Dans les économies créatives africaines, les femmes revendiquent la propriété

Dans les économies créatives africaines, les femmes revendiquent la propriété

À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, la question la plus profonde est celle de la propriété Chaque mois de mars, la Journée Internationale de la Femme remplit le calendrier de campagnes, de fleurs et d’annonces soigneusement planifiées. Cette journée a un véritable poids historique : elle est née des revendications du début du XXe siècle en faveur du droit de travailler, de voter et de s’organiser. La question qu’elle pose rarement est celle qui mérite d’être posée aujourd’hui : qui contrôle ce qu’elles ont construit ? Dans les industries créatives africaines en 2026, cette question a des réponses instructives. Elles sont économiques et non symboliques. Et elles sont écrites par des femmes. L’argument de la propriété Au Sénégal, Diarra Bousso a grandi dans une famille où l’art et le style étaient un langage du quotidien. Elle a étudié les mathématiques et travaillé à Wall Street avant de revenir à Dakar avec un modèle pour une marque de mode et de style de vie, et la conviction que rien n’est fait tant que quelqu’un ne l’a pas demandé. DIARRABLU, la marque qu’elle a créée sur le toit-terrasse de ses parents, utilise des algorithmes propriétaires pour générer des designs, les soumet à un vote de la communauté avant qu’un seul vêtement ne soit coupé et produit entièrement à la demande, ce qui permet de réduire de 60% les déchets et les stocks excédentaires. Sa chaîne d’approvisionnement est presque entièrement composée d’artisans sénégalais. La PI (algorithmes, méthodologie, système de conception) est entièrement sienne. La valeur est dans le processus de Bousso, et elle en est la propriétaire. En Afrique du Sud, le studio de jeux Nyamakop a passé des années à construire quelque chose de difficile à copier. Sorti le mois dernier, Relooted est un jeu de braquages se déroulant dans un Johannesburg futuriste dans lequel le joueur récupère 70 véritables artefacts africains provenant de musées occidentaux et de collections privées. Le jeu a été conçu par des talents venus de plus de dix pays africains. Mohale Mashigo, sa Directrice Narrative, est une romancière et autrice de bandes dessinées qui a également travaillé pour Marvel et DC et qui aborde le thème de la propriété avec une grande précision. Chaque artefact du jeu correspond à un objet réel, avec une histoire documentée et un propriétaire désigné. Cette spécificité ne se limite pas à la rigueur artistique. Le monde de Relooted est construit de sorte qu’il ne peut pas être détaché de son propre contexte et réutilisé ailleurs. La culture voyage différemment lorsqu’elle est auto-écrite. Au Nigeria, Mo Abudu applique la même logique à la distribution. EbonyLife Media, la maison de production et le réseau de télévision qu’elle a fondé en 2012, dont les films et les séries ont généré des millions d’heures de visionnage, a lancé EbonyLife ON Plus en novembre de l’année dernière. Il s’agit d’une plateforme par abonnement conçue pour conserver la valeur de la narration africaine sur le continent. La plateforme est nouvelle ; la stratégie ne l’est pas : il faut détenir l’infrastructure, sinon quelqu’un d’autre fixera les conditions. Trois pays, trois secteurs créatifs. L’important est de savoir là où la valeur est capturée. Et de la posséder. La propriété doit aller de pair avec l’exposition Le contenu généré par l’IA a intensifié la pression. Les modèles d’IA générative sont formés, en grande partie, à partir d’une production créative qui ne reçoit aucune rémunération en retour – et la question de savoir si cette production compte comme un intrant rémunérable est actuellement examinée devant les tribunaux. Dans les économies créatives africaines, où le volume de contenu visuel, narratif et culturel est vaste et l’infrastructure formelle de propriété intellectuelle déséquilibrée, l’exposition est importante. La production créative des femmes alimente des systèmes qu’elles ne possèdent pas. Les questions de l’IA et de l’infrastructure ne sont pas séparées. L’une se joue devant les tribunaux. L’autre sur les marchés. Contrôle narratif Atteindre les bons marchés nécessite un autre type de propriété. L’Afrique n’est pas un marché unique, mais se compose de 54 pays distincts, chacun avec son paysage médiatique, ses langues, ses cultures et ses décideurs. De nombreux partenaires de communication offrent de la visibilité mais ne connaissent pas les nuances de chaque marché ; comme ils ne sont pas présents sur le terrain, ils souffrent d’approximation, ce qui a un impact négatif et dilue le récit. La logique qui a poussé Bousso à conserver la propriété de ses algorithmes, Mashigo et Nyamakop à créer un jeu et Abudu à construire ses propres plateformes plutôt qu’à octroyer des licences – c’est la même logique qui s’applique ici. Qui raconte le récit, dans quels marchés, en quelle langue, par quels canaux ? C’est là que le contrôle narratif est détenu ou perdu. Pour que les marques aient un écho en Afrique, les communications doivent être africaines. Quelle est la prochaine étape ?   La Journée Internationale de la Femme générera des milliers de publications en mars. Il sera intéressant de voir ce qui se passera dans les jours suivants et de savoir si les femmes qui s’approprient les industries créatives africaines contrôleront plus leurs travaux, leur distribution et leur récit que l’année précédente. C’est le seul indicateur qui compte. Par Libby Allen Vice-Présidente : Marque et Création, APO Group 

