RD Congo. Le régime de la division et de la haine

RD Congo. Le régime de la division et de la haine

LIBRES PROPOS. Vous enlevez un jeune dont le seul « crime » est d’avoir critiqué le régime de Félix Tshisekedi. Vous le gardez dans un lieu tenu secret pendant des jours. Vous le torturez. Puis, aujourd’hui, vous publiez tranquillement une vidéo où le jeune homme, visiblement affaibli, présente des excuses au président. Vous pensez l’avoir humilié. En réalité, vous venez surtout d’exposer le régime. Une vidéo d’excuses après une disparition, ce n’est pas une victoire. C’est un aveu. L’aveu d’un pouvoir qui ne répond plus par le droit, mais par l’intimidation. L’aveu d’un pouvoir qui transforme la critique en affaire de sécurité, comme si un pays pouvait se gouverner en faisant peur à sa jeunesse. Et après, on s’étonne de voir des Congolais basculer — parfois à contrecœur — vers des soutiens paradoxaux, y compris envers des groupes armés comme le M23. On s’étonne d’entendre certains regretter l’époque de Joseph Kabila que beaucoup n’osaient plus défendre. Mais ce sont ces pratiques et comportements qui fabriquent la colère, la radicalisation et la nostalgie du « c’était peut-être mieux avant ». Un pouvoir intelligent apaise, convainc, respecte les règles. Un pouvoir fragile intimide, filme, exhibe. Quand il répond à la critique par la peur, il ne réduit pas la contestation, il la radicalise. Humilier un citoyen n’élève pas l’État, ça le rabaisse. Et chaque disparition, chaque « excuse » forcée, chaque mise en scène… c’est une balle de plus dans le pied du régime Tshisekedi. Et le jour où l’alternance surviendra, c’est la stabilité même du pays qui risque d’en payer le prix, tant les frustrations accumulées sont profondes. Il faudra des générations pour neutraliser le poison de la division et de la haine distillé dans les cœurs et les esprits par le régime actuel. Par Patrick Mbeko

Congo/Politique : L’Udh-Yuki France commémore la quatrième année de la disparition de Parfait Kolelas

Congo/Politique : L’Udh-Yuki France commémore la quatrième année de la disparition de Parfait Kolelas

L’Union des démocrates humanistes (Udh-Yuki) section France a commémoré, le 21 mars à Paris, la quatrième année du décès de Guy Brice Parfait Kolelas, président fondateur de ce parti. Lors d’une cérémonie recueillie au cimetière du Bourget où repose celui qui fut leur guide, les partisans de ce groupement politique ont salué sa bravoure, sa détermination et son courage, pour la démocratie au Congo. «C’est un devoir de mémoire aujourd’hui. C’est la quatrième année de la disparition physique du docteur Brice Parfait Kolelas, et nous ne pouvions pas laisser passer ce jour si significatif», a déclaré le coordonnateur général de l’Udh-Yuki de France, M. To’v Bassenga Fielot. Pour lui, Guy Brice Kolelas vit au travers des militants du parti. «Nous poursuivons le combat qu’il a initié », a-t-il affirmé. Selon ces militants, cet hommage témoigne de la fidélité et du souvenir indélébile que ses partisans conservent de ce ‘’leader charismatique’’, dont l’engagement politique continue d’inspirer la lutte pour la démocratie dans son pays Décédé des suites du coronavirus le 21 mars 2021, M. Kolelas avait été candidat aux élections présidentielles de 2016 et 2021, terminant à chaque fois deuxième. ACI/Prisca Mbouale

