Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique

L’impératif mis en exergue par l’OCDE et la BAD Mobiliser davantage d’investissements pour renforcer la résilience face à la hausse des températures et à l’intensification rapide des phénomènes météorologiques extrêmes. Tel est le défi auquel tous les pays sont aujourd’hui confrontés. Comme le souligne un récent rapport intitulé « Accroître les financements et l’investissement en faveur de l’adaptation au changement climatique est devenu un impératif », l’accélération de ces investissements constitue une composante cruciale des efforts plus généraux nécessaires pour accroître la résilience. Selon le document élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), la situation demeure préoccupante. En 2024, les températures moyennes mondiales ont temporairement dépassé le seuil de 1.5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Une évolution bien plus qu’inquiétante d’autant plus que « l’augmentation rapide des pertes économiques dues à des événements climatiques extrêmes a des conséquences profondes sur les plans social et économique », rappellent les auteurs dudit rapport. Citant des données de la Banque mondiale (2024[1]), le rapport indique qu’environ 1.2 milliard de personnes sont exposées à un risque élevé de pâtir d’évolutions et d’événements extrêmes liés au climat, tels que les vagues de chaleur, les inondations ou les sécheresses. Pour l’OCDE et la BAD, ce risque touchera de manière disproportionnée les communautés vulnérables : jusqu’à 132 millions de personnes risquent de basculer dans l’extrême pauvreté en raison de l’évolution des régimes météorologiques d’ici à 2030 (Jafino et al., 2020[2]). Malgré la gravité de la situation, les apports de financements consacrés à l’adaptation sont entravés par plusieurs obstacles et contraintes interdépendants, souligne le rapport, préparé en contribution aux travaux du Groupe de travail sur la finance durable dans le cadre de la présidence sud-africaine du G20 de 2025. L’immédiateté du coût de l’investissement constitue l’une des principales difficultés sous-jacentes. Parmi les autres obstacles qui présentent des difficultés particulières pour les pays en développement, on peut citer les défis macroéconomiques, notamment une marge de manœuvre budgétaire limitée, le coût élevé du capital et les niveaux d’endettement existants. Le manque de données appropriées et de capacités permettant d’évaluer, de comprendre et de gérer les risques physiques liés au changement climatique ainsi que le manque d’accès à des outils adaptés de gestion des risques qui encouragent les investissements dans la réduction des risques climatiques, comme l’assurance et la réassurance, ainsi qu’une offre insuffisante dans ce domaine, entravent également la mobilisation des flux financiers. A tous ces obstacles s’ajoutent : l’insuffisance de la coordination et les carences des cadres institutionnels au niveau national, qui font obstacle aux apports de financements publics et privés ; les difficultés auxquelles se heurtent les pays en développement pour avoir accès aux financements concessionnels internationaux, notamment les obstacles institutionnels et le manque de coordination sans oublier le fait que nombre d’investissements dans l’adaptation ne génèrent pas de flux financiers directs. Intégrer les considérations climatiques dans les processus et outils budgétaires Ledit rapport met en lumière également les obstacles à l’investissement public national en faveur de l’adaptation, alors que les finances publiques nationales constituent une source essentielle. Dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une fragmentation institutionnelle et des demandes concurrentes de ressources publiques, « les carences des systèmes de gestion des finances publiques entravent l’investissement public dans l’adaptation », constatent l’OCDE et la BAD. Selon le rapport, très peu de pays disposent d’une vision globale de l’impact de la hausse des températures et des phénomènes extrêmes sur leurs besoins et leurs dotations budgétaires. Autre observation relevée par les auteurs du rapport : les bénéfices de l’investissement dans l’adaptation présentent souvent des caractéristiques non marchandes qui peuvent ne pas être prises en compte par les outils qu’utilisent les pouvoirs publics, comme l’analyse coûts-avantages. D’après ces derniers, les spécifications et les critères d’évaluation utilisés dans les processus de passation des marchés peuvent dissuader d’investir dans l’adaptation s’ils empêchent le recours à d’autres solutions. Autre problème relevé : les flux de financement public national à l’appui de l’adaptation ne sont guère transparents. S’il existe des raisons