La gestion efficace des ressources en eau, clé de la croissance et de la stabilité dans la région MENA

La gestion efficace des ressources en eau, clé de la croissance et de la stabilité dans la région MENA

La pénurie d’eau dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) peut constituer un facteur de déstabilisation ou un motif qui lie les communautés, ont estimé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Banque mondiale. Dans un nouveau rapport conjoint, «Gestion de l’eau dans les systèmes fragiles: renforcer la résilience aux chocs et aux crises prolongées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», l’agence onusienne et l’institution de Bretton Woods ont affirmé qu’une gestion efficace des ressources en eau dans le monde arabe est la clé de la croissance et de la stabilité futures dans cette région. Selon le document, qui décrit les risques associés aux défis de l’eau de la région et les politiques nécessaires pour y faire face, «l’instabilité combinée à une faible gestion de l’eau peut devenir un cercle vicieux qui exacerbe davantage les tensions sociales». Le rapport estime néanmoins que «les actions nécessaires pour rompre le cycle peuvent également être des éléments essentiels pour le rétablissement et la consolidation de la stabilité», indique-t-on dans un communiqué publié sur le site Internet officiel de la FAO. Soulignons qu’en marge de la conférence de la Semaine mondiale de l’eau, qui se tient du 26 au 31 août courant à Stockholm, en Suède, un appel avait été lancé pour «abandonner les politiques actuelles axées sur l’augmentation des approvisionnements vers une gestion à long terme des ressources en eau», indique la même source. «Des politiques inefficaces ont laissé les populations et les communautés de la région exposées aux conséquences de la pénurie d’eau, devenant de plus en plus sévères en raison de la demande croissante en eau et du changement climatique », a-t-on relevé lors d’une session spéciale consacrée à la région MENA. Au cours de cette session tenue mardi 28 courant, il avait été aussi rappelé que plus de 60% de la population de la région est concentrée dans des zones affectées par un stress hydrique de surface élevé ou très élevé, par rapport à une moyenne mondiale d’environ 35%. La situation est telle que «si rien n’est fait, la pénurie d’eau liée au climat devrait entraîner des pertes économiques estimées entre 6 et 14% du produit intérieur brut d’ici 2050 ; le taux le plus élevé au monde», a-t-on prévenu. Comme l’a si bien relevé Pasquale Steduto, coordinateur du programme régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord «les pertes économiques entraînent la hausse du chômage, aggravée par l’impact de la pénurie d’eau sur les moyens de subsistance traditionnels tels que l’agriculture». Ainsi, il estime que la dégradation de la situation peut entraîner «une insécurité alimentaire et des déplacements forcés de populations, ainsi que des frustrations croissantes liées à l’incapacité des gouvernements de garantir les services de base, ce qui pourrait aussi contribuer à l’instabilité généralisée dans la région». Co-auteur principal du rapport, il reste néanmoins optimiste en soutenant que «des mesures peuvent être prises pour empêcher que la pénurie d’eau et l’instabilité ne deviennent un cercle vicieux, en mettant l’accent sur la gestion durable, efficace et équitable des ressources en eau et la prestation de services». Pour sa part, Anders Jagerskog, spécialiste principal de la gestion des ressources en eau à la Banque mondiale et co-auteur principal du rapport, estime que «la rareté de l’eau a toujours une double dimension : locale, car elle affecte directement les communautés et régionale, du fait que les ressources en eau traversent les frontières». Ainsi, soutient-il, «s’attaquer à la réduction de la pénurie d’eau est une opportunité pour donner aux communautés locales les moyens de développer leur propre consensus local sur les stratégies permettant de relever le défi. Dans le même temps, c’est une motivation pour renforcer la coopération régionale face à un problème commun». Quoi qu’il en soit, «une approche équilibrée sera nécessaire pour aborder les impacts à court terme de la pénurie d’eau tout en investissant dans des solutions à plus long terme, y compris l’adoption de nouvelles technologies, comme base d’une croissance durable», assure la FAO dans son communiqué indiquant qu’en Égypte, 10% de l’eau agricole provient d’eau de drainage recyclée et qu’il est prévu d’installer au Maroc plus de 100.000 pompes solaires pour l’irrigation d’ici 2020. Alain Bouithy