Economie : le café centrafricain en voie de disparition

Economie : le café centrafricain en voie de disparition

Alors que le monde célèbre, ce 1er octobre, la Journée internationale du café, en RCA, la filière est confrontée à d’énormes difficultés. Par exemple, dans la Nana-Mambéré, des caféiculteurs déplorent la mévente de leurs productions. Face à cela, le gouvernement rassure sur sa relance du secteur, à travers le Plan national de développement (PND) en cours. Selon plusieurs organisations paysannes de la région du Nord-ouest, les productions ont déjà atteint plusieurs tonnes. Cependant, les preneurs manquent toujours à l’appel. « Nous demandons au gouvernement de revoir sa politique concernant le café. Auparavant, il y avait des projets, à l’exemple de Caisse-Café voire Caistab qui achetaient le café entre les mains de nos parents. Aujourd’hui par contre, on produit entre 10 et 15 tonnes. Mais, il y a toujours la mévente. C’est pourquoi, nous appelons à un investissement dans le secteur du café à travers des projets », suggère Sylvie Yakanadji, une productrice de café. À propos de ces dysfonctionnements, le gouvernement rassure sur la relance du secteur. Ce, à travers le Plan national de développement (PND). « Le café figure parmi les priorités » « Le gouvernement est conscient de la déliquescence de la filière café, dont l’origine remonte à l’avènement de l’Organisation mondiale du commerce qui a consacré le libéralisme économique. Dans la stratégie de diversification de nos chaines de valeurs agricole, le café figure bel et bien parmi les priorités retenues dans le cadre du Plan national de développement », a indiqué Guismala Hamza, ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Pour la célébration de cette année, aucune activité n’est prévue dans le pays. Instituée en 2015 par l’Organisation internationale du café, cette journée est célébrée autour du thème « Le café, votre rituel quotidien, notre voyage partagé ». Elle vise, selon les organisateurs, à sensibiliser les gens sur la situation des producteurs.

Congo. Un grand homme de lettres : 15 ans après sa disparition

Congo. Un grand homme de lettres : 15 ans après sa disparition

Un grand homme de lettres venait de nous quitter il y a 15 ans, plus précisément le 4 juillet 2009. Jean Baptiste Tati Loutard, le guide de mes premiers pas littéraires. Jean Baptiste Tati Loutard, mon professeur de littérature à l’Université Marien Ngouabi. Jean baptiste Tati Loutard, mon président à l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC). Jean Baptiste Tati Loutard, un homme de culture que jamais je n’oublierai. I. Souvenirs, souvenirs Difficile de témoigner pour un doyen que l’on a connu dès ses premiers pas dans la création littéraire. Dès les années 70 quand je te présente mon premier recueil de poèmes « Métamorphoses », tu me reçois dans ton bureau de travail quand tu exerces les fonctions de doyen de la fac des lettres à l’Université de Brazzaville qui deviendra par la suite Université Marien Ngouabi. A la fin de notre discussion, tu me dis curieusement que j’imite la poésie de Senghor et tu cites un vers de celui-ci. Timide et marqué par ta simplicité, je ne sais que te répondre. Je n’avais jamais la poésie de ce dernier et je le ferai après cette remarque. J’avais tellement lu tes textes, surtout « Poèmes de la mer » ; « Racines congolaises « et « L’Envers du soleil » que mon ami Léopold PindyMamansono, en publiant mes premiers poèmes dans sa « Nouvelle génération de poètes congolais » en 1984 y notera, à propos de ma modeste poésie ce qui suit : « De fait, tout le recueil de Noël Kodia-Ramata est bâti, de point de vue architectural, sur le modèle des « Racines congolaises » et de « l’Envers du soleil » de son maître J.B. Tati Loutard. Même les thèmes abordés se répercutent comme les échos loutardiens de « Poèmes de la mer » et des « Normes du temps ». En me relisant, j’avais découvert que PindyMamansono avait effectivement raison car la mer que j’avais découverte enfant dans les bras de ma grand-mère maternelle, était encore vivante en moi. Cette dernière avait fui le vacarme des locomotives de Marchand, aujourd’hui Missafou pour le bercement de l’océan Atlantique. Depuis mes années d’université, nous ne nous sommes jamais quittés, même pendant ta traversée du désert de 1992 à 1997. Tu me recevais chez toi dans le quartier de la Cathédrale comme un membre de la famille. J’ai adhéré à l’UNEAC grâce à toi. J’ai eu à lire toutes tes œuvres poétiques et narratives car tu m’avais découvert critique littéraire et m’avais dédicacé toutes tes ouvrages en dehors du « Masque du chacal » sorti au moment où je ne me trouvais plus à Brazzaville. Je t’ai fait une grande surprise en publiant une étude critique sur ton œuvre, intitulé « Mer et écriture chez Tati Loutard, de la poésie à la prose » en 2006, chose qui n’avait jamais été faite par un compatriote. La première ébauche de ce travail fut « regardée » par le docteur TchichelleTchivéla qui m’encouragea dans mon projet. Quand il le fallait, je ne manquais pas de vous faire découvrir, toi et ton œuvre, par l’intermédiaire de la presse internationale comme le magazine panafricain « Afrique Education » dont tu admirais la rubrique « Arts et Lettres ». . Voici bientôt moult années que j’ai quitté le pays pour un travail littéraire au bord de la Seine. Notre dernière « rencontre » se situe autour de ton message de félicitations pour la publication de « Mer et écriture ». J’ai aussi fait comme toi en passant de la poésie au roman avec « Les Enfants de la guerre » et « Un journal blanc sous le soleil de l’équateur ». .. Beaucoup de compatriotes écriront sur toi, sur ton œuvre, mais je reste toujours accroché à ta biographie romancée de Joël Planque, sans oublier les réflexions pertinentes de M. et Mme Chemain de l’Université de Nice sur ton œuvre et la préface de mon ami Boniface Mongo Mboussa qui ouvre « Mer et écriture ». Mais après des visions occidentales de ton œuvre, il fallait une autre présentation de celle-ci faite avec un regard du pays, et nous l’avions réalisée, Mongo Mboussa et moi. Je ferme la boîte de mes souvenirs (il y en a tellement trop) avec ces lignes prémonitoires des « Nouvelles chroniques congolaises » quand tu écrivais: « Molangui était dans le sommeil comme un noyer au fond d’un puits. La mort pouvait passer le prendre sans craindre la moindre résistance ». Et quand je me rappelle encore que tu devrais préfacer notre « Dictionnaire des œuvres congolaises » en chantier. Hélas ! Mais le professeur Jacques Chevrier que tu connaissais bien avait accepté de le faire. Paix à ton âme ! II. Le dernier roman de J.B. Tati Loutard Deuxième roman de J.B. Tati Loutard après « Le Récit de la mort », « Le Masque de chacal » publié à Présence africaine en 2006, apparaît comme un autre pan de la réalité sociopolitique du Congo esquissé déjà dans les précédentes proses narratives. Et il n’est pas étonnant de voir Dozock rimer avec Touazock du « Récit de la mort ». De la prose loutardienne, on remarque que ce sont les personnages du terroir qui sont partout omniprésents dans toutes les histoires qui nous sont rapportées. Même s’ils ont pris de l’âge, des « Chroniques congolaises » au « Masque du chacal ». Dozock, ce journaliste incompris et qui décide d’œuvrer pour la liberté de presse, se voit bousculer par les réalités sociopolitiques de son pays. Plus près de nous, les personnages de Tati Loutard évoquent le « quotidien d’aujourd’hui » avec toute son effervescence qui définit ce que nous vivons et ce que nous avions vécu à peine. A la Maison de la Télévision où il est pris à partie par son directeur qui soutient le nouveau régime, Dozock se voit désavoué moralement. Il pense même à démissionner de son travail. Mais le repos, à lui imposé par son chef pour avoir soit disant mal présenter son journal télévisé, le pousse à opter pour une véritable presse démocratique. Et le soutien qu’il a de la part de « Reports sans frontières » quand on va l’incarcérer, ne fera que fortifier sa volonté. Ainsi, il se propose de créer son journal après sa mise à pied. Alors, il se voit comme accompagné par le « masque du

