
TRIBUNE. On entend par somnambulisme existentiel, ce sentiment qu’on éprouve en soi-même et autour de soi d’être éveillé tout en dormant. On parle, on marche, on va jusqu’à conduire la voiture mais on est absent en soi. On a les yeux ouverts tout en ayant un regard vide.
Le somnambulisme populaire dont il est question ici c’est un sentiment que beaucoup ont éprouvé les années qui précédaient la seconde guerre mondiale et qui s’observe curieusement ces jours-ci dans le chef des congolaises et des congolais in capite et in membris, auprès de leurs dirigeants comme dans les masses populaires, pendant que leur pays est agressé depuis 25 ans et qu’ils ont déjà perdu une dizaine de millions de compatriotes, ils se comportent d’une drôle de manière : ils refusent de regarder la vérité en face. Ils refusent de nommer leur ennemi par son nom. Ils vont jusqu’à défendre fait et cause de leur bourreau, à signer avec lui des accords hautement stratégiques et au final, à lui confier tout le destin politique et social de leur pays.
Sur ces entrefaites, les congolais se mettent dans la posture d’attendre la PERMISSION de leur bourreau pour nommer tel ou tel responsable politique ou pour prendre telle ou telle décision politique d’intérêt national. Ils soumettent leur destin entre les mains de leur bourreau et poussent inexorablement leur pays tout droit vers la catastrophe sans qu’ils en prennent réellement conscience. Ils semblent hébétés devant l’énormité des problèmes qui les submergent mais ils refusent toute moindre critique ou toute remise en question du système qui les écrase.
Ils dorment encore et encore d’un sommeil profond. Les canons grondent à Rutsuru, l’armée nationale se montre fortement motivée mais se retrouve hélas en déséquilibre des forces, faute de moyens financiers pour renouveler ses équipements militaires, et… voilà l’IGF qui nous informe que plus d’un demi-million de dollars a été dilapidé le 30 juin dernier pour un minable concert musical d’une soirée.
Qui nous tirera de ce somnambulisme? Qui nous réveillera de ce maudit sommeil en vue de reprendre enfin notre destin en main? Qui?
Par Germain Nzinga