Forte demande de financements des pays de la zone MENA auprès de la Banque mondiale

Forte demande de financements des pays de la zone MENA auprès de la Banque mondiale

Les demandes de financements émanant des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) auprès de la Banque mondiale ont atteint 6,3 milliards de dollars au 30 juin 2018. Dans un rapport rendu public récemment, l’institution de Bretton Woods a indiqué que les financements engagés au cours de son dernier exercice budgétaire provenaient de deux sources. D’un montant de 5,9 milliards de dollars, la première source de financement provenait de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) dont la mission consiste à assurer le développement dans les pays à revenu intermédiaire. Le deuxième financement de 430 millions de dollars provenait de l’Association internationale de développement (IDA), une institution du Groupe Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres. Dans un communiqué, l’institution internationale a relevé que les services intellectuels fournis par la Banque ont notamment consisté en un soutien aux pays à revenu élevé de la région, sous forme de services de conseil remboursables. Ainsi, en plus des 6,3 milliards de dollars de nouveaux financements engagés durant l’exercice 2018, la Banque mondiale a indiqué avoir fourni un large éventail de travaux d’analyse destinés à aider les pays de la région à transformer leur économie et à poser les jalons d’une croissance inclusive et de la création d’emplois. Il ressort ainsi du rapport de la Banque mondiale qu’un montant de 55 millions de dollars a été alloué aux différentes initiatives des Etats de la région MENA, au cours du dernier exercice. «Ce programme a appuyé la diversification des économies et de promotion du développement du secteur privé tout en soutenant le développement humain à travers la réforme des services publics essentiels que sont notamment l’éducation, la santé et la protection sociale », a précisé la banque. D’après le communiqué de l’institution internationale, la BM a notamment accordé en Afrique du Nord : 500 millions de dollars à l’Égypte afin de soutenir les réformes de l’enseignement public et 200 millions de dollars au Maroc en faveur d’un projet visant à rapprocher les agriculteurs des marchés. Au Moyen-Orient, les engagements de la Banque mondiale ont notamment porté sur les financements de «225 millions de dollars en faveur d’un projet d’extension du réseau de transport public destiné à la fois aux réfugiés syriens et aux communautés d’accueil au Liban; et 400 millions de dollars supplémentaires pour un projet d’urgence visant à reconstruire les infrastructures et à rétablir les services dans les régions d’Iraq reprises au groupe Etat islamique», renseigne le communiqué. Ainsi que l’a souligné le vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord, Ferid Belhaj, la BM est déterminée à «aider la région à surmonter ses difficultés et à atteindre son potentiel, et nos investissements sont à la hauteur de cet engagement». La banque, a-t-il poursuivi, mettra à l’avenir l’accent sur la situation des jeunes de la région, «en nous attachant en particulier à leur donner les moyens de se saisir du pouvoir des nouvelles technologies et de créer un secteur privé dynamique et innovant susceptible de devenir une nouvelle source de croissance et d’emplois». A noter que «la stratégie de la Banque mondiale pour la région MENA a pour objectif de favoriser la paix et la stabilité en rétablissant la confiance des citoyens envers leurs gouvernements, en prônant une coopération régionale accrue, en renforçant les capacités à gérer les conséquences de l’instabilité et en soutenant dans la mesure du possible les efforts de redressement et de reconstruction», peut-on lire sur le site. Des objectifs que la BM entend poursuivre «tout en étant bien consciente que les budgets nationaux sont soumis à des pressions extrêmes et que le secteur privé doit jouer un rôle nettement plus important dans le financement d’infrastructures clés», a précisé Ferid Belhaj. Alain Bouithy

Le rebond de l’économie mondiale ouvre une fenêtre d’opportunité pour engager des réformes dans la région MOAN

