Matières premières en 2025 : énergie en baisse, aliments stables et métaux en reprise

Matières premières en 2025 : énergie en baisse, aliments stables et métaux en reprise

Les prix des matières premières ont affiché en 2025 des évolutions contrastées, après le repli observé en 2023 et 2024, constate la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). D’après de département relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances, le recul persistant des cours de l’énergie, la stabilisation des denrées alimentaires et la remontée des métaux traduisent des dynamiques d’offre et de demande différenciées, dans un contexte de croissance mondiale toujours inégale. Dans sa note de conjoncture de décembre 2025, la DEPF fait état d’un net recul de l’indice de prix de la Banque mondiale de -6% sur janvier-novembre (en g.a.), tiré par l’énergie (-11%) et l’alimentaire (-6%), surtout les céréales (-11%) et le sucre (-16%); alors que les engrais et les métaux de base se sont redressés respectivement de +19% et +6% Selon la même source, « les métaux précieux se sont envolés (+41%), l’or (+42%) et l’argent (+35%) atteignant des records, soutenus par un dollar plus faible et par leur statut de valeur refuge face aux incertitudes géoéconomiques ». Pour la DEPF, ces évolutions reflètent des dynamiques sectorielles distinctes. Et de préciser que la chute des cours de l’énergie découle d’une offre abondante et d’une demande faible, tandis que la modération des prix des céréales et du sucre s’explique par des perspectives de récoltes favorables. À l’inverse, les engrais bénéficient d’une demande robuste. De leur côté, les métaux de base (notamment le cuivre et l’aluminium) profitent du redressement progressif du cycle manufacturier mondial et de l’accélération de la demande structurelle liée à l’électrification (véhicules électriques, réseaux et centres de données), sur fond de contraintes d’offre. Globalement, les cours des produits de base devraient rester modérés, bien qu’ils demeurentvulnérables aux aléas économiques, géopolitiques et climatiques. Avec CP