économiques et financières évidentes d’investir dans l’adaptation, le sentiment que les rendements sont faibles nuit à l’investissement privé (Tall et al. 2021[3]). Mais pour l’OCDE, la déconnexion entre les rendements sociaux élevés de l’investissement et les faibles rendements de marché s’explique principalement par un ensemble d’obstacles sous-jacents (OCDE, 2024[4]). Lesquels incluent notamment les externalités et les décalages, les risques perçus, le moment de la concrétisation des rendements, l’accès au crédit et aux instruments financiers, ainsi que la stabilité de la réglementation et la confiance des investisseurs. Alain Bouithy 1 : Banque mondiale (2024), Rising to the Challenge – Climate Adaptation and Resilience, Banque mondiale, https://www.worldbank.org/en/publication/rising-to-the-challenge-climate-adaptation-resilience (consulté le 28 janvier 2025). 2 : « Revised Estimates of the Impact of Climate Change on Extreme Poverty by 2030 », Policy Research Working Paper, https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/706751601388457990/revised-estimates-of-the-impact-of-climate-change-on-extreme-poverty-by-2030 (consulté le 20 février 2025). 3 : Enabling Private Investment in Climate Adaptation and Resilience, Banquemondiale, Washington, D.C., http://hdl.handle.net/10986/35203 (consulté le 11 avril 2023). 4 : OCDE (2024), Climate Adaptation Investment Framework, Green Finance and Investment,Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8686fc27-en.
Le Tchad va intégrer le genre et le changement climatique dans ses programmes scolaires

Un nouveau manuel intégrant le genre et le changement climatique dans les programmes scolaires verra bientôt le jour au Tchad. C’est ce qui ressort d’un atelier de validation clé pour l’avenir de l’éducation, organisé du 15 au 17 mars 2025, à Mailaou (80 km au sud de la capitale N’Djamena), avec le soutien financier du Groupe de la Banque africaine de développement. « L’intégration du genre dans l’éducation permet de promouvoir l’égalité des chances et d’assurer à chaque élève, quel que soit son sexe et sa catégorie sociale, un accès équitable au savoir. Parallèlement, le changement climatique constitue un défi mondial dont les conséquences se font déjà sentir. Former les jeunes générations à ces enjeux est donc une nécessité pour bâtir une société plus résiliente et inclusive », a salué Aboubakar Assidick Tchoroma, ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique. Organisé dans le cadre du Projet d’éducation des filles et d’alphabétisation des femmes (PEFAF), l’atelier a réuni une trentaine de participants issus du ministère de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, du ministère de la Femme et de l’Enfance, du ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, des représentants de la société civile et des experts en pédagogie. Les thématiques du genre et du changement climatique « bien que distincts, sont intimement liés et leur prise en compte dans notre système éducatif est essentielle pour préparer nos élèves à devenir des citoyens responsables et éclairés », a déclaré Ali Moussa Bedei, le coordonnateur par intérim du projet. Avant l’atelier de validation, un travail préliminaire d’actualisation des programmes a été mené en août 2024, rassemblant des experts de divers horizons. Ils avaient travaillé distinctement à la prise en compte du genre et à l’intégration des enjeux climatiques dans les curricula. À l’issue de ces travaux, un premier projet de manuel avait été adopté. M. Tchoroma, a salué une avancée majeure qui intervient pendant le « mois de la femme » : « L’éducation d’aujourd’hui doit impérativement répondre aux défis liés aux inégalités de genre et à la crise climatique. Les anciens curricula doivent évoluer pour préparer les jeunes à devenir des citoyens responsables, conscients des questions environnementales et engagés dans la promotion de l’équité ». Cette initiative, marque une étape importante dans l’évolution du système éducatif tchadien et confirme la volonté des autorités de faire de l’éducation un levier de développement durable et d’égalité des chances, a ajouté le ministre. Le Projet d’éducation des filles et d’alphabétisation des femmes vise à promouvoir l’égalité et l’équité dans l’accès à une éducation de qualité pour les filles et à une alphabétisation fonctionnelle pour les femmes en vue d’améliorer la qualité de vie de la population tchadienne. Il contribuera à l’accroissement de l’offre scolaire aux niveaux moyen et secondaire général et technique et à la scolarisation des filles. Le projet vise notamment à réhabiliter le complexe scolaire d’Amriguébé à N’Djaména et à construire un nouveau lycée féminin à Massakory Hadjer Lamis.
