RD Congo. Les coulisses des négociations de Doha

RD Congo. Les coulisses des négociations de Doha

1. Monsieur Vincent Biruta, ministre de l’Intérieur du Rwanda, et monsieur Jacquemain Shabani, ministre de l’intérieur de la RDC, viennent d’arriver à Doha. Ils ont été conviés par le médiateur qatari lors des négociations entre la délégation du gouvernement congolais et celle de Corneille Nangaa (opposition armée AFC/M23). Tout va se dérouler en présence de la Commission de l’Union Africaine, le Togo ainsi que certains américains ont également reçu une invitation. 2. D’après les fuites provenant d’un congolais faisant partie de la délégation de Doha, la principale revendication de M23/AFC c’est d’obtenir de gérer le Kivu pendant 8 ans. 3. Puis voilà Museveni qui entre dans la danse. Après avoir permis au M23 d’utiliser l’Ouganda comme base arrière pour attaquer la RDC en juin 2022, le président Yoweri Museveni continue d’intriguer. Non seulement il a doublé le nombre de soldats ougandais déployés en territoire congolais — passant de 3.000 à 6.000 hommes — mais il vient désormais de franchir un nouveau cap. Kampala a décidé de rouvrir sa frontière avec la RDC dans la cité de Bunagana. Une zone actuellement contrôlée par les rebelles du M23. 4. Cette décision a été immédiatement saluée par Bertrand Bisimwa, le chef politique du mouvement, qui commence même à parler de cette région comme du « Congo-Oriental ». Une nouvelle dénomination qui fait craindre QUE CONCLURE??? 1. Le premier constat est que la délégation de M23/AFC à Doha ( Qatar) est conduite non par un rebelle congolais mais plutôt par le Ministre rwandais de l’Intérieur Vincent Biruta qui traitera face à face avec son collègue de la République démocratique du Congo par Jacquemain Shabani. C’est désormais clair : Nanga, Bisimwa et Kabila sont au service du pays représenté par le ministre de l’intérieur. Aucun d’eux n’apparaît au dernier round des négociations et les choses deviennent plus claires. 2. Vu l’identité rwandaise de l’officiel qui conduit la délégation rwandaise et son statut du membre de gouvernement rwandais, on peut logiquement cogiter que les revendications du M23/AFC sont celles du gouvernement rwandais. En clair, à Doha, Kigali réclame un contrôle exclusif sur le Nord-Kivu et le Sud-Kivu via le M23-AFC – Congo Inter. 3. HUIT ANS n’est qu’une durée factice. En 2033, ils inventeront de nouveaux motifs en vue de perpétuer le contrôle de cette partie orientale de la RDC. Eux travaillent dans la durée et à travers une guerre d’usure, ils veulent pousser les congolais, de guerre lasse, à accepter l’inacceptable, à savoir la partition effective du pays. 4. Talking and fighting! Négocier et combattre, c’est la stratégie de guerre des agresseurs de la RDC tel que décrit par Pierre Péan dans son célèbre essai “Carnages. Guerres secrètes des grandes puissances en Afrique ». Ils vous entraînent dans des négociations stériles à Doha et à Washington, ils vous font miroiter des promesses mirobolantes de sécurité tout en déployant au même moment, des dizaines de milliers rwandais et ougandais aux frontières congolaises ou carrément sur le territoire congolais. La vérité est qu’eux obéissent à un agenda caché , qui étape par étape, met en œuvre le plan Rwando-américain. 5. Les congolais parlent des rwandais et des ougandais mais peu très peu ont réfléchi sur le rôle clef d’un quatrième acteur nommé le Qatar qui est un allié stratégique et partenaire économique privilégié du Rwanda et un protectorat des États-Unis. En réfléchissant bien, l’on comprend de mieux en mieux la stratégie de négociation de Trump consistant à traiter à Washington un accord bilatéral entre deux états RDC -Rwanda et à utiliser Doha comme un POUVOIR CACHE-SEXE visant justement à intégrer les M23/AFC dans l’accord en voie de signature et obtenir en leur faveur soit l’intégration dans l’armée congolaise pour mieux l’infiltrer et l’affaiblir soit la sous-traitance dans la balkanisation totale, durant 8 ans, du Nord et Sud-Kivu. 6. Outre la plainte judiciaire portée à Bruxelles contre la famille présidentielle accusée de piller les ressources congolaises ( N.B.même accusation congolaise contre l’agresseur Rwandais), retenez que 80 sénateurs américains se sont mobilisés avant-hier pour exiger de nouvelles conditionnalités côté congolais en termes de lutte contre la corruption et de respect du délai de mandat présidentiel et ce, avant la signature proprement dite de l’Accord. Tout ceci doit se comprendre comme un étau de plus en plus resserré autour du Congo de Lumumba contraint de négocier sous pression et en position de faiblesse. Par Germain Nzinga