En honneur de la République du Congo, clôturer 2025 pour renaitre en 2026

En honneur de la République du Congo, clôturer 2025 pour renaitre en 2026

TRIBUNE. Le 31 décembre 2025, le Chef de l’Etat congolais, le Président Denis Sassou Nguesso devrait, selon la tradition, et comme il s’en est créé l’habitude officielle, le 31 décembre de chaque année, s’adresser à la Nation congolaise. Le 28 novembre dernier, pour la 67ème Journée de la République, il avait également livré un discours de circonstance. Par ces temps qui courent, les défis qu’affronte l’Etat congolais et les attentes des populations du pays sont de taille. Mais l’élan au processus des réformes engagées par le Gouvernement Congolais pour des solutions durables à ces défis et à ces attentes marque le pas. Malgré les déclarations ministérielles, la gouvernance ne semble pas avoir un impact réel sur le développement du pays. Les indicateurs économiques montrent une croissance modérée. La pauvreté, la corruption et les inégalités persistent. De même, la dépendance excessive au secteur pétrolier qui représente 50% du PIB et 80% des exportations. Les pénuries d’électricité et d’eau, dans les villes, n’en finissent pas de gêner le quotidien des usagers de ces produits. Et les corps syndicaux, représentant des intérêts des travailleurs, grognent. Une situation qui pourrait, au bout du compte, ébranler la confiance des populations et ainsi mener à un déclin de l’efficacité des autorités. Dans cet environnement socio-économique congolais marqué par des efforts insuffisants du Gouvernement pour assurer la relance, une attitude est incompréhensible. Celle de la tendance persistante des dirigeants consistant à ignorer royalement les contributions au développement du pays, sans cesse avancées par les forces de l’opposition et de la société civile, aussi bien de l’intérieur du pays que de la diaspora. Comme, assurément, dans tous les États du monde, l’année 2025 se termine, en République du Congo, avec des difficultés non totalement soldées qui s’ajouteront à celles de 2026. Il va sans dire que 2026 étant une année électorale, en République du Congo, avec les présidentielles du mois de mars, les regards des dirigeants seront beaucoup plus axés vers les efforts de reconduction au pouvoir de leur candidat que tournés du côté de la solution aux préoccupations pendantes. D’où la nécessité de cette pause nationale, avant les présidentielles, que des forces nationales attachées au progrès et à la concorde, dans le pays, appellent de leurs voeux, depuis quelque temps. Cela, pour mieux asseoir le présent en le réparant et bien préparer les lendemains de la République. Si l’on y prend garde, les questions non tranchées, en 2025, risqueraient de se poser, à nouveau, en 2026, en dépit des élections présidentielles qui approchent. Dans l’hypothèse de la reconduction tant recherchée, à coup de forte propagande, du candidat du pouvoir par ses partisans, la République court le risque d’une poursuite des mêmes habitudes, des mêmes méthodes et d’identiques manières d’être tenue, comme jusqu’au soir des présidentielles, puisque, dans leur grande majorité, les hommes d’avant descendants, seraient quasiment tous là, dans l’équipe montante. Pour me redire, avec humilité et respect à l’égard des potentiels candidats à ces présidentielles de 2026, une pause nationale, avant celles-ci, pourrait être bénéfique afin d’amener la Nation à réfléchir aux défis actuels en vue des solutions durables. Renforcer, par ailleurs, la cohésion nationale et la confiance entre les citoyens et les dirigeants. Préparer, en partage, et avec sens de responsabilité, l’avenir du pays. Il en découlerait un engagement des dirigeants à mettre en œuvre l’ensemble des décisions et d’actes en réponse aux problèmes. Des milieux politiques congolais avanceraient que l’idée d’une pause nationale que réclameraient l’opposition et la société civile, avant les présidentielles de mars 2026, viserait une opportuniste bousculade pour se partager des postes ministériels avec le pouvoir du Président Denis Sassou Nguesso aux fins de profiter de l’opération et s’en mettre plein les poches. Une affirmation que j’estime légère, parce que non fondée. Ne reposant pas sur une volonté affichée de l’opposition et de la société civile de s’asseoir à la même table du Gouvernement pour des désastreuses postures des volontés de s’approprier des postes en vue de l’enrichissement. Il est vrai que des acteurs politiques congolais pourraient instrumentaliser l’idée d’une pause nationale pour des velléités des gains personnels au détriment des causes nationales. Encore faudrait-il le prouver. Aussi est-il plus indiqué de juger les conseils de l’opposition, non sur la base des procès d’intention et de suppositions, mais sur les faits réels. Le pouvoir actuel à Brazzaville semble avoir la main lourde pour engager des réformes, notamment celles qui touchent à la transparence de la gouvernance financière du pays. La République du Congo est riche en ressources naturelles, mais leur gestion ne sert pas à fond les intérêts de la communauté nationale. Des compatriotes, spécialistes des questions monétaires et financières reviennent, avec insistance, sur le dénuement et la sécheresse du Trésor Public pour stigmatiser la destination des fonds publics, tirés des revenus nationaux, vers les Banques privées. Le Gouvernement n’a en jamais démontré le contraire. Enfin, bon nombre de Congolais, et non des moindres, sur l’arène politique congolaise, laissent entendre que toute idée d’une perspective de pause nationale ou d’un dialogue national sans exclusive, devant déboucher sur une gestion des élections présidentielles différentes de l’actuelle, par une commission électorale, réellement indépendante, est une vue de l’esprit, une illusion. Donc irréalisable, aux circonstances présentes. Soit. Mais, en citoyen aimant intensément son pays, je continue d’en appeler à la grandeur et au sens du devoir national du Président Denis Sassou Nguesso pour créer les conditions d’une autre manière de gouverner le pays. Dans les heures qui suivront l’année 2025 va se clôturer. Tout en ayant des pensées pour des compatriotes qui s’en sont allés, puisse ceux en vie, sans exception, en leurs rangs, statuts sociaux, postes, grades et fonctions, sur l’étendue du territoire de la République du Congo et au sein des diasporas, trouver ici l’expression de mes vœux les meilleurs, pour la nouvelle année 2026. Une année que j’espère ne pas entrainer d’autres conflits, des tensions et une incertitude, dans un monde déjà instable. Paris 26 décembre 2025 Ouabari Mariotti