Congo. Adieu Maman Elise Thérèse Gamassa

Congo. Adieu Maman Elise Thérèse Gamassa

Terre des Légendes et des Lumières Une vie avec ses joies et ses peines Adieu Maman Elise Thérèse Gamassa La Nation congolaise a une belle pensée pour Toi. Toi qu’elle n’oubliera pas. Les Congolais de l’intérieur du pays et des diaspora ont appris, avec consternation et affliction, le décès de Mme Elise Thérèse Gamassa, le 23 septembre 2023, en France. Au moment où vont se dérouler, en plusieurs séquences, les obsèques de l’illustre disparue, à partir du 30 septembre 2023, en région parisienne, jusqu’au 7 octobre 2023, au Congo, jour de l’inhumation au cimetière familial de Mbaya, dans le District de Mayoko, Département du Niari, en passant par l’hommage officiel de la Nation, à Brazzaville, mes lignes qui suivent viennent en complément aux nombreux témoignages écrits et oraux déjà rendus à la mémoire de celle qui fut la Femme battante Elise Thérèse Gamassa. Une Femme battante qui, toute sa vie, aura placé de côté ses émotions pour être performante dans ses activités et parvenir à réaliser ses projets. Travailleuse acharnée, repoussant, la plupart du temps, ses limites physiques. Un état d’esprit acquis avec l’expérience et détermination pour réussir. De famille modeste, Me Elise Thérèse Gamassa vient au monde un 3 février 1942 à Sibiti, dans la région de la Lékoumou. Elle obtient, de son union avec M. Pascal Gamassa, six enfants auxquels elle a fourni la meilleure éducation possible et transmis les valeurs de la vie en société. La famille constituant pour elle le lieu des apprentissages les plus intenses et les plus révélateurs de l’existence humaine. Enseignante de carrière, Me Elise Thérèse Gamassa a été formée à ce métier noble, accaparant et exigeant à la mythique Ecole Normale des Institutrices de Mouyondzi, dans la région de la Bouenza. Un établissement fondé sur des installations érigées, aux années 1941-42, en pleine Seconde Guerre Mondiale, comme prison, pour accueillir les partisans du Maréchal Pétain qui s’étaient alliés aux nazis. A la fin des hostilités, la structure a été reconvertie en Ecole Normale de l’Afrique Equatoriale Française, pour, par la suite, se muer en Ecole Normale des Jeunes Filles de Mouyondzi. Une école qui, très tôt, a forgé en Me Elise Thérèse Gamassa des attitudes positives et constructives. C’est le cas de l’autodiscipline, un bel outil qui l’aidait à avancer vers ses objectifs. Egalement le sens du devoir, la responsabilité, des comportements faisant preuve d’adaptabilité et valorisant le travail pour obtenir de bons résultats.  »La vie, c’est comme la bicyclette. Il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre,  » aimait me répéter Me Elise Thérèse Gamassa, au cours de nos nombreux échanges, à trois. M.Pascal Gamassa, Elle et moi. Rentrés de France, dans les années 2002-2003, après les violences de 1997 à Brazzaville, ma famille et moi étions les voisins du couple Gamassa, au Quartier Batignoles, dans les environs de l’aéroport international de Maya Maya Maya. Femme politique, Me Elise Thérèse Gamassa, l’était, par ailleurs. Alors, de manière éclatante et avec courage, sans jamais trahir ses convictions. Elle était prête pour le sacrifice des préférences, mais pas celui de ses convictions. Très jeune, elle s’engage dans l’Union Générale des Etudiants du Congo(UGEC). Au lendemain de la Révolution Congolaise des 13-14-15 août 1963, sous le Président Alphonse Massamba Débat, elle préside l’Union des Femmes Panafricaines(UFPA), une première organisation féminine qui venait de se créer. En raison des divergences entre les femmes congolaises et celles d’origines étrangères qui y siégeaient, l’UFPA, sans réelle envergure, et sans impact sur les femmes, n’a pas mis long feu. Elle a invariablement échoué et a disparu. Militante pure et dure au service des causes féminines et à la faveur du Mouvement du 5 Février 1979, Me Elise Thérèse Gamassa devient Présidente de l’Union Révolutionnaire des Femmes du Congo(URFC). Un poste où elle dirige, de main de maître, l’Union, pendant 12 ans. Toujours, avec le même élan et la même logique fondamentale d’une Femme politique dans sa vérité, sa lucidité, son humilité, son engagement, son ouverture en faveur d’une communauté nationale féminine au nom de l’intérêt commun supérieur. La création de l’UPADS fait de Me Elise Thérèse Gamassa Membre du Conseil National de ce Parti dont son époux est Président du Comité d’Honneur. Les fois où elle prenait part aux travaux du Conseil National, elle avait la réputation d’une personnalité politique avertie, marquée par la prudence, le sentiment juste des choses, le discernement, une volonté de rassemblement autour de l’UPADS et des idéaux de Pascal Lissouba. Sa voix portait. C’était la voix d’une Femme exceptionnelle, un Sage. Ainsi désignée pour sa maîtrise des questions politiques, sa réputation d’objectivité et sa pondération . Elle faisait preuve de sûreté dans ses jugements et sa conduite. Les années où elle a siégé aux éminentes fonctions politiques, Me Elise Thérèse Gamassa, n’a jamais légué au second plan son amour pour sa famille, particulièrement son conjoint, M. Pascal Gamassa. Femme aimante, de tout temps, elle est restée attachée à son mari, à ses enfants et aux parents. Tant qu’elle le pouvait, sans cesse, au service des autres, elle était comparée à Mère Dorcas, tout en étant discrète et réservée dans certaines circonstances comme celles où, aux cotés de son mari, elle se distinguait comme l’épouse de l’Ambassadeur Extraodinaire et Plénipotentiaire de la République du Congo au Gabon. Toutes ces charges politiques qu’a occupées Me Elise Thérèse Gamassa, mises bout à bout, elle figure au compte de ces Grandes Dames qui ont participé ou concourent activement à l’émancipation des Femmes du Congo, de 1965 à nos jours. Avec elle, chacune selon ses aptitudes, son esprit et son rayon d’action, entre autres, Mmes Celine Yandza Eckomband, Josephine Bouanga, Josephine Mountou Bayonne, Scholastique Dianzinga, Emilienne Raoul, Claudine Munari, Agathe Mabiala Nkouka, Marie Thérèse Avéméka, Emilie Makosso, Sophie Moukouyou Kimbouala, Mambou Aimé Gnali, Flore Emilie Faignond, Marie Léontine Tsibinda, Christianie Colombe, Annick Mongo, Marie Léa Boukoulou, Ida Ngampolo. Femme de lettres, Me Elise Thérèse Gamassa a contribué aux côtés de Mmes Scholastique Dianzinga et Jeanne Dambendzet à la publication d’un bel ouvrage .  » La place et