RDC. Situation confuse à Walikale : crépitements d’armes et coupure des communications

RDC. Situation confuse à Walikale : crépitements d’armes et coupure des communications

La situation sécuritaire est confuse ce mercredi 2 avril dans la cité de Walikale, au Nord-Kivu, rapportent des acteurs locaux. Selon ces sources, des crépitements d’armes lourdes et légères sont entendus depuis tôt le matin dans les villages Ngora, Wenga et Mutakato sur l’axe Walikale-Goma. Cependant, ces mêmes sources ne fournissent aucun détail sur la cause de ces tirs d’armes. Pendant ce temps, la société civile de Walikale déplore la coupure des communications téléphoniques au chef-lieu du territoire depuis vendredi 28 mars. Selon cette organisation citoyenne, après une attaque de drones militaires des FARDC sur Walikale, les rebelles auraient débranché toutes les cabines des compagnies de téléphonie mobile. Elle ajoute que les rebelles du M23-AFC ne seraient pas visibles dans plusieurs coins de Walikale centre ce mercredi.

RDC. Simple piqûre de rappel sur le M23-Rwanda Inc.

RDC. Simple piqûre de rappel sur le M23-Rwanda Inc.

PARLONS-EN. Simple piqûre de rappel sur le M23-Rwanda Inc. Les informations qui nous parviennent des régions conquises (Nord et Sud-Kivu) par les Rwandais et leurs pantins du M23 assaisonnés à la sauce Corneille Nangaa sont alarmantes. J’ai beau critiquer Félix Tshisekedi et son régime, mais quand je vois ce qui se passe dans le Grand-Kivu, je ne peux m’empêcher de penser aux invasions rwando-ougandaises de 1996 et 1998. Ce qui se passe actuellement à Goma et Bukavu rappelle en effet les sombres moments de l’histoire du Congo-Zaire. D’aucuns diront que l’UDPS, le parti au pouvoir, entretient aussi une milice (les soi-disant « Forces du progrès » affiliées au régime de Félix Tshisekedi) tout aussi intolérable et violente que le M23. Oui, dans une certaine mesure. Mais même si le M23 est la version rwandaise de la milice « Forces du progrès », les deux mouvements terroristes ont quand même des modes opératoires relativement différents. Il ne s’agit pas ici de relativiser quoi que ce soit, mais de rappeler que le M23, c’est le masque derrière lequel se dissimulent les acteurs des génocides qui ont touché et continent de marquer la région martyre des Grands Lacs depuis la création, quelque part en Ouganda, à la fin des années 1980, de leur mouvement, le Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir à Kigali dirigé par un certain Paul Kagame. Une simple piqûre de rappel. Désolé de ne pas parler de Corneille Nangaa. C’est juste un garçon de course dans l’histoire, et il ne peut pas dire le contraire. Je bois mon lait nsambarisé… Patrick Mbeko

Médias : Revue de presse du 17 au 20 février (RD Congo)

Médias : Revue de presse du 17 au 20 février (RD Congo)