Maroc: La BEI signe un partenariat d’assistance technique avec l’ONCF pour soutenir l’adaptation de son activité ferroviaire au changement climatique

La Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Office national des chemins de fer (ONCF) du Maroc ont signé, mercredi 9, un accord de partenariat d’assistance technique pour soutenir l’élaboration d’une stratégie de résilience et d’adaptation climatique pour le réseau ferroviaire marocain. Cet accord marque une nouvelle étape dans la collaboration de longue date entre la BEI et l’ONCF pour renforcer les infrastructures de transport au Maroc tout en répondant aux défis croissants du changement climatique. L’objectif de ce partenariat est d’appuyer l’ONCF dans l’anticipation des risques climatiques, la conception des solutions d’adaptation pour les infrastructures ferroviaires et l’amélioration de la résilience du réseau face aux aléas météorologiques extrêmes. Dans ce cadre, un premier objectif sera d’évaluer les risques climatiques auxquels le réseau ferroviaire marocain est exposé, en tenant compte des phénomènes météorologiques tels que les températures extrêmes, les fortes précipitations, les vents violents ou encore l’érosion. Par la suite, il s’agira de développer des solutions d’adaptation dédiées aux zones et infrastructures les plus vulnérables afin de réduire les risques de dommages. Enfin, une stratégie à long terme sera élaborée pour renforcer la résilience du réseau, permettant ainsi de réduire les coûts futurs liés aux dommages climatiques et aux interruptions d’exploitation, tout en améliorant la durabilité du réseau ferroviaire marocain. Cette assistance technique utilisera des méthodes d’évaluation des risques climatiques reconnues, telles que la méthodologie permettant de classer les infrastructures selon leur vulnérabilité et de proposer des solutions adaptées pour renforcer leur résilience. La collaboration s’étalera sur 24 mois, avec des livrables comprenant des cartographies détaillées, des analyses de vulnérabilité et des recommandations techniques. Pour la BEI, banque du climat de l’Union européenne (UE), ce partenariat avec l’ONCF s’inscrit dans une démarche globale visant à promouvoir des infrastructures de transport plus durables, alignées sur les objectifs climatiques du Maroc et sur la stratégie nationale de réduction des émissions de carbone à horizon 2050. « Ce partenariat avec l’ONCF représente un engagement fort de la BEI pour soutenir le Maroc dans sa transition énergétique et l’adaptation de ses infrastructures au changement climatique. » a déclaré Ioannis Tsakiris, Vice-Président de la BEI. Et d’ajouter : « Le secteur ferroviaire, qui émet jusqu’à 80 % moins de CO2 que le transport routier, est crucial pour atteindre les objectifs climatiques du pays. Grâce à cette assistance technique, nous espérons renforcer la résilience du réseau ferroviaire marocain, pour un avenir plus sûr et durable. » « Ce partenariat avec la BEI s’inscrit dans le cadre d’une volonté affirmée de l’ONCF de continuer sa stratégie d’adaptation pour des infrastructures performantes et résilientes, permettant ainsi de consolider la place du ferroviaire comme épine dorsale d’une mobilité durable » a déclaré M. Mohamed Rabie Khlie, Directeur général de l’ONCF.
