Pourquoi la RDC n’a pas pu décoller ?

TRIBUNE. Les Mines en République démocratique du Congo sont victimes de pillages : « Un pillage qui réduit une partie de la population à une forme d’esclavage vécue dans l’époque négrière. Gustave de FocusRDCmonde pointe la responsabilité des dirigeants congolais, des entreprises étrangères et des géants du numérique dans le fiasco minier de la RDC.

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Pourquoi la République démocratique du Congo (RDC), malgré son sous-sol riche en minerais stratégiques, n’a-t-elle pas fait éclore une Silicon Valley ? Comment expliquer la pauvreté qui frappe les deux tiers de ses 125 millions d’habitants ? Nini yango tosali te pona mboka oyo etelema ? Une question que se posent beaucoup des congolais !

Ces questionnements constituent le point de départ de ma tribune , je suis Gustave, entrepreneur et juge au tribunal de grande instance de la ville état de Berlin , je suis congolais d’origine Luba du kasai, vivant en Allemagne fédéral . Je suis né et j’ai grandis a Kinshasa , dans l’Ouest de la RDC . 

A travers FocusRDCmonde, je signe une enquête fouillée et captivante qui remonte le fil d’un désastre économique et industriel de 1960 à 2020.

L’enquête se concentre sur la ceinture de cuivre. Cette région d’une superficie supérieure à celle de la Belgique, située dans le sud du pays, qui regorge de cobalt, de cuivre, de manganèse , de tungstène, des minerais utilisés dans la fabrication des batteries rechargeables, des smartphones, des véhicules électriques et dans les industries pharmaceutique et aéronautique.

Je me pose la question des responsabilités sur cet échec retentissant d’un des pays dont le sous-sol regorge des richesses les plus recherchées de la terre . Est-ce que c’est la responsabilité des dirigeants congolais, belges, des entreprises étrangères, ou aussi des acheteurs, qui, en bout de chaîne, consomment des produits fabriqués à partir de minerais extraits dans des conditions ignoble , cruelle et inhumaines ?

Mon enquête débute en 1960, quand la Belgique octroie son indépendance au Congo. 

Le pays commence son existence par une crise grave dénommé la crise congolaise. La crise congolaise est une période de troubles politiques et de conflit ayant eu lieu en République du Congo (aujourd’hui République démocratique du Congo) entre 1960 et 1965. La crise commence presque immédiatement après l’indépendance du pays et prend fin avec l’accession à la présidence de Mobutu. Consistant en plusieurs crises gouvernementales et guerres civiles, la crise congolaise fait partie des nombreuses guerres par procuration de la Guerre froide au cours desquelles les États-Unis et l’Union soviétique apportent leur soutien matériel, financier et logistique à des groupes militaires opposés. Plus de 100 000 personnes trouvent la mort pendant la crise. L’une des causes de la crise congolaise est qu’avant l’établissement de la Première république en 1960, les élites congolaises avaient formé des organisations ethniques semi-politiques qui se constituèrent progressivement en partis politiques réels militant pour l’indépendance. Ces organisations avaient généralement pour base l’une de ces trois origines : soit la communauté ethnique, la communauté d’études ou enfin l’intellectualisme urbain .

La plus importante de ces organisations était l’Alliance des Bakongo (ABAKO), fondée en 1950, qui était une association fortement ethnique fondée pour promouvoir les seuls intérêts et la langue des Bakongo (ou Kongo). L’ABAKO, dirigée par Joseph Kasa-Vubu au cours de la crise congolaise , fut plutôt à la tête des demandes les plus insistantes pour l’indépendance du Kongo centrale ou le fédéralisme de la république . D’autres organisations moins connues étaient Liboke lya Bangala et la Fédékaléo – qui comprenait des personnes originaires du Kasaï. Cette dernière se scinda par après en différentes organisations plus petites. Bien que ces organisations défendaient des intérêts issus des provinces d’origine, elles étaient cependant basées à Léopoldville, une des raisons d’être de leur création étant la nécessité de maintenir des liens ethniques entre les groupes d’origine et les nombreux immigrés dans la capitale.