RADIO OKAPI : Le porte-parole des opérations militaires dans le Grand Nord, Colonel Mack Hazukayi, a assuré que l’armée a frappé son ennemi après avoir reçu l’appui des avions de guerre. Il confirme que les opérations se poursuivent. Le Colonel Mack Hazukayi a appelé les soldats ayant fui les combats et errant dans Lubero-Centre à regagner au plus vite le front pour défendre la patrie. RT FRANCE : La ministre congolaise des Affaires étrangères a salué la décision du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH) sur l’ouverture d’une «enquête sur les exactions dans l’est de la RDC», ainsi que l’appel de la Cour pénale internationale (CPI) pour recueillir des éléments de preuve sur ces crimes afin de traduire les responsables en justice. Thérèse Kayikwamba a exprimé l’appui de son pays à la résolution du Parlement européen demandant la «suspension de l’accord sur les matières premières entre l’Union européenne (UE) et le Rwanda, signé en février 2024, alors que Kigali armait le M23».  AFRICA NEWS : Les routes étant en mauvais état dans la majeure partie de l’est de la RDC, les petits bateaux qui sillonnent le lac Kivu restent le principal moyen de transport des personnes dans cette région troublée par des décennies d’instabilité. Les rebelles soutenus par le Rwanda se sont emparés des deux villes clés de l’est du Congo, riche en minerais, en moins d’un mois. JEUNE AFRIQUE : « Nous ne connaissons pas les intentions profondes du M23 et de leur soutien, jusqu’où ils iront et pourquoi », mais « le risque d’un embrasement régional est plus que jamais réel », a notamment déclaré devant le Conseil de sécurité l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs, Huang Xia. TV5 MONDE : Après avoir rétabli la sécurité à Bukavu, ville d’un million d’habitants tombée sans résistance de la part des forces armées congolaises (FARDC) mais où des miliciens et civils armés ont semé la terreur jusqu’à lundi notamment par des pillages, le M23 s’attaque à l’assainissement. DW : Selon des sources militaires, des milliers de soldatsougandais sont déployés en Ituri dans le cadre de l’opération shujaa. Cependant, il y a lieu de s’interroger sur l’accord qui lie Kinshasa à Kampala dans le cadre de cette opération conjointe.  Pour le professeur Kristof Titeca qui enseigne à l’université d’Anvers en Belgique, les circonstances de l’accord entre la RDC et l’Ouganda ne sont pas très claires. Et la position de Kampala dans la crise actuelle reste ambiguë. RFI : Des tirs sporadiques ont éclaté dès 7 heures mercredi 19 février dans le centre d’Uvira, paralysant tout mouvement, y compris celui des ambulances. Selon des sources locales, il s’agissait d’accrochages entre militaires congolais et miliciens Wazalendo… explique cet habitant. ONU INFO : Le groupe armé fait notamment obstacle aux efforts de la MONUSCO visant à évaluer les dégâts à l’aéroport de Goma et à aider à l’élimination en toute sécurité des munitions non explosées dans la capitale du Nord-Kivu. Les rebelles ont également empêché la MONUSCO de réapprovisionner en eau les troupes de la Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe en République démocratique du Congo (SAMIRDC). AFRICANEWS : Si un calme précaire règne, la méfiance persiste. Le M23 traque les groupes armés locaux, accusés de pillages, mais des témoignages font état d’arrestations arbitraires et d’exactions. La Croix-Rouge signale des blessés graves et des corps sans vie dans les rues. Adrien Thyg

La RDC : une maison divisée !

La RDC : une maison divisée !

TRIBUNE. La situation à Goma est critique, affirment plusieurs sources étrangères. Quand on parle à certains militaires déployés au front, on a le cœur serré. Ce qui frappe, c’est le dilemme auquel ces femmes et ces hommes en uniforme sont confrontés. La plupart d’entre eux disent se battre pour défendre la patrie et non le régime de Kinshasa, jugé responsable de ce qui arrive aujourd’hui. Il y a quelques jours, un haut gradé me lançait ceci : « Qu’il (F. Tshisekedi) demande à ses frères (de tribu) de venir combattre ici… » Le rejet de Félix Tshisekedi dans le Kivu est total, explique-t-on. Dans ce contexte, on ne comprend pas pourquoi l’UDPS, le parti au pouvoir, tient tant au changement de la Constitution, alors qu’une partie du Congo est occupée par le Rwanda !? Pourquoi vouloir à tout prix embarquer dans une entreprise rejetée par la majorité des Congolais et qui risque de précipiter la balkanisation du pays ? Les Congolais sont confrontés à un drôle de dilemme aujourd’hui, alors que la ville de Goma est assiégée par les nazis du M23 et leur parrain rwandais. Déterminés à soutenir et à accompagner leurs forces armées (FARDC) déployées au front, ils ne savent plus comment se positionner vis-à-vis du régime de Kinshasa, qui semble avoir d’autres priorités et qui instrumentalise cette guerre pour s’attirer les sympathies de l’opinion nationale. Aux yeux de nombreux Congolais, le régime de Félix Tshisekedi constitue une menace au même titre que les nazis du M23 et le Rwanda de Paul Kagame. La RDC est une maison très divisée contre elle-même, et pour beaucoup, Félix en est le principal responsable. L’infiltration de l’armée par le Rwanda n’explique pas tout. La tribalisation à outrance des institutions civiles et militaires, le népotisme, l’insouciance qui caractérise le pouvoir et les acteurs politiques, sont autant de maux qui divisent et facilitent le travail de l’ennemi au pays de Lumumba… Patrick Mbeko

