Tunis : la BAD présente au secteur privé des opportunités d’affaires pour l’Afrique du Nord

La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé avoir organisé récemment à Tunis, un séminaire d’opportunités d’affaires dédié à l’Afrique du Nord. Après Johannesburg et Nairobi, cette présentation dans la capitale tunisienne avait pour objectif de renforcer le dialogue entre la Banque et le secteur privé, tout en identifiant de nouvelles opportunités d’investissement et de financement, a indiqué l’institution financière panafricaine. Dans un communiqué, elle a indique que le séminaire a accueilli près de 200 participants issus de 23 pays, représentant des entreprises de l’industrie, du génie civil, des travaux publics et du conseil. Soulignons que Lassaad Lachaal, conseiller spécial du Président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a prononcé l’allocution d’ouverture au nom du directeur général de la Banque pour l’Afrique du Nord, Mohamed El Azizi. Il a notamment mis en évidence la finalité de ce séminaire « né de cette ambition de transformer le formidable potentiel du continent en croissance et en emplois. Et concrètement en de meilleures conditions de vie pour les populations africaines. » Valérie Dabady, cheffe de la Division de la mobilisation des ressources et des partenariats à la Banque a tenu à souligner « l’importance du secteur privé qui, grâce à des transferts d’expertise et de savoir-faire structurants, est capital pour accompagner une mise en œuvre optimale des opérations de la Banque afin de contribuer à la transformation économique du continent. » Les participants ont exprimé de fortes attentes au cours du séminaire : « cette rencontre a été une opportunité d’améliorer notre connaissance des priorités et opérations de la Banque africaine de développement. Les présentations et interventions nous ont offert une lecture approfondie des procédures de passation de marchés et des règles environnementales et sociales », a reconnu un participant. « Cela nous assurera une égalité des chances face aux opportunités d’affaires qui laissent apparaître de nouvelles perspectives de développement au bénéfice de notre continent », a-t-il ajouté. À l’issue des présentations, des rencontres bilatérales ont également eu lieu entre les différents acteurs du secteur privé et les équipes techniques de la Banque. Ces échanges augurent de futures collaborations qui soutiendront les opérations de l’institution. Le partenariat entre la Banque africaine de développement et les pays d’Afrique du Nord dure depuis près d’un demi-siècle, mobilisant un engagement financier total de l’institution de quelque 23,7 milliards de dollars. Ces financements couvrent différents secteurs comme l’énergie, l’eau, les transports, l’agriculture et le développement social.
La faim prend de l’ampleur au Proche-Orient et en Afrique du Nord

[vc_row][vc_column][vc_column_text]La propagation et l’aggravation des conflits et des crises observées depuis 2011 dans la région MENA (Proche-Orient et en Afrique du Nord) compromettent les efforts régionaux en vue de réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Tel est le constat de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui, dans son «Aperçu régional de l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition au Proche-Orient et en Afrique du Nord», relève que 52 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique dans la région. La faim dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord (NENA) continue d’augmenter, fait observer l’agence onusienne notant également des cas de retard de croissance, d’émaciation et de sous-alimentation beaucoup plus graves dans les pays frappés par des conflits. De nombreux enfants âgés de moins de cinq ans sont affectés par un retard de croissance (21,1%); certains souffrent d’émaciation (8,7%) alors que d’autres sont en surpoids (9,1%). Selon l’organisation, «les conflits sont toujours le principal facteur de souffrances liées à la faim dans la région. Plus de deux-tiers des personnes souffrant de la faim dans la région NENA, soit près de 34 millions de personnes, vivent dans des pays affectés par des conflits, en comparaison aux autres 18 millions de personnes souffrant de la faim, qui ne vivent pas dans des pays directement affectés par un conflit». Pour le sous-directeur général et Représentant régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, Abdessalam Ould Ahmed, « les conflits et l’instabilité civile dans la région ont des effets à long terme sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des pays