D’autres groupes étaient les différentes associations Alumni —dont les membres se recrutaient parmi les anciens étudiants des écoles catholiques congolaises. De nombreux dirigeants politiques venaient de ces associations, dont les réseaux étaient fort développés.

La troisième origine de ces groupes politiques était les Cercles, des associations qui se développèrent dans les villes congolaises, qui avaient l’ambition de développer la solidarité entre les évolués (élites éduquées). Selon Patrice Lumumba, le leader des cercles de Stanleyville, les cercles furent créés pour « développer la formation intellectuelle, sociale, morale et physique » des évolués. En bref, les intérêts globaux nationaux n’étaient pas encore dans les esprits des congolais. L’état Nation n’était pas encore né. 

🟢 Dans quel état les Congolais récupèrent-ils le secteur minier ?

D’après les écrits et les témoignages, la RDCongo a récupéré le secteur minier dans un excellent état, car le Congo est alors le pays en voie d’industrialisation le plus avancé d’Afrique , le Congo de 1960 est plus développé que la Corée du Sud et l’Afrique du Sud. Davantage même, que la Roumanie, la Bulgarie et l’Indonésie. Quelques mois avant l’indépendance, une usine de production d’électrolyse ultramoderne avait d’ailleurs été inaugurée à Kolwezi. C’était l’Union minière du Haut-Katanga, une entreprise privée belge , filiale de la Société générale de Belgique, qui gérait la ceinture congolaise du cuivre. 

Les mines tournaient à plein régime, même la nuit. Les agglomérations de la région profitaient des fruits de cette réussite industrielle. Il y avait des routes en bon état, des centres urbains bien organisés, des écoles bien entretenus, des centres sportifs, des hôpitaux…

Mais ces cités florissantes étaient aussi marquées par un apartheid colonial qui cachait un tribalisme latent . 

D’un côté vivaient les blancs et de l’autre les noirs appelés communément indigènes . Parmi eux, le colonialiste belge désignait les évolués comme faisant partie des noirs de bonne qualité.

Un évolué est un terme français utilisé durant l’époque coloniale pour désigner un Africain ou un Asiatique ayant « évolué » en s’européanisant grâce à l’éducation ou par assimilation, partageant les valeurs et adoptant les types de comportement européens. Le terme était le plus souvent utilisé en référence aux habitants des empires coloniaux belge et français. Les « évolués » parlaient français, respectaient les lois européennes plutôt que locales, étaient plutôt des « cols-blancs » (quoique d’un niveau rarement supérieur à celui d’employé) et vivaient majoritairement dans les zones urbaines.

En 1960, la ville de Kolwezi comptait 4 000 Blancs et 20 000 Congolais de groupe ethnique différents . Chaque communauté , avait ses écoles, ses hôpitaux, ses centres culturels. 

Ces deux mondes , des blancs et des noirs, ne se mélangeaient pas.

En 1960, le Congo semblait sur la bonne voie pour développer son secteur minier. A quel moment alors le pays a-t-il dévié de cette trajectoire ?

En 1965, Mobutu prit de force le pouvoir avec l’accord des pays occidentaux, qui le voyaient comme un rempart contre le communisme en Afrique. Il instaura un parti unique , le MPR , à l’exclusion de toutes les autres formations politiques qui représentaient plutôt des nations congolaise .

C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué entre Mobutu et la Belgique. Après avoir pris le pouvoir par la force en 1965, Mobutu a proposé à la Société générale de Belgique la création d’une société mixte belgo-congolaise de gestion des mines. Car malgré l’indépendance, les Belges contrôlaient encore tout le secteur minier de l’état. Hélas, dans leur arrogance, les seigneurs de Bruxelles ont refusé. Mobutu a alors claqué la porte des négociations et sans réfléchir aux conséquences, il a nationalisé l’Union minière en 1967, rebaptisée Gécamines [Générale des carrières et des mines]. 

La Gécamines, ou Société générale des carrières et des mines (GCM), est une société commerciale de droit privé détenue à 100 % par l’État de la République démocratique du Congo qui concentre ses activités autour de la prospection, la recherche et l’exploitation de réserves minières dans l’ancienne province du Katanga. 

C’était une victoire à la Pyrrhus !

Une victoire à la Pyrrhus est une victoire tactique, obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu’elles compromettent ses chances de victoire finale .