Classement : les 7 présidents africains aux plus longs règnes en 2025

Classement : les 7 présidents africains aux plus longs règnes en 2025

Teodoro Obiang Nguema en Guinée Équatoriale, Paul Biya au Cameroun ou encore Paul Kagame au Rwanda, ils sont près d’une dizaine de présidents à s’être maintenus au pouvoir durant des décennies. Entre modifications de la constitution, mainmise sur les élections et autres mesures autocratiques, ils ont tout osé et tout reformé pour demeurer chef d’États. Paul Kagamé, Rwanda (25 ans) Réélu le 15 juillet 2024, Paul Kagamé est président de la République du Rwanda depuis le 24 mars 2000, soit 25 ans. Âge de 67 ans, il était commandant du Front patriotique rwandais (FPR), un mouvement rebelle qui combattait le pouvoir Hutu. Il remporte la guerre civile rwandaise et met fin au génocide des Tutsi en 1994. Par la suite, il devient vice-président et ministre de la Défense, sous la présidence de Pasteur Bizimungu. À son poste, il soutient une invasion rebelle du Zaïre en 1996, menant au renversement du président zaïrois Mobutu Sese Seko en 1997. Il soutient également plusieurs groupes rebelles dans la deuxième guerre du Congo, de 1998 à 2003, contre le nouveau gouvernement congolais de Laurent-Désiré Kabila puis de son fils Joseph Kabila. Après la démission de Pasteur Bizimungu en 2000, il accède à la présidence en tant que quatrième président du Rwanda et depuis, il sera systématiquement réélu. Alors que beaucoup apprécient son bilan économique, il est considéré par plusieurs observateurs comme étant un dictateur. Il est accusé par l’ONU d’être partie prenante à la guerre du Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, en soutenant le Mouvement du 23 mars (M23), groupe armé rebelle accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ismail Omar Guelleh, Djibouti (26 ans) On n’entend pas souvent parler de lui, mais Ismail Omar Guelleh, 77 ans, Président de la République de Djibouti, a une longévité à ne pas négliger. Guelleh dirige le pays depuis 26 ans, détenant le record de longévité à la présidence de Djibouti. Il arrive au pouvoir le 08 mai 1999, succédant à son oncle Hassan Gouled Aptidon, et devient le deuxième président de Djibouti en mai 1999. En 1965, âgé de 18 ans, Ismail Omar Guelleh commence à travailler au sein des Renseignements généraux du Territoire français des Afars et des Issas, car il est polyglotte, s’exprimant en amharique, somalien, arabe, français, italien et anglais. En 1974, il est suspendu de ses fonctions, car soupçonné de transmettre des informations à la mouvance indépendantiste. Il s’investit alors dans la Ligue populaire africaine pour l’indépendance (LPAI) présidée par Hassan Gouled Aptidon, qui milite pour l’indépendance. Membre du parti présidentiel, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), dès sa création en 1979, il est élu président du comité central et de la commission culturelle en 1981. La liberté de presse est presque inexistante sous son gouvernement. En 2025, Reporters sans frontières situe Djibouti à la 168e place sur 180 pays, décrivant une situation de « terreur médiatique » où tout un arsenal répressif est déployé contre les journalistes. Le 9 avril 2021, Ismaïl Omar Guelleh est réélu pour un 5e mandat à la tête de l’État dès le premier tour avec 98,58 % des voix. Isaias Afwerki, Érythrée (32 ans) Isaias Afwerki est président de l’Érythrée depuis son indépendance, en 1993. Avant cette date, le pays était lié à l’Éthiopie, lui garantissant son ultime façade maritime. Le président érythréen a été l’un des principaux artisans de cette indépendance, obtenue grâce à un référendum soutenu par l’ONU le 24 mai 1993. En février 1994, le FPLE est renommé Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ) lors de son troisième congrès et Afwerki reste le secrétaire général du parti unique du nouvel État. Dès le début de son mandat, Isaias Afwerki instaure un régime de parti unique, sans élections, une économie centralisée sur l’État et une forte restriction de la liberté de la presse. Après la deuxième guerre contre l’Éthiopie (de 1998 à 2000), le président Afwerki fait basculer son pays dans la dictature. Son pays est considéré comme l’un des plus fermé au monde. Yoweri Museveni, Ouganda (39 ans) Yoweri Museveni est à la tête du gouvernement ougandais depuis 1986, soit 39 ans. Commandant du Mouvement de résistance nationale (NRM), il fait partie des rebelles qui ont renversé les dirigeants ougandais Idi Amin (1971-1979) et Milton Obote (1980-1985). Reconnu comme héros par l’Occident, Museveni va supprimer la limitation de mandats présidentiels en 2005, lui permettant ainsi de se maintenir au pouvoir. En 2018, il supprime la limite d’âge présidentielle puis gagne un sixième mandat à l’issue de l’élection présidentielle de 2021. Il va aussi se distinguer en 2014 par ses lois anti-homosexualité visant à introduire la peine de mort pour les personnes LGBT+. En politique extérieure, il soutient une invasion rebelle du Zaïre pendant la première guerre du Congo en 1996, menant au renversement du dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko l’année suivante. Il soutient également plusieurs groupes rebelles, notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) contre le nouveau gouvernement congolais de Laurent-Désiré Kabila puis de son fils Joseph Kabila dans la deuxième guerre du Congo de 1998 à 2003. Au cours de sa présidence, Yoweri Museveni fait face à l’insurrection de l’Armée de résistance du Seigneur mais ne faiblit pas. Denis Sassou-Nguesso, République du Congo (41 ans) À 82 ans, Denis Sassou-Nguesso est le président de la République du Congo depuis 41 ans. Initialement militaire et homme d’État congolais, il est devenu chef de l’État pour la première fois en mars 1979 et a dirigé le pays jusqu’en août 1992. Il est revenu au pouvoir après une guerre civile en 1997 et est resté en poste depuis, écrasant toute opposition politique significative. Pour retrouver le pouvoir, il a renversé le président élu : Pascal Lissouba, lors de la guerre civile du Congo-Brazzaville. Dès les années 1960, Denis Sassou-Nguesso participe à la mouvance des officiers progressistes qui lui donne une place parmi les trente-neuf membres du Conseil national de la révolution. Il finit par les diriger. Il fonde ensuite le Parti congolais