Le rebond de l’économie mondiale ouvre une fenêtre d’opportunité pour engager des réformes dans la région MOAN

Le rebond de l’économie mondiale ouvre une fenêtre d’opportunité pour engager des réformes dans les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOAN), a affirmé le Fonds monétaire international (FMI) dans un document rendu public récemment. « Promouvoir la croissance inclusive demande des réformes audacieuses, et l’actuel regain de la croissance mondiale est la meilleure chance qui se présente pour cela depuis plusieurs années », a estimé l’organisation internationale notant que la croissance mondiale est à son plus haut depuis une dizaine d’années et qu’elle devrait progresser encore en 2018 et 2019. Dans ce document, intitulé « Opportunités pour tous. Croissance et inclusion au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », le FMI précise que la croissance projetée de la région MOAN devrait s’accélérer à 3,5% au cours de cette même période, soulignant toutefois qu’elle resterait nettement inférieure aux 5,6 % atteints en moyenne entre 2000 et 2008. Ainsi, le Fonds monétaire exhorte les pays de la région MOAN à agir afin de profiter des vents favorables actuels, notamment en rendant l’investissement plus efficient et augmentant la productivité. Ce qui, à en croire l’organisation, « inverserait l’impact négatif sur la croissance des faibles niveaux d’emploi, d’investissement et de productivité (PTF) constatés depuis une dizaine d’années ». A cet égard, le FMI se réjouit de constater que plusieurs gouvernements de la région ont déjà engagé des réformes, plaçant la croissance inclusive et la création d’emplois au cœur de leur stratégie de développement, et note que certaines de ces nouvelles mesures ont commencé à être appliquées. A propos de ces réformes, l’organisation pense que « le défi consiste à les accélérer et à les faire monter en puissance, à passer de l’engagement en faveur de la croissance inclusive à l’action concrète, et arriver à une amélioration perceptible des perspectives d’emploi et des niveaux de vie ». Cependant, si faire avancer les réformes après des années de croissance faible, d’austérité et, dans certains pays, de conflit armé, constitue un défi pour les responsables des politiques économiques de la région MOAN, la question centrale porte sur le moyen d’accélérer leur mise en œuvre afin d’améliorer le sort et le niveau de vie des populations. Et d’y parvenir de manière soutenable. « Plus largement : comment la région peut-elle répondre aux aspirations de la jeunesse, donner foi en l’avenir et améliorer la confiance du public dans les performances et la responsabilité du gouvernement ? », s’interroge le FMI. Pour la région MOAN, le premier défi pour obtenir une croissance inclusive est de créer des emplois dans des marchés du travail de plus en plus sous pression. Pour bien comprendre l’importance de la démarche, les auteurs du document font observer que « ces cinq dernières années, la population en âge de travailler a augmenté de 50,2 millions, et 27,6 millions sont entrées dans la vie active ». Alors que le nombre d’emplois n’a, quant à lui, augmenté que de 25,4 millions. En outre, selon les projections démographiques actuelles, « dans les cinq prochaines années, quelque 5,5 millions de nouveaux travailleurs vont rejoindre la population active chaque année », poursuivent-ils. Ce qui correspond à un peu plus de 27 millions de jeunes. C’est dire que le défi majeur à moyen terme pour la région sera de fournir des emplois à cette population. Précisons que le document, signé du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, rend compte du travail effectué depuis Amman, développé à Marrakech, par le FMI et les pays membres de la région MOAN sur l’enjeu de la croissance inclusive. En plus d’étudier les principales difficultés que rencontre la région MOAN pour promouvoir la croissance inclusive, il « passe en revue les principaux éléments qui permettent de comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les pays de la région pour créer davantage d’emplois, stimuler la croissance et la rendre plus inclusive », précise-t-on dans un communiqué soulignant qu’il s’intéresse aussi aux stratégies spécifiques qui pourraient aider la région MOAN à rendre la croissance plus inclusive. Alain Bouithy

