République Démocratique du Congo. Le Président Joseph Kabila, l’énigme de la liberté de mouvement dans les zones de conflit à l’Est du pays

TRIBUNE. L’ancien Président de la République Démocratique du Congo, M. Joseph Kabila, semble bénéficier d’une liberté de mouvement troublante, dans des zones de la République Démocratique du Congo, contrôlées par le M23/AFC. Une situation qui intrigue et soulève des questions sur les relations entre le Président Joseph Kabila et les groupes armés à l’Est du pays, ainsi que sur les intérêts en jeu. Ce qui pose la question cruciale des liens politiques et stratégiques en République Démocratique du Congo. Questions sur les liens entre le Président Joseph Kabila et les groupes armés à l’Est de la République Démocratique du Congo. Serait-il un soutien moral, politique, militaire ou financier de ceux-cii? Question sur l’existence ou non des accords secrets ou des intérêts communs qui expliqueraient la liberté de mouvement du Président Joseph Kabila. Question sur les intérêts économiques, politiques ou stratégiques qui pourraient motiver le Président Joseph Kabila à se rendre dans les zones occupées par les ennemis d’un pays qu’il a gouverné 18 ans, au lendemain de l’assassinat du Président Laurent Désiré Kabila?. Question sur l’existence de ressources naturelles ou des positions géopolitiques importantes en jeu, dans la région, dont le Président Joseph Kabila pourrait en être le facilitateur de l’exploitation. Face à de telles inconnues, au demeurant mystérieuses, aux conséquences graves, pour la sous région et leurs populations, d’autres interrogations se poseraient, conséquemment. Ainsi, comment les autorités de la République Démocratique du Congo et la Communauté Internationale seraient elles amenées à réagir vis-à-vis de cette donne complexe. Existerait -il des pressions pour que le Président Joseph Kabila soit tenu responsable des actions passées et des violences actuelles à l’Est de son pays? Pour tout dire, la liberté de mouvement du Président Joseph Kabila dans les zones de conflit, en République Démocratique du Congo, est un phénomène qui pourrait laisser penser à tant de déductions politiques et stratégiques sur ce que sont nos hommes politiques, face à leurs propres consciences, à l’égard des pays qu’ils gouvernent ou ont dirigé et enfin devant ce qu’ils ont comme considération pour leurs peuples. L’Afrique a ses mystères disait un grand africain qui s’en est allé. Paris 27 mai 2025 Ouabari Mariotti
Le Président Félix Tshisekedi a reçu ce mercredi son homologue Faure Gnassingbé, le nouveau médiateur de l’UA sur le conflit sécuritaire dans l’Est de la Rdc

Arrivé ce mercredi en début de soirée à Kinshasa, après une escale à Luanda, le Président de la République du Togo et médiateur désigné par l’Union africaine sur le conflit sécuritaire dans l’Est de la RDC a été reçu en tête-à-tête par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les deux Chefs d’État ont échangé sur les contours du processus aligné de Luanda-Nairobi, 4 jours après la reprise officielle du dossier par le nouveau médiateur. À l’issue de cette rencontre de près de deux heures, le Président Faure Gnassingbé n’a pas fait de déclaration à la presse. L’on croit savoir que cette visite éclair à Lunda et Kinshasa s’inscrit dans le cadre de la reprise du dossier de médiation par le médiateur désigné.
Thierry Mariani sur la crise à l’est de la RDC : « l’occupation d’un pays n’est pas négociable »