La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6% en 2025 et de 3,5% en 2026 pour le Maroc

La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6% en 2025 et de 3,5% en 2026 pour le Maroc

Mise à jour des «Perspectives économiques mondiales» La croissance économique du Maroc devrait s’accélérer au cours de l’année 2025, selon les récentes projections de la Banque mondiale.  Elle devrait « atteindre 3,6% en 2025, sous réserve d’une amélioration des conditions climatiques permettant une reprise de la production agricole », indique une mise à jour de ses « Perspectives économiques mondiales ». Selon l’institution financière internationale, l’économie marocaine devrait ralentir à 3,5% en 2026 avant de se redresser en 2027 pour s’établir à 3,6%. Cette année, poursuit-elle, «l’activité industrielle devrait faiblir, en partie en raison de la baisse des prix du phosphate dans un contexte de demande extérieure réduite». Par ailleurs, d’après toujours ses projections, les politiques budgétaires des pays importateurs de pétrole dont le Maroc devraient être restrictives cette année. Alors que la reprise du tourisme devrait contribuer à la réduction des déficits courants dans plusieurs pays importateurs de pétrole, les experts de la Banque mondiale s’attendent, en revanche, à ce que la hausse de la demande intérieure contribue à creuser le déficit au Maroc.S’agissant des perspectives dans la région MENA, l’institution de Bretton Woods indique que la croissance devrait s’établir à 2,7% en 2025 puis bondir à 3,7% en 2006 et à 4,1% en 2027. «Cette dynamique s’explique en grande partie par une expansion progressive de la production pétrolière qui fait plus que compenser les effets de la baisse des prix du pétrole, et ce malgré les contraintes qui pèsent sur les exportations du fait de l’augmentation des barrières commerciales », selon la BM. En raison principalement des effets de la hausse des restrictions commerciales et des incertitudes sur les investissements et les activités d’exportation, l’institution précise que ses prévisions de croissance ont été revues à la baisse par rapport au mois de janvier. A noter que la croissance dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devrait se renforcer progressivement pour atteindre 3,2% en 2025, 4,5% en 2026 et 4,8% en 2027. En dépit de la baisse prévue des prix pétroliers dans un contexte d’affaiblissement de la demande mondiale,  la Banque mondiale s’attend à ce que l’assouplissement des quotas entraîne une augmentation de la production pétrolière, ajoutant que l’expansion de l’activité non pétrolière devrait en outre continuer de tirer la croissance. De l’avis de l’institution, l’activité devrait être freinée dans plusieurs pays exportateurs de pétrole non membres du CCG, par la baisse des prix du pétrole et le recul de la demande extérieure. Dans les pays importateurs de pétrole, les prévisions anticipent une accélération de la croissance à 3,6% en 2025, 3,9% en 2026 et 4,3% en 2027. Ce qui « s’explique principalement par le renforcement de la consommation privée à la faveur du ralentissement de l’inflation, par la reprise de la production agricole et par l’hypothèse d’une atténuation des tensions géopolitiques », indique-t-on. Des projections de la Banque mondiale, il ressort que la croissance de l’économie égyptienne devrait progresser en raison « du déploiement de l’accord d’investissement conclu avec les Emirats arabes unis », ajoutant qu’elle devrait se raffermir au Maroc et en Tunisie avec l’amélioration attendue des conditions météorologiques. Au niveau de l’Afrique subsaharienne, les données montrent que la croissance devrait se renforcer pour atteindre 3,7% en 2025 et s’établir en moyenne à 4,2% en 2026-2027. Ces projections restent dépendantes de l’environnement extérieur, de l’évolution de l’inflation et des conflits régionaux. Il n’empêche que «dans un contexte général de perte de vitesse des économies émergentes et en développement, l’Afrique subsaharienne est l’une des deux régions du monde qui devraient voir sa croissance s’accélérer au cours de la période de prévision », fait savoir la BM. Alain Bouithy