L’expression est une allusion au roi Pyrrhus Ier d’Épire, dont l’armée souffrit des pertes irremplaçables quand il défit les Romains pendant sa guerre en Italie à la bataille d’Héraclée (sur le territoire de la cité d’Héraclée de Lucanie) en 280 av. J.-C. et à celle d’Ausculum en 279 av. J.-C.

Mobutu avait crié victoire trop vite car le Congo restait dépendant des Belges pour exploiter et commercialiser les minerais. La Société générale a même continué d’engranger d’énormes bénéfices, puisqu’elle était maintenant payée trop chère par l’état de Mobutu comme dorénavant « expatriée » pour exploiter les mines a la place des congolais . 

Un expatrié est un individu résidant dans un autre pays que le sien (sa patrie). Le mot vient des mots grecs exo (« en dehors de ») et patrida (« le pays »). Dans le langage courant, il sert généralement à désigner des professionnels hautement qualifiés s’établissant à l’étranger pour des raisons professionnelles .  Dans le langage courant le terme « expatrié » désigne généralement une personne occidentale détenant la nationalité d’un pays développé et travaillant à l’étranger en raison de ses compétences reconnues mondialement .

Le dictateur Mobutu , Ayant très mal géré cette transaction, cherchant rapidement à faire marche arrière, il a bien tenté de revoir ces contrats léonins, sans y parvenir. Incompétent, sans expérience internationale , sans professionnalisme dans les affaires entre états, Mobutu venait d’ouvrir la boîte au pandore . Finalement, pour rembourser la nationalisation, le Zaïre c’est à dire la République démocratique du Congo devait pour la seconde fois versé des sommes astronomiques à l’entreprise belge . 

Tel que vous le remarquez, Avec Mobutu, les Belges ont multiplié des bénéfices énormes en RDC sans pour autant bouger un bout de doigt. L’argent gagné par le Zaïre pendant les premières heures de la nationalisation n’a pas été géré avec intelligence. Au lieu d’être affecté a la modernisation de Gecamine et à la formation des ses cadres , il a été plutôt utilisé a payer des factures énormes contre-productive ( celle des expatriés qui recevaient jusqu’à 5 fois le salaire qu’un belge percevait en Belgique et celle des nationalisations ) . 

Le compromis proposé par  le président Mobutu fut une occasion ratée de créer une multinationale eurafricaine dans le secteur des mines.

Moi Gustave, je ne peut, à ce niveau, accuser l’Etat belge, car la Société générale était une entreprise privée belgo-belge et le dictateur Mobutu ne pouvait pas ne pas le savoir quand il s’est laissé entraîner dans cette aventure où il s’est fait avoir comme un idiot . Mais il est vrai qu’à l’époque, l’union minière du haut Katanga fonctionnait au Congo comme un Etat dans l’Etat et jouissait d’un pouvoir économique gigantesque et d’une influence politique évidente. Reste que les enquêtes sur les tractations réelles entre la Belgique et le Zaïre ont régulièrement valu des tentatives d’intimidation de la part des ministres belges qui estimaient que les enquêteurs portaient atteinte aux intérêts de la Belgique. 

En 2007 par exemple, après que des enquêteurs aient publié une série d’articles sur les transactions minières entre la Belgique et la RDC, leurs ordinateurs furent même dérobés chez eux . Même si a l’époque certaines de ses affaires étaient classée sans suite, les soupçons avaient été à l’époque fortement dirigé vers les services de renseignements belges qui agissaient fortement dans le but de protéger la divulgation d’informations , ce qui contribua à dire qu’ils étaient soi-disant derrière ce vol d’ordinateur et que l’état belge ne voulait pas que certaines vérités soient connu du public congolais.

🟢 « La Gécamines a été cannibalisée de l’intérieur, l’argent entrait et disparaissait aussitôt »

Quel rôle a joué le Congo dans cette faillite ?

La RDC est confrontée à la « malédiction des ressources naturelles », qui décrit la difficulté rencontrée par certains pays ayant des ressources naturelles en abondance, à se développer économiquement. Malgré ses recettes à l’exportation engendrées par l’exploitation de ses ressources, les trois quarts de la population de la RDC vivent avec moins de 1,9 dollar par jour.