L’Afrique est confrontée à une pauvreté et à des difficultés économiques massives au nom de la lutte contre le changement climatique

TRIBUNE. Des organisations allant de la Banque mondiale à la Banque européenne d’investissement (BEI) ont cessé de soutenir la production de combustibles fossiles en Afrique dans l’espoir d’encourager la transition du pétrole, du gaz et du charbon vers des sources d’énergie durables telles que l’énergie éolienne et solaire. Aujourd’hui, on peut légitimement craindre que le soutien des investisseurs à la production de pétrole et de gaz ne diminue également. Blackrock, qui contrôle 7 000 milliards de dollars d’investissements, et la Royal Bank of Scotland ont déclaré qu’elles se détourneraient des investissements qui soutiennent la production de combustibles fossiles. La ferveur anti-combustibles fossiles se manifeste d’une manière qui peut paraître surprenante: la Banque d’Angleterre a été critiquée pour la présence d’une compagnie pétrolière au sein de son conseil d’administration. La pression vient également du continent africain. Des ONG du Kenya et de la région environnante, financées par l’Occident, ont récemment demandé à l’Union africaine de mettre un terme à l’utilisation du charbon et d’envisager l’abandon progressif de l’utilisation du pétrole et du gaz au cours des trois prochaines décennies, dans l’espoir d’éliminer les émissions qui contribuent au réchauffement de la planète. Je reconnais que le changement climatique doit être pris au sérieux, mais nous ne pouvons pas accepter des réponses à côté de la plaque. Nous ne devons pas priver notre continent des avantages considérables qu’il peut tirer de l’exploitation du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse des opportunités économiques liées à la monétisation des ressources naturelles ou des initiatives d’importance cruciale liées à la transformation du gaz en électricité. Je n’appelle en aucun cas à l’arrêt des programmes d’énergie durable. Ils sont mis en œuvre et j’espère qu’il y en aura d’autres. Je dis simplement qu’il est trop tôt pour adopter une approche de type « ou bien, ou bien » à l’égard des sources d’énergie vertes et des combustibles fossiles. De plus, ce sont les Africains, et non des étrangers bien intentionnés, qui devraient déterminer le moment opportun pour éliminer progressivement les combustibles fossiles en Afrique, si tant est qu’ils le fassent un jour. Faire pression sur l’Afrique pour qu’elle agisse autrement est insultant, et ne vaut pas mieux que de nous envoyer de l’aide étrangère en partant du principe que les Africains sont incapables de se construire un avenir meilleur. Il est également hypocrite de la part de pays et de personnes qui bénéficient de la sécurité, d’une plus grande espérance de vie, du confort et des opportunités économiques associés à une énergie abondante et fiable de dire: « C’est fini, l’Afrique. Plus de combustibles fossiles pour vous. Les temps désespérés appellent des mesures désespérées ». Qu’en est-il du désespoir que vivent quotidiennement les quelque 600 000 Africains privés d’électricité? Est-il raisonnable de s’attendre à ce qu’ils attendent que les énergies vertes se développent alors que les réserves nationales de gaz naturel et de pétrole brut peuvent être exploitées pour produire de l’électricité et des combustibles de chauffage beaucoup plus rapidement? S’attaquer à la pauvreté énergétique Nous ne pouvons pas aller de l’avant avec l’élimination progressive des combustibles fossiles en Afrique avant de nous attaquer aux vastes étendues de notre continent qui vivent dans la pauvreté énergétique. Je suis tout à fait d’accord avec feu le secrétaire général de l’OPEP, Mohammed Barkindo, qui a déclaré dans son discours de 2021: « Les près d’un milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à l’électricité et les trois milliards qui n’ont pas accès à des combustibles modernes pour cuisiner ne sont pas de simples statistiques sur une page. Ce sont de vraies personnes…Personne ne doit être laissé pour compte ». Plus près de nous, plus des deux tiers de la population de l’Afrique subsaharienne, soit plus de 620 millions de personnes, n’ont pas accès à l’électricité. Ce qui est encore plus exaspérant, c’est que ce chiffre est susceptible d’augmenter. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que d’ici 2040, environ 75 % de l’Afrique subsaharienne n’aura pas accès à l’électricité. Pourquoi ? La croissance démographique dépasse de loin l’extension des infrastructures. Comme je l’ai écrit dans mon livre, « Une transition juste : Résorber la pauvreté énergétique grâce à un mix énergétique », vivre sans électricité est bien plus qu’un simple désagrément. Elle empêche les gens de bénéficier de soins de santé modernes et les expose à la pollution atmosphérique toxique causée par la combustion de combustibles dangereux à l’intérieur des habitations. Elle renforce également la pauvreté et contribue à la stagnation économique : Les entreprises, les usines et les écoles ont besoin d’électricité pour fonctionner et se développer. Je suis convaincu que l’une des meilleures chances pour notre continent d’éliminer la pauvreté énergétique est d’exploiter stratégiquement nos abondantes ressources en gaz naturel au lieu de l’exporter et de le brûler à la torche. En 2024, l’Afrique disposait de 503,3 billions de pieds cubes de réserves prouvées de gaz naturel. Le gaz naturel peut être utilisé pour la production d’électricité : Il est disponible, il produit moins d’émissions de dioxyde de carbone que le diesel, l’essence ou le charbon, et il est abordable. En fait, son prix a récemment baissé. De plus, le gaz naturel peut être intégré à l’énergie éolienne et solaire pour produire une énergie à la fois durable et fiable. La conversion du gaz en électricité nécessitera certes des efforts, qu’il s’agisse de la création d’accords commerciaux intra-africains mettant le gaz naturel à la disposition des pays qui en sont dépourvus ou de la coopération des producteurs d’électricité, mais elle représente pour les Africains un moyen tout à fait réalisable de relever l’un des plus grands défis auxquels le continent est confronté.En outre, la Namibie a été le théâtre de découvertes étonnantes par TotalEnergies, Shell et Galp Energia. La Mauritanie, le Sénégal, l’Ouganda, le Congo, le Mozambique, le Ghana, l’Angola et la Côte d’Ivoire sont les principaux bénéficiaires des investissements directs étrangers dans de nouveaux projets. Dans ce contexte, le moment est mal choisi pour arrêter la production et l’utilisation du gaz naturel en Afrique. C’est pourquoi l’African Energy Week est importante, car
Les travailleurs de plus en plus exposés au stress thermique. Ouf ! Quelle chaleur !

L’exposition à la chaleur excessive sur le lieu de travail dans les Etats arabes a affecté 83,6% de la main-d’œuvre, selon l’OIT Le stress thermique accable un nombre croissant de travailleurs dans le monde, constate l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un nouveau rapport mettant en garde contre l’augmentation du nombre d’employés exposés à la chaleur excessive. «La chaleur est un tueur silencieux qui menace la santé et la vie de plus en plus de travailleurs dans toutes les régions du monde», affirme l’agence spécialisée des Nations Unies s’occupant des questions relatives au travail, à l’emploi et aux normes sociales dans le monde entier. Selon le rapport intitulé «Heat at work: Implications for safety and health», (La chaleur au travail: Implications pour la sécurité et la santé), de nouvelles données montrent que les régions qui n’étaient pas habituées à des chaleurs extrêmes seront confrontées à des risques accrus, tandis que les travailleurs des climats déjà chauds seront confrontés à des conditions de plus en plus dangereuses. La crise du stress thermique s’accélère En effet, «le rapport indique que les travailleurs d’Afrique, des Etats arabes et d’Asie-Pacifique sont le plus souvent exposés à une chaleur excessive», comme le relève l’organisation internationale précisant que 92,9%, 83,6% et 74,7% de la main-d’œuvre respective sont concernés dans ces régions. L’analyse des données les plus récentes disponibles (2020) suggère que ces chiffres sont