
OPINION. « Peut-on sacrifier l’avenir de toute une nation pour donner satisfaction aux instincts d’un seul individu ? », s’interroge le Professeur Lohata Tambwe okitokosa Paul-René dans une tribune à Pagesafrik.
Les professionnels de la politique en Afrique et en RDC sont allergiques à l’alternance. Il est fort dommage de constater que même les intellectuels comme Alpha Kone, Mackyasal, Ouattara et tant d’autres sont ou ont été tentés par cette aventure.
Mandela, le meilleur, s’est contenté d’un seul mandat. En RDC, Mobutu réclamait cent ans , Kabila continue à pleurer le troisième mandat raté, par la volonté du peuple.
Aujourd’hui, Fatshi mise sur sept ans à nouveau, ce qui signifie qu’on ne lui appliquerait pas le premier mandat, la constitution une fois changée, ce qui lui permettrait de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il le voudrait.
Le lien entre les honneurs, les richesses et la sécurité juridique individuels ou égoïstes avec le pouvoir politique peuvent expliquer cette perversion. D’abord, rien ne prouve que l’on peut réussir le deuxième ou le troisième mandat alors que le premier n’est pas concluant.
Les prémisses inhérentes au premier mandat feront que les conclusions soient mauvaises si on ajoute de nouveaux mandats. Plus on s’éternise au pouvoir, plus on devient mauvais. Le cas Mobutu en constitue une éloquente illustration.
Peut-on sacrifier l’avenir de toute une nation pour donner satisfaction aux instincts d’un seul individu ? La demande d’un nouveau mandat devient en soi, un projet de société. Il est surprenant que la démocratie directe ait réussi là où la démocratie représentative africaine a du mal à civiliser et à moderniser la vie politico- administrative.
Tenez, entre le 6 ème et le 4 ème siècles avant J.C. en Grèce antique, le mandat était de 1 an non renouvelable; et les choses marchaient car la corruption, les détournements et l’autoritarisme n’y existaient pas. Tout dirigeant tenté par ces perversions était chassé des cités – Etats : ce fut cela l’ostracisme.
Comment expliquer que l’antiquité ait été meilleure que les régimes africains du 21 ème siècle ?
Professeur Lohata Tambwe okitokosa Paul – René.