
TRIBUNE. C’est une scène grotesque. Une farce nationale. Un carnaval politique. Les mêmes militants qui hier criaient « Sonko ou la mort » sont aujourd’hui devenus experts en autopsie gouvernementale sur les réseaux sociaux.
Les mêmes responsables qui parlaient de projet de rupture jouent maintenant aux pleureuses professionnelles, micro ouvert, larmes filtrées, indignation sponsorisée.
À croire que Pastef est devenu un cabaret où chacun vient exhiber sa vertu comme on montre son caleçon s…
Oui, il y a eu un décès. Oui, c’est grave. Oui, c’est condamnable.
Mais depuis quand chaque drame doit-il servir de prétexte à une orgie d’attaques contre son propre gouvernement ?
Vous cherchez quoi exactement ? Votre certificat de pureté révolutionnaire ? Votre badge de martyr numérique ?. Votre quota de likes , lives ?
Pendant que vous transformez la douleur nationale en spectacle TikTok, facebook,le vieux système, lui, débouche le champagne.
Les reliques du régime précédent regardent vos sorties hystériques avec un sourire lubrifié.
Car vous faites mieux qu’eux : vous flinguez Sonko et son gouvernement gratuitement. Vous fragilisez un pouvoir déjà encerclé. Vous offrez la corde à ceux qui rêvent encore de pendre le projet.
Soyons crus : ce gouvernement est né dans la sueur, le sang et la prison. Il avance avec une justice minée, une administration infestée, des médias hostiles et une opposition revancharde.
Et vous, au lieu de servir de bouclier politique, vous devenez des missiles artisanaux. Vous appelez ça conscience.
Moi j’appelle ça masturbation morale collective.
Le peuple n’a pas affronté les balles pour voir ses propres militants se transformer en hyènes. Il n’a pas vidé ses poches pour financer une révolution afin que ses responsables jouent aux vierges effarouchées devant caméra. Il n’a pas voté Pastef pour que Pastef s’auto-dévore comme un serpent sous ecstasy.
À ce stade, ce n’est plus de la critique. C’est de la cannibalisation politique.
On peut réclamer justice sans jeter Sonko et son gouvernement en pâture.
On peut exiger la vérité sans organiser un gangbang médiatique contre son propre camp.
On peut pleurer un mort sans sodomiser un projet national.
Mais non.
Certains préfèrent le buzz à la stratégie.
Le micro à la discipline. La posture à la responsabilité.
Pour vous dire qu’une une révolution transformée en télé-réalité, avec militants-stars, indignés professionnels et procureurs de salon.
Si Pastef tombe demain, ce ne sera pas uniquement à cause du système.
Ce sera aussi parce que ses propres enfants auront pissé dans le moteur pendant que la voiture roulait.
Et ça, ce sera la plus obscène des défaites.
Par Malick BA
Journaliste