supérieurs à la moyenne mondiale de 71%, poursuit l’agence onusienne. D’après ledit document, les conditions de travail évoluent le plus rapidement en Europe et en Asie centrale où, entre 2000 et 2020, cette région a enregistré la plus forte augmentation de l’exposition à la chaleur excessive, la proportion de travailleurs concernés ayant augmenté de 17,3%. Ce qui correspond à près du double de la hausse moyenne mondiale. Les Amériques, l’Europe et l’Asie centrale enregistrent, de leur côté, la plus forte hausse des accidents du travail dus au stress thermique depuis l’an 2000, avec des augmentations respectives de 33,3% et 16,4%. Selon les explications de l’OIT, cela est peut-être dû à des températures plus élevées dans des régions où les travailleurs ne sont pas habitués à la chaleur. Tueur invisible et silencieux, le stress thermique «peut rapidement provoquer une maladie, un coup de chaleur ou même la mort. Avec le temps, il peut également entraîner de graves problèmes cardiaques, pulmonaires et rénaux chez les travailleurs», prévient l’organisation internationale rapportant qu’environ 4 200 travailleurs dans le monde ont perdu la vie à cause des vagues de chaleur en 2020. Au cours de cette même année, 231 millions de travailleurs ont été exposés aux vagues de chaleur, traduisant une augmentation de 66% par rapport à 2000. A noter toutefois que «neuf travailleurs sur dix dans le monde ont été exposés à une chaleur excessive en dehors d’une vague de chaleur et que huit accidents du travail sur dix dus à une chaleur extrême se sont produits en dehors des vagues de chaleur», comme le souligne le document. Quoi qu’il en soit, alors que le monde continue de lutter contre la hausse des températures, le directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, estime que «nous devons protéger les travailleurs contre le stress thermique tout au long de l’année». Car, fait-il remarquer, « la chaleur excessive crée des défis sans précédent pour les travailleurs du monde entier tout au long de l’année, et pas seulement pendant les périodes de canicules intenses». Il est important de savoir qu’en plus de prévenir les blessures dues à la chaleur excessive sur le lieu de travail, l’amélioration des mesures de sécurité et de santé pourrait permettre d’économiser jusqu’à 361 milliards de dollars dans le monde – en perte de revenus et en frais de traitement médical. D’ailleurs, les estimations de l’OIT montrent à ce propos que « les économies à faibles et moyens revenus, en particulier, sont les plus touchées, car les coûts des blessures dues à une chaleur excessive sur le lieu de travail peuvent atteindre environ 1,5% du PIB national », souligne le rapport. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le changement climatique a créé un «cocktail» de risques sanitaires graves pour environ 2,4 milliards de travailleurs exposés à une chaleur excessive, comme cela avait déjà été souligné dans un précédent rapport de l’OIT. Publié en avril de cette année, ledit rapport indiquait en outre que la chaleur excessive était à elle seule à l’origine de 22,85 millions d’accidents du travail et de la perte de 18.970 vies chaque année, rappelle l’OIT. Alain Bouithy
Pour un développement durable de la vallée du fleuve Sénégal face aux défis du changement climatique

Un Forum régional de haut niveau s’est tenu ce jour (jeudi 18, Dnr) à Saint-Louis au Sénégal pour discuter des enjeux et stratégies de développement durable, ainsi que de l’adaptation au changement climatique dans la vallée du fleuve Sénégal (VFS). Au cours des dernières années, les populations de la vallée ont été fortement impactées par les effets du changement climatique qui perturbent l’économie de la région, dégradent les moyens d’existence des populations, et impactent leur sécurité alimentaire. Pour Monsieur Mansour Faye, Maire de la ville de St Louis, et Ministre des infrastructures des transports terrestres et du désenclavement du Sénégal, « la tenue de ce forum dans notre chère ville de Saint-Louis constitue un tournant important permettant d’approfondir la réflexion sur les multiples défis environnementaux et nombreuses opportunités et richesse de cette vallée du fleuve Sénégal. » Les participants ont débattu des effets du changement climatique sur les écosystèmes, le capital humain, la transition démographique et les migrations, ainsi que des mesures d’adaptation et stratégies de développement durable prenant en compte les atouts humains et naturels de la vallée.