affectés, mais aussi des pays voisins». D’après lui, ils ont perturbé la production alimentaire et animale dans certains pays, affectant la disponibilité en nourriture dans la région. Dans son rapport, la FAO fait également état de taux d’obésité particulièrement élevés dans certains pays de la région. Ce qui compromet «la santé des populations, leurs styles de vie ainsi que l’économie et les systèmes de santé de ces pays». Lutter contre l’obésité implique de mettre en place des systèmes alimentaires capables de garantir une alimentation saine et nutritive, d’améliorer la sensibilisation du public sur les problèmes liés à l’alimentation et de les informer sur les risques associés au surpoids et à l’obésité. Outre la crise alimentaire et l’obésité galopante observées dans certains pays de la région, le rapport montre que les conflits compromettent aussi le degré de transformation rurale. D’après Abdessalam Ould Ahmed, «les pays ne connaissant pas de conflits et ayant réalisé des progrès considérables en transformant les zones rurales de manière durable et notamment en améliorant la gestion des ressources en eau ont obtenu de meilleurs résultats au niveau de la sécurité alimentaire et de la nutrition que ceux qui sont aux prises avec un conflit ou présentant des niveaux de transformation rurale plus faibles». Il souligne, par ailleurs, la manière dont le rapport insiste sur la nécessité de déployer davantage d’efforts afin de stimuler l’emploi en milieu rural, de stimuler la croissance économique en zones rurales et de réduire le fossé entre zones urbaines et rurales tout en améliorant la productivité agricole, les infrastructures et les services en milieu rural. Pour parvenir à une transformation rurale et à la réalisation de l’objectif Faim Zéro, la FAO rappelle qu’il existe au niveau régional de nombreuses façons de transformer l’agriculture de manière durable. L’une d’elles consiste à : améliorer l’accès aux marchés pour les agriculteurs, à faire la promotion des investissements dans l’agriculture et le transfert des technologies et d’autres innovations, à améliorer la gestion des ressources en eaux et à élaborer des changements politiques importants qui permettront de faciliter le passage d’une agriculture de subsistance vers des systèmes de production plus commerciaux et diversifiés. Pour Ould Ahmed, il est aussi nécessaire d’encourager les agriculteurs à produire en se basant sur l’avantage comparatif de la région. Afin de soutenir le développement et la mise en œuvre de politiques et de programmes destinés à effacer les différences entre zone rurale et urbaine, le rapport de la FAO exhorte à davantage d’efforts et d’action. Alain Bouithy[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]
Les conflits et les déplacements de population font augmenter le travail des enfants

Les conflits et les guerres de la dernière décennie ont coïncidé avec une augmentation du travail des enfants parmi les réfugiés, les déplacés internes et d’autres populations de la région, selon un rapport élaboré par plusieurs organisations. Le rapport Child Labour in the Arab Region: A Quantitative and Qualitative Analysis (Le travail des enfants dans la région arabe: une analyse quantitative et qualitative) est le premier à fournir un aperçu du profil et des tendances du travail des enfants dans les 22 états membres de la Ligue des États arabes (LEA). «Ces dix dernières années, durant lesquelles la région a connu des niveaux élevés de conflits armés se traduisant par des déplacements massifs de populations – à l’intérieur des pays et entre pays – il est certain que la situation a empiré», indique le rapport, qui a été commandé par la LEA et le Conseil arabe pour l’enfance et le développement (ACCD). «L’absence de collecte systématique et globale de données au niveau de la région ces dernières années implique qu’il est difficile de chiffrer avec exactitude l’augmentation du travail des enfants parmi les différents groupes de population», explique Frank Hagemann, Directeur régional adjoint pour les États arabes de l’Organisation internationale du Travail (OIT). L’OIT a supervisé l’élaboration de cette étude en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Le rapport indique pourtant clairement qu’en raison des récents chocs économiques, des troubles politiques, des conflits et des guerres, on assiste à une détérioration du niveau du travail des enfants, et à une inversion d’une grande partie des progrès obtenus par les États arabes dans la lutte contre le travail des enfants grâce à des politiques de développement et des mesures pratiques», d’après