Les femmes au cœur du développement : comment la microfinance dynamise les entreprises dirigées par des femmes en Afrique

Les femmes au cœur du développement : comment la microfinance dynamise les entreprises dirigées par des femmes en Afrique

Partout en Afrique, les entreprises dirigées par des femmes sont confrontées à des obstacles bien connus qui entravent leur croissance et leur accès au financement. Beaucoup de femmes ne peuvent pas utiliser des terrains, des biens immobiliers ou des actifs majeurs comme garantie, car elles n’en sont pas propriétaires. Elles ont donc souvent recours à des services financiers informels, tels que les groupes d’épargne. La méfiance envers les banques, qui découle parfois d’expériences passées ou d’une connaissance limitée du monde financier, restreint encore davantage leur accès au crédit. Les responsabilités domestiques, notamment la garde des enfants et la prise en charge des personnes dépendantes, font que beaucoup de femmes ont moins de ressources à épargner ou à réinvestir dans leur entreprise. De plus, les normes liées au genre et les restrictions en matière de prise de décision et de mobilité créent des obstacles supplémentaires. En Afrique du Nord et de l’Ouest, notamment en Tunisie, au Ghana et en Côte d’Ivoire, Advans explore des moyens de combler ces lacunes. En concevant des produits sur mesure, en nouant des partenariats avec des acteurs locaux de confiance et en menant des évaluations rigoureuses, Advans apprend à rendre les services financiers accessibles et faciles à utiliser pour les femmes. Les entrepreneurs ont besoin de financement pour se développer, et la plupart de ces entreprises sont viables mais restent vulnérables en l’absence de systèmes financiers structurés. Les risques sont encore plus importants dans le secteur agricole, où les chocs climatiques et la volatilité des marchés ont un impact disproportionné sur les femmes. Selon le CGAP, les agricultrices ont moins accès au financement, aux outils d’adaptation et aux ressources de gestion des risques que les agriculteurs.[1] En Tunisie, Advans Tunisie a lancé El Beya, un prêt spécialement conçu pour les femmes. D’un montant compris entre 1 000 et 10 000 dinars tunisiens (environ 300 à 3 000 euros), ces prêts sont assortis de frais moins élevés et d’exigences moins strictes en matière de garanties. Après deux cycles de prêt, les femmes peuvent emprunter des montants plus importants sans fournir de garantie. Une étude de suivi réalisée en juin 2025 a révélé que 82 % des clientes avaient augmenté leurs revenus, 39 % avaient dépensé davantage pour l’éducation et 13 % avaient créé des emplois.[2] Au Ghana, le programme AdvansHer propose aux femmes entrepreneurs un accompagnement personnalisé dans la promotion sur les réseaux sociaux, la comptabilité et la structuration d’entreprise. Plus de 100 PME dirigées par des femmes y ont participé depuis son lancement, avec le soutien de la Banque de Développement du Ghana. L’institution a également lancé un programme d’épargne pour les frais de scolarité appelé EduSave, spécialement destiné aux femmes. Vicentia Ananepia[3], dirigeante d’une entreprise d’accessoires de mode au Ghana, se souvient du moment où elle a failli perdre une cargaison. À ses débuts, son mari l’a aidée à financer le lancement de son entreprise. Mais lorsque de sérieux obstacles se sont présentés, elle a dû trouver elle-même une solution. « Un jour, mes marchandises sont arrivées de Chine, mais je n’avais pas les moyens d’aller les récupérer », explique-t-elle dans son témoignage. « Je me suis donc tournée vers Advans. Ils m’ont prêté de l’argent pour payer mes factures et j’ai pu mettre les marchandises en vente. » Ce prêt a été le coup de pouce qui l’a aidée à développer son activité. Aujourd’hui, elle possède trois boutiques. « En tant que femme, je suis fière de moi, car il n’est pas facile pour une femme de faire du négoce. » Les modèles d’Advans ne reposent pas que sur l’octroi de prêts ; ils visent à faciliter les activités commerciales, en fournissant des services financiers variés et adaptés aux besoins des clients. La Côte d’Ivoire en est un autre exemple : Advans y a conçu des produits d’épargne et de crédit destinés aux femmes rurales par l’intermédiaire d’associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) et de coopératives, en particulier dans les régions productrices de cacao.[4] Au-delà de la Côte d’Ivoire, les résultats obtenus à travers le groupe Advans sont palpables : le réseau dessert désormais plus de 240 000 femmes, dont plus de 26 000 ont contracté un emprunt. Les femmes représentent 35 % de l’ensemble des épargnants du réseau.[5] Le Kenya illustre ce que la finance inclusive peut accomplir à grande échelle. En 2024, l’adoption généralisée du ‘mobile money’ avait réduit l’écart entre les genres en matière d’accès aux services financiers à seulement 1,6 %, contre des écarts persistants de 12 points de pourcentage en Afrique subsaharienne et de 15 points au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, selon le Global Findex 2025 de la Banque Mondiale.[6] Le constat est clair : l’inclusion financière des femmes ne consiste pas à simplifier les produits existants, mais à les repenser en profondeur. Les outils financiers doivent refléter la manière dont les femmes vivent, gagnent leur vie et planifient leur avenir. Une note du FMI sur l’égalité des genres publiée en 2023 souligne que lorsque les femmes ont accès à des services financiers adaptés, les retombées positives se répercutent sur l’ensemble de la société, favorisant le bien-être familial, renforçant la résilience économique et développant le capital humain.[7] Que ce soit à travers El Beya en Tunisie, AdvansHer au Ghana ou les services d’épargne et de crédit liés aux AVEC en Côte d’Ivoire, nous constatons chez Advans que les femmes adoptent plus rapidement les services et obtiennent de meilleurs résultats lorsque les produits sont conçus pour répondre à leurs réalités. Il ne s’agit pas de réduire les obstacles, mais d’adapter les solutions aux réalités des femmes. Par Wilfried Sam [1]CGAP – women in rural/ag livelihoods overview: Financial Solutions for Women in Rural & Agricultural    Livelihoods. [2]Advans Tunisia – El Beya results (June 2025): Advans services help empower Tunisian female  entrepreneurs. [3]To safeguard her anonymity, the client’s surname has been modified [4]Advans Côte d’Ivoire – cooperative/VSLA model: Cooperatives: A Key Driver for MFIs to Improve the Livelihoods of Cocoa-Producing Communities. [5]Advans International – female client footprint (public