« Aujourd’hui nos ambitions de développement pour la vallée du fleuve Sénégal ne pourront être réalisées qu’en maitrisant les répercussions du changement climatique, dont les effets ont commencé à perturber l’économie autour du fleuve. Il faut donc envisager très rapidement la planification de manière conjointe des mesures d’adaptation », a dit Monsieur Mamadou Moustapha Ba, ministre des Finances et du budget du Sénégal. L’importance d’une approche régionale dans la recherche de solutions a été soulignée. « La seule solution qui soit durable repose sur une gestion transfrontalière, fondée sur l’équité et la solidarité. En Mauritanie comme dans tous les pays de l’OMVS [Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal], nous avons choisi la voie du développement, du partage équitable et de la solidarité pour sauver notre région des impacts négatifs des changement climatiques », a dit Monsieur Ismail Ould Abdel Vettah, Ministre de l’hydraulique et de l’assainissement de la République Islamique de Mauritanie. La vallée du fleuve Sénégal regorge d’immenses ressources et présente des opportunités considérables à saisir pour assurer son développement durable. Une meilleure planification locale, la promotion d’un développement agricole durable et une adaptation des moyens de production au changement climatique, une gestion intégrée des ressources naturelles, ainsi que l’optimisation des chaînes de valeur agricoles constituent l’ensemble des solutions retenues. Dans ce cadre, les perspectives pour le développement du secteur privé sont immenses. « Afin de valoriser le capital humain et foncier de la vallée, les investissements privés, porteurs d’emplois et de projets innovants adaptés à la nouvelle donne climatique, doivent être encouragés », a dit Makhtar Diop, Directeur Général de la Société financière internationale (IFC), la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui appuie le secteur privé. « Pour attirer ces investissements, il faut travailler à réduire les risques liés au financement des petites et moyennes entreprises et remédier aux défaillances dans les chaînes de valeur agricoles. C’est tout l’objectif des interventions de l’IFC avec ses partenaires locaux ». Des actions soutenues par la Banque mondiale et d’autres partenaires sont en cours dans la vallée et donnent des résultats encourageants. Cependant, « l’urgence du changement climatique nous impose de faire plus et d’aller au-delà, avec des investissements plus importants pour renforcer la résilience de la vallée face au changement climatique et accélérer sa transformation », a dit Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les contours d’une nouvelle opération d’envergure régionale, initiée dans un premier temps avec les gouvernements de la Mauritanie et du Sénégal, ont été discutés. Le Projet de développement et de résilience de la vallée du fleuve Sénégal auquel la Banque mondiale contribuera à hauteur de 195 millions de dollars aidera à relever les multiples défis climatiques auxquels sont confrontées les communautés implantées de part et d’autre de la vallée et qui entravent le développement socio-économique de la région. « Ce nouveau projet ambitionne entre autres des transformations majeures et des solutions durables dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’élevage et la création d’emplois pour les jeunes », ajoute Ousmane Diagana. « Il soutiendra un développement territorial intégré pour renforcer la résilience des communautés et promouvoir les moyens de subsistance et les opportunités économiques dans la vallée ». Le Projet de développement et de résilience de la vallée du fleuve Sénégal sera présenté au Conseil d’administration de la Banque mondiale le 13 février 2024.