La réglementation de l’industrie minière est pratiquement inexistante en RDC, et les institutions , entre autres la police et la justice, sont très faibles , abîmés par une politique salariale qui laisse à désiré . Cela a entraîné une corruption généralisée, de nombreuses fraudes, et des contrats léonins, très favorables aux multinationales étrangères.

Les mesures de restructuration et de libéralisation du secteur minier prises depuis 2004 n’ont rien donné et celle modifiée juste avant les élections de 2018 ne donneront rien du tout.

Les dirigeants congolais portent seul une très lourde responsabilité de cette faillite , car la Gécamines a été cannibalisée de l’intérieur, ajoutée à cela les deux genocides contre les kasaiens qui ont vidé cette société de ses cadres expérimentés et très compétents . 

Le dictateur Mobutu, acculé et dos au mur , pour chercher à se maintenir au pouvoir, s’est allègrement servi des caisses des compagnies minières pour puiser à tour de bras dans les caisses de la Gecamine afin de payer ses soutiens et maintenir son régime dictatorial à flot. Il reste jusqu’à aujourd’hui, le plus grand voleur de deniers publics congolais en comparaison avec le produit national bruts de l’époque. 

L’argent entrait en masse et disparaissait aussitôt, sans être réinvesti dans l’outil minier ou dans le développement du social du peuple congolais . 

Au point que, faute d’entretien, la plus grande mine souterraine du pays, celle de Kamoto, s’est effondrée en 1990. Cette catastrophe, qui a affecté 250 000 personnes et mis à l’arrêt la production de la Gécamines, a augmenté le chiffre de chômage dans la province et a accéléré les privatisations sauvages et le dépeçage du secteur minier. Le génocide Katangais qui a suivi deux ans plus tard contre les millions de travailleurs d’origine kasaiene a mis fin à cette aventure minière commencée avec la colonisation de cette partie du monde .

En choisissant la dictature comme système politique ou la justice reste muselée, Mobutu a par ricochet toléré l’impunité , les massacres de population, les génocides les vols de deniers publics et les détournements d’argent . En affichant son tribalisme et sa haine contre d’autres groupes ethniques du pays, a l’occurrence les balubas du kasai, il a dangereusement affaibli l’état , l’armée , la justice et les institutions du pays . Avec la zarianisation de l’économie, Mobutu a  inéluctablement soi-même préparé sa chute .

La chute de Mobutu, en 1997, est selon moi un tournant majeur dans ce grand fiasco économique de notre pays. 

Elle fût décrite comme un véritable « far west » à la suite de la prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila…

Son remplaçant a la tête de l’état congolais fera encore pire , il donnera la propriété du sol et du sous-sol à un conglomérat d’aventurier dénommé l’AFDL , ce qui ouvrira les portes aux pillages généralisés des mines congolais . Il abolira la constitution qui néanmoins protégeait les compagnies minières en installant un vide juridique à la place . 

Cela n’arrangera pas les choses à l’avantage de la Gecamine et d’autres sociétés minières congolaise. 

L’AFDL mit un trait sur l’existence de l’armée nationale, les FAZ ,  avec ça le pays perdait du coup le seul moyen de défense qui lui restait.

Ce fut un tournant tragique et très dramatique pour le pays qui ouvrira quelques mois plus tard grandement les portes à une guerre civile de plus de vingt ans et qui dure encore.

Lors de son offensive, Laurent-Désiré Kabila a bénéficié du soutien financier de certaines sociétés étrangères en contrepartie d’un pas-de-porte sur les mines. C’est sous son règne et sur fond de privatisations exigées par la Banque mondiale que de petites compagnies, que j’appelle des vautours, ont pris le contrôle des mines les plus importantes du pays , du cuivre jusqu’aux diamants, en passant par celles d’or ou de coltan . Dans ce far west congolais , un Katangai , Augustin Katumba Mwanke [un conseiller de Laurent-Désiré Kabila puis de son fils Joseph Kabila ] a joué un rôle clé en introduisant auprès de Laurent-Désiré Kabila des criminels de grands chemins, recherchés par plusieurs polices internationale, des personnages sulfureux comme Marc Rich , le fondateur de GLENCORE, recherché par les polices de plusieurs pays et Dan Gertler, un milliardaire israélien également impliqué dans les milieux diamantaires israéliens et anversois , accusé de blanchiment et de corruption ou un certain Moïse Katumbi, recherché a l’époque par la police zambienne….