Journée mondiale de la femme : l’urgence d’agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA en AOC

Journée mondiale de la femme : l’urgence d’agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA en AOC

Le 8 mars est une journée de célébration, mais aussi de mobilisation. Cette année, elle est célébrée sous le thème « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ». Pendant que nous rendons hommage aux contributions des femmes à nos sociétés, nous devons impérativement rappeler une réalité alarmante : en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), le VIH/SIDA continue de toucher de manière disproportionnée les femmes et les filles. Les chiffres sont préoccupants. Dans cette région AOC), les jeunes femmes et les adolescentes représentent près de 60 % des nouvelles infections au VIH. Les inégalités de genre, la pauvreté, la violence basée sur le genre (accentué par les conflits dans notre région et les changement climatiques) et l’accès limité aux services de santé accentuent leur vulnérabilité. Trop souvent, elles n’ont pas le pouvoir de négocier des relations sexuelles sécurisées, d’accéder aux services de prévention ou de poursuivre un traitement sans crainte de stigmatisation et de discrimination. La Journée internationale des droits des femmes est une occasion de revendiquer des actions concrètes adaptées aux réalités de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : – Accélérer l’accès à la prévention et aux soins : Les moyens outils de prévention comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) doivent être accessibles à toutes les femmes et les filles qui en ont besoin. L’intégration du dépistage et du traitement du VIH dans les services de santé sexuelle et reproductive est essentielle pour renforcer la riposte. – Lutter contre les violences faites aux femmes : La violence basée sur le genre, y compris les mariages précoces et forcés, est une des causes majeures de l’exposition des jeunes filles au VIH. Il est urgent de renforcer les lois et les mécanismes de protection pour garantir la sécurité et les droits des femmes et des filles. – Investir dans l’éducation et l’autonomisation : En Afrique de l’Ouest et du Centre, des millions de filles sont déscolarisées, limitant ainsi leurs opportunités d’autonomie et augmentant leur vulnérabilité face au VIH. Un accès équitable à une éducation complète sur la sexualité et les droits des femmes est essentiel pour leur permettre de prendre en main leur santé et leur avenir. – Soutenir le leadership féminin : Les femmes vivant avec le VIH doivent être au centre des décisions qui les concernent. Leur voix, leur expérience et leur résilience sont indispensables pour une réponse efficace et inclusive. – Mobilisation de ressources dans le but de maintenir les acquis en matière de prévention et de traitement du VIH : la situation actuelle du financement de la santé appelle à plus de progrès dans le financement domestique pour la lutte contre le VHI en général et la féminisation du VIH en particulier. Notons que ce 8 mars, engageons-nous à renforcer la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre. Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation. L’égalité ne sera réelle que lorsque la santé et les droits de toutes seront une priorité absolue. La rédaction/ONUSIDA et ONUFEMMES