L’UE mobilise 90,5 millions d’euros pour la gestion des flux migratoires en Afrique du nord

L’UE mobilise 90,5 millions d’euros pour la gestion des flux migratoires en Afrique du nord

La Commission européenne a approuvé vendredi trois nouveaux programmes relatifs à la migration en Afrique du Nord, pour un montant total de 90,5 millions d’euros. Selon l’exécutif européen, ces nouveaux programmes, relevant du fonds fiduciaire de l’Union européenne pour l’Afrique, visent à accroître l’aide de l’UE en faveur des réfugiés et des migrants vulnérables et à améliorer les capacités de gestion des frontières des pays partenaires, dont le Maroc. Ils se conforment à l’engagement pris lors du Conseil européen du 28 juin 2018 d’ »intensifier l’aide le long de la route de la Méditerranée centrale en faveur des communautés côtières et méridionales, de conditions d’accueil humaines et d’une coopération avec les pays d’origine et de transit, tout en augmentant l’aide aux pays touchés par l’augmentation des flux migratoires le long de la route de la Méditerranée occidentale, et notamment le Maroc », précise un communiqué de la Commission. « Les nouveaux programmes adoptés aujourd’hui intensifieront l’action que nous menons en vue de gérer les flux migratoires de manière humaine et durable, en sauvant et en protégeant la vie de réfugiés et de migrants et en leur fournissant une aide et en luttant contre les trafiquants et les passeurs », a expliqué la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, citée dans le communiqué. Elle a souligné « l’approche intégrée » de l’UE qui « combine une action en mer et une action conjointe avec des pays partenaires le long des routes migratoires, y compris en Libye et au Sahel ». Les nouveaux programmes viendront compléter les efforts actuellement déployés par l’UE dans la région. Au moyen du programme de gestion des frontières de la région du Maghreb, d’une valeur de 55 millions d’euros, l’UE soutiendra ainsi « les efforts consentis par les institutions nationales au Maroc et en Tunisie en vue de sauver des vies humaines en mer, d’améliorer la gestion des frontières maritimes et de lutter contre les passeurs opérant dans la région ». Mis en œuvre par le ministère de l’intérieur italien et le Centre international pour le développement des politiques migratoires (CIDPM), ce programme mettra l’accent sur le renforcement des capacités, ainsi que sur la fourniture d’équipements et leur entretien. Avec 6,5 millions d’euros supplémentaires, l’UE renforcera également son aide aux migrants vulnérables, à l’appui de la stratégie nationale du Maroc en matière de migration, adoptée en 2014. En s’appuyant sur les programmes existants, l’UE accroîtra, en outre, son aide en faveur de la protection des réfugiés et des migrants en Libye « aux points de débarquement, dans les centres de rétention, dans les régions méridionales désertiques éloignées et en milieu urbain ». D’une valeur de 29 millions d’euros, le programme d’ »approche intégrée de la protection et d’aide d’urgence aux migrants vulnérables et bloqués en Libye » sera mis en œuvre conjointement avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il encouragera aussi les initiatives visant à ouvrir des perspectives économiques aux migrants sur le marché du travail national, en concertation avec le ministère libyen du travail.