La Chine est aujourd’hui très présente dans le secteur minier congolais depuis la signature d’une grande et vaste escroquerie en 2008 d’une convention sino-congolaise qualifiée alors de « contrat du siècle » et qui prévoyait en contrepartie la construction d’infrastructures. 

Après un voyage à Pékin du ministre des infrastructures de l’époque, le feu Pierre Lumbi à l’été 2007, la Chine a annoncé en septembre 2007 un accord de crédit portant sur 8,8 milliards de dollars , ayant pour objectif premier la réanimation du secteur minier. En contrepartie de l’exploitation des ressources minières (cuivre, cobalt, diamants et or), la Chine s’engageait ainsi à construire les infrastructures du pays (routes, liaison optique au West Africa Cable System (en), hôpitaux, universités, logements, etc.). La convention de troc prévoyait 6,3 milliards d’euros d’investissement, dont 4,2 destinés au développement des infrastructures et 2,1 à la relance du secteur minier, la maîtrise d’ouvrage incombant à une société mixte, la Sicomines, dont la RDC détiendra 32 % des parts. Les chantiers devraient être confiés à la China Railway Engineering Corporation et à la Sinohydro Corporation. Le FMI avait fortement critiqué l’engagement chinois, y voyant officiellement un alourdissement inutile de la dette publique vu que la Chine ne remplirait jamais sa part du marché . Des pays comme la France ou la Belgique voyaient d’un mauvais œil la présence de la Chine sur les terres congolaise , craignant que les matières premières ne changent de mains. Face à ces critiques et à la suite de la visite du président du FMI de l’époque , Dominique Strauss-Kahn, en mai 2009 à Kinshasa, les Chinois ont partiellement reculé en cédant les travaux a l’Aéroports de Paris pour rénover ainsi l’aéroport de N’Djili qui dessert Kinshasa, tandis qu’Areva s’est vu confier la prospection et l’exploitation de l’uranium). Point n’est besoin de donner l’image réelle de la RDC actuelle…

Maintenant que nous savons exactement ce que le peuple congolais n’a pas obtenu de l’accord « minéraux pour les infrastructures » de Joseph Kabila avec la chine , il serait temps à l’état de la République démocratique du Congo, aux institutions appropriées comme l’IGF et la cour des comptes de faire un grand audit de ce que les chinois ont réussi à exporter comme matières première depuis la signature de ce contrat malheureux jusqu’à aujourd’hui et en tirer les conclusions à l’avantage financière de la RDC. 

Récemment, une ONG congolaise a estimé, au terme d’une enquête, que le deal représentait « un énorme préjudice sans précédent dans l’histoire du pays » , pour avoir souvent alerté le public à travers FocusRDCmonde moi Gustave je le confirme aussi. Même la période négrière de Tippo Tip est classée comme étant faible par rapport à une telle escroquerie vécue par la RDC.

🟣 Etes-vous surpris par ces conclusions ?

Non , elles confirment ce que beaucoup d’observateurs pressentaient dès 2008. Une vaste escroquerie a partir du sommet de la république. Une escroquerie orchestrée par un chef d’état en exercice et ses proches.

Est-ce que vous pouvez vous en rendre compte, dans l’idée d’une nouvelle source d’argent a détourné , les Katangais , pour ne pas les citer, avec Joseph Kabila a leurs têtes, sont allés signer ce fameux contrat du siècle « minéraux contre infrastructure » à Pékin sans même être accompagnés d’un interprète qui parlait chinois ! Imaginez vous que même le ministre des mines de l’époque n’était point informé du deal. Tout s’est déroulé en catimini autour du président Joseph Kabila , de Katumba Mwanke , d’Albert Yuma et des proches de Joseph Kabila comme sa sœur , de son frère , les proches de sa mère , des gens dépourvus complètement d’expertise minière et n’ayant aucune expérience dans les contrats miniers internationaux. Un groupe de voleurs , d’origine douteuse qui ne se rendaient pas compte qu’ils vendaient pour longtemps l’avenir de nos enfants. Cette débâcle était-il prévisible ? Oui 

🟡 Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, élu en 2018, avait promis de revoir les contrats avec la Chine. Au vu de l’histoire du pays, quelle peut être sa marge de manœuvre ?