Hagemann. «Comme partout dans le monde, les conflits ont touché de façon disproportionnée les femmes et les enfants dans la région. Il en résulte que le travail des enfants est probablement devenu la question de protection de l’enfance la plus prégnante dans la région : elle exige une attention et une action de toute urgence.» Les pires formes de travail des enfants L’étude montre que dans certaines parties de la région arabe, les enfants «ont été progressivement impliqués dans les pires formes de travail des enfants et sont confrontés à une exploitation grave et préoccupante, à des abus et des violations de leurs droits». «Les enfants réfugiés et déplacés travaillent dans différents secteurs d’activité, avec une augmentation notoire du travail dans les rues, du travail en servitude pour dettes, des mariages précoces, et de l’exploitation sexuelle commerciale. Parmi les enfants réfugiés et déplacés, le travail des enfants est essentiellement un mécanisme permettant de survivre dans les familles confrontées à l’extrême pauvreté ou en cas de chômage des adultes», indique l’étude. Le cas des travaux dangereux dans l’agriculture «On trouve parmi les pires formes de travail des enfants les travaux dangereux du secteur agricole, auxquels participent la plupart des enfants dans la région arabe en étant rémunérés ou pas», dit Abdessalam Ould Ahmed, Directeur général adjoint de la FAO et représentant régional pour le Proche Orient et l’Afrique du Nord. «Les enfants représentent une main-d’œuvre bon marché pour les petites exploitations agricoles, qui utilisent des méthodes de production non mécanisées avec une forte intensité de main d’œuvre, ce qui implique des risques élevés.» Les conflits et les déplacements massifs de population ont eu des répercussions sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. «C’est dans l’agriculture qu’on trouve plus de la moitié des enfants qui travaillent dans des pays comme le Yémen, le Soudan et l’Égypte. La prédominance du secteur agricole nécessite une attention spécifique car ce secteur se caractérise par une entrée précoce dans le travail par rapport à d’autres secteurs», ajoute Ould Ahmed. Les déplacements massifs de population et les conflits armés On trouve également les pires formes de travail des enfants dans les services et dans l’industrie, avec les multiples dangers associés au travail dans la rue. Les pires formes de travail des enfants sont également associés à la participation directe ou indirecte aux conflits armés et aux situations associées à ces conflits. Cette étude montre que près de la moitié des pays arabes sont actuellement touchés par des conflits ou un afflux de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Parmi eux figurent l’Iraq, la Jordanie, le Liban, la Lybie, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, la Cisjordanie et la Bande de Gaza, et le Yémen. Cette étude montre une augmentation du recrutement et de l’utilisation des enfants par des bandes armées, parmi les populations locales ou réfugiées, notamment au Yémen, en Syrie et en Iraq. «La majorité des enfants recrutés sont généralement des garçons. Cependant, émerge une tendance à recruter plus de filles et d’enfants de moins de 15 ans. Des centaines d’enfants sont également en détention dans la région arabe, parfois même torturés pour avoir été impliqués dans des groupes armés», déclare le rapport. «Dans certaines parties de la région, des enfants sont forcés à pratiquer de nouvelles activités liées aux situations de conflit armé, comme la contrebande de biens en traversant les frontières ou entre des zones de combat, le ramassage de résidus de pétrole, la participation aux travaux funéraires (ramasser des parties de corps pour les enterrer), ou aller chercher de l’eau ou des aliments dans des champs ou des décharges remplis de restes explosifs de guerre», ajoute le rapport. La participation des enfants à l’emploi est très variable dans la région arabe, c’est au Soudan (19,2 pour cent) et au Yémen (34,8 pour cent) que les taux d’emploi des enfants sont les plus élevés. Les taux de travail des enfants sont plus élevés pour les garçons. Le rapport avertit toutefois que «certaines formes cachées de travail chez les filles peuvent échapper aux enquêtes, comme le travail domestique et les services domestiques non rémunérés, qui méritent des recherches et des enquêtes plus approfondies». Le travail non rémunéré est également plus élevé chez les plus jeunes et dans les zones rurales. Adoption et recommandations Ce rapport a été
La BAD promeut l’intégration du secteur financier en Afrique du nord

La Banque africaine de développement (BAD), en collaboration avec le Partenariat « La Finance au service de l’Afrique » (MFW4A), organise, aujourd’hui jusqu’à demain à Tunis, un dialogue portant sur le développement et l’intégration du secteur financier en Afrique du nord. Cette dernière étape tunisienne d’une série de quatre évènements régionaux entend offrir aux institutions financières nationales et aux organismes de financement du développement un cadre d’échange permettant une compréhension mutuelle des besoins et une meilleure appréciation du type de soutien à apporter, indique l’institution financière panafricaine. Selon la BAD, qui le souligne dans un communiqué, cette étape comporte un double objectif : faciliter les évolutions structurelles de l’écosystème financier et améliorer les stratégies d’investissement en Afrique du nord. Pour rappel, le premier dialogue a été organisé fin septembre 2018 à Abidjan (Côte d’Ivoire) suivi des deux autres étapes régionales qui se sont tenues en octobre 2018 à Nairobi (Kenya) et le mois dernier à Libreville (Gabon). A noter que les échanges de Tunis portent notamment sur l’inclusion financière digitale, le rôle des marchés de capitaux et des investisseurs institutionnels, l’intégration financière régionale, la finance verte ainsi que l’émergence d’instruments financiers innovants. La même source indique que les recommandations et actions prioritaires, qui résulteront de cette rencontre, aideront à définir les stratégies des partenaires au développement en faveur du secteur financier. Objectif : renforcer le rôle joué par le secteur de la finance dans les économies nord-africaines, considéré comme une priorité de la Banque africaine de développement. Le secteur financier est en effet un moteur essentiel du développement économique d’un pays dans la mesure où il occupe une position centrale pour mobiliser et allouer des ressources en capital aux secteurs de l’économie réelle. Les politiques de développement du secteur financier constituent un élément essentiel du programme de transformation économique du continent et contribuent de manière significative à la réalisation des « High 5 », les cinq priorités stratégiques de la Banque africaine de développement. Soulignons que le Partenariat « Making Finance Work for Africa » (MFW4A) a pour vocation à coordonner les efforts de développement du secteur financier sur le continent entre les gouvernements africains, le secteur privé et les partenaires de développement.
Les CVR sont indispensables pour une meilleure intégration régionale en Afrique du Nord

La Commission économique pour l’Afrique (CEA), une des cinq commissions régionales du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), a procédé jeudi 13 décembre au lancement du « Rapport sur le potentiel des chaînes de valeur régionales : cartographie sectorielle ». L’objectif général de ce rapport est de « proposer, sur la base d’une cartographie sectorielle de chaînes de valeur régionales existantes et une analyse de leur potentiel de développement, les opportunités et les défis pour la construction de chaînes de valeur régionales spécifiques », a indiqué la directrice du Bureau sous-régional en Afrique du Nord de la CEA, Lilia Hachem Naas. Produit dans le cadre du travail de la CEA en soutien à l’accélération de l’intégration régionale, au développement du commerce et à la transformation structurelle des économies par la promotion des échanges intrarégionaux, la nouvelle publication de la CEA est destinée aux administrations nationales, aux représentants du secteur privé, à l’Union maghrébine des employeurs et aux partenaires intervenant sur les thématiques de l’intégration régionale et du commerce. Le document étudie concrètement « les opportunités et les défis liés à la mise en place de chaînes de valeur régionales (CVR) dans dix secteurs d’activité ciblés en fonction de leur importance pour les économies de la sous-région et leur potentiel de développement », a souligné la Commission. Présenté en marge de la Foire commerciale intra-africaine qui se tient du 11 au 17 décembre au Caire en Egypte, cette publication s’intéresse aux secteurs de l’aéronautique, de l’automobile, du textile et de l’habillement, des phosphates, du pétrole et du gaz, des énergies renouvelables, des fruits, légumes et produits dérivés, des huiles essentielles et produits dérivés, de la pêche, des céréales et du sucre. « L’analyse produite dans le présent rapport intègre (également) une esquisse de plan d’action ainsi que des recommandations pour faciliter le commerce, réformer le