L’Afrique du Nord affiche une bonne performance économique

L’Afrique du Nord affiche une bonne performance économique

La Banque africaine de développement (BAD) a dévoilé, lundi 12 mars, à Tunis, son rapport sur les «Perspectives économiques en Afrique» dédié, pour la première fois depuis 15 ans qu’il existe, à l’Afrique du Nord. Comme annoncé lors du lancement à Abidjan de l’édition 2018 de son rapport phare, la publication a été étoffée de focus régionaux – un pour chacune des cinq grandes régions d’Afrique. Le précieux document consacré à l’Afrique du Nord a été présenté dans les locaux du Bureau régional de l’institution bancaire, à Tunis, par l’économiste régionale pour l’Afrique du Nord, Assitan Diarra-Thioune. Il ressort du rapport que la région Afrique du Nord a signé au titre de l’année 2017 une performance économique supérieure à la moyenne affichée par le continent dans son ensemble (3,6%), qui s’est conclue sur une croissance de 4,9% du PIB réel, en hausse par rapport aux 3,3% enregistrés en 2016. La progression est telle que la région de l’Afrique du Nord s’est placée en deuxième position en Afrique, derrière l’Afrique de l’Est (5,9%), selon l’institution de référence en matière de financement du développement en Afrique. Le rapport a attribué cette évolution notamment à une production de pétrole plus importante que prévu en Libye, qui a permis au pays de voir son PIB bondir de 55,1% en 2017. Mais pas seulement. La banque a également attribué cette progression à la performance du Maroc, «qui a vu son taux de croissance passer de 1,2 % en 2016 à 4,1% en 2017», car stimulé par la hausse de la productivité agricole, qui a profité d’une bonne saison agricole et de pluies en quantité conjuguée aux impacts positifs du déploiement du Plan Maroc Vert. L’institution bancaire n’oublie pas non plus la contribution de l’Egypte dans cette amélioration. En effet, porté par son programme de réformes macroéconomiques et structurelles, le pays des Pharaons affiche lui aussi une croissance enviable de son PIB, de l’ordre de 4% en 2017 En détail, le rapport relève que «d’un point de vue global, la croissance de la région Afrique du Nord est nourrie principalement par le secteur réel, dont de nouveaux secteurs à haute valeur ajoutée comme l’électronique et la mécanique, ainsi que par la consommation privée et publique». Optimiste quant à l’évolution de l’économie de la région, le rapport a affirmé que «les perspectives demeurent positives pour 2018 et 2019 grâce, notamment, aux réformes engagées dans l’ensemble des pays de la région». Ainsi, selon les projections de la Banque africaine, la croissance de l’Afrique du Nord devrait atteindre respectivement 5% et 4,6% en 2018 et 2019. A propos du Maroc, rappelons que la BAD avait estimé en janvier dernier la croissance du PIB réel à 4,1 % en 2017 et avait souligné une année où la saison agricole a été exceptionnellement bonne. Dans son rapport présenté en janvier dernier, la banque notait qu’en septembre dernier, la production de céréales avait atteint 96 millions de quintaux (contre 33,5 millions en 2016). Elle ajoutait que la croissance du pays devrait, en grande partie, être portée par une hausse de la valeur ajoutée du secteur agricole (16,1% en 2017). Le même document avait aussi relevé que la valeur ajoutée non agricole a augmenté plus lentement en 2017 (3,1%), mais plus qu’en 2016 (2.2%) et est principalement tirée par les services et les activités extractives. Et d’ajouter que la croissance du PIB réel devrait atteindre 3,1% en 2018. Commentant les indicateurs macroéconomiques du Royaume, la BAD faisait observer qu’en 2017, le Maroc a poursuivi sa politique d’assainissement des finances publiques entamée en 2011. Le déficit budgétaire devrait ainsi atteindre 3,6% du PIB en 2017 contre 4,1% en 2016, mais est projeté à 3% en 2018. Poursuivants ses analyses, elle ajoutait que les échanges extérieurs devraient s’améliorer par rapport à 2016 grâce à la baisse des importations de blé (due à la hausse de la production et à la limitation des importations) et à l’évolution des exportations résultant des «nouveaux métiers» (automobile, aéronautique, et électronique). Dans son rapport, la BAD estimait aussi qu’«en prix constant, les exportations devraient augmenter de 5,1% en 2016 à 6,6% en 2017, puis à 6% en 2018. Malgré l’alourdissement de la facture énergétique (30% en 2017), la croissance des importations est descendue à 5,7% en 2017 contre 7,2% en 2016, en raison d’une diminution de 22% des importations céréalières». Pour la Banque africaine, le déficit du compte courant devait tourner autour de 4% du PIB pour 2017 contre 4,4% en 2016. « Cette amélioration est due à l’augmentation de l’investissement direct étranger (32%) et des envois de fonds des migrants (2%) par rapport à 2016. La dette publique est en baisse et estimée à 63 % du PIB pour 2017 contre 64,7% en 2016. L’inflation devrait rester faible (0,7%) en 2017 », avait-elle expliqué. A noter que le rapport «Perspectives économiques en Afrique pour 2018» a été élaboré sous la supervision de Célestin Monga, vice-président, gouvernance économique et gestion du savoir, ECVP. La précédente édition avait pour thème : « Entrepreneuriat et développement industriel ». Alain Bouithy

