
PARLONS-EN. Plutôt que d’être un levier de co-construction nationale, la différence ethnique ou politique est trop souvent instrumentalisée comme outil de mobilisation. Le RHDP, parti du chef de l’État Alassane Ouattara, en a fait un ressort stratégique pour neutraliser ses opposants, recourant à des discours qui attisent le repli communautaire et régional.
Le langage politique qui fragilise l’unité nationale.
Les déclarations de premiers responsables du RHDP, telles que «Tidiane Thiam teh Andô yéh» ou « Tidjane Thiam n’est pas des nôtres», ou encore les propos tenus dans un discours de campagne électorale par le chef de l’État appelant ses partisans à «veiller» dans les quartiers à ce que certains «chiens» (ainsi désignés de façon méprisante les citoyens ivoiriens partisans de l’opposition) ne puissent y «passer», illustrent cette dérive dangereuse. Lorsque le langage politique franchit cette ligne, ce n’est plus seulement l’adversaire qu’on écarte, mais, c’est l’unité nationale qu’on fragilise.
Des manquements qui virent à la haute trahison.
Le narratif d’exclusion et de division qui fragilise l’unité nationale viole ouvertement l’esprit des articles l’article 4 sur l’égalité de tous les Ivoiriens en droit, l’article 30 qui stipule que la République est une et indivisible et assure l’égalité devant la loi, et l’article 54 qui fait du Président de la République le garant de l’unité nationale. L’article 8 interdit également la propagande incitant à la haine raciale, tribale ou religieuse. Et quand des responsables censés incarner l’État se mettent eux-mêmes à souffler sur les braises identitaires, ils ne se contentent pas de trahir leur mission, ils deviennent les artisans actifs de la fracture nationale. À ce stade, il ne s’agit plus d’un simple manquement, mais d’une compromission grave avec les principes mêmes qui fondent la République, un acte politique qui renie l’essentiel du serment de servir et de protéger la Nation. Donc une haute trahison.
Des conditions d’une diversité enrichissante.
Il faut rappeler au chef de l’État Alassane Ouattara que la diversité n’est une richesse que lorsque l’État respecte strictement le droit, garantit l’équité institutionnelle et protège la liberté politique de tous. Sans le respect des textes, notre seule boussole républicaine, la diversité devient une fragmentation, et non un atout. Il n’y a donc hélas, rien d’étonnant à ce que chaque présidentielle en Côte d’Ivoire dégénère en violences et en scènes funèbres.
Le sanglant rituel électoral, conséquence de la violation de la parole d’État.
Le triste et sanglant rituel électoral en Côte d’Ivoire apparaît comme la conséquence directe d’un pouvoir qui, malgré un serment solennel, s’est progressivement affranchi de l’exigence de neutralité, de justice et de protection des citoyens. Quand celui qui devrait garantir la paix devient par ses choix complices, par ses silences et ses renoncements l’architecte d’un climat explosif, le pays ne récolte que les fruits amers d’une gouvernance qui a tourné le dos à sa parole d’État. Et cela, l’histoire contemporaine de notre pays le retiendra pour le tribunal de son histoire.
Par Akim Djalega/GPS
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