
PARLONS-EN. J’entends souvent, autour de moi depuis que je suis petit et à mon cabinet, des femmes dire « Mon mari ne me laisse pas » continuer mes études ou travailler ou sortir ou rendre visite ou recevoir mes amiesou même aller à la salle de sport , ou rendre visite à ma mère et à mon père ou voyager pour rendre visite à mes frères et mes sœurs.
Je pose toujours cette question aux femmes : « Est-ce qu’il vous attache les mains et les pieds ou est-ce qu’il ferme la porte à clé ? » afin qu’elles prennent conscience de ce qu’elles disent. Elles sont clairement contraintes par l’influence de leurs maris et par le poids de la culture et des traditions sociales. Ces femmes se sentent comme si elles étaient en prison sans pouvoir retrouver leur liberté par peur de décevoir la société et l’environnement familial.
Pourquoi alors ces femmes acceptent-elles d’être emprisonnées à cause de croyances sociales et continuent-elles à vivre dans l’amertume et au service de leurs bourreaux ?
1- Peur extrême du mari dictateur
L’homme a compris depuis l’Antiquité que la femme lui est supérieure dans tous les domaines : intellectuel, en intelligence, en endurance (en termede temps, la femme est plus forte que l’homme), en procréation, en maternité, en émotion, en tendresse et même en capacité sexuelle (la femme peut avoir plusieurs rapports sans interruption, alors que l’homme a besoin de quelques heures ou de quelques jours entre les rapports). Il développa ainsi une phobie de la soumission au contrôle des femmes. Ainsi, l’homme a utilisé plusieurs armes pour la contrôler, comme ses muscles (violence), puis l’oppression morale pour la mépriser, et enfin son monopole financier pour la rendre dépendante de lui. Il l’a également empêchée de faire la guerre, de chasser et de s’instruire, pour la forcer à se soumettre.
Naturellement, au fil des siècles, il lui a inculqué la croyance qu’elle lui était inférieure et a fini par utiliser la religion pour lui faire croire que c’était Dieu qui avait décidé qu’elle lui était inférieure et qu’elle devait se soumettre à lui.
2- Élever les filles et les garçons de deux manières différentes
L’éducation étant basée sur des croyances culturelles et religieuses, la fille reçoit une éducation différente de celle du garçon. Cedernier a plus de droits que sa sœur et c’est la fille qui aide la mère dans les tâches ménagères et sert son frère. Ce dernier dispose de l’autorité paternelle pour contrôler sa sœur, et dans certaines familles, il peut l’empêcher de porter les vêtements qu’elle désire, de sortir, ou même de poursuivre ses études. Ainsi, la fille apprend rapidement à se soumettre au mâle.
3- Le modèle déséquilibré du couple ou des parents
L’enfant marocain, qu’il soit fille ou garçon, remarque très bien comment le père terrorise la mère, comment il la prive de sa liberté et comment il est le seul à décider de tout dans la maison.
4- Dépendance financière
Une femme qui n’a aucune éducation, aucun diplôme et aucun travail se retrouve complètement dépendante financièrement de son mari. Elle se soumet donc à lui et ne se permet pas de s’opposer à sa volonté.
5- Éducation religieuse erronée
Depuis sa création, la religion a été dirigée par des hommes qui ont interprété les textes en leur faveur. Ainsi le garçon et la fille apprennent très vite que l’homme est supérieurà la femme et que cette dernière doit obéir à son mari si elle veut plaire à Dieu et que si elle sort sans le consentement de son mari les anges seront en colère contre elle et elle sera maudite. Il est clair que ces croyances sont profondément ancrées dans la conscience des filles et des garçons.
6- L’école boiteuse
L’école suit les traditions sociales et n’enseigne pas l’égalité des sexes. La preuve en est que les filles portent des tabliers blancs dans les collèges et lycées publics, alors que les garçons n’en portent pas.
N’est-ce pas une leçon d’inégalité des sexes, de l’infériorité des filles et de la supériorité des garçons ?
Par Docteur Jaouad Mabrouki
Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe