
OPINION. Félix Tshisekedi, le « frère » de Paul Kagame, doit dialoguer avec les représentants des groupes armés. Que cache ce dialogue et à quoi servent tous ces groupes, dont le M23 qui ne cesse de faire parler de lui ?
Pour comprendre la problématique des groupes armés présents à l’Est de la RD Congo et mieux appréhender le rôle que jouent le Rwanda et l’Ouganda dans l’instrumentalisation de la plupart de ces mouvements armés, dont le fameux M23, lire « Stratégie du chaos et du mensonge ». Tout y est.
Près de huit ans après sa parution, le livre, devenu un classique, une référence sur les enjeux géopolitiques en Afrique des Grands Lacs, est toujours d’actualité. Un extrait :
« Il ne fait l’ombre d’un doute que le M23, comme les trois autres mouvements armés avant lui, est sans conteste une pure création du Rwanda. Ce dernier se sert de ces mouvements politico-militaires pour atteindre son objectif principal, à savoir la balkanisation de la RD Congo dans le but ultime de créer un État autonome dans le Kivu. […] La conclusion d’une enquête des experts de l’ONU à ce sujet est sans équivoque : « L’implication du Rwanda dans l’orchestration de la rébellion du M23 devient plus compréhensible lorsqu’elle est comprise comme un vecteur déterminé et calculé pour conduire à la création d’un Etat fédéral autonome de l’Est du Congo. Il y a eu des spéculations quant à savoir si l’implication du Rwanda a été dictée par les intérêts de sécurité, ses intérêts économiques ou des liens ethniques et culturelles, la motivation de créer un État fédéral à l’Est du Congo semble incarner toutes ces autres préoccupations. »
Félix Tshisekedi et ses proches savent ce qu’ils font.
À bon entendeur…
Par Patrick Mbeko