Pour le MPDC, le changement de la Constitution ne doit pas être l’oeuvre de ceux qui ont détruit la justice et la RDC

Pour le MPDC, la révision ou le changement de la Constitution ne doit pas être l’œuvre notamment des constitutionnalistes et acteurs politiques qui ont détruit la justice et la République Démocratique du Congo pour un bon avènement de la Quatrième République 

Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), dans le cadre de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC), appuie l’appel de la Commission Episcopale Nationale du Congo (CENCO) qui a invité, le mercredi 11 décembre 2024 à Kinshasa, les scientifiques à réfléchir sur la problématique de la révision ou du changement de la Constitution qui divise les acteurs tant politiques que sociaux du pays. Cet appel de la CENCO a été lancé lors de la conférence-débat organisée par sa Commission « Justice et Paix » et l’Université Catholique du Congo (UCC) dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits de l’homme. Cette conférence était placée sous le thème : « La paix et les droits humains en RDC à l’aune de la Constitution du 18 février 2006 : défis et perspectives ». Cette réflexion sur la Constitution s’impose parce que Mr Félix Tshilombo Tshisekedi,  dans son discours du 23 octobre 2024 à Kisangani, a lancé fermement l’initiative de la révision ou du changement de la Constitution. Et cette initiative est appuyée particulièrement maintenant par les ténors, communicateurs et constitutionnalistes du pouvoir de l’UDPS et de l’Union sacrée. Cette détermination de changer la Constitution est venue briser davantage l’unité et la cohésion nationales déjà fragilisées. Ce qui nous rappelle les morts de 2015 lors de l’opposition à la révision de la Constitution par le pouvoir de Joseph Kabila pour un 3ème mandat. L’initiative de la révision constitutionnelle est prévue à l’article 218 de la Constitution. Mais il n’y est pas prévu de changement de Constitution. Et certaines dispositions sont verrouillées par l’article 220. Cette initiative de changer la Constitution soulève des problèmes de son opportunité dans un pays divisé et occupé ou en guerre en différé, de son contenu, de sa motivation profonde et du contexte global de  sortie de la longue et grave crise congolaise au moment où le pays est à deux pas de sa balkanisation. 

Comment procéder au changement de la Constitution quand l’unité et la cohésion nationales sont brisées par la misère sociale totale, le tribalisme, la corruption, l’insécurité généralisée, la violence et l’intolérance politiques ainsi que par l’occupation d’une partie du territoire à l’Est par le M23 et la rébellion de l’AFC. Les armées étrangères se promènent dans notre pays, notamment à l’Est, comme dans un territoire d’office conquis. La République Démocratique du Congo fait face au plus grand holocauste après la Seconde Guerre mondiale.  Le bilan est terrifiant. Pour ne citer que quelques faits, le génocide congolais a déjà fait plus de 12.000.000 de morts et plus de 8.500.000 Congolais sont déplacés de force et vivent comme des réfugiés abandonnés sur le sol de nos ancêtres ; plus de 2.000.000 de femmes et de filles sont violées et à jamais détruites. L’insécurité est généralisée sur tout le territoire  national  face  à  l’impuissance  des  autorités  congolaises. Le Peuple Congolais est scandaleusement parmi les cinq peuples les plus pauvres et misérables de l’humanité, malgré les riches ressources naturelles de son pays. Nous vivons la faillite de la 3ème République, héritée de l’AFDL, qui peut s’effondrer à tout moment comme un avion en mauvais état et mal piloté qui explose subitement en plein vol.

  1. Mr Félix Tshilombo Tshisekedi, en prenant l’engagement ferme de changer la Constitution avec l’appui de l’UDPS et de l’Union sacrée, a déjà signé la fin de la Troisième République. Il faut donc avoir le courage d’en assumer les conséquences

Pour rappel, le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) s’était opposé en 2005 à l’adoption de l’actuelle Constitution qui contient des dispositions conflictuelles à même de faciliter la balkanisation de notre pays, la République Démocratique du Congo. Cette Constitution de « NI NI » consacre l’existence d’un pays sans identité. Sa faiblesse criante est l’absence du génie congolais et de la sacralité congolaise.  En avril 2006, le MPDC a  appelé déjà à la mise en place d’une transition exceptionnelle de trois ans pour jeter les bases du Grand Congo du 21ème siècle. C’est à cette occasion qu’il avait publié son Premier Programme triennal d’urgence pour la République Démocratique du Congo. Depuis lors le MPDC et la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) n’ont cessé de souligner l’importance d’une transition exceptionnelle, parce que nous avons pris un mauvais départ avec les élections de 2006. En décidant avec force de changer la Constitution, Mr Félix Tshilombo Tshisekedi a déjà signé la fin de la Troisième République agonisante. Il faut donc avoir le courage d’en assumer les conséquences, car c’est le Peuple Congolais qui doit être au cœur du processus global de l’avènement de la Quatrième République et non des Constitutionnalistes et acteurs politiques notamment de l’UDPS et de l’Union sacrée. Le changement de la Constitution doit se faire dans le cadre d’un grand consensus national de sortie de crise. Ce qui implique ce qui suit :