L’influence significative et remarquable des femmes dans la lutte contre le paludisme

L’influence significative et remarquable des femmes dans la lutte contre le paludisme

SANTE. Le paludisme est une maladie endémique qui menace l’ensemble de la population au Burkina Faso. Les plus vulnérables sont les femmes et les enfants, qui sont touchés par cette maladie de manière disproportionnée. Target Malaria est conscient du rôle déterminant des femmes et des jeunes dans la lutte contre le paludisme. En tant que principales dispensatrices de soins et groupe vulnérable, les femmes sont au cœur de notre stratégie. Dans le cadre de ses activités d’engagement des parties prenantes, Target Malaria vise à renforcer l’implication et l’éducation de ces groupes clés sur les méthodes actuelles de lutte antivectorielle, ainsi que sur les nouvelles technologies, comme les moustiques génétiquement modifiés. Cette approche inclusive assure une meilleure compréhension et adoption des outils innovants dans la lutte contre le paludisme. Selon le Ministère de la Santé du Burkina Faso, le paludisme est à l’origine de 43 % des consultations auprès d’un prestataire de santé, de plus de 60 % des hospitalisations et de 30 % des décès. En 2022, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé à 8 millions le nombre de cas de paludisme et à 16 669 le nombre de décès liés à cette maladie dans ce pays. « Étant donné que la maladie ne fait pas de discrimination, ce sont les femmes qui portent le fardeau sociétal et économique du paludisme. Cette maladie se propage dans des situations d’extrême pauvreté, intensifiant de facto les difficultés et accentuant les inégalités existantes », déclare le Dr Léa Paré Toé, Coordinatrice chargée de l’Engagement des Parties Prenantes du programme Target Malaria Burkina Faso. Selon un rapport du RMB Partnership to End Malaria et Malaria no More intitulé « The case for investing in a gendered approach to the fight against malaria », des centaines de millions de femmes enceintes et d’enfants de moins de cinq ans sont particulièrement vulnérables au paludisme. Il convient de souligner que les enfants de moins de cinq ans représentent les deux tiers de tous les décès dus à cette maladie endémique. D’autres, en particulier les adolescentes, se heurtent aux nombreuses lacunes sexospécifiques dans la couverture des services de lutte contre le paludisme, ce qui a parfois des répercussions à vie. Target Malaria, un consortium de recherche à but non lucratif, est un pionnier dans l’utilisation de l’impulsion génétique, un mécanisme génétique naturel, visant à une modification génétique chez les moustiques qui transmettent le paludisme, biaisant de ce fait le taux d’hérédité tout en affectant leur capacité à se reproduire. Cette approche innovante promet d’être une méthode potentiellement durable et rentable pour réduire la population de moustiques du paludisme et, en fin de compte, mettre fin à la transmission du paludisme dans le futur. Selon le Dr Paré Toé, « les domaines de la science et de la recherche ont de plus en plus besoin des femmes et d’un engagement sans précédent auprès de celles-ci, des jeunes et des enfants au sein des communautés ». Elle ajoute que son rôle consiste principalement à impliquer les communautés locales de Bobo-Dioulasso et des villages de Bana et Souroukoudinga. « Notre équipe s’est focalisée sur les femmes et les jeunes, en mettant en exergue leur rôle essentiel dans la sensibilisation des populations au sujet des potentiels interventions et traitements actuels contre le paludisme ». Ces engagements comprennent l’organisation de réunions communautaires, d’ateliers éducatifs, de pièces de théâtre interactives et la participation à la série vidéo Voix du terrain – permettant aux membres de la communauté de partager leur expérience du paludisme et leurs impressions sur le travail de Target Malaria. Ces échanges visent à favoriser une meilleure compréhension du fonctionnement de la technologie de l’impulsion génétique et de son impact potentiel sur les communautés. Ces activités sont essentielles pour permettre aux équipes et aux communautés d’apprendre à se connaître, d’instaurer la confiance et de créer des canaux de communication réguliers. Problématique du genre dans la transmission et le traitement du paludisme « En matière de soins de santé, les femmes sont souvent les premières à intervenir dans leur famille, et les jeunes enfants sont ceux qui souffrent le plus des effets dévastateurs du paludisme », déclare le Dr Paré Toé. « La plupart du temps, les femmes, en particulier dans les communautés rurales et mal desservies, ont une autonomie et un accès aux ressources financières limités, ce qui peut restreindre leur capacité à obtenir des soins de santé adéquats en temps opportun. En outre, les normes sociétales et les responsabilités, telles que la garde des enfants et la gestion du foyer, augmentent leur vulnérabilité aux piqûres de moustiques, tôt le matin et tard le soir, lorsque les moustiques sont plus actifs », explique Krystal Birungi, Coordinatrice de l’Entomologie sur le Terrain – Target Malaria Ouganda. Par ailleurs, les femmes adultes ne sont pas les seules à s’occuper de leurs enfants. Les jeunes filles sont souvent tenues de s’occuper de leurs frères et sœurs malades, ce qui les empêche de poursuivre leurs études. “Au-delà de l’innovation scientifique, notre mission représente un engagement en faveur du co-développement, de l’excellence et de la responsabilité, en reconnaissant les contributions inestimables des femmes africaines dans la lutte contre le paludisme », ajoute le Dr Paré Toé. Imaginer un monde sans paludisme  Selon le rapport « The Malaria Dividend » publié récemment à la demande de Malaria No More UK, un avenir sans paludisme aurait un impact considérable sur le développement des pays où la maladie est endémique. Il permettrait notamment d’alléger la charge de morbidité qui pèse sur les femmes et les enfants africains, et donc d’améliorer la santé des familles et des communautés. La baisse des taux de mortalité infantile permettrait à un plus grand nombre d’enfants de réaliser pleinement leur potentiel et contribuerait à une société plus équitable et bien formée, ainsi qu’à une économie florissante. Les femmes, débarrassées des effets dévastateurs du paludisme, pourraient participer pleinement à la vie active et à la vie en communauté, ce qui favoriserait la croissance économique et le développement. « Avec moins de ressources consacrées au traitement du