Cessez-le-feu dans le Kivu : volonté américaine, hypocrisie rwandaise et naïveté congolaise

Cessez-le-feu dans le Kivu : volonté américaine, hypocrisie rwandaise et naïveté congolaise

LIBRES PROPOS. Il y a deux jours, les États-Unis ont annoncé avoir facilité un cessez-le-feu de 72 heures impliquant la RDC et le Rwanda. Cessez-le-feu qui a été confirmé par les Forces armées congolaises (FARDC) hier. Ça fait des mois que Washington appelle à la désescalade entre les deux pays. Une position d’autant plus surprenante qu’à Gaza, où l’armée israélienne tue les femmes et les enfants palestiniens comme des lapins, les mêmes Américains se montrent particulièrement opposés à tout cessez-le-feu entre le Hamas et Tsahal. Comment comprendre leur posture vis-à-vis de la RD Congo, où le Rwanda et ses supplétifs du M23 propagent la mort et la désolation ? Et que dire des autorités congolaises qui acquiescent aux demandes de la Maison-Blanche alors que les États-Unis portent une lourde responsabilité dans la situation de chaos qui perdure dans la partie orientale de la RD Congo depuis deux décennies maintenant ? Comment peuvent-elles faire confiance à un pays qui a prouvé plus d’une fois que la destruction des vies au Congo (comme à Gaza d’ailleurs) était le cadet de ses soucis ? En lisant le communiqué d’Adrienne Watson, la porte-parole du Conseil de sécurité national de la Maison-Blanche, les Congolais les plus avisés ont toutes les raisons du monde d’être inquiets. En effet, on peut lire dans le communiqué que « les États-Unis sont par ailleurs favorables à la reprise des processus de Nairobi et de Luanda visant à s’attaquer aux facteurs actuels et historiques qui perpétuent cette crise de longue date. » Pour un esprit non averti, il n’y a rien d’inquiétant dans ces quelques mots. Mais seulement voilà : non seulement les processus de Luanda et de Nairobi font le jeu du Rwanda et de ses supplétifs présents en RDC, mais Washington semble reprendre ici les éléments de langage du Rwanda, qui inscrit l’instabilité au Kivu dans l’histoire tourmentée de cette région. Autrement dit, si le Rwanda attaque et déstabilise continuellement le Kivu, c’est parce que les Congolais hébergent de soi-disant « génocidaires » hutus rwandais sur leur territoire. D’où l’utilisation de la formule : « s’attaquer aux facteurs actuels et historiques qui perpétuent cette crise de longue date. » Or la crise actuelle dans le Kivu n’a rien à voir avec tout cela, mais bien avec les velléités hégémoniques du régime Paul Kagame. En clair, les diplomates américains restent persuadés que le retour à la paix et à la stabilité dans l’Est du Congo passe aussi par le Rwanda. Alors que ce pays est à l’origine même des problèmes que connaît cette partie de la RD Congo. C’est un véritable piège à con dans lequel le régime de Kigali enferme le Congo pour justifier les agressions répétées et l’occupation d’une partie du Kivu. Les dirigeants congolais, qui semblent ne rien comprendre, doivent impérativement rejeter les éléments de langage du Rwanda répétés à l’envi par les États-Unis. Tant que le rapport de force sur le terrain militaire ne sera pas inversé, le Rwanda continuera à déstabiliser le Congo… tout en comptant sur l’hypocrisie légendaire des États-Unis, mais aussi de l’Union européenne. Par Patrick Mbeko

RDC. Les révélations de Charles Onana sur Azarias Ruberwa 𝐞𝐭 Laurent Nkundabatware confirmées par Jean-Pierre Bemba

RDC. Les révélations de Charles Onana sur Azarias Ruberwa 𝐞𝐭 Laurent Nkundabatware confirmées par Jean-Pierre Bemba