Des perspectives de croissance modérée pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en 2025, malgré un climat d’incertitude

Des perspectives de croissance modérée pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en 2025, malgré un climat d’incertitude

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, intitulé Changer de vitesse : le secteur privé comme moteur de la croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, la région devrait enregistrer une croissance modeste de 1,9 % en 2024, suivie d’une progression modérée à 2,6 % en 2025. Ces perspectives restent soumises à une grande incertitude en raison de l’évolution rapide de l’environnement mondial. La croissance observée dans les pays exportateurs de pétrole s’explique par la levée progressive des restrictions sur la production. Dans les pays importateurs, le rebond attendu devrait être soutenu par une reprise de la consommation, portée par le ralentissement de l’inflation, ainsi que par de meilleures performances du secteur agricole dans certaines économies. Les prévisions restent néanmoins assombries par un niveau élevé d’incertitude, alimentée par les conflits en cours, les chocs climatiques extrêmes, les fluctuations des marchés pétroliers et l’évolution de la conjoncture politique mondiale. Cette incertitude est aggravée par l’impact potentiel des dynamiques commerciales volatiles sur la croissance et l’inflation à l’échelle mondiale. Le rapport souligne par ailleurs que les conflits risquent de compromettre des décennies de progrès économique, avec des effets durables sur le développement. Le rapport examine le rôle central du secteur privé dans la relance de la croissance, la création d’emplois et la stimulation de l’innovation. L’absence d’un secteur privé dynamique freine la croissance dans la région MENA. Le rapport souligne le manque de dynamisme du secteur privé dans la région MENA. La croissance de la productivité du travail a diminué dans de nombreux pays, tandis que les niveaux d’investissement et d’innovation des entreprises restent faibles. Les marchés sont peu marqués par l’entrée ou la sortie de nouvelles entreprises. Un écart important subsiste également entre un petit secteur formel et un large secteur informel, avec des niveaux de productivité très disparates. Par ailleurs, la participation des femmes dans le secteur privé demeure limitée. « La région continue de sous-utiliser son capital humain, les femmes étant largement exclues du marché du travail. Les entreprises ont tout à gagner à promouvoir les femmes à des postes de direction, car elles ont tendance à recruter davantage de femmes à leur tour, explique Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Réduire les inégalités entre les sexes en matière d’emploi pourrait permettre d’augmenter le revenu par habitant d’environ 50 % dans une économie type de la région MENA. » Les gouvernements et les entreprises ont des rôles complémentaires à jouer pour favoriser le développement d’un secteur privé plus dynamique. Les autorités publiques peuvent stimuler les performances du secteur privé en renforçant la concurrence sur les marchés, en améliorant l’environnement des affaires et en investissant dans la collecte et l’accessibilité des données. « Un secteur privé performant est essentiel pour promouvoir une croissance durable et la prospérité dans la région, souligne Roberta Gatti, économiste en chef de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Pour concrétiser ce potentiel, les gouvernements doivent pleinement assumer leur rôle de garants de marchés concurrentiels. » De leur côté, les entreprises peuvent renforcer leurs capacités en adoptant de meilleures pratiques de gestion. La mobilisation du potentiel inexploité des entrepreneures et des travailleuses pourrait constituer un moteur important de croissance. Le rapport souligne qu’un avenir plus prometteur est à portée de main pour le secteur privé de la région MENA, à condition que les gouvernements redéfinissent leur rôle et que les entreprises investissent dans les talents et les mobilisent de manière plus efficace. BM