Le taux de chômage devrait baisser en 2018 en Afrique du Nord

Le taux de chômage devrait baisser en 2018 en Afrique du Nord

Dans son récent rapport sur «Emploi et questions sociales dans le monde – Tendances 2018», l’Organisation international du travail (OIT) a annoncé que le taux de chômage devrait diminuer dans la région Afrique du Nord. Selon ce document dont nous avons abordé quelques aspects dans nos précédentes éditions, le taux de chômage devrait passer de 11,7% en 2017 à 11,5% en 2018. Alors que le chômage élevé devrait persister en 2018 à l’échelle mondiale, ledit rapport a indiqué que le nombre de chômeurs dans cette région demeure stable à 8,7 millions dans un contexte de forte croissance de la main-d’œuvre. Le rapport a toutefois souligné qu’«à l’échelle mondiale, la région affiche le plus fort taux de chômage alimenté par de graves pénuries d’emploi pour les jeunes et les femmes, nettement surreprésentés parmi les chômeurs». A noter qu’à l’échelle des Etats arabes, il ressort du rapport que la situation du marché du travail devrait rester relativement stable, avec un taux de chômage régional qui devrait légèrement décliner pour atteindre 8,3% en 2018 et repartir à la hausse en 2019. A ce propos, le rapport ajoute que «près de 5 millions de personnes seront au chômage en 2018, les femmes représentant près du tiers des personnes sans emploi bien qu’elles ne représentent que 16% de la main-d’œuvre régionale». Soulignons également que le reste du continent africain n’est pas mieux loti, si l’on en croit les données statistiques relevées par le rapport. En effet, les auteurs du rapport ont indiqué que le taux de chômage devrait atteindre 7,2% dans la région Afrique subsaharienne, demeurant pour l’essentiel inchangé. Dans leur rapport, ils ont aussi affirmé que le nombre de chômeurs devrait augmenter d’1 million, précisément en raison des forts taux de croissance de la main-d’œuvre dans la région. Ce n’est pas tout. Au fil du rapport on apprend également que «plus d’un travailleur sur trois vit dans des conditions d’extrême pauvreté, tandis que près de trois travailleurs sur quatre occupent un emploi vulnérable». Rappelons qu’au niveau mondial, l’accroissement de la main-d’œuvre fait qu’en 2018 le chômage devrait rester au même niveau que l’année précédente. Selon le rapport, le taux de chômage aurait atteint 5,6% en 2017, pour un nombre total de chômeurs dépassant les 192 millions. La conjoncture économique mondiale à long terme demeurant morose en dépit d’une croissance plus forte que prévue en 2017, «le rapport attribue essentiellement la tendance positive enregistrée entre 2017 et 2018 à la bonne performance des marchés du travail dans les pays développés, où le taux de chômage devrait encore reculer de 0,2 point de pourcentage en 2018 pour se limiter à 5,5%, un taux inférieur à ce qu’il était avant la crise», a relevé l’OIT dans un communiqué. Cependant, l’institution onusienne a estimé qu’à l’inverse, «la croissance de l’emploi ne devrait pas suffire à combler l’augmentation de la population active dans les pays émergents et les pays en développement, mais elle a toutefois progressé par rapport à 2016».