L’Union européenne exprime une certaine « sympathie » pour le Rwanda, ce qui explique que Kigali a longtemps bénéficié d’un traitement de faveur, selon le député européen Thierry Mariani. En ce qui concerne la décision de l’UE d’imposer des sanctions contre certains responsables congolais et rwandais, le député précise qu’il s’agir notamment de l’interdiction de « toute transaction avec Gazebo Gold Refinery, principale raffinerie utilisée par le Rwanda pour commercialiser les minerais provenant de la RDC ». Dans une interview accordée à la chaîne Africanews, Thyrry Mariani a cependant exprimé des doutes quant à l’impact immédiat de ces sanctions. Il estime toutefois qu’elles envoient un message clair à Paul Kagamé : « Vous êtes démasqué. Si vous voulez retrouver votre image, vous devez quitter la RDC. » Evoquant la question de l’instabilité de la République démocratique du Congo, le député pense que l’accord signé entre Bruxelles et Kigali en février 2024 pour garantir un approvisionnement en matières premières pour l’UE a contribué à alimenter la guerre. Enfin, « si le pillage et les meurtres continuent, il faudra sanctionner le grand instigateur – et tout le monde sait où il se trouve », a-t-il déclaré. Martin Kam
La Belgique demande au Rwanda de retirer ses soldats déployés dans l’Est de la RDC et plaide pour des sanctions contre Kigali

La Belgique demande au Rwanda de se retirer du territoire congolais. L’ancienne puissance coloniale de la RDC et du Rwanda plaide également pour des sanctions contre Kigali, qu’elle qualifie d’« agresseur ». Un durcissement de ton alors que le groupe rebelle M23, soutenu par l’armée rwandaise, poursuit son offensive dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, s’est exprimé sur la question le 10 février devant le parlement belge. Il a évoqué la possibilité d’utiliser « le levier de la coopération » avec le Rwanda, envisageant « la suspension des aides » pour exprimer l’indignation de la Belgique face à la situation dans l’Est de la RDC. Le chef de la diplomatie belge a rappelé que la position du gouvernement belge était claire quant à la responsabilité du Rwanda dans le soutien au groupe rebelle M23. « On peut craindre effectivement que Goma ne soit pas la destination finale », a-t-il averti, soulignant que le cessez-le-feu proclamé par le M23 avait rapidement été violé. Maxime Prévot a réitéré l’engagement de la Belgique à plaider au sein de l’Union européenne pour des mesures fortes, parmi lesquelles « la suspension du dialogue politique et sécuritaire avec le Rwanda », ainsi que l’arrêt du protocole d’entente sur les matières premières critiques entre l’Union européenne et le Rwanda. Cependant, le ministre belge a insisté sur le fait que la solution à la crise dans l’Est de la RDC ne pourra être que diplomatique. Il a également précisé que la mise en place de sanctions nécessitait l’unanimité des pays européens, ce qui complique le processus. Il a affirmé que la Belgique restait « l’un des principaux partenaires de soutien de la RDC », tout en exhortant également Kinshasa à éviter de s’appuyer sur des « milices locales » dans la gestion du conflit. Radio Okapi
Est de la RDC : des centaines de milliers de déplacés dans une vague de violences extrêmes