Maroc. La Banque mondiale prévoit une croissance économique de 3,6% en 2025

Maroc. La Banque mondiale prévoit une croissance économique de 3,6% en 2025

Le Royaume appelé à poursuivre les réformes structurelles pour faire face aux récents chocs et aux défis de l’emploi  Les perspectives économiques du Maroc devraient rester solides, a annoncé  la Banque mondiale (BM) soulignant une inflation maîtrisée, une position extérieure robuste, une trajectoire régulière vers l’assainissement budgétaire et un ratio dette/PIB stable. Selon les dernières prévisions de l’institution financière internationale, la croissance économique du Maroc devrait atteindre 3,6% au titre de l’année 2025. Un engagement fort en faveur de la modernisation devrait améliorer l’environnement des affaires, stimuler la croissance et favoriser un marché du travail plus inclusif, selon l’institution internationale L’amélioration des conditions climatiques devrait permettre une reprise partielle de la production agricole, avec une hausse prévue de 4,5% du PIB agricole, a indiqué la Banque mondiale soulignant que la croissance non agricole devrait, pour sa part, ralentir légèrement à 3,5 %, en raison d’effets de base. Face aux chocs récents et aux défis liés à l’emploi, notamment ceux auxquels sont confrontés les jeunes Marocains, « la poursuite des réformes demeure essentielle pour soutenir la croissance économique », a toutefois estimé Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de Division pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale. « Cela nécessitera des améliorations ciblées de l’environnement des affaires », a-t-il expliqué lors d’une table ronde de discussion autour des conclusions du nouveau Rapport de suivi de la situation économique au Maroc de la BM intitulé « Prioriser les réformes pour améliorer le climat des affaires ». De l’avis des experts de la Banque mondiale, d’importants défis socioéconomiques demeurent, relevant le récent choc inflationniste qui a érodé le pouvoir d’achat des ménages et entraîné une baisse des indicateurs de confiance. « Bien que les marchés du travail urbains se soient améliorés, avec environ 162.000 emplois créés en 2024, la création d’emplois reste un défi majeur », a indiqué l’institution rappelant que la population en âge de travailler a augmenté de plus de 10% au cours de la dernière décennie, tandis que l’emploi n’a progressé que de 1,5%. Pour la Banque mondiale, « cet écart est influencé par les effets persistants des chocs post-pandémiques, les impacts tardifs des réformes récentes et le faible niveau de participation des femmes au marché du travail ». Il est à noter que le rapport comprend un chapitre spécial consacré au climat des affaires au Maroc et mettant en lumière les opportunités de réformes. Selon le document, qui s’appuie sur les données issues du rapport Business Ready publié en 2024, « le Maroc affiche de meilleures performances que les pays à revenu comparable en matière de cadres réglementaires et de services publics, mais accuse un retard en ce qui concerne l’efficacité opérationnelle ». De l’avis des experts de la Banque mondiale, la lutte contre les coûts élevés et les obstacles à l’embauche formelle, la clarification des procédures, l’optimisation des processus numériques et de la transparence dans la résolution des litiges, ainsi que la finalisation du cadre juridique et la numérisation des services liés aux cas d’insolvabilité constituent les principales pistes d’amélioration. Il est important de souligner que cette section intègre également une analyse des pratiques de pays performants afin d’éclairer la hiérarchisation des réformes à venir, peut-on lire. Toujours selon la BM, « le rapport montre qu’avec des réformes stratégiques et un engagement fort en faveur de la modernisation, le Maroc dispose d’un potentiel considérable pour améliorer son environnement des affaires, stimuler la croissance économique et favoriser un marché du travail plus inclusif ». Revenant sur l’évolution de l’économie marocaine en 2024, l’organisation internationale a indiqué que la croissance globale du produit intérieur brut (PIB) du Maroc a ralenti à 3,2%, sous l’effet de la sécheresse. Portée par la revitalisation du secteur industriel et le rebond de la formation brute de capital, la croissance non agricole s’est, de son côté accélérée pour atteindre un taux estimé à 3,8%. Etant donné que l’inflation est passée sous la barre de 1%, « Bank Al-Maghrib a pu amorcer un assouplissement de sa politique monétaire », a-t-elle fait remarquer relevant que « la position extérieure du Maroc demeure stable, avec un déficit modéré du compte courant financé par des flux d’investissements directs étrangers croissants, soutenus par la solidité de la confiance des investisseurs ». Ainsi, en dépit de pressions sur les dépenses, le ratio dette/PIB diminue progressivement, a ajouté l’institution. Alain Bouithy