L’ERUDIT (in memoriam BORIS VIAN : 10 mars 1920 – 10 mars 2023)

L’ERUDIT (in memoriam BORIS VIAN : 10 mars 1920 – 10 mars 2023)

DISPARITION. En devenant adulte, SAINT-GERMAIN DES PRES était quasiment désert. En dehors de quelques librairies et jazz clubs, il ne restait plus grand chose. Mais c’est grâce à ce peu que nous nous sommes élevés parce que c’était le plus important vivier culturel hexagonal. BORIS VIAN en était la figure emblématique. Je n’ai pas eu la chance de le connaître, il n’était plus de ce monde quand je suis né. Trompettiste, compositeur, parolier, écrivain, critique musical, ingénieur, BORIS VIAN est le modèle de l’ERUDIT qui nourrit mes aspirations. Il était le TRAIT-D’UNION entre le QUARTIER LATIN et HARLEM. Beaucoup de scribes et d’artistes AFRO-AMERICAINS qui fuyaient (temporairement pour certains) leur pays à cause de la ségrégation raciale trouvaient refuge dans l’hexagone. Les SYDNEY BECHET, JOSEPHINE BAKER, RICHARD WRIGHT, JAMES BALDWIN, BUD POWELL, KENNY CLARKE s’y étaient établis durablement, BORIS VIAN avait écrit de bons papiers sur leurs activités et leur vie. Cette génération avait déjà fait le lit sur lequel nous sommes venus nous coucher deux décennies plus tard. Nos devanciers, malgré leurs difficultés, s’étaient établis dans les plus beaux quartiers parisiens parce qu’ils refusaient de s’accommoder de la MEDIOCRITE. Ils étaient l’incarnation de l’EXCELLENCE. Sans BORIS VIAN, ce passé lumineux nous aurait probablement échappé. Il s’est éteint à 39 ans, un âge où l’on affûte encore ses armes intellectuelles. MATONDO pour son œuvre. Par Nysymb Lascony