La croissance dans la région MOANAP reste modérée

La croissance dans la région MOANAP reste modérée

Les pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) devraient tirer parti de l’affermissement de l’économie mondiale, a estimé le Fonds monétaire international (FMI) dans un récent rapport. Le FMI a toutefois noté que les perspectives économiques de la région restent ternes principalement en raison de la poursuite de l’ajustement au bas niveau des prix du pétrole et des conflits régionaux. L’institution de Bretton Woods en déduit ainsi que «les pays de la région doivent profiter de la reprise actuelle de la croissance mondiale pour assainir leurs finances publiques, accélérer des réformes riches en emplois et diversifier leur économie». Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour a toutefois assuré qu’«à moyen terme, la croissance devrait s’accélérer progressivement dans la plupart des pays de la région MOANAP». Mais il a prévenu qu’«elle restera insuffisante pour s’attaquer au chômage élevé dans la région et rehausser le niveau de vie de l’ensemble de la population». Il n’y aurait donc pas de quoi se réjouir. En détail, le Fonds monétaire a indiqué que la croissance globale dans les pays exportateurs de pétrole de la région devrait atteindre son point le plus bas, 1,7%, en 2017, en raison de la baisse de la production de pétrole dans le cadre de l’accord de l’OPEP. En revanche, la croissance non pétrolière devrait remonter à environ 2,6% en 2017 tandis que le rythme de la réduction du déficit budgétaire ralentit, a-t-il souligné dans une note publiée sur son site web officiel. «En dépit des progrès déjà accomplis, le bas niveau des prix du pétrole a maintenu les déficits budgétaires à des niveaux élevés dans beaucoup de pays exportateurs de pétrole, et il est donc nécessaire de continuer de mettre l’accent sur leur réduction», a fait remarquer le FMI. S’agissant des pays importateurs de pétrole, le rapport a fait état d’une croissance plus rapide qui devrait s’élever à 4,3% cette année (contre 3,6% en 2016) et se poursuivre en 2018. A en croire le FMI, cette évolution serait liée à l’augmentation de la demande intérieure, à des réformes d’accompagnement et à l’accélération de la croissance mondiale. Les analystes de l’institution financière internationale ont également ajouté que la dette publique serait élevée parmi les pays importateurs de pétrole de la région dont « bon nombre demeurent confrontés à des recettes insuffisantes d’une part et à une hausse des dépenses courantes (y compris les masses salariales publiques) d’autre part», ont-ils souligné notant ainsi que la dette publique est passée à plus de 50% du PIB dans la plupart de ces pays. Le rapport préconise ainsi d’«accroître les recettes et de réduire les dépenses de manière ciblée, tout en protégeant les dépenses sociales et les dépenses qui sont propices à la croissance ». Quoiqu’il en soit, le FMI a estimé que tous les pays de la région MOANAP devraient profiter de l’occasion offerte par l’affermissement de la reprise mondiale pour mettre en œuvre des réformes riches en emplois. Parmi les arguments évoqués par l’institution : les réformes vont permettre de s’attaquer à leur chômage déjà élevé et absorber les 26 millions de jeunes qui devraient arriver sur le marché du travail d’ici 2022. Dans ce cas, «les pouvoirs publics peuvent jouer un rôle important dans le développement du secteur privé en améliorant le climat des affaires, en renforçant la transparence et la responsabilisation des institutions publiques, et en améliorant l’accès au crédit», a préconisé le FMI. Il recommande aussi de maintenir les dispositifs de sécurité sociale afin de protéger les groupes vulnérables de la société, d’améliorer l’éducation de manière à mieux faire correspondre les qualifications des travailleurs aux besoins du marché, ainsi que d’encourager la libre circulation de la main-d’œuvre. Enfin, le rapport exhorte les pays de la région à tirer parti du commerce international pour soutenir la croissance économique. A ce propos, le FMI a constaté que «les pays importateurs de pétrole sont déjà mieux intégrés dans les chaînes de valeur mondiales et leurs exportations sont plus diversifiées». Ce qui fait qu’ils devraient maintenant chercher en priorité à améliorer la qualité de leurs exportations. Quant aux pays exportateurs de pétrole, il leur est recommandé de «diversifier leur production afin d’exporter une gamme plus large de biens et services. La plupart des pays tireraient parti d’accords commerciaux et de nouvelles possibilités d’intégration, tels que l’initiative chinoise «Belt and Road» et le Pacte avec l’Afrique», a justifié le FMI.

