
Le salut de l’Afrique ne viendra ni de la Maison-Blanche ni des parrains de nos autocrates, mais du courage, de la lucidité et de la dignité de ses propres peuples. Voilà en substance le message que livre Farida Bemba Nabourema dans une tribune incisive qui déconstruit avec vigueur l’illusion d’un salut politique venu de Washington. La militante togolaise des droits humains, écrivaine et universitaire y dénonce la croyance, qu’elle juge dangereusement naïve, selon laquelle une alternance ou une posture américaine pourrait libérer les peuples africains de leurs régimes autoritaires. A lire ci-dessus.
« Certains, sur ce continent, persistent dans une naïveté presque pathologique, rêvant que Donald Trump viendra les délivrer de leurs tyrans domestiques. J’en reste abasourdie. Il faut avoir perdu tout sens politique pour en arriver à des raisonnements aussi indigents. « Trump viendra sauver le Togo ». « Trump viendra libérer le Cameroun ». Comme si la Maison-Blanche était un dispensaire pour peuples abandonnés.
Depuis quand Trump mène-t-il une croisade pour la liberté des peuples ? Ses alliances stratégiques au Moyen-Orient, avec l’Arabie saoudite, l’Egypte ou Oman, sont-elles des modèles de démocratie libérale ? Ces régimes ne sont pas leurs alliés par miracle. Ils le sont parce qu’ils servent des intérêts. Rien d’autre. Lorsque Washington agit contre un dirigeant comme Maduro ou Khoméni, ce n’est pas pour défendre un quelconque principe démocratique: Il n’en a que cirer comme tout le reste de l’occident d’ailleurs.
Trump ne combat pas les dictatures. Il combat les gouvernements qui refusent de se plier aux exigences américaines et qui ose les défier. Nuance fondamentale que certains refusent de voir. Ce n’est pas la nature autoritaire d’un régime qui dérange Mai’s son degré d’obéissance.
Et que dire de nos propres dirigeants, ces chefs sans colonne vertébrale, prêts à troquer la liberté de leur peuple contre une assurance vie politique ? Ils n’attendent même pas qu’on les somme de se plier. Eux même offrent la soumission. Ce sont des serviteurs volontaires Leur seule ambition consiste à durer au pouvoir quitte à brader les ressources, les institutions, la dignité nationale. Eyadema l’a fait dès 1967 quand il a demandé à l’état d’Israël d’assurer sa protection sur le plan militaire et diplomatique en échange de ses services.
Imaginer que de tels hommes seraient menacés par Trump relève du fantasme. Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par la seule logique de l’intérêt et des autocrates africains obsédés par leur survie produira la liberté relève de l’absurde.
Le salut d’un peuple ne vient pas des patrons de nos dictateurs qui leur sont loyaux et fidèle depuis des décennies. Elle exige du courage, de la lucidité et un minimum de dignité nationale. Ceux qui fantasment sur un sauvetage trumpien devraient commencer par se demander si leurs propres oppresseurs sont en conflit avec Washington. La réponse est embarrassante.
Farida Bemba Nabourema
Citoyenne Africaine Désabusée! »