Le nouveau code fiscal de la Guinée équatoriale entre en vigueur en 2025

Le nouveau code fiscal de la Guinée équatoriale entre en vigueur en 2025

Le code fiscal récemment adopté par la Guinée équatoriale, la loi n° 1/2024, représente un changement majeur dans le cadre fiscal du pays. Il est conçu pour moderniser le système, encourager la conformité et favoriser la croissance économique. Ces changements, qui vont de la réduction des taux d’imposition sur les sociétés à de nouvelles tranches d’imposition sur le revenu des personnes physiques, en passant par une refonte du régime pétrolier et minier, auront un impact. Chez CLG, nous comprenons que la navigation dans ces mises à jour peut sembler complexe, mais nous sommes là pour veiller à ce que nos clients restent en conformité tout en optimisant leurs stratégies fiscales. Que vous soyez une multinationale, une petite entreprise bénéficiant du régime simplifié ou un entrepreneur du secteur pétrolier et minier, ces changements pourraient avoir une incidence sur vos obligations fiscales, votre planification financière et vos processus de déclaration. Principaux faits marquants : Impôt sur les sociétés : Le taux de l’impôt sur les sociétés a été ramené de 35 % à 25 %, ce qui allège la charge des entreprises tout en introduisant des règles plus strictes en matière d’exonérations, ce qui nécessitera une planification minutieuse pour maximiser les avantages. Impôt sur le revenu minimum (IRM) : les entreprises sont désormais tenues d’effectuer deux paiements annuels, avec une option simplifiée pour les petits contribuables. Comprendre l’éligibilité et structurer la conformité sera crucial pour la gestion des coûts. Impôt sur le revenu des personnes physiques : Les tranches et les taux d’imposition ajustés signifient que les employés et les employeurs doivent s’adapter à de nouvelles structures de paie, que nous pouvons aider à mettre en œuvre efficacement. Régime pétrolier et minier : Les entrepreneurs et sous-traitants non-résidents sont soumis à une retenue à la source de 10 %, ce qui nécessite une planification financière proactive pour atténuer les défis potentiels. En revanche, les entrepreneurs résidents sont soumis à une retenue à la source de 3 %. Ces mises à jour sont conçues pour créer un système plus durable et plus équitable, mais peuvent entraîner des défis opérationnels. CLG s’engage à vous aider à évaluer vos obligations spécifiques, à minimiser les risques et à saisir les opportunités offertes par le nouveau cadre. APO

Maroc : état des lieux et pistes pour atteindre les objectifs de croissance durable et inclusive pour 2025

Maroc : état des lieux et pistes pour atteindre les objectifs de croissance durable et inclusive pour 2025