Protégez les femmes et les filles dans les prisons de la RD Congo

Protégez les femmes et les filles dans les prisons de la RD Congo

Un rapport interne daté du 9 septembre du Fonds des Nations Unies pour la population, l’agence de l’ONU chargée de l’amélioration de la santé reproductive et maternelle, a révélé que, plus tôt dans le mois, 268 des 348 femmes détenues dans la prison de Makala en République démocratique du Congo – soit près de 80 pour cent d’entre elles – ont été victimes de viols et d’autres violences sexuelles lors d’une tentative d’évasion qui s’est avérée mortelle. Le rapport, consulté par Human Rights Watch et couvert pour la première fois par Reuters, indique que 17 des survivantes de ces violences sexuelles avaient moins de 19 ans. Suite aux violences du 2 septembre dans la prison, le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé le même jour que 129 prisonniers étaient morts et 59 ont été blessés. Il a également déclaré qu’il y avait eu « quelques femmes violées ». Le 4 septembre, une détenue a affirmé à Human Rights Watch qu’elle avait vu des femmes en train d’être violées et qu’aucune d’entre elles n’avait reçu des soins appropriés. Le rapport souligne que bien que nombre de survivantes aient reçu, dans les 72 heures suivant les attaques, les soins de prise en charge couramment fournis après un viol, telles qu’une contraception d’urgence et la prophylaxie post-exposition au VIH, elles n’avaient reçu de soutien psychologique adéquat qu’à partir du 11 septembre. La violence sexuelle est un problème chronique dans les prisons de la RD Congo. En septembre 2020, une émeute à la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi a provoqué un incendie dans la section des femmes, forçant les prisonnières à rester dans la cour principale de la prison pendant trois jours, et ce sans aucune protection de l’administration pénitentiaire. Durant ces trois jours, des hommes détenus avaient à maintes reprises violé des dizaines de prisonnières, dont une adolescente. Un procès tenu 16 mois plus tard fut une occasion ratée d’enquêter sérieusement sur ce qui s’était passé et de tenir pour responsables les auteurs des viols, ainsi que les fonctionnaires de l’État qui n’ont pas empêché les abus. Ceci vient s’ajouter à la surpopulation et aux mauvaises conditions de vie et d’hygiène prévalant à Makala et dans plusieurs autres prisons congolaises. Le 2 septembre, Jacquemain Shabani a annoncé la mise en place d’une commission mixte pour établir les faits autour de l’incident à la prison de Makala. Bien que cette commission doive faire face à plusieurs défis, elle devrait accorder une attention particulière à cette question cruciale : que doit faire le gouvernement pour lutter contre la violence sexuelle dans les prisons congolaises et garantir la dignité et la sécurité des femmes et des filles détenues ? Carine Kaneza Nantulya Directrice adjointe, division Afrique -HRW

Soutenons les femmes et les jeunes filles qui luttent pour leurs droits en Afrique de l’Ouest et du Centre

Soutenons les femmes et les jeunes filles qui luttent pour leurs droits en Afrique de l’Ouest et du Centre

