
HAUT-ET-FORT. Les élections présidentielles de mars 2026, en République du Congo, semblent s’annoncer, sous de mauvais auspices. Les brutalités exercées sur M. Mbouity Lassy, à Brazzaville, suscitent de vives inquiétudes et de l’indignation, dans l’opinion congolaise.
Un Mbouity Lassy, pourtant citoyen libre, pas du tout, sous le coup d’une procédure judiciaire, et qui n’en est qu’à l’état d’une déclaration d’intention de candidature à ces présidentielles. A dire qu’il n’est pas d’avance établi que le dossier de M. Mbouity Lassy soit accepté par la Cour Constitutionnelle.
. Ces inquiétudes de l’opinion congolaise reposeraient, par ailleurs, sur des contraintes qui pourraient restreindre la liberté des mouvements des candidats aux présidentielles, sur le territoire national, avant ou après la validation de leurs dossiers. De ces craintes, phénomène normal, dans ce genre de situation, seraient conséquemment déduites des soucis légitimes sur la transparence, le caractère juste et démocratique du processus électoral. Et la victoire du gagnant considéré, en dernier ressort, comme volée.
Face aux actes de violences sur la personne de M. Mbouity Lassy, qui sont un précédent dangereux pour la cohésion nationale et pour des élections apaisées, il devient urgent que M. le Président Denis Sassou Nguesso convoque une concertation nationale, sans exclusive, des forces vives de la Nation, pour statuer sur des modalités républicaines de garantir l’organisation des présidentielles libres, justes, et démocratiques. Surtout que depuis les événements du 5 juin 1997, à Brazzaville, ayant conduit à un changement de l’ensemble des institutions de la République, de lourds soupçons de non transparence et de non démocratie pèsent sur le processus électoral congolais et sur la crédibilité de celui ci.
Le cas Mbouity Lassy est particulièrement alarmant. D’abord menacé à mort, M Mbouity Lassy a ensuite été victime d’un enlèvement, en sa résidence de Brazzaville, le 11 mai 2025, devant sa famille, pour enfin être retrouvé, en slip, torturé, fragilisé et amaigri, dans les eaux sales d’un ruisseau non drainé qui coule à Poto Poto Brazzaville, après dix jours de disparition. Ainsi, sur la personne de M Mbouity Lassy, une succession d’actes, on ne peut plus odieux qui interpellent la conscience du monde civilisé et suscitent quelque angoisse sur la sécurité et la liberté des candidats aux présidentielles congolaises, avant et lors du processus de la campagne électorale.
Aux fins d’éviter que de tels ignobles incidents, qui ne sont ni plus ni moins que des faits de criminalité sciemment perpétrés, ne se reproduisent, il est crucial de mettre en place des mesures de protection de l’ensemble des candidats et de garantir leur liberté d’expression et de réunion.
Dans l’entre temps, une enquête indépendante s’impose sur les déconvenues de M. Mbouity Lassy pour punir les coupables. Prendre soin de ne pas en faire un dossier qui se refermera sur lui même sans qu’on ait décelé les auteurs et leurs complices. Parce que ces auteurs et ces complices existent, d’autant que l’enlèvement de M. Mbouity Lassy a été opéré devant témoin, dont Mme Mbouity Lassy à qui j’exprime ici ma solidarité, dans l’épreuve qu’elle traverse avec la souffrance de son cher époux. Au Gouvernement congolais, pour sa part, de procéder à l’évacuation sanitaire de M. Mbouity Lassy, dans un hôpital spécialisé, pour des soins médicaux appropriés.
De la concertation nationale, sans exclusive, sur la question électorale, laquelle devient indispensable pour discuter des conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres, justes, transparentes et démocratiques, il est capital d’éviter de rééditer les expériences antérieures de.ces autres dialogues qui n’ont, ni améliorer d’un pouce le système électoral actuel, ni lever les récriminations populaires et celles de l’opposition congolaise sur le côté obscur du système électoral.
. Les actes clôturant les assises de la concertation devraient viser à garantir la crédibilité et l’intégrité du processus électoral, afin que le gagnant soit véritablement le choix du peuple congolais. Un vainqueur, digne représentant de la Nation entière, élu de manière libre et démocratique.
Le Congo a besoin d’avancer. Plus que jamais les autorités congolaises devraient se délester de cette idée, un préjugé pesant selon lequel, tout dialogue, toute concertation ou toute autre assise nationale, sans exclusive, sur la vie de la Nation, est un complot larvé déstabilisant contre le pouvoir en place à Brazzaville et des institutions du pays.
. Le préjugé vient de l’œil et non du cœur. On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible avec les yeux.
Paris 21 mai 2025
Ouabari Mariotti