Après plusieurs enquêtes, moi Gustave de FocusRDCmonde, je crains que le chef de l’état n’en ait aucune pour la simple raison que ce genre de contrats entre états sont souvent difficile à défaire , surtout s’ils sont signés de la façon dont cela s’est passé.

Les contrats de ce fameux « contrat du siècle » ont été écrits en chinois et par les chinois, ce sont les chinois qui l’on composés et rédigés, dans une langue qu’aucun des congolais dans la délégation ne maîtrisait et qui devait normalement contenir des clauses cachées qui les protègeraient de tout dérapage du côté congolais , une vaste escroquerie de la part des chinois. Nos institutions doivent ouvrir une enquête pour savoir exactement combien les chinois ont puisés dans nos matières première. Ce chiffre nous aidera par la suite à faire des réclamations en notre faveur. 

La seule chose qui nous reste à nous congolais et plus spécialement au président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo , c’est la Gécamines, une entreprise en faillite , victime de très mauvaise décision depuis des décennies et ne détenant plus de gisements importants suite à la privatisation de ses actifs vendus scandaleusement par Joseph Kabila et ses proches Katangais a travers ses hommes de mains, j’ai cité katumba Mwanke, Albert Yuma, Dan Gertler , Moïse Katumbi et plusieurs autres malfrats . Mais malgré la dette colossale de la Gecamine , plus de 2 milliards de dollars [plus de 1,7 milliard d’euros], ce fleuron aurait pu être remis sur pied en exploitant mieux les richesses pharaoniques du sous-sol et en assainissant sa gestion « mangée » par la corruption suite à un état faible. 

Le nouveau président de la république congolaise pourrait aussi créer un fonds souverain où serait placé l’argent issu des partenariats avec les mines privatisées, comme le font certains pays producteurs de pétrole dans le golfe arabique . Cela bénéficierait à la population et réduirait l’évaporation de ces revenus dans des paradis fiscaux. 

🟡 « On fore à droite, à gauche, dans le but de se remplir les poches le plus rapidement possible »

Dans quel état se trouve aujourd’hui le secteur minier en RDC ? Il se trouve dans un sale état. 

Aujourd’hui, 70 % des mines congolaises sont privatisées dont certaines arrachées à leurs propriétaires comme l’a fait Moïse Katumbi a l’époque, lorsqu’il arrachas brutalement celle de monsieur Kabasele et le poussa sans autre forme de procès, au suicide pour le simple raison, qu’il était muluba du kasai. 

Parmi les gagnants, nous trouvons L’entreprise anglo-suisse Glencore, Dan Gertler et les Kazakhs d’ENRC [Eurasian Natural Resources Corporation, une multinationale britannique d’origine kazakhe] qui se partagent la manne. Sans oublier les usurpateurs Chinois, qui jouissent des trois quarts des gisements à travers des sociétés sous contrôle d’un organisme, la Sasac [Commission chinoise d’administration et de supervision des actifs publics], qui dépend directement du comité central du Parti communiste chinois. 

Ce qui arrive en RDC est un bradage total de ses richesses, faites grâce et avec l’appui des congolais eux mêmes . 

Il faut exploiter les mines du Katanga comme d’ailleurs sur l’étendue de la RDC de manière rationnelle, ce que ne font pas les acteurs étrangers sur place. On fore à droite, à gauche, on pollue ciel et terre pour plusieurs décennies sans orientations précises, on abîme et on empoisonne les sources d’eau douce dans le but de se remplir les poches le plus rapidement possible et d’abandonner un pays sucé jusqu’à la moelle a des habitants plus pauvres qu’avant.