LIVRES. On croyait tout savoir sur les différents conflits armés auxquels la RD Congo est confrontée depuis 1996. L’incroyable enquête de Charles Onana sur l’Holocauste congolais et l’omerta de la communauté internationale qui le caractérise vous fera déchanter. Le livre-choc du politologue et journaliste d’investigation franco-camerounais tombe à pic, pour ne pas dire à point nommé, alors que la RDC est confrontée à une énième agression militaire pilotée par le Rwanda via ses supplétifs du M23 (Mouvement du 23 mars). Explosif, il fourmille de révélations et d’anecdotes sur certains acteurs impliqués dans le drame qui frappe la partie orientale du Congo, le Kivu. C’est notamment le cas de deux personnages bien connus dans la région des Grands Lacs ainsi que dans les chancelleries occidentales : Azarias Ruberwa Manywa et Laurent Nkunda Mihigo. Le premier a été vice-président dans le gouvernement de transition « 1+4 » et plusieurs fois ministre, et le second a été officier supérieur avec grade de général dans les Forces armées congolaises (FARDC). Mais qui est Laurent Nkunda ? L’état-major de la MONUC (actuelle MONUSCO) a rédigé un rapport spécial (special report) d’une dizaine de pages sur ce chef milicien et criminel de guerre. Ainsi, dans ce rapport de la MONUC du 19 janvier 2006 révélé par Charles Onana, Laurent Nkunda Mihigo est présenté comme « un Munyamulenge du Rwanda » qui a étudié dans une école d’infirmiers à Bukavu. Ayant échoué à ses examens et n’ayant jamais achevé sa formation d’infirmier, il n’a pu obtenir de diplôme pour exercer ce métier. Toujours selon le rapport de la MONUC, « il est ensuite retourné CHEZ LUI AU RWANDA où il a rejoint l’armée » de Paul Kagame et est devenu sergent. « C’est en 1996, lors de la première rébellion des Banyamulenge qu’il rejoint l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila. À cette époque, Nkunda devient capitaine avant de se retrouver peu après à Kisangani comme commandant de brigade au sein du RCD-Goma », lit-on dans le même rapport. La MONUC reconnaît aussi que « durant sa période de commandement, Laurent Nkunda s’est rendu coupable de nombreuses violations de droits humains, notamment des crimes de masse à Kisangani » et qu’il a reçu, à de nombreuses reprises, l’aide militaire du Rwanda. Bien que nommé au sein des FARDC, il refusera d’aller à Kinshasa de peur d’être arrêté pour les atrocités qu’il avait commises, précise le rapport onusien. Contrairement donc à tout ce qui a été écrit et avancé dans les médias sur les attaches de Laurent Nkunda et son histoire familiale en RDC, la MONUC semble dire sans hésitation que son pays c’est le Rwanda. Ces conclusions de la Mission des Nations unies au Congo correspondent exactement à ce que disait le vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, chef de guerre lui aussi, au sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, Donald Yamamoto, le 22 juin 2004, à Kinshasa. S’appuyant sur un document confidentiel, Charles Onana montre en effet que Bemba avait, à cette occasion, lourdement insisté auprès du représentant américain en affirmant que Laurent Nkunda n’est pas Congolais mais Rwandais et qu’il avait connu ce dernier lorsqu’il était officier de renseignement de Paul Kagame à Kisangani. Les révélations et anecdotes de ce genre, le livre en fourmille. Le cas d’Azarias Ruberwa est tout aussi emblématique que celui de Laurent Nkunda. On apprend ainsi que celui-ci serait né dans trois endroits différents ! Dans son livre, Ruberwa affirme en effet qu’il est né à Minembwe, au Sud-Kivu. Il ne serait donc pas Tutsi rwandais mais Tutsi rwandophone du Congo ou Banyamulenge. Seulement voilà: lorsqu’il obtient, le 31 octobre 1984, son diplôme d’État au Zaïre (l’équivalent du baccalauréat sous le régime du président Mobutu), il est clairement mentionné dans son diplôme qu’il est né à Rugezi, une localité située au nord du Rwanda, proche de la frontière avec l’Ouganda. Juste avant l’obtention de son diplôme d’État, Ruberwa Manywa a reçu son « certificat d’aptitude physique » le 11 octobre 1984, lequel mentionne qu’il est né à Itombwe, dans la province du Sud-Kivu. Et Charles Onana de s’interroger : « Alors, Monsieur Ruberwa est-il né au Rwanda ou en RDC ? Est-il né le 20 août 1964 à Rugezi, à Itombwe ou à Minembwe, soit le même jour à trois endroits différents ? » Le politologue et journaliste d’investigation franco-camerounais de souligner : « Cette situation résume à elle seule toute la confusion et les ambiguïtés qui règnent autour de la question des Tutsi rwandophones et leur appartenance tantôt au Rwanda tantôt au Congo-Zaïre. Les guerres qu’ils alimentent à l’est de la RDC donnent plus que jamais l’impression qu’ils travaillent davantage pour le Rwanda que pour la RDC. L’exemple de Laurent Nkunda, aujourd’hui réfugié au Rwanda, est emblématique. Cet individu, recherché comme criminel de guerre et criminel contre l’humanité, a longtemps péroré sur son statut de Tutsi Rwandophone et de défenseur inconditionnel des Banyamulenge. En découvrant dans le rapport spécial de la MONUC de janvier 2006 qu’il était plutôt Rwandais, nous avons été surpris. Comment cet homme a-t-il réussi à devenir général des FARDC sous le matricule 614655k, à la suite du décret N°019/2003 du 19 août 2003 signé par Joseph Kabila ? » Comme susmentionné, le livre de Charles Onana tombe à point nommé au regard de l’actualité. En tant que Congolais, on est concerné par le sujet et choqué par ce que révèle l’auteur. C’est aussi un appel à l’éveil patriotique parce que l’Holocauste qui y est décrit ne peut ni ne doit plus perdurer. À la classe politique et à ce qui reste de l’élite congolaise, c’est une invitation à une prise de conscience collective face au danger qui guette la RDC et sa population. Les quelques révélations présentées ici seront-elles prises en compte par les dirigeants congolais dans leur appréciation de la crise que connaît aujourd’hui la RD Congo ? Félix Tshisekedi et sa présidence continueront-ils à faire perdurer le statu quo ? Le gouvernement congolais finira-t-il par rompre avec la stratégie de l’autruche ? Le tout nouveau ministre