cadre institutionnel et réglementaire existant et renforcer les capacités des acteurs clés pour une meilleure intégration régionale », a ajouté Lilia Hachem Naas. Il faut dire que l’intégration régionale en Afrique du Nord est des plus faibles au niveau continental. En effet, « les relations économiques et commerciales entre les sept pays de la sous-région ne répondent pas aux ambitions dessinées et ne traduisent pas la proximité géographique, culturelle, linguistique et religieuse de ces pays », a-t-elle déploré. Ainsi, outre le fait qu’il vise à renforcer la capacité des pays à mettre en place des politiques publiques favorables au développement de chaînes de valeur en Afrique du Nord, l’ouvrage se penche en particulier sur les difficultés liées au développement des CVR sur les plans réglementaire, institutionnel et logistique, a indiqué la CEA dans un communiqué rendu public le jour même de la présentation du rapport. Sachant que le niveau d’intégration régionale en Afrique du Nord est parmi les plus faibles du continent africain, le rapport présente également « des recommandations sous forme d’un plan d’action régional axé sur la facilitation du commerce entre les pays de l’Afrique du Nord, les réformes institutionnelles requises et le développement des capacités des parties prenantes locales du secteur privé et du secteur public », a-t-on souligné de même source. Ainsi que l’a relevé Lilia Hachem Naas, le développement des CVR est indispensable pour une meilleure intégration régionale en Afrique du Nord. Dans ce sens, il « induirait une augmentation de la croissance économique, tirée par une amélioration des investissements intrarégionaux et une augmentation du commerce entre les pays membres ». Avec une meilleure intégration, « les tissus productifs des différentes économies deviendraient interdépendants ayant un rôle catalyseur à la fois pour une intégration réelle et une transformation structurelle des économies de la sous-région », a-t-elle soutenu. Alain Bouithy
Hausse du nombre de travailleurs migrants à l’échelle mondiale

Entre 2013 et 2017, le nombre de travailleurs migrants s’est accru de 9% à l’échelle mondiale atteignant 164 millions de personnes contre 150 millions il y a 5 ans. Près de 61% des travailleurs migrants se trouvent dans trois sous-régions: 23% en Amérique du Nord, 23,9% en Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest et 13,9% dans les Etats arabes, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). « Les autres régions qui accueillent un grand nombre de travailleurs migrants – plus de 5% – sont l’Europe orientale, l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, et l’Asie centrale et occidentale », a relevé l’OIT dans la deuxième édition de son rapport intitulé « Estimations mondiales concernant les travailleuses et les travailleurs migrants ». Dans ce document rendu public récemment, l’organisation a ajouté qu’à l’inverse, l’Afrique du Nord accueille moins de 1% des travailleurs migrants. Globalement, «la majorité des travailleurs migrants – 96 millions – sont des hommes tandis que 68 millions sont des femmes. Cela représente une augmentation de la proportion d’hommes parmi les travailleurs migrants de 56 à 58% et une baisse de deux points de pourcentage dans la proportion des femmes, de 44 à 42%, au cours de la même période», a indiqué l’OIT. Selon les explications de l’OIT, la présence accrue des hommes parmi les travailleurs migrants est due probablement à leur plus forte proportion parmi les migrants internationaux en âge de travailler et à leur plus fort taux d’activité. Pour l’organisation, il n’est pas exclu que la proportion plus élevée d’hommes parmi les travailleurs migrants s’explique aussi par d’autres facteurs. L’un d’eux est qu’«une plus grande propension des femmes à migrer pour des raisons autres que l’emploi (par exemple, le regroupement familial), ainsi que par une possible discrimination à l’encontre des femmes qui restreint leurs possibilités d’emploi dans les pays de destination », a-t-elle soutenu. Mais cette hausse a aussi des conséquences pour certains pays d’origine du fait que ce phénomène fait perdre une catégorie la plus productive de leur main-d’œuvre. En effet, les chiffres publiés dans ce rapport laissent apparaître que « près de 87% des travailleurs migrants sont des adultes dans la force de l’âge – âgés de 25 à 64 ans. Ce qui laisse supposer que « certains pays d’origine perdent la catégorie la plus productive de leur main-d’œuvre, ce qui, selon le rapport, pourrait avoir un impact négatif sur leur croissance économique », a ainsi déduit