En honneur de la République du Congo, clôturer 2025 pour renaitre en 2026

TRIBUNE. Le 31 décembre 2025, le Chef de l’Etat congolais, le Président Denis Sassou Nguesso devrait, selon la tradition, et comme il s’en est créé l’habitude officielle, le 31 décembre de chaque année, s’adresser à la Nation congolaise. Le 28 novembre dernier, pour la 67ème Journée de la République, il avait également livré un discours de circonstance.

Par ces temps qui courent, les défis qu’affronte l’Etat congolais et les attentes des populations du pays sont de taille. Mais l’élan au processus des réformes engagées par le Gouvernement Congolais pour des solutions durables à ces défis et à ces attentes marque le pas.

Malgré les déclarations ministérielles, la gouvernance ne semble pas avoir un impact réel sur le développement du pays. Les indicateurs économiques montrent une croissance modérée. La pauvreté, la corruption et les inégalités persistent. De même, la dépendance excessive au secteur pétrolier qui représente 50% du PIB et 80% des exportations. Les pénuries d’électricité et d’eau, dans les villes, n’en finissent pas de gêner le quotidien des usagers de ces produits. Et les corps syndicaux, représentant des intérêts des travailleurs, grognent. Une situation qui pourrait, au bout du compte, ébranler la confiance des populations et ainsi mener à un déclin de l’efficacité des autorités.

Dans cet environnement socio-économique congolais marqué par des efforts insuffisants du Gouvernement pour assurer la relance, une attitude est incompréhensible. Celle de la tendance persistante des dirigeants consistant à ignorer royalement les contributions au développement du pays, sans cesse avancées par les forces de l’opposition et de la société civile, aussi bien de l’intérieur du pays que de la diaspora.

Comme, assurément, dans tous les États du monde, l’année 2025 se termine, en République du Congo, avec des difficultés non totalement soldées qui s’ajouteront à celles de 2026. Il va sans dire que 2026 étant une année électorale, en République du Congo, avec les présidentielles du mois de mars, les regards des dirigeants seront beaucoup plus axés vers les efforts de reconduction au pouvoir de leur candidat que tournés du côté de la solution aux préoccupations pendantes. D’où la nécessité de cette pause nationale, avant les présidentielles, que des forces nationales attachées au progrès et à la concorde, dans le pays, appellent de leurs voeux, depuis quelque temps. Cela, pour mieux asseoir le présent en le réparant et bien préparer les lendemains de la République.

Si l’on y prend garde, les questions non tranchées, en 2025, risqueraient de se poser, à nouveau, en 2026, en dépit des élections présidentielles qui approchent. Dans l’hypothèse de la reconduction tant recherchée, à coup de forte propagande, du candidat du pouvoir par ses partisans, la République court le risque d’une poursuite des mêmes habitudes, des mêmes méthodes et d’identiques manières d’être tenue, comme jusqu’au soir des présidentielles, puisque, dans leur grande majorité, les hommes d’avant descendants, seraient quasiment tous là, dans l’équipe montante.

Pour me redire, avec humilité et respect à l’égard des potentiels candidats à ces présidentielles de 2026, une pause nationale, avant celles-ci, pourrait être bénéfique afin d’amener la Nation à réfléchir aux défis actuels en vue des solutions durables. Renforcer, par ailleurs, la cohésion nationale et la confiance entre les citoyens et les dirigeants. Préparer, en partage, et avec sens de responsabilité, l’avenir du pays. Il en découlerait un engagement des dirigeants à mettre en œuvre l’ensemble des décisions et d’actes en réponse aux problèmes.

Des milieux politiques congolais avanceraient que l’idée d’une pause nationale que réclameraient l’opposition et la société civile, avant les présidentielles de mars 2026, viserait une opportuniste bousculade pour se partager des postes ministériels avec le pouvoir du Président Denis Sassou Nguesso aux fins de profiter de l’opération et s’en mettre plein les poches. Une affirmation que j’estime légère, parce que non fondée. Ne reposant pas sur une volonté affichée de l’opposition et de la société civile de s’asseoir à la même table du Gouvernement pour des désastreuses postures des volontés de s’approprier des postes en vue de l’enrichissement.

Il est vrai que des acteurs politiques congolais pourraient instrumentaliser l’idée d’une pause nationale pour des velléités des gains personnels au détriment des causes nationales. Encore faudrait-il le prouver. Aussi est-il plus indiqué de juger les conseils de l’opposition, non sur la base des procès d’intention et de suppositions, mais sur les faits réels.

Le pouvoir actuel à Brazzaville semble avoir la main lourde pour engager des réformes, notamment celles qui touchent à la transparence de la gouvernance financière du pays. La République du Congo est riche en ressources naturelles, mais leur gestion ne sert pas à fond les intérêts de la communauté nationale. Des compatriotes, spécialistes des questions monétaires et financières reviennent, avec insistance, sur le dénuement et la sécheresse du Trésor Public pour stigmatiser la destination des fonds publics, tirés des revenus nationaux, vers les Banques privées. Le Gouvernement n’a en jamais démontré le contraire.

Enfin, bon nombre de Congolais, et non des moindres, sur l’arène politique congolaise, laissent entendre que toute idée d’une perspective de pause nationale ou d’un dialogue national sans exclusive, devant déboucher sur une gestion des élections présidentielles différentes de l’actuelle, par une commission électorale, réellement indépendante, est une vue de l’esprit, une illusion. Donc irréalisable, aux circonstances présentes. Soit.

Mais, en citoyen aimant intensément son pays, je continue d’en appeler à la grandeur et au sens du devoir national du Président Denis Sassou Nguesso pour créer les conditions d’une autre manière de gouverner le pays.

Dans les heures qui suivront l’année 2025 va se clôturer. Tout en ayant des pensées pour des compatriotes qui s’en sont allés, puisse ceux en vie, sans exception, en leurs rangs, statuts sociaux, postes, grades et fonctions, sur l’étendue du territoire de la République du Congo et au sein des diasporas, trouver ici l’expression de mes vœux les meilleurs, pour la nouvelle année 2026. Une année que j’espère ne pas entrainer d’autres conflits, des tensions et une incertitude, dans un monde déjà instable.

Paris 26 décembre 2025

Ouabari Mariotti

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