Évoquons un peu le phénomène des creuseurs, ces travailleurs congolais envoyés dans des galeries peu stables dans leurs propres pays . Ils sont a la base de plus de 70 % de toute la production congolaise. Leurs sort est à comparer à celui des travailleurs forcés du caoutchouc rouge sous Léopold II. Comment expliquez-vous l’indifférence complètement générale de la part de nos dirigeants , notamment aussi celle des consommateurs internationaux de produits issus de ces minerais stratégiques ? Incroyable 

et pourtant en Europe, on s’indigne de ce qui s’est passé sous le roi des Belges Léopold II il y a plus d’un siècle. C’est une forme de narcissisme moral. Aujourd’hui, au Katanga, ils sont environ plus de 250 000 à travailler au péril de leur vie, pour un salaire dérisoire d’un dollars américains par jour pour produire les 70 % de toute la production congolaise qui du reste et parmi les premières mondiale des minerais les plus recherchés au monde . La responsabilité des dirigeants congolais est indéniable. Celle des géants du numérique doit aussi être posée. Pourquoi Samsung, Apple, Tesla ne développent-ils pas sur place des technologies de base et des usines de métallurgie afin d’aider les congolais à travailler décemment ? Pourquoi les autorités actuelles de la République démocratique du Congo ne les font pas pression dans cette direction ? Pourquoi, six décennies après les indépendances, on en est encore à l’exploitation brute des minerais sans transformation locale et sans valeur ajoutée pour le pays ?

Malgré les cris émotionnels qui émanent de nos cœurs congolais meurtris, devons-nous encore garder espoir que ça changera un jour ? Eloko nini yango ebongi to Salat ? Soyons honnête entre nous, estimez-vous que le géant minier qu’est la Gecamine peut-il encore se relever ? 

Il y a des raisons d’espérer, car nous Congolais , nous nous sommes aujourd’hui réveillés et nous dénonçons nuit et jours le bradage de nos ressources. Depuis vingt-cinq ans, des ONG comme l’alliance « Le Congo n’est pas à vendre » mènent une lutte acharnée contre le pillage de notre sous-sol. Cette décennie , surtout avec un président de la république de la trempe de son excellence Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo , est cruciale pour prendre un nouveau virage, car la demande en minerais stratégiques ne cesse et ne cessera d’augmenter pour la transition énergétique en Europe, aux Etats-Unis , en Chine et dans le monde entier. Les autorités ne doivent pas rater cette occasion de faire cesser ce pillage qui réduit une partie de la population congolaise à une forme d’esclavage.

En résumé, nous peuple congolais de la République démocratique du Congo sommes responsables de nos malheur, nous avons au départ laissé un dictateur décidé sur notre destin, Mobutu a pris des très mauvaises décisions dont nous vivons jusqu’à aujourd’hui ses conséquences, nous n’avons pas préférés la compétence de nos cadres. Nous avons encouragés une politique tribale de géopolitique et un système de quotas ethnique dans nos institutions. Nous avons ignorés la recherche dans nos universités. Nous avons applaudis les génocides et les massacres des populations. Nous avons tolérés et acceptés la corruption, les détournements et surtout l’impunité. Nous avons pendant plus de 60 ans affaiblis la justice de notre pays jusqu’à la rendre presque inexistante. Nous avons tolérés que des officiers supérieurs deviennent des commerçants et des affairistes dans notre armée ce qui n’existe nul part ailleurs. Nous avons fermés les yeux aux détournements des salaires de nos militaires. Nous avons poussés nos militaires et nos policiers à la mendicité. Nous avons soutenus la politique des listes fictives de nos travailleurs dans nos institutions , des listes fictives de nos écoles et des listes fictives de nos enseignants, nous avons nous mêmes détruit notre enseignement. Nos juges , nos magistrats sont devenus corrompus. Nous avons acceptés d’être très mal payé ce qui a engendré une corruption généralisée. Nous avons été partisans d’une géopolitique, sources d’incompétence et de médiocrité , enfin , à travers notre complexe envers l’étranger, nous avons vendus la RDC au moins offrant , l’essentiel pour nous est qu’il devait avoir la peau blanche. Nous nous sommes comportés devant notre propre pays comme devant un bien sans maître . Finalement nous nous sommes laissés dépossédés de notre bien qu’est la RDC.

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Par Gustave -Influenceur lanceur d’alerte.

Administrateur du groupe WhatsApp « FOCUSRDCMONDE ».

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