l’OIT. Selon les auteurs dudit rapport, il ressort des tendances régionales que sur les 164 millions de travailleurs migrants recensés à travers le monde, 67,9% (111,2 millions) vivent dans des pays à haut revenu, 18,6% (30,5 millions) dans des pays à revenu intermédiaire supérieur, 10,1% (16,6 millions) dans des pays à revenu intermédiaire inférieur et 3,4% (5,6 millions) dans les pays à bas revenu. L’autre enseignement de ce rapport, selon l’OIT : «Les travailleurs migrants forment 18,5% de la main-d’œuvre dans les pays à haut revenu, mais seulement 1,4 à 2,2% dans les pays à bas revenu». Dans son rapport, l’organisation note également qu’au cours de cette même période, «la concentration des travailleurs migrants dans les pays à haut revenu a reculé de 74,7% à 67,9%, tandis que leur poids dans les pays à revenu intermédiaire supérieur augmentait». Une évolution qui pourrait être attribuée au développement économique de ces derniers, a estimé l’OIT. A noter que pour les besoins de ce rapport, le terme de «travailleur migrant» fait référence aux individus migrants internationaux en âge de travailler et plus âgés, qui sont employés ou au chômage dans leur pays de résidence actuel. Alain Bouithy
Extension des zones forestières en Méditerranée

Les zones forestières ont connu une extension en Méditerranée, mais sont de plus en plus menacées. C’est ce qu’indique un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Centre d’activités régionales du Plan d’action pour la Méditerranée (Plan Bleu). « Entre 2010 et 2015, les zones forestières ont évolué de 2% en Méditerranée, soit 1,8 million d’hectares supplémentaires, ce qui représente à peu près la superficie de la Slovénie », souligne le document rendu public récemment. Selon ce rapport, intitulé «La situation des forêts en Méditerranée», l’extension de la zone forestière a été légèrement plus importante dans le Nord de la Méditerranée que dans le Sud, en particulier dans les régions à petites zones forestières. « L’Afrique du Nord abrite 4% des forêts méditerranéennes, mais les forêts représentent seulement un quart de ces zones protégées », précise le document. Mais en dépit de ces extensions, le rapport fait aussi état de la dégradation continue des forêts dans la région méditerranéenne, soulignant qu’à l’échelle nationale, les plus grandes pertes de zone forestière ont surtout été signalées dans les pays européens (entre 1990 et 2015, les plus grandes pertes de zone forestière ont été signalées au Portugal, en Bosnie-Herzégovine et en Albanie). Des menaces que les auteurs du rapport attribuent notamment au changement climatique, aux feux de forêt et aux pénuries d’eau. En effet, d’après le rapport, qui dénombre 80 millions d’hectares de terres dégradées – dont des forêts – dans la région méditerranéenne, le changement climatique constitue l’une des menaces les plus importantes pour toutes les forêts de la Méditerranée. A ce propos, la FAO prévient dans un communiqué que « la hausse des températures, les pluies irrégulières et les périodes de sécheresse prolongée devraient fortement altérer le couvert et la répartition des forêts et des arbres au cours des années à venir ». Comme l’explique l’agence onusienne, lorsque les arbres tentent de résister aux sécheresses, ils se vident de leur stock de carbone et produisent moins de glucides et de résines qui sont essentiels à leur santé. Cette situation a ainsi eu pour effet de voir dépérir les chênes, pins, épicéas et hêtres en Espagne, en France, en Italie et en Grèce ainsi que les cèdres de l’Atlas en Algérie, fait-elle observer. En ce qui concerne les feux de forêt et l’abandon des terres, l’organisation note qu’ils sont les principaux responsables de la dégradation des forêts dans le Nord de la Méditerranée. Selon le rapport, le surpâturage, la pression démographique et la surexploitation du bois de chauffage auraient des répercussions sur les forêts situées dans le Sud-Est. S’il est avéré que leur nombre a diminué ces dernières années dans le Nord et le Nord-Est de cette région, les données récoltées indiquent que les feux de forêt demeurent une menace importante, souligne le rapport rappelant l’augmentation du nombre de grands feux affectant plus de 500 hectares. Quant aux pénuries d’eau et l’érosion des sols, elles « sont particulièrement néfastes pour les forêts de la Méditerranée, car les sols s’affinent et s’appauvrissent davantage au fil du temps par rapport à d’autres régions », affirme le rapport. S’il est vrai que les forêts de la Méditerranée ont depuis longtemps appris à s’adapter aux pressions induites par