Appel de l’OIT en faveur de l’emploi des jeunes en Afrique du Nord

Appel de l’OIT en faveur de l’emploi des jeunes en Afrique du Nord

Les pays de l’Afrique du Nord doivent adopter une réponse globale plus concertée pour remédier à la crise de l’emploi des jeunes dans cette région, a estimé tout dernièrement l’Organisation internationale du travail (OIT). Selon des chiffrés avancés par l’agence onusienne, le taux de chômage des jeunes dans cette région a atteint 28,8%. Ce qui représente le double de la moyenne mondiale et confirme l’urgence d’une « réponse politique forte » afin d’inverser les tendances, a indiqué Deborah Greenfield, directrice générale adjointe de l’OIT pour les politiques. A en croire l’organisation, l’Afrique du Nord continue de souffrir de niveaux de chômage insupportables et d’une trop faible participation économique de sa jeunesse. Cette situation demeure ainsi préoccupante à bien des égards d’autant plus que, selon les données statistiques relatives à cette tranche de la société, seuls 16,6% des jeunes femmes et 46,8% des jeunes hommes sont économiquement actifs. C’est-à-dire, travaillent ou cherchent un emploi. L’autre préoccupation, c’est que « parmi ces actifs, 29,3% (24,1% des jeunes hommes et 44,4% des jeunes femmes) sont au chômage et on estime qu’environ 25% des jeunes travailleurs vivent dans la pauvreté», a noté l’OIT. Selon l’agence, les jeunes travailleurs ont trois fois plus de risque d’être au chômage que les adultes. En outre, l’Afrique du Nord se caractérise par l’un des plus grands déséquilibres entre hommes et femmes en matière de taux d’activité. Pour combler le déficit d’emploi pour les jeunes en Afrique du Nord, l’OIT a lancé un appel aux partenaires sociaux, aux gouvernements, aux organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi qu’aux partenaires du développement dans lequel il leur a été demandé de renouveler «leur engagement et leur action en faveur de l’emploi des jeunes». Un appel lancé lors de la conférence internationale organisée par l’OIT le mois dernier à Genève et qui visait à traiter des problèmes les plus urgents concernant les jeunes et le travail décent en Afrique du Nord. «La formulation et la mise en œuvre de réponses politiques globales et coordonnées, des mesures basées sur des données factuelles, le dialogue social et les partenariats mondiaux» devraient aboutir à une action internationale volontariste, a estimé Deborah Greenfield. L’objectif étant de répondre aux niveaux élevés de chômage et de sous-emploi chez les jeunes, à l’informalité grandissante, et à la faible croissance de la productivité», a-t-elle soutenu lors de cette rencontre de deux jours portée sur le thème «Amplifier les actions en faveur de l’emploi des jeunes». Pour l’OIT, il est urgent que les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs, et d’autres acteurs de la région, ainsi que les partenaires au développement définissent, à partir de données empiriques, «une stratégie sur l’emploi des jeunes pour les cinq prochaines années». Dans un communiqué, l’OIT a affirmé que les ministres et ministres délégués d’Algérie, d’Egypte, du Maroc, du Soudan et de Tunisie ayant participé au panel de haut niveau sur les défis et les perspectives pour l’emploi des jeunes en Afrique du Nord ont réaffirmé que l’enjeu de l’emploi des jeunes exigeait une stratégie coordonnée. Egalement présent à cette conférence, le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, s’est fondu d’un rappel à l’adresse des participants : «Le plus grand défi pour le développement mondial au cours des prochaines décennies sera vraisemblablement d’intégrer des centaines de millions de jeunes gens sur le marché du travail», a précisé la même source.