservé aux voyageurs.

Sassou à Kinshasa : pour un mariage à la diplomatie dans une région en recomposition ( lecture en 4 minutes)

Sassou à Kinshasa : pour un mariage à la diplomatie dans une région en recomposition ( lecture en 4 minutes)

La nouvelle cartographie logistique et sécuritaire qui se redessine dans la sous région depuis l’arrivée de Trump, augure des mauvais jours pour Brazzaville. Ainsi, le 23 août 2025, M. Sassou a crû gagner un jackpot en assistant au mariage de Patrick Ngele et Christina Tshisekedi, fille et collaboratrice de Félix Tshisekedi. Peine perdue. L’accueil de M. Sassou par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et non par le président Tsisekedi ni même par la Première ministre, se lit comme un palimpseste protocolaire qui suscite déjà une interrogation sur les relations entre les deux voisins du fleuve Congo. Le contexte est tout sauf placide. D’un côté, Kinshasa revendique désormais un alignement assumé avec les USA et a accepté un « accord de paix » (parrainé par Washington) avec Kigali en juin 2025. La fragilité de cette initiative attribuée à l’entregent direct de Trump a été mise en évidence par la persistance des violences de l’AFC/M23 et des massacres rapportés ensuite à l’Est. De l’autre, Kigali demeure une puissance sécuritaire structurante en Afrique centrale (CAR, Mozambique), ce que reconnaissent la documentation onusienne, les centres de recherche et la presse internationale. Côté Brazzaville, les liens politiques avec Kigali se sont resserrés depuis les accords Léonins de 2022 dont celui sur la cession des terres dénoncé officiellement en juin 2025 par l’État congolais sous pression du peuple qui attend toujours le texte de confirmation de la caducité. Ce dernier épisode est le signe d’une tentative de recalibrage sous la pression politique intérieure et régionale. Dans ce climat, la présence de Sassou à Kinshasa ressemble à un geste de réassurance ou, pour ses critiques, à une « Canossa » diplomatique : rechercher la photo d’unité chez un voisin qui diversifie ses dépendances et réorganise ses routes de sortie. L’option Kribi–Zongo via la RCA discutée par Kinshasa et Yaoundé aux mois de mai-juin 2025 matérialise cette logique de désenclavement par redondance : réduire la sensibilité au corridor fluvial face à Brazzaville, et développer une échine logistique alternative vers l’Atlantique. Corridors, armements et accords secrets Le corridor Kribi–Zongo (Cameroun – RCA – Nord-RDC) s’inscrit dans un moment charnière dès l’instant où la RDC multiplie les options (Banana, Lobito, et désormais Kribi via la RCA). La sélection d’un itinéraire terrestre via la RCA est lisible comme une volonté de marginalisation de Brazzaville dans la chaîne d’exportation du Nord-RDC. C’est une rupture stratégique à coûts mutualisés avec le Cameroun. Une enquête OCCRP documente des achats massifs d’armes par le Congo-Brazzaville auprès de l’Azerbaïdjan (plus de 500 tonnes livrées depuis 2015, dont plus de 100 tonnes en 2020 pour la Garde républicaine). C’est attesté et recoupé médiatiquement. Des sources proches recoupent la réédition avec de nouveaux stocks qui seraient acquis « pour le compte du Rwanda » qui devraient être acheminés par un pont aérien avec le concours de Françoise Joly (à vérifier). Sur le front RDC-RCA, l’accord de coopération militaire du 18 octobre 2024 prévoit renseignements, formations et opérations conjointes le long des 1 600 km de frontière (Bas-Uélé, Nord-Ubangi). L’accord s’inscrit à contre-courant de l’emprise sécuritaire croissante de Kigali en RCA (déploiements bilatéraux RDF, rôle de protection VIP, créneaux économiques), et entend colmater une partie des débordements (UPC, CPC, flux d’armes). C’est cohérent avec la volonté de Kinshasa de diminuer son exposition aux proximités politico-sécuritaires de ses voisins. En juin-août 2025, plusieurs médias américains (Reuters, Washington Post, WSJ) décrivent un cadre de désescalade « américano-parrainé » entre Kigali et Kinshasa. Mais, la cinétique sur le terrain (massacres imputés à des forces affiliées M23/AFC et recul de trêves locales) relativise la portée immédiate de ces annonces. Cela ressemble aux accords politiques au sommet, résilience des violences au sol. Lecture stratégique : « Canossa », sécurité percluse et fenêtres d’action Sassou « va à Canossa »? Certainement. En choisissant Kribi-Zongo, en serrant les liens militaires avec Bangui, et en validant une ingénierie diplomatique américano-angolaise avec Kigali, Kinshasa diversifie ses leviers et recompose ses dépendances. Brazzaville perd une partie du levier logistique implicite que lui conférait la proximité fluviale et l’intermédiation bilatérale, d’où la tentation de réafficher la proximité au plus haut niveau – fût-ce par la symbolique familiale : le Congo « prend de l’eau » de toutes parts, notamment dans les services de sécurité qu’il faut réformer en urgence et de fond en comble. Certes, nous reviendrons sur l’aspect sécuritaire dans notre publication feuilleton consacrée à la défense et la sécurité, mais il sied de dire ici et maintenant que ce voyage de Kinshasa a saigné le trésor public, et a été un véritable camouflet couvert par l’invitation laissée à Félix Tshisekedi de venir assister au mariage de Junior Omar. Brazzaville doit inciter à réoptimiser son rôle de pivot de transit (services, valeur ajoutée logistique) que de miser sur la seule rente de voisinage. Cela passe par un réaménagement de la gouvernance et surtout des départements régaliens : Justice, Affaires étrangères, Défense, Intérieur. Le 23 août 2025 n’est pas qu’un cliché. C’est le miroir d’une transition : Kinshasa qui diversifie, Bangui qui se couvre, Kigali qui projette et pendant ce temps, Brazzaville ne se réajuste pas. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