Dans un monde aux prises avec des défis sans précédent, la Journée internationale de la femme, le 8 mars, est un rappel poignant du courage et de la résilience des femmes et des filles qui sont à l’avant-garde de la lutte pour leurs droits. En cette Journée internationale de la femme, alors que nous réfléchissons aux progrès accomplis et aux défis à venir, il est évident que la lutte pour l’égalité des sexes reste plus cruciale que jamais. Face à ces défis, il est impératif que nous nous unissions pour soutenir et amplifier les voix des femmes et des filles, pour éviter de mettre en péril les progrès durement acquis, les engagements énoncés dans les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, mais aussi les principes fondamentaux d’égalité et de justice. Le thème de la Journée internationale de la femme de cette année, « Investir dans les femmes : accélérer le progrès », résonne profondément dans un monde aux prises avec des crises multiformes. Qu’il s’agisse des disparités économiques ou de la marginalisation politique, les femmes continuent de faire les frais des inégalités systémiques. Face à ces défis, investir dans les femmes n’est pas seulement un impératif moral, mais aussi une nécessité stratégique. Posons-nous la question : comment pouvons-nous relever ces défis ? Comment pouvons-nous assurer un avenir meilleur et plus sûr où les droits de nos filles sont respectés et pris en compte ? La réponse réside dans l’approfondissement de notre compréhension des causes sous-jacentes de ce recul et dans la prise de mesures concrètes pour y remédier. L’un des problèmes les plus urgents auxquels nous sommes confrontés, est la menace croissante de l’extrême pauvreté chez les femmes et les filles. Si les tendances actuelles se maintiennent, plus de 342 millions de femmes et de filles pourraient vivre dans l’extrême pauvreté d’ici 2030. Les femmes, en particulier celles issues de communautés marginalisées, sont les premières victimes de ces disparités, confrontées à un accès inégal à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques. En Afrique de l’Ouest et du Centre, le nombre de femmes vivant avec le VIH est deux fois plus élevé que celui des hommes dans la même tranche d’âge . Cette statistique alarmante souligne la nécessité urgente pour les gouvernements de donner la priorité à un financement sensible au genre et d’augmenter les dépenses publiques consacrées aux services essentiels et à la protection sociale. En investissant dans des programmes qui améliorent et autonomisent les femmes sur le plan économique, nous pouvons briser le cycle de la pauvreté et créer des voies vers la prospérité pour des communautés entières. De plus, il est essentiel de reconnaître et de valoriser les contributions importantes que les femmes apportent aux économies du monde entier par le biais du travail dans le foyerqu’il soit rémunéré ou pas. Bien qu’elles assument la part du lion des responsabilités familiales, les femmes se retrouvent souvent mises à l’écart du discours économique. En attribuant une valeur monétaire au travail dans le foyer non rémunéré et en mettant en œuvre des politiques qui favorisent une répartition équitable des responsabilités familiales, nous pouvons nous assurer que les contributions des femmes sont reconnues et rémunérées. Investir dans les femmes, ce n’est pas seulement s’attaquer aux disparités économiques ; Il s’agit également de favoriser une société plus inclusive et plus juste pour tous. L’autonomisation des femmes est intimement liée au progrès social plus large, y compris les progrès dans les domaines de l’éducation, des soins de santé et de la représentation politique. Lorsque les femmes sont autonomisées, les sociétés prospèrent et les opportunités abondent pour tout le monde. Cependant, la réalisation de l’égalité des sexes nécessite plus qu’un simple investissement financier ; Elle exige un engagement collectif, surtout si l’on veut démanteler les structures patriarcales et à remettre en question les normes de genre bien ancrées. Cela exige que nous soyons solidaires des communautés marginalisées et que nous amplifiions la voix de ceux qui ont été historiquement réduits au silence. Aujourd’hui, nous devons remettre en question les discours erronés qui perpétuent la discrimination à l’égard des femmes et des filles. Nous devons rejeter l’idée que les droits des femmes vont à l’encontre de la culture et la tradition et plaider en faveur de politiques qui favorisent l’inclusion et l’autonomisation de tous. La protection des droits de chaque individu, quel que soit son sexe ou son identité, est essentielle pour promouvoir le bien-être et l’égalité pour tous. En ce moment critique, nous devons réaffirmer notre engagement à soutenir les femmes et les filles en première ligne de la lutte pour les droits. Nous devons amplifier leurs voix et renforcer les alliances intersectionnelles pour défendre les droits de tous les individus, indépendamment de leur sexe, de leur race ou de leurs origines. Alors que nous commémorons la Journée internationale de la femme, renouvelons notre engagement à l’égard du travail inachevé pour l’égalité des sexes. N’oublions pas que la lutte pour l’égalité des sexes nous appartient à tous. Il s’agit d’un effort collectif qui exige une solidarité sans faille et une action déterminée. Célébrons la résilience et le courage des femmes et des filles du monde entier qui mènent la charge pour le changement. Et reconnaissons qu’en investissant dans les femmes, nous ne faisons pas qu’accélérer les progrès ; Nous construisons un avenir où chaque individu peut s’épanouir, un monde plus équitable, où chaque femme et chaque fille peut réaliser son plein potentiel. Nous poussons pour l’inclusion ! Par Berthilde Gahongayire Directrice régionale de l’ONUSIDA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Maroc. L’horizon s’assombrit pour les jeunes, les diplômés et les femmes