RDC : Où va notre pays???

RDC : Où va notre pays???

OPINION. Selon de nombreux témoignages des habitants sur place, notre armée a été attaquée simultanément sur trois fronts : au poste frontalier Kitagoma par l’UPDF ougandais et par le M23/RDF rwandais sur le front Bunagana-Rutshuru tout comme sur le front Kalengera-Kako-Rumangabo. Après la prise de Rutsuru, Kiwanja et l’abandon du camp militaire de Rumangabo par les FARDC, l’ennemi semble mettre le cap sur la ville stratégique de Goma pour forcer le gouvernement congolais d’aller en position de faiblesse à la table de négociation et à accorder encore et encore des concessions nuisibles aux intérêts vitaux du grand Zaïre. Si nous tenons encore à ne pas tomber dans ce piège ennemi, il faut qu’on sache que la trop tardive mesure de l’expulsion du tout-puissant ambassadeur rwandais Vincent Karega s’avère largement INEFFICACE. Ce monsieur a beau être expulsé de Kinshasa mais rien ne changera sur le théâtre des opérations militaires aussi longtemps que : – la présidence de la République ne réussira pas à DISSOUDRE le cabinet parallèle formé des collaborateurs ( rwandais et congolais) connus de tous et qui rendent quotidiennement rapport à leur chef de Kigali – La présidence congolaise ne réussira pas à nettoyer la chaîne de commandement militaire de FARDC massivement infiltrée par des officiers rwandais de haut rang qui transmettent des informations top secret à l’ennemi – la présidence congolaise ne prendra pas le courage d’ANNULER le protocole d’accord de coopération pour l’exploitation de l’or produit par Sakima, signé en juin 2021 avec Kigali et également de l’exploitation des ressources minières, gazières et du coltan – la présidence ne se contentera plus de SUSPENDRE mais plutôt d’ANNULER ipso facto tous les Accords militaires permettant à l’Ouganda et au Rwanda d’opérer librement sur le territoire congolais et ainsi d’équiper ces rebelles là mêmes qui mettent le pays à feu et à sang – les dirigeants congolais n’arrêteront point leur naïveté insupportable d’accorder un moindre crédit aux pays membres de l’EAC qui visiblement interviennent plus en pyromanes qu’en pompiers dans le projet sous-régional d’éradiquer des groupes rebelles à l’Est congolais. Tant que ces cinq conditions draconiennes énumérées ci-haut ne seront pas prises en compte, il faut considérer l’expulsion de l’ambassadeur rwandais comme de la simple poudre jetée aux yeux des congolais, comme un simple sparadrap bandé sur la plaie béante et gangrenée de l’insécurité en RDC ou encore comme cette sempiternelle astuce destinée à couvrir l’ennemi qui reste pourtant bien installé dans la maison Congo avec la complicité de ses propres dirigeants. Par Germain Nzinga