Le modèle marocain de développement des oasis peut constituer une source d’inspiration à l’international

La distinction du modèle marocain de développement des oasis peut constituer à l’international une source d’inspiration, ont soutenu les participants au huitième Forum international du tourisme solidaire (FITS) tenu du 25 au 30 janvier 2020 à Ouarzazate.

Une édition placée sous le signe «Résilience climatique, développement durable et tourisme solidaire dans les oasis du monde» et couronnée par l’adoption de la «Déclaration universelle d’Ouarzazate».

«Cette particularité distinctive a été appréciée sur le terrain par les caravaniers de différentes nationalités qui ont visité les oasis de la région de Daraâ-Tafilalet», ont relevé les organisateurs dans ce document qui appelle à la valorisation et à la préservation des oasis du monde, en tant que patrimoine naturel et culturel de l’humanité.

Mis en œuvre en conformité avec les Hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le modèle marocain « est caractérisé particulièrement par l’existence d’une vision stratégique de développement durable des zones oasiennes, déclinée en programmes et projets multisectoriels, et d’institutions publiques nationales investies d’attributions en matière de développement exclusivement des zones oasiennes telles que l’ANDZOA (Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier)», ont-ils rappelé.

Représentant les professionnels, les experts, les élus, les acteurs universitaires, associatifs, coopératifs, économiques, médiatiques, administratifs de différentes nationalités ainsi que les programmes internationaux, les organismes de la coopération internationale, les participants au FITS Maroc 2020 ont, en outre, relevé que le modèle marocain se distingue également par la «participation notoire des populations locales et le rôle extrêmement actif d’acteurs associatifs et coopératifs au développement des oasis et par l’ancrage séculaire et la pertinence toujours de mise des systèmes traditionnels de gestion de la rareté des ressources hydriques, adaptés aux oasis : Les Khattaras».

Dans cette «Déclaration universelle d’Ouarzazate», les participants ont, par ailleurs, rappelé certaines réalités et fait des observations sur le tourisme oasien, qui concerne 25 pays, répartis sur quatre continents.

Si l’attractivité du tourisme responsable et solidaire, qui constitue indéniablement un levier fiable de développement durable pour les oasis, demeure forte, force est de constater que «les territoires oasiens sont aujourd’hui à travers le monde fragiles et menacés», ont-ils fait remarquer.

En effet, «les oasis continuent à faire face à une série de menaces, liées à la fois aux facteurs naturels et humains», ont-ils déploré pointant du doigt la surexploitation des ressources naturelles, la dégradation des équilibres de la biodiversité, la tendance au réchauffement, l’aridité, la sécheresse, l’urbanisation anarchique, la surexploitation des ressources hydriques, l’émigration massive, la surpopulation, la modernisation abusive des techniques de production agricole…

Ils ont ainsi estimé qu’elles «requièrent plus que jamais une attention particulière à l’échelon planétaire pour leur préservation durable via une gestion plus responsable et équitable des écosystèmes oasiens».

Les participants ont ainsi présenté une série de recommandations, appelant tous les acteurs concernés à travers le monde à la préservation des territoires oasiens, aux régulations et aux accompagnements fondamentaux ainsi qu’aux rationalisations des actions entreprises à la juste mesure de la professionnalisation nécessaire de l’activité touristique.

Ils ont plaidé pour l’adaptation des cadres législatifs et réglementaires pour une meilleure préservation et valorisation des écosystèmes oasiens ; l’intégration dans leurs actions de l’option d’un tourisme responsable et solidaire, comme une alternative vitale pour les populations locales ainsi que le développement, en lien avec les formes agro-écologiques de production agricole, en période de crise climatique.

En plus de mettre tout en œuvre pour promouvoir conjointement l‘économie sociale et le tourisme solidaire, qui sont de nature à constituer une alternative viable au modèle actuel de production-consommation, centré sur le profit et « renforcer les capacités de tous les acteurs de la chaîne de valeur touristique, à renforcer les réseaux qui les relient à travers le monde, à créer des mécanismes de concertation et de promotion du tourisme responsable et solidaire autour de l’intégration multisectorielle : culture, artisanat, agriculture, commerce, ou autres secteurs ».

La Déclaration appelle également à intégrer davantage la mise en œuvre d’un tourisme responsable et solidaire dans le cadre de la coopération internationale; à s’activer pour la promotion de la labellisation des territoires oasiens, la valorisation des produits de terroir et la mise en valeur des patrimoines naturels et culturels matériels et immatériels et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales ainsi qu’à favoriser l’émergence de projets touristiques portés, en particulier, par les femmes et les jeunes.

Enfin, les participants ont recommandé que les collectivités territoriales dans les pays oasiens mettent en place, dans le cadre de leurs accords de coopération décentralisée, des programmes et projets d’appui au développement du tourisme alternatif et que les voyagistes et les réceptifs travaillent ensemble dans le respect absolu des populations et des cultures oasiennes. Avant de lancer un appel pour une contribution plus significative des bailleurs de fonds mondiaux et organisations internationales concernées par cette question, la création d’un Fonds mondial pour la préservation et le développement durable et équitable des oasis du monde ainsi que pour la tenue d’un Forum international annuel autour du développement durable des Oasis.

Placé sous l’égide du ministère marocain du Tourisme, le FITS Maroc 2020 a été organisé par le Conseil provincial d’Ouarzazate, la ville d’Ouarzazate, l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), le Comité provincial du Tourisme d’Ouarzazate.

Alain Bouithy

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