Maroc. L’horizon s’assombrit pour les jeunes, les diplômés et les femmes

La situation du marché du travail s’est détériorée au premier trimestre de 2022, selon le Haut-commissariat au plan confirmant si besoin est que l’emploi demeure une denrée rare pour bon nombre de Marocains. La légère embellie constatée sur le front de l’emploi au terme de l’année 2022 semble n’avoir été qu’un leurre voire une illusion, éclipsée par les derniers chiffres publiés par l’organisme public. D’après ces données, la détérioration du marché du travail s’est traduite par une hausse du nombre de chômeurs de 83.000 personnes entre le premier trimestre de l’année 2022 et celui de 2023. Il est ainsi passé de 1.466.000 à 1.549.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 6%. A en croire les explications du Haut-commissariat, chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, « cette hausse est le résultat d’une augmentation de 67.000 chômeurs en milieu urbain et de 16.000 en milieu rural ». La dégradation est telle que « le taux de chômage s’est accru de 0,8 point entre les premiers trimestres de 2022 et de 2023, passant de 12,1% à 12,9%, de 16,3% à 17,1% en milieu urbain et de 5,1% à 5,7% en milieu rural », a indiqué le HCP dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au premier trimestre de 2023. Le chômage gagne du terrain à peu près partout Selon une analyse plus détaillée, il a également enregistré une hausse aussi bien parmi les hommes, de 10,5% à 11,5% que parmi les femmes, de 17,3% à 18,1%. Les données recueillies suggèrent en outre qu’il « a connu une forte hausse de 1,9 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 33,4% à 35,3% et parmi les personnes âgées de 25 à 35 ans, de 19,2% à 20,9%(+1,7 point) ». Elles montrent par ailleurs que le taux de chômage des diplômés a enregistré une hausse de 0,9 point, passant de 18,9% à 19,8%. Précisons que « cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de diplômes et certificats de l’enseignement primaire et secondaire collégial (+2,2 points et un taux de 15,2%), et de diplômes de l’enseignement secondaire qualifiant (+1,1 point et un taux de 22,6%) », comme le souligne le HCP dans sa note. A noter que l’évolution du marché du travail s’est accompagnée d’une augmentation du sous-emploi. Les chiffres montrent en effet que «le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 88.000 personnes, entre le premier trimestre de 2022 et la même période de 2023 ». D’après le Haut-commissariat, il est passé de 987.000 à 1.075.000 personnes au niveau national, de 521.000à 573.000 personnes dans les villes et de 466.000 à 502.000 dans la campagne. Le taux de sous-emploi est passé de 9,2% à 10,3% au niveau national Ainsi que le fait remarquer l’institution publique dans sa note, « le taux de sous-emploi est passé de 9,2% à 10,3% au niveau national, de 8,3% à 9,1% en milieu urbain et de 10,6% à 12,1% en milieu rural ». De son côté, le volume de la population active occupée en situation de sous-emploi en termes de nombred’heures travaillées est passé de 485.000 à 513.000 personnes au niveau national, poursuit le HCP indiquant que le taux correspondant s’est accru de 4,5% à 4,9%. Quant à la population active occupée en situation de sous-emploi en termes d’insuffisance du revenu oud’inadéquation entre formation et emploi exercé, le Haut-commissariat affirme qu’elle est passée de 502.000 à562.000 personnes au niveau national et que le taux correspondant est passé de 4,7% à 5,4%. L’analyse des données sur ce volet suggère que la hausse du sous-emploi a été plus importante dans les secteurs des BTP avec 2,2 points (de 18,1% à 20,4%) ; de l’agriculture, forêt et pêche avec 1,4 point (de 10,3% à 11,7%) ; les services avec 0,8 point (de 7 à 7,8%) et l’industrie (y compris l’artisanat) avec 0,5 point (de 6,6% à 7,1%). L’économie nationale a perdu 280.000 postes d’emploi, entre le premier trimestre de 2022 et la même période de 2023 Des mêmes données, il ressort que la situation du marché du travail a été marquée parla baisse des taux d’activité et d’emploi au premier trimestre de 2023. Selon le HCP, «la population en âge d’activité (15 ans ou plus) s’est accrue de 1,4%, par rapport au premiertrimestre de 2022, contre une régression de la population active de 1,6%». En fin de compte, « le taux d’activité a reculé de 44,5% à 43,1% entre les deux périodes, de 41,9% à 41,2%en milieu urbain et de 49,3% à 47% en milieu rural », selon l’organisme relevant que le taux d’emploi a connu, de son côté, une baisse de 39,1% à 37,6%, au niveau national (-1,5 point) et reculé de 46,8% à 44,3% en milieu rural, de 35,1% à 34,1% en milieu urbain. Alain Bouithy