KINSHASA 27 AOÛT 2025 : TRIPLE SCENARIO APRÈS LE VERDICT SUR CONSTANT MUTAMBA

KINSHASA 27 AOÛT 2025 : TRIPLE SCENARIO APRÈS LE VERDICT SUR CONSTANT MUTAMBA

POINT DE VUE. C’est connu de tous que l’ancien ministre de la Justice est poursuivi pour tentative de détournement de 19 à 20 millions USD, destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Le ministère public a requis 10 ans de travaux forcés et 10 ans d’inéligibilité. MUTAMBA nie toute implication et parle d’un complot politique. Ce mercredi 27 août 2025 sera prononcé le verdict contre l’accusé Constant Mutamba, l’ex-Ministre de la justice et garde des Sceaux. Les partisans de Constant MUTAMBA se sont encore massivement mobilisés ce mardi 26 août 2025 dans les rues de la capitale à moto en signe de solidarité. Et ce soir ils font la veillée devs t sa résidence dans l’attente du verdict des juges. Trois scénarios sont à l’ordre du jour. SCÉNARIO numéro 1 : La Cour de Cassation mise sous grande pression politique et celle de la communauté internationale prononce son verdict en innocentant l’illustre accusé. Le camp de ce dernier jubile et ceux qui, pour des intérêts qui leur sont propres, ont délibérément voté pour la levée de son immunité grincent les dents tout comme les barrons du pouvoir judiciaire qui s’en trouvent publiquement humiliés par la libération de celui qui les a dénudés durant son mandat ministériel. SCÉNARIO numéro 2 : La Cour de Cassation prononce sa condamnation en demandant dix ans de travaux forcés et d’inéligibilité. Déception générale mais l’ordre formel du procureur général de ce mardi 26 août fait à la police nationale d’empêcher tout regroupement des pro-Mutamba empêche tout débordement populaire. Pour votre gouverne, porter un T-shirt ou un calicot avec le visage de Constant Mutamba à Kinshasa sera désormais considéré comme une infraction ce mercredi. Oser chanter son nom sera directement passible d’une arrestation et d’un jugement en flagrance ! La police a reçu l’ordre d’interpeller toute personne qui va oser troubler le verdict aujourd’hui. SCÉNARIO numéro 3 : La Cour de Cassation prononce sa condamnation en requérant dix ans de travaux forcés et d’inéligibilité. La condamnation de Mutamba se transforme alors en une bombe à fragmentation. La colère gronde dans la rue kinoise au regard du traitement plutôt clément vis-à-vis d’autres pilleurs de la République qui sont encore aux postes de commande et la jeunesse kinoise éprise d’affection pour la lutte de Mutamba contre la maffia politico-judiciaire ayant pris ses racines dans la capitale congolaise décrète une ville morte comme cela a été annoncé ce mardi soir sur les réseaux sociaux ou encore, par un raz-le-bol généralisé contre ce pouvoir corrompu, entame un soulèvement populaire que les forces de l’ordre peinent à contenir. Celles-ci tirent à balles réelles sur les manifestants et la mort d’hommes exacerbe encore davantage les tensions sociales qui font vaciller le pouvoir en place. Quoi qu’il en soit, cette journée de mercredi sera chargée d’électricité et s’ouvre à toutes les probabilités. Si j’étais à la place du décideur, je prendrais plus de prudence à cautionner un procès par trop politisé. L’analyse des données en place me pousse à croire que, dans pareil contexte explosif, toute force répressive de la police pourra s’orienter à agir comme de l’essence jetée sur le feu. Wait and see ! Par Germain Nzinga

Kinshasa : signature du Mémorandum des politiques économiques et financières

Kinshasa : signature du Mémorandum des politiques économiques et financières

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a signé, mardi 17 juin, le Mémorandum des politiques économiques et financières lors de la réunion stratégique de la Troïka politique, tenue au Centre financier de Kinshasa. À travers ce document clé, le gouvernement congolais vise à renforcer la gouvernance économique à l’échelle nationale. Selon l’argentier national, la signature de ce mémorandum constitue un jalon essentiel dans le processus de finalisation du nouveau programme soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), en prélude à la réunion du Conseil d’administration prévue le 2 juillet prochain. Il a indiqué que cet acte traduit l’alignement institutionnel autour des réformes prioritaires menées sous la conduite du gouvernement. Les ministères des Finances et du Budget, en étroite coordination avec la Banque centrale du Congo, s’engagent à accélérer la mise en œuvre des mesures structurantes attendues d’ici la fin du mois de juin. Les ministres Doudou Fwamba des Finances et Aimé Boji du Budget ont enjoint leurs équipes techniques à se mobiliser rapidement afin de faire le point sur l’état d’avancement et d’harmoniser les actions à entreprendre. Ils franchissent une étape décisive et font preuve d’une volonté politique affirmée pour consolider la stabilité macroéconomique et renforcer la confiance des partenaires internationaux. La signature de ce mémorandum intervient une semaine après l’adoption par l’Assemblée nationale de huit projets de loi ratifiant des accords de prêts et de financements conclus avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux, pour un montant total avoisinant les deux milliards de dollars. Ces fonds, provenant notamment de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement, sont destinés à des projets tels que la construction du barrage Inga 3 et la prévention des catastrophes naturelles dans des villes comme Boma et Kalemie. Radio Okapi