Déclaration d’Eric Batonon, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) en République démocratique du Congo, sur la récente recrudescence de la violence : « L’impact de la récente escalade de la violence dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a été dévastateur pour la population civile. Nous saluons le cessez-le-feu, mais soulignons que seule une paix durable peut apporter un soulagement dans la région et permettre à l’aide vitale d’atteindre ceux qui en ont désespérément besoin. Nombre de ceux qui ont été déplacés au cours du mois dernier ont déjà fui la violence à plusieurs reprises. Des générations entières dans l’est de la RDC n’ont connu que le conflit et leurs besoins ont été totalement négligés. « Des milliers de personnes se retrouvent dans des situations extrêmement précaires, cherchant refuge dans des camps de déplacés internes déjà surpeuplés dans et autour de la ville de Goma. De nombreuses familles déplacées ont été contraintes d’abandonner ces camps en raison de l’insécurité. Nous devons être très clairs : bien que certains aient trouvé refuge dans des communautés d’accueil, beaucoup n’ont toujours aucun endroit sûr où aller. De plus, ils n’ont pas accès aux besoins de base tels que les soins de santé, la nourriture ou l’eau potable, car les infrastructures essentielles ont été gravement endommagées ou pillées. Ce cessez-le-feu ne changera pas leur situation s’il n’est pas suivi d’une paix et d’une stabilité durables. « Il est désormais essentiel de veiller à ce que l’aide humanitaire parvienne à ceux qui en ont besoin. Le NRC est présent dans la province du Nord-Kivu, où il vient en aide à ceux qui ont été à nouveau contraints de se déplacer. Nous suivons de près les récents mouvements de population et travaillons à accroître rapidement notre aide, tout en prévoyant une réponse supplémentaire, notamment dans les environs de Goma. « Pour pouvoir venir en aide aux personnes touchées par ces violences récentes, nous avons besoin de toute urgence de deux éléments : un financement suffisant pour soutenir les opérations d’aide vitale et un accès humanitaire sans entrave pour atteindre les populations vulnérables touchées par les récents combats. « Nous appelons toutes les parties au conflit à assurer un accès durable aux humanitaires et à permettre à ceux qui en ont besoin d’avoir accès à l’aide. La population de l’est de la RDC souffre depuis des années des conséquences d’une violence extrême, sans que la communauté internationale ne lui accorde beaucoup d’attention. Elle doit recevoir une aide vitale dans l’immédiat et une paix durable afin de reconstruire son avenir. »
RD Congo. Trois leçons à tirer de l’échec de l’armée congolaise dans l’Est

PARLONS-EN. Face à la fragilité de ses forces et aux ambiguïtés du jeu occidental, la République démocratique du Congo (RDC) « aurait pu explorer d’autres partenariats pour se doter de matériel militaire, renforcer son armée et affirmer sa puissance », estime le journaliste et animateur radio Teddy Patou dans la tribune ci-dessous. 1- La souveraineté, la préservation de l’intégrité territoriale et la garantie de la sécurité reposent avant tout sur la puissance de l’armée. Sur ce plan, la politique de défense du Congo a complètement échoué. Elle a failli à renforcer ses capacités militaires depuis l’ère Joseph Kabila. 2- Les alliances et les partenariats de défense crédibles. Sur ce point également, c’est un nouvel échec pour le pouvoir de Kinshasa. Conscient de la fragilité de ses forces et du jeu de dupes occidental, Kinshasa aurait pu se tourner vers d’autres partenaires pour acquérir du matériel militaire, renforcer son armée et construire sa puissance. Cette stratégie fonctionne au Sahel : les restrictions en matière d’armement qui pesaient sur le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont été levées grâce à leurs partenaires russes, iraniens et turcs. N’oublions pas que l’Occident avait clairement interdit l’achat de certains types de matériel de défense à ces pays, une décision relevant d’une stratégie de fragilisation des armées africaines dans le but évident de maintenir le continent sous dépendance militaire. 3- La défense des droits de l’homme est à géométrie variable. Sinon, comment comprendre que les Nations Unies, preuves documentées à l’appui, savent que c’est le Rwanda qui déstabilise le Congo, mais que jusqu’ici le Conseil de sécurité n’a pris aucune décision d’intervention contre Kigali ? Faut-il rappeler la rapidité avec laquelle ce même Conseil a autorisé des interventions pour des crises bien moindres ? Souvenons-nous du contentieux électoral en Côte d’Ivoire en 2010, de la crise libyenne… et la liste pourrait s’allonger encore longtemps. Je pense au peuple congolais, à qui j’apporte tout mon soutien. Je pense profondément à ces familles actuellement sur les routes de l’exil, cherchant un abri. Je pense à ces jeunes qui, sans moyens, ont affronté avec vaillance et courage les soldats dans l’Est, précisément à Goma. La République démocratique du Congo se relèvera. Teddy Patou Journaliste et animateur radio.
Est de la RDC: les combats se poursuivent pour le contrôle du Lubero et regagnent des zones pacifiées