La Chambre de commerce Britannique pour le Maroc (BritCham) a organisé, jeudi 23 janvier, un webinaire de haut niveau sur le thème « Maroc : Stratégie de Croissance à l’Horizon 2025 », réunissant quatre intervenants clés pour partager leurs perspectives et recommandations sur les défis économiques, sociaux et environnementaux du Royaume. Ce webinaire, qui a connu la participation d’une centaine de Membres de la Chambre, de représentants du secteur public et d’entreprises privées, a permis de dresser un état des lieux détaillé et de formuler des pistes concrètes pour atteindre les objectifs de croissance durable et inclusive pour 2025. M. Ayache Khellaf, Secrétaire Général du Haut-Commissariat au Plan (HCP) a ouvert le webinaire en présentant les perspectives économiques du Maroc à l’horizon 2025. Selon M. Khellaf, la croissance mondiale, bien que freinée par les séquelles de la pandémie, devrait afficher une résilience modérée avec une prévision de croissance de 3,3 %, soutenue par les économies émergentes. Le Maroc bénéficiera d’une augmentation de la demande mondiale adressée à ses secteurs clés, notamment avec une prévision de croissance de 2,5 % soutenue par une reprise des importations de ses partenaires commerciaux et une baisse des prix des matières premières. À l’échelle nationale, la croissance attendue est de 3,8 %, avec des secteurs comme l’agriculture (croissance prévue de 4,2 % après une année de sécheresse), l’industrie (3,7 %), le secteur minier (stabilité à 6 % après un pic en 2024), le tourisme (croissance estimée à 3,5%) et la consommation des ménages (augmentation de 3 %). M. Khellaf a particulièrement souligné la nécessité de réduire les inégalités régionales en réorientant les investissements vers les zones moins favorisées, afin de stimuler un développement économique local. Il a également insisté sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes, par la diversification des opportunités économiques et l’investissement dans les secteurs à fort potentiel, garantissant ainsi une croissance inclusive. M. Lahcen Oulhaj, membre du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), a partagé les priorités et recommandations du CESE pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux du Maroc. Il a souligné que le Maroc doit viser une croissance annuelle de 7 à 8 % pour rattraper son retard économique. Pour cela, le CESE identifie cinq leviers clés : l’économie verte, l’économie bleue, l’investissement dans le capital humain, l’innovation et la digitalisation, ainsi que le renforcement de la gouvernance. M. Oulhaj a identifié plusieurs secteurs à fort potentiel pour générer une croissance inclusive et durable, tels que l’automobile, les énergies renouvelables, l’agriculture, l’aéronautique, les technologies numériques et les mines. Il a également évoqué l’opportunité que représente l’organisation du Mondial 2030 pour moderniser les infrastructures du pays, créer des emplois et accélérer les réformes éducatives. Toutefois, il a insisté sur l’importance de la gestion post-événement des infrastructures pour éviter les erreurs observées dans d’autres pays hôtes. En matière de changement climatique, le CESE recommande d’intégrer le climat dans les politiques publiques, de renforcer la gouvernance environnementale et de promouvoir une économie verte pour protéger les ressources naturelles et la biodiversité. M. Hicham Kasraoui, Consultant en stratégie chez Bearingpoint et expert à l’Institut Marocain d’Intelligence Stratégique, quant à lui a abordé les défis structurels du Maroc tout en mettant en avant les opportunités de croissance. Il a constaté que, bien que le PIB national ait triplé depuis 1999 et que des efforts aient été faits pour renforcer l’ouverture économique, des défis persistent : une croissance insuffisante pour générer suffisamment d’emplois, une productivité faible des entreprises et un déficit commercial élevé. M. Kasraoui a insisté sur le rôle clé de la transition écologique et de la transformation numérique comme moteurs de la croissance future. Il a également appelé à renforcer l’investissement public et à soutenir l’attraction des investissements directs étrangers (IDE) pour dynamiser l’économie marocaine. En vue du Mondial 2030, M. Kasraoui a recommandé de concentrer les investissements dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, la gestion de l’eau, le numérique et la santé. Il a ajouté que les réformes sociales, notamment celles liées à la protection sociale et à l’emploi des jeunes, devraient être accélérées et aboutir à des résultats tangibles d’ici 2025, afin de soutenir une croissance plus inclusive et durable. M. Kasraoui a également souligné l’importance de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent 85 % de l’emploi formel, mais qui restent sous-exploitées en raison des obstacles administratifs et financiers. M. Youssef Guerraoui, Fondateur et Président du Centre Marocain de la Gouvernance et du Management, a conclu le webinaire en abordant les défis liés à la gouvernance, un élément essentiel pour assurer une croissance durable et inclusive. M. Guerraoui a rappelé que la gouvernance publique repose sur des cadres solides, tels que la Constitution de 2011 et le rapport sur le Nouveau Modèle de Développement. Cependant, il a souligné que pour renforcer un modèle performant et transparent, il est crucial de renforcer la confiance politique à travers une communication gouvernementale efficace, rapprochant ainsi les citoyens, les entreprises et les syndicats. Il a également mis l’accent sur la nécessité de converger les politiques publiques pour atteindre une croissance significative et réduire le chômage. M. Guerraoui a suggéré une révision des pratiques de gestion publique, en particulier la mise en œuvre de la Loi organique des lois de finances (LOLF), pour améliorer la performance et lutter contre la bureaucratie. Il a plaidé pour un soutien renforcé aux PME, souvent freinées par des procédures administratives complexes et des retards de paiement. Enfin, M. Guerraoui a salué les opportunités offertes par des secteurs émergents comme les énergies renouvelables et l’économie numérique, appelant à un partenariat public-privé renforcé pour garantir une croissance partagée et inclusive à travers le pays. Ce webinaire a permis d’identifier les leviers essentiels pour répondre aux défis actuels du Maroc et pour construire un avenir économique prospère et inclusif d’ici 2025.