RDC/Congo. Société : Grand Kallé Jeff, 40 ans après sa disparition  

RDC/Congo. Société : Grand Kallé Jeff, 40 ans après sa disparition  

Une série d’activités portant sur les quarante années de la mort de Joseph Athanase Kabasele Tshamala dit Grand Kallé Jeff, a été organisée, le 11 février 2023 à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).  Décédé le 11 février 1983, soit quarante ans déjà, ces moments de commémoration ont été organisés par la Fondation Grand Kallé avec le concours du ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine de la RDC en présence de la délégation de la République du Congo conduite par le ministre de la Jeunesse et des Sports, de l’Education civique, de la Formation qualifiante et de l’Emploi, Hugues Ngouélondélé, assurant l’intérim de la ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Lydie Pongault. Le grand et mythique orchestre congolais, Les Bantous de la capitale faisait également partie de cette délégation dans laquelle faisait partie quelques politiques, experts de la rumba, de mélomanes, de parents et amis. Les premiers moments étaient réservés au recueillement au cimetière de la Gombe où repose le grand artiste suivi du passage à la paroisse Sainte-Anne de Kinshasa où ce baobab a été initié au chant dans la chorale. La messe célébrée à la cathédrale Notre-Dame de Lingwala où repose le cardinal Joseph Malula, oncle de l’artiste, qui le baptisa de son prénom de Joseph. Les activités mémorielles, marquées par un cocktail dinatoire, en présence du Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, représentant le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ont eu lieu autour de la piscine du Fleuve Congo hôtel.   Prenant la parole après la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine de la RDC, Catherine Kathungu Furaha, le ministre congolais de la Jeunesse et des Sports, Hugues Ngouélondélé, a fait savoir qu’à l’instar de tout artiste de grand talent, l’œuvre musicale de Grand Kallé est restée intemporelle et lui a survécu, jusqu’à ce jour et pour toujours. A cet égard, l’héritage musical de Kallé Jeff peut s’observer aujourd’hui à l’aune de nombreux artistes-musiciens de renom qui perpétuent son œuvre à travers la rumba, «notre musique commune », issue des deux rives du fleuve Congo et inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Pour Hugues Ngouélondélé, loin d’être un obstacle pour le rapprochement des deux pays, le majestueux fleuve Congo a été célébré dans l’histoire commune des deux pays, comme une voie de communication par le grand Kallé Jeff dans l’une de ses œuvres musicales intitulées « Ebalé ya Congo ezali lopango te, ezali se nzela ». Et quelques années plus tard, un célèbre musicien de la République du Congo, en l’occurrence Franklin Boukaka, avait chanté « Pont sur le fleuve Congo », une excellente œuvre musicale qui exaltait l’entente cordiale entre les deux pays. Face à la situation extrêmement difficile qui prévaut à l’Est de la RDC, le ministre Hugues Ngouélondélé a saisi cette opportunité pour souhaiter qu’à l’instar du fleuve Congo, que les huit autres frontières fluviales et terrestres de ce pays avec ces États voisins, soient des espaces d’amitié, d’échange, de coopération et de paix. Car c’est la condition sine qua non du développement harmonieux de tous ces pays respectifs. Florent Sogni Zaou

Maroc. La grande actrice Khadija Assad tire sa révérence

Maroc. La grande actrice Khadija Assad tire sa révérence

DISPARITION. La comédienne et figure emblématique du cinéma marocain, Khadija Assad, s’est éteinte mercredi soir à l’âge de 71 ans des suites d’une longue maladie.La défunte, qui a allié « la grandeur de l’art à des mœurs honorables », a marqué le paysage cinématographique et dramatique national par un grand dévouement et un sens de l’éthique et de camaraderie professionnelle, indique le Syndicat Marocain des Professionnels de l’Art Dramatique. Le Syndicat a mis en avant l’activisme pionnier de feue Khadija Assad pour sa profession au côté de son défunt époux Aziz Saâd Allah, au sein de la génération fondatrice du Syndicat Marocain des Professionnels de l’Art Dramatique (Syndicat National des Professionnels du Théâtre) en 1993.