 2. La révision ou le changement de la Constitution ne doit pas être l’œuvre notamment des constitutionnalistes et acteurs politiques qui ont détruit la justice et la République Démocratique du Congo (RDC)

Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) se réjouit du fait que la CENCO ait pris l’initiative d’appeler à une réflexion profonde sur la problématique de la révision ou du changement de la Constitution. La Commission qui sera mise en place plus tard pour se pencher sur la Constitution ne devra pas être prise en otage par des constitutionnalistes et acteurs politiques qui ont détruit la justice et la RDC. Il faut surtout éviter que des constitutionnalistes et acteurs politiques membres de l’UDPS et de l’Union sacrée prennent en otage le processus de réflexion sur la Constitution. Il est important de souligner ici que ce sont des acteurs politiques congolais, avec leurs partis et plateformes politiques, qui sont des acteurs principaux de la longue crise congolaise depuis l’indépendance en 1960.  Ce sont eux qui sont les premiers responsables de l’instrumentalisation de la justice. Si notre justice est malade, c’est parce qu’elle a été contaminée notamment  par des acteurs politiques qui ont institutionnalisé un système politique de prédation, d’injustice sociale,  de corruption, de violation des droits de l’homme, de dictature et de négation de notre identité profonde de « Muntu ». Dès 1966, Mobutu commence à instrumentaliser la justice avec les 4 pendus de la Pentecôte et l’organisation par la suite des coups d’Etat montés et manqués. Il s’agissait déjà de terroriser tous les opposants et d’anéantir toute opposition. Nous avons donc un système politique congolais qui est aussi malade comme la justice, et qui risque même d’être plus malade que la justice congolaise, parce qu’elle nous conduit rapidement et tout droit à notre disparition. Jusqu’à ce jour, la RDC est un pays à transition qui fonctionne suivant le tennis politique injuste, inadapté et insalubre hérité du Maréchal Mobutu Sese Seko et du Combattant Etienne Tshisekedi wa Mulumba depuis le 24 avril 1990.

Il faut une composition originale de la commission chargée de réfléchir sur la Constitution, parce que les acteurs politiques ne doivent pas être juges et parties. Il faudra repenser de fond en comble aussi les jeux des acteurs politiques (partis et plateformes politiques) pour qu’ils ne prennent plus en otage la gouvernance ou la gestion du pays. Le génie congolais doit être au cœur de la proposition des nouveaux jeux des acteurs politiques dans la Constitution suivant une approche systémique et globale de toutes les forces vives congolaises. Les acteurs politiques sont appelés à être des visionnaires et missionnaires politiques. La politique doit cesser d’être un simple emploi ou métier pour nourrir et enrichir ses membres de famille et ses proches. La politique doit être une vision assortie d’une mission. Un homme politique sans vision est plus dangereux qu’un criminel et un terroriste, parce qu’il peut conduire tout un peuple et tout un pays à la disparition par ignorance ou pour ses intérêts personnels, familiaux et claniques. Il est comme un pilote aveugle qui conduit un avion et les passagers vers un accident mortel et inévitable. Il faut donc repenser aussi totalement le système politique congolais actuel qui semble inadapté.

Les constitutionnalistes congolais doivent éviter le piège de considérer le Peuple Congolais et la RDC comme leurs objets ou  sujets  exclusifs. Nous  sommes  un  peuple  croyant  créé  par Dieu depuis des millénaires. Ce ne sont pas des Constitutionnalistes qui nous créent.  Les Constitutionnalistes sont comme des techniciens et  secrétaires juridiques du peuple et de la nation. Ils sont chargés de codifier dans le langage juridique notre vision profonde de nous même comme peuple et comme nation face aux enjeux du monde d’aujourd’hui et de demain. Ils sont  donc chargés  de  donner  un  corps  juridique à notre vision de nous-mêmes et des autres, à notre identité profonde et à notre pacte national politique, social, économique, culturel et environnemental exceptionnel.