le développement humain, comme le souligné Hiroto Mitsugi, sous-directeur général de la FAO en charge du Département des forêts, l’inquiétude vient du fait que « ces pressions n’ont jamais été aussi extrêmes que maintenant». Ce dernier prévient : «A moins d’en faire plus pour lutter contre la dégradation des forêts, plus de 500 millions de personnes à travers 31 pays et trois continents seront bientôt confrontées à des problèmes économiques, sociaux et environnementaux». Pour rappel, les zones forestières des pays méditerranéens représentent près de 88 millions d’hectares. Ce qui correspond à la superficie de la France et de l’Italie réunies ou encore l’équivalent de 2% de la zone forestière mondiale. Alain Bouithy
Distorsions et pertes de productivité au sein des économies nord-africaines

La Commission économique pour l’Afrique (CEA), une des cinq commissions régionales du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC), a appelé récemment à renforcer l’accès aux données pour mieux appréhender les distorsions économiques. L’appel est intervenu à l’issue de la réunion d’experts sur la qualité des institutions et la transformation structurelle organisée du 26 au 27 septembre dernier à Rabat sous le thème : «Qualité des institutions et transformation structurelle : distorsions et allocation des ressources en Afrique du Nord». Lors de cette rencontre, le Bureau de la CEA en Afrique du Nord a, en effet, appelé les pays à faciliter l’accès à leurs données microéconomiques aux chercheurs en vue de permettre l’analyse des causes des distorsions et des pertes de productivité au sein de leurs économies respectives. Les participants à ladite rencontre ont estimé que « l’accélération de la productivité des économies nord-africaines requiert une meilleure allocation des ressources intra-sectorielles pour assurer une croissance plus importante de la productivité, ainsi qu’une croissance économique durable et inclusive», rapporte la Commission. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la CEA a noté que l’imperfection des marchés et le manque d’efficience des institutions causent des distorsions, entraînant une mauvaise allocation des ressources au sein des économies nord-africaines, et privant ainsi les pays de gains de productivité importants. Il faut dire que «les débats menés durant l’atelier ont montré qu’il est important de faciliter l’accès des chercheurs aux données qui existent dans chaque pays », comme l’a souligné la directrice du Bureau de la CEA en Afrique du Nord, Lilia Hachem Naas. Selon elle, cette démarche va « permettre le développement d’une méthodologie d’analyse des distorsions qui les touchent, pour mieux lutter contre les pertes de productivité et mettre en œuvre les solutions requises pour réorienter les politiques de développement vers les secteurs productifs selon leurs besoins». Ainsi, pour faire face à cette situation, les experts participant à cette réunion ont souligné l’urgence et la nécessité d’aller plus loin dans l’étude pour une compréhension approfondie des distorsions que connaissent les économies nord-africaines. Ils ont, en outre, appelé à s’intéresser à leur impact sur la productivité totale et à se pencher sur les politiques à mener pour y remédier. Il est à souligner que les orientations et recommandations des experts partent d’un certain nombre de constats relevés dans le cadre d’une étude générale qui a été réalisée sur les distorsions observées au niveau des marchés du crédit et du travail, les incertitudes et les problèmes causés par les privilèges accordés à certaines entreprises au détriment d’autres, plus rentables et efficaces. A noter qu’une trentaine de spécialistes de la gouvernance et des politiques publiques, des représentants d’organisations internationales, de pays et des secteurs privés nord-africains ont pris part à cette rencontre qui avait pour but d’examiner les liens entre qualité des institutions et transformation structurelle, a précisé la CEA. A noter que le Bureau de la CEA en Afrique du Nord projette de publier un rapport sur le thème de la rencontre. Le document, qui sera disponible dans les prochains mois, reprendra les conclusions et recommandations issues de la réunion d’experts. Pour rappel, le Bureau de la CEA en Afrique du Nord couvre sept pays de la sous-région, à savoir : Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie et Soudan. Sa mission : soutenir le développement de ces pays «en les aidant à formuler et à mettre en œuvre des politiques et programmes à même de contribuer à leur transformation économique et sociale ». Alain Bouithy