Le 4C Maroc, OCP et UM6P scellent un partenariat dans le domaine du changement climatique

A l’occasion de la tenue de la COP28 à Dubaï, le Centre de compétences en changement climatique du Maroc (4C Maroc), le Groupe OCP et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) ont procédé à la signature d’un accord-cadre de partenariat dans le domaine de la lutte contre les effets du changement climatique. Cette convention, d’une durée de trois ans, prévoit la réalisation par le 4C Maroc et l’UM6P de différentes prestations portant, notamment, sur l’axe de la formation dans le domaine du changement climatique, mais également le montage de projets bancables dans le cadre de la finance climat ou toute autre initiative appuyant la cause. De plus, l’accompagnement de la politique du Groupe OCP en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’atteinte de la neutralité carbone constitue également un pilier central de cet accord. Enfin, le dernier axe porte sur la promotion et l’appui scientifique et technique de projets contribuant à l’adaptation aux changements climatiques. « Ce partenariat est un exemple de l’effectivité des services que fournit le Centre 4C Maroc pour ses membres », a affirmé Mme Rajae Chafil, Directrice du 4C Maroc, « Nous nous félicitions du leadership du Groupe OCP dans l’engagement en faveur d’une économie sobre en carbone, qui fait d’OCP un des producteurs d’engrais les plus durables au monde ». De son côté, Mme Hanane MOURCHID, Chief Sustainability Officer à OCP, a déclaré « Le 4C Maroc est une initiative que le Groupe OCP a toujours soutenue depuis sa création dans la foulée de la COP22 de Marrakech. Huit ans après, nous mettons en place cet accord pour promouvoir davantage la coopération et le développement des compétences dans le domaine du changement climatique. Ce partenariat bénéficie également de l’expertise scientifique et technique de l’UM6P ». Cet accord est en ligne avec la stratégie d’atténuation et d’adaptation au changement climatique du Groupe OCP. Membre fondateur du 4C Maroc, OCP s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040.
Tchad/Changement climatique: 3,34 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050

CLIMAT. « Jusqu’à 3,34 millions de personnes supplémentaires au Tchad pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050, du fait des chocs liés au changement climatique, si des mesures urgentes en matière d’adaptation ne sont pas mises en place », a prévenu la Banque mondiale. Dans le rapport national sur le climat et le développement (CCDR) pour les pays du G5 Sahel : Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad, l’institution internationale estime que les émissions combinées des pays du G5 Sahel ne dépassent pas 1% des émissions globales de gaz à effet de serre, mais il s’agit des pays parmi les plus vulnérables au changement climatique dans le monde. D’après le document, Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris ainsi que les estimations du CCDR indiquent que les besoins de financement des pays du G5 Sahel en matière d’action climatique se chiffrent à plus de $30 milliards. Pour l’institution de Bretton Woods, « si aucune mesure n’est prise – à travers les six canaux d’impact identifiés dans la modélisation de l’analyse d’impact sur la croissance, le PIB annuel du Tchad pourrait diminuer de 4,2% à 10.5% du fait du changement climatique, respectivement selon les scénarios humides et secs ». Rasit Pertev, Représentant résident de la BM pour le Tchad: « L’économie du Tchad a plus que besoin d’être accompagnée dans ses efforts vers la diversification pour mieux résister aux chocs« . La situation est préoccupante d’autant plus que « l’économie du Tchad est confrontée à de multiples défis souvent interdépendants qui ont ralenti ou compromis sa croissance », comme le relève la Banque mondiale dans son dernier Mémorandum économique du Tchad (CEM) intitulé « Stimuler la croissance et réduire la vulnérabilité ». Economiste en chef et coordonnateur du programme croissance inclusive, finance et institution pour les pays du Sahel central, Fulbert Tchana Tchana est persuadé que « le Tchad gagnerait à urgemment mettre en œuvre des réformes fortes dans différents secteurs, y compris ceux du pétrole, des infrastructures, de l’éducation et de l’emploi, ainsi qu’à renforcer la sécurité et la résilience au changement climatique, afin d’enclencher les transformations structurelles qui permettront la transition économique du pays ». Adrien Thyg