3. La République Démocratique du Congo entre dans une dynamique irréversible de la mise en place de la Quatrième République. Un consensus national s’impose à nous tous.

 Un consensus national s’impose à nous tous pour la mise en place de la Quatrième République dans le cadre d’une transition exceptionnelle. Personne n’a gagné, personne ne gagnera, si nous ne nous mettons pas ensemble. Mais nous risquons tous de tout perdre  bientôt dans un piège de balkanisation de la RDC qui va sceller en Afrique la mise en place  d’un premier modèle de « multicolonialisme » au 21ème siècle. Ce sera donc notre disparition dans le contexte de la nouvelle reconfiguration mondiale rapide, brutale, inique, multipolaire et très fractionnée. Ce sera notre disparition comme peuple et comme pays. Si nous continuons avec le système politique actuel, nous allons disparaître physiquement au 21ème  siècle dans une succession des génocides savamment et cyniquement préparés. Le génocide qui se passe à l’Est du pays risque de devenir une expérience d’un plan macabre et savant de notre disparition comme peuple sur toute l’étendue du territoire. Il est de plus en plus établi que le changement de la Constitution doit être dicté donc par une dynamique de consensus national qui s’impose à tous dans le cadre d’une transition exceptionnelle. Mr Félix Tshilombo Tshisekedi, l’UDPS et l’Union sacrée, en s’engageant dans une volonté ferme de changer notre Constitution, ont pris un grand rendez-vous avec l’histoire. Soit ils entrent dans l’histoire en faisant entrer la RDC  au 21ème siècle, soit ils vont sortir de l’histoire par la petite porte en voulant servir leurs intérêts personnels ou égoïstes.

4. Continuer avec le système politique actuel, c’est accepter de disparaître physiquement au 21ème  siècle dans une succession des génocides savamment et cyniquement préparés.

Il est clair donc que notre système politique actuel est aussi malade. C’est lui qui a contaminé toutes les structures sociales et toutes les pratiques de notre société. Il nous faut un nouveau système de gouvernance pour quitter le 20ème siècle où nous sommes restés tristement bloqués et entrer enfin au 21ème siècle. Il faut faire de l’avènement de la Quatrième République le plus grand événement de notre histoire au 21ème siècle. Le Grand Congo doit être lui-même d’abord son propre modèle. La République Démocratique du Congo, appelée à devenir le Grand Congo du 21ème siècle, n’a pas vocation à être la Belgique, la France ou les Etats-Unis. Comme elle n’a pas aussi vocation d’être le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, dans le cadre de BRICS. Le Grand Congo a vocation d’être le nouveau poumon spirituel de l’humanité, et a le devoir d’assumer lui-même sa nature de poumon vert de l’humanité. C’est lui qui devra inspirer le nouvel humanisme dont le monde a besoin pour la paix, la justice, la prospérité équitablement partagée et notre bien vivre ensemble. D’où il faut éviter absolument une approche clientéliste avec une nouvelle Constitution opportuniste pour une Quatrième République d’office opportuniste et malade engagée dans la continuité du système politique de prédation globale, de négation de notre identité profonde et de corruption démentielle.

Il faut donc une véritable requalification de la composition de la Commission qui pourrait être établie pour réfléchir sur une nouvelle Constitution de la République Démocratique du Congo. D’éminents juristes, historiens, sociologues, anthropologues, géographes, linguistes, philosophes, des représentants des chefs coutumiers, y compris des représentants des Eglises devront y participer. La participation des représentants des Eglises n’entame  en rien le principe de laïcité, car la laïcité ne consiste pas à ignorer les grandes valeurs spirituelles qui fondent l’identité profonde de notre société. Quand la laïcité ignore les grandes valeurs spirituelles qui fondent notre société, elle devient du laïcisme. Comme le Pape PIE XI, nous disons oui à la laïcité et non au laïcisme.

La trompette de l’histoire a définitivement sonné pour le Peuple Congolais et la République Démocratique du Congo. C’est maintenant que nous devons prendre nos responsabilités ensemble pour éviter notre naufrage collectif brusque avec la Troisième République agonisante. Mettons-nous debout ensemble pour faire face à la guerre internationale en différé qui nous est imposée pour notre disparition. Nous avons aujourd’hui le droit de rêver l’irréel et de nous mobiliser pour transformer l’irréel en réel comme un grand peuple, car demain n’est pas à attendre, mais à inventer.

Fait à Paris, le 25 janvier 2025

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