Maroc. Les NTIC, une avancée technologique à double tranchant pour les femmes

Maroc. Les NTIC, une avancée technologique à double tranchant pour les femmes

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) apportent confort et progrès. Cependant, la prolifération de celles-ci n’a pas que des avantages. Le revers de la médaille est qu’elles contribuent aussi à l’émergence de la violence numérique, sous toutes ses formes, à l’égard des femmes. C’est ce qui ressort sans équivoque de la récente note d’information du Haut-commissariat au plan (HCP), publiée à l’occasion de la Journée mondiale de la femme – 2023, placée, cette année, sous le thème «Pour un monde digital inclusif : innovation et technologies pour l’égalité des sexes ». L’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication contribue à hauteur de 19% à la violence à l’encontre des femmes En effet, selon une de analyse de l’organisme public, « avec cette prolifération des NTIC et l’expansion des réseaux sociaux, la violence numérique, sous toutes ses formes, a émergé », souligne-t-elle dans cette publication dont l’objet est d’apporter un éclairage sur les inégalités hommes-femmes en matière d’accès aux outils numériques et de cyber-violence à l’égard des femmes et des filles dans les espaces numériques. Il ressort des données publiées par le HCP qu’« avec une prévalence de 14%, près de 1,5 million de femmes sont victimes de violence électronique aux moyens de courriels électroniques, d’appels téléphoniques, de SMS, etc. », indique le HCP de même source. « Le risque d’être victime de ce type de violence est plus élevé parmi les citadines (16%), les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans (29%), celles ayant un niveau d’enseignement supérieur (25%), les célibataires (30%) et les élèves et étudiantes (36%) », précise-t-il. Dans sa note, le Haut-commissariat précise que cette forme de violence est dans 73% des cas le fait d’un homme inconnu. Quant au reste des cas de cyber-violence, il est intéressant de constater qu’« il revient, à part égale de près de 4%, à des personnes ayant un lien avec la victime notamment le partenaire, un membre de la famille, un collègue de travail, une personne dans le cadre des études ou un(e) ami(e) », souligne le Haut-commissariat de même source. En fin de compte, « cette forme de violence contribue à hauteur de 19% à l’ensemble des formes de violence à l’égard des femmes », conclut l’institution publique précisant que cette contribution s’élève à 34% pour les filles âgées de 15 à 19 ans et à 28% pour les femmes âgées de 20 à 24 ans. Dans sa note, le Haut-commissariat constate toutefois une amélioration de l’accès des femmes aux NTIC. Pour preuve, entre 2015 et 2020, la part des femmes, âgées de 5 ans et plus, possédant un téléphone mobile est passée de 92,2% à 94,9 % ; tandis que celle des hommes est passée de 95,5 % à 96,4% sur la même période. A noter que, durant le confinement, « le temps moyen d’utilisation des Smartphones, des tablettes ou ordinateurs pour la communication, la socialisation et les loisirs à travers les réseaux sociaux a été de 1h40mn pour les personnes âgées de 15 ans et plus, 1h57mn par les hommes et 1h23mn les femmes, 2h01mn en milieu urbain et 1h01mn en milieu rural », rappelle le HCP. Selon les résultats de l’enquête par Panel sur les répercussions de la pandémie COVID-19 sur la situation des ménages, réalisée par le HCP en trois passages entre 2020 et 2022,  ce temps été plus long parmi les jeunes de 18 à 24 ans (3h05mn), parmi ceux ayant le niveau d’enseignement supérieur (3h01mn) et ceux en cours d’études ou de formation (3h30mn), précise l’organisme.  Le HCP rapporte, en outre, qu’avant le confinement, plus de la moitié des Marocains (51,5%) y ont consacré « plus de temps, 53,3% des hommes et 49,4% des femmes, 38,2% autant de temps, 38,4% des hommes et 37,8% des femmes, et 8,8% moins de temps, 7,1% des hommes et 10,8% des femmes ». Par ailleurs, poursuit le Haut-commissariat, 1,5% de la population, 1,2% des hommes et 2% des femmes, ont exercé cette activité pour la première fois pendant cette période. La détention d’un compte bancaire demeure marquée par un net écart entre les deux sexes Autre constat : à la sortie de la crise sanitaire, il a été constaté que « ce temps moyen a baissé à 48mn, 54mn pour les hommes et 42mn pour les femmes, 1h0mn pour les citadins et 26mn pour les ruraux ». Et le HCP de préciser : 1h35mn pour les personnes ayant le niveau des études supérieures, contre 17 min pour les sans niveau scolaire, 1h45mn pour les étudiants contre 50mn pour les actifs occupés et 37mn pour les femmes au foyer, 1h31mn pour les jeunes de 15 à 24 ans contre 36mn pour les personnes âgées de 45 à 59 ans. Enfin, toujours selon le Haut-commissariat, « au plan de la bancarisation, la détention d’un compte bancaire demeure marquée par un net écart entre les deux sexes : 71% des bancarisés âgés de 15 ans et plus sont des hommes et 29% des femmes. Alain Bouithy