Dans l’est de la RDC, la guerre continue à opposer les rebelles du M23 – soutenus par le Rwanda voisin –, aux les forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) – eux appuyés par des milices locales. Lundi 23 décembre, les batailles se sont poursuivies pour le contrôle de plusieurs localités du territoire de Lubero. Parallèlement, des affrontements ont été signalés sur un autre front : vers Kibumba, au nord de Goma, où un calme précaire régnait depuis plusieurs semaines. Des détonations d’armes lourdes et légères ont retenti sur la colline de Kanyamahoro, sur l’axe menant à Kibumba, à une vingtaine de kilomètres seulement de Goma : ce n’était plus arrivé depuis des semaines. Les premiers tirs ont été signalés lundi en début d’après-midi. Selon la société civile, des combats ont également eu lieu à Kamatembe, au cœur du parc des Virunga. Les derniers affrontements violents dans cette zone remontaient à début novembre. Kibumba est considéré comme un verrou protégeant la ville de Goma.. Lire la suite sur RFI
L’Est de la RDC : Denis Sassou N’Guesso exhorte les parties en conflit à poursuivre les négociations en cours

Tout en réitérant son soutien à la médiation angolaise, Denis Sassou N’Guesso a plaidé pour la poursuite des négociations en cours entre les parties en conflit au sujet de la crise à l’est de la RDC. Ainsi souligne le communiqué de presse, publié le 21 décembre 2024, sanctionnant la visite de travail, de 24 heures, du président de la RDC, Antoine Tshisekédi Tshilombo, à Brazzaville. Il était à peu près 12 heures, heure de Brazzaville, lorsque le bateau battant pavillon RDC transportant le président de la République démocratique du Congo, a accosté au Beach de Brazzaville. À sa descente de bateau, Felix Antoine Tshisekédi a été reçu par le premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso. Cette visite de travail intervient, six jours après l’échec des pourparlers de Luanda devant aboutir à la signature d’un accord de cesser le feu à l’Est de la RDC afin de rétablir la paix dans l’est de la RD Congo, déchiré depuis plus de 20 ans. Alors que Félix Tshisekédi était déjà à Luanda, Paul Kagamé ne s’y est pas rendu, estimant selon Kigali que le sommet n’était « plus pertinent ». Le communiqué de presse sanctionnant cette visite précise qu’au cours de leurs entretiens en tête à tête au palais du peuple, les présidents Sassou N’Guesso et Felix Antoine Tshisekédi ont procédé à un large échange de vues sur des questions d’intérêt commun et se sont réjouis de l’excellence des relations d’amitié, de fraternité et de coopération qui existent entre leurs pays. Ils se sont félicités, ajoute le texte, des conclusions de la 10ème session ordinaire de la Commission mixte spéciale défense et sécurité entre les deux pays, tenue du 10 au 13 Novembre 2024, à Kinshasa, qui s’inscrivent dans la dynamique de renforcement du bon voisinage. Saluant les efforts de Denis Sassou N’Guesso, en sa qualité de Président du Comité de Haut Niveau de l’Union Africaine sur la Libye, dans la recherche des solutions à la crise dans ce pays, le président de la RDC a également saisi l’occasion pour présenter à Son Homologue congolais la situation à l’Est de son pays, l’état du processus de Luanda, poursuit le communiqué. Denis Sassou N’Guesso, renchéri le communiqué, a réitéré son soutien aux efforts de la médiation de João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d’Angola, dans le cadre du processus de Luanda tout en exhortant les parties à poursuivre et privilégier les négociations en cours, moyen par excellence de résolution des conflits. Aussi, Les Présidents Denis Sassou N’Guesso et Félix Antoine Tshisekédi Tshilombo ont exprimé leur préoccupation face à la persistance de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, la crise au Soudan et la situation au Proche Orient, qui menacent dangereusement la paix et la stabilité dans cette partie du monde, conclue le texte. Wilfrid Lawilla D.