Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

Sénégal/USA. Sonko tire à balles réelles sur Trump : la fin du silence africain ?

TRIBUNE. Dans les relations internationales, il arrive que les figurants deviennent des lanceurs de pavés. Et ce jour-là, depuis Sénégal, Ousmane Sonko a décidé de ne pas jouer les silhouettes diplomatiques. Non. Il a sorti la sulfateuse verbale, direction Donald Trump avec une phrase qui claque comme une gifle dans un sommet feutré : « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix. C’est un homme de déstabilisation du monde. » Dans le jargon diplomatique habituel : on ne partage pas entièrement la même vision stratégique. Traduction réelle version Sonko : le cow-boy Trump met le feu à la prairie et vend ensuite les extincteurs. Car il fallait oser. Dans un monde où les dirigeants africains ont longtemps pratiqué l’art délicat du sourire crispé face aux puissants de ce monde, voilà que Sonko, lui, choisit la franchise brutale, presque insolente. Comme si la diplomatie sénégalaise avait troqué ses gants blancs contre des gants de boxe. Et il faut le dire sans détour : Ousmane Sonko n’est pas de ces hommes qui tremblent devant leurs propres idées. Il les porte, il les assume, il les projette. Un homme courageux, donc, au sens rare du terme, qui préfère le risque de la parole à la sécurité du silence. Haro, dès lors, à ceux qui bavardent sur son audace sans jamais avoir affronté le vertige de dire ce qu’ils pensent. Car enfin, qu’est-ce qu’un leader qui se tait ? Souvent un esprit enchaîné. Une personne qui possède un avis mais craint de l’exprimer est prisonnière de l’inhibition : elle doute, elle redoute le jugement, cette vieille compagne appelée atélophobie, ou pire encore, elle se noie dans le people pleasing, cette maladie moderne qui transforme les convictions en pâte molle prête à épouser toutes les formes. Ce profil trahit une carence fondamentale : l’absence d’affirmation de soi. Or, Sonko n’habite pas ce territoire-là. Il appartient à une autre catégorie : celle des personnalités assertives. Il dit, clairement, directement, sans détour inutile et surtout sans cette agressivité hystérique qui trahit souvent la faiblesse, ni cette passivité molle qui signe la résignation. Il parle en acteur, pas en spectateur. En stratège, pas en suiveur. Bref, un leader audacieux, proactif, qui préfère tracer sa ligne plutôt que marcher dans les empreintes des autres. Et pendant qu’il parle, il imprime le tempo. Ousmane Sonko ne suit pas l’actualité, il la fabrique, il la cadence, il lui impose son rythme. Autour de lui, une nuée de stagiaires politiciens tente de s’agripper à cette pulsation nouvelle, courant derrière chaque déclaration comme des sprinteurs sans souffle. Mais l’essoufflement les guette déjà : on ne court pas longtemps dans les pas de quelqu’un qui avance plus vite que son époque. Certains, grisés ou irrités, murmurent déjà des grands mots. D’autres, plus audacieux, le classent sans trembler parmi les prétendus « maîtres du monde » — clin d’œil ironique à Les Maîtres du Monde de Pascal Boniface. Provocation ? Hyperbole ? Peut-être. Mais derrière l’emphase, une réalité politique s’impose : celle d’un homme qui pèse, qui dérange et qui imprime sa marque bien au-delà de ses frontières. Face à lui, Donald Trump, incarnation assumée du chaos organisé, architecte de tweets incendiaires et pyromane en chef d’une géopolitique sous stéroïdes. Un homme pour qui la paix ressemble souvent à une pause publicitaire entre deux conflits d’intérêts. Et Sonko, dans un rare moment de clarté géopolitique sans anesthésie, résume l’affaire en une phrase que beaucoup pensent tout bas, mais que peu osent hurler tout haut. Mais derrière la formule choc, il y a une ligne de fracture. D’un côté, ceux qui pensent, parlent et assument. De l’autre, cette cohorte docile, véritables moutons de Panurge, comme dans Gargantua de François Rabelais, qui attendent qu’une voix s’élève pour bêler en chœur, découvrant soudain des convictions qu’ils n’avaient pas la veille. Et pendant que certaines chancelleries africaines ajustent encore leurs courbettes protocolaires, le Sénégal version Sonko semble dire : ici, on ne chuchote plus, on parle. Quitte à déranger. Quitte à froisser. Quitte à rappeler que la paix n’est pas un slogan de campagne, mais une denrée rare que certains leaders manipulent comme un vulgaire outil de communication. Alors oui, au bout de cette tirade qui dérange et qui divise, il reste une image : celle d’un homme qui marche vite, parle fort et pense libre. Un homme qui, pour beaucoup, honore Sénégal et donne des raisons de fierté à une partie de l’Afrique. Chapeau, Maître, chapeau notre gardien de la révolution. Par Malick BA Journaliste

Farida Bemba Nabourema : Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par l’intérêt et des autocrates africains puisse produire la liberté relève de l’absurde

Farida Bemba Nabourema : Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par l’intérêt et des autocrates africains puisse produire la liberté relève de l’absurde

Le salut de l’Afrique ne viendra ni de la Maison-Blanche ni des parrains de nos autocrates, mais du courage, de la lucidité et de la dignité de ses propres peuples. Voilà en substance le message que livre Farida Bemba Nabourema dans une tribune incisive qui déconstruit avec vigueur l’illusion d’un salut politique venu de Washington. La militante togolaise des droits humains, écrivaine et universitaire y dénonce la croyance, qu’elle juge dangereusement naïve, selon laquelle une alternance ou une posture américaine pourrait libérer les peuples africains de leurs régimes autoritaires. A lire ci-dessus. « Certains, sur ce continent, persistent dans une naïveté presque pathologique, rêvant que Donald Trump viendra les délivrer de leurs tyrans domestiques. J’en reste abasourdie. Il faut avoir perdu tout sens politique pour en arriver à des raisonnements aussi indigents. « Trump viendra sauver le Togo ». « Trump viendra libérer le Cameroun ». Comme si la Maison-Blanche était un dispensaire pour peuples abandonnés. Depuis quand Trump mène-t-il une croisade pour la liberté des peuples ? Ses alliances stratégiques au Moyen-Orient, avec l’Arabie saoudite, l’Egypte ou Oman, sont-elles des modèles de démocratie libérale ? Ces régimes ne sont pas leurs alliés par miracle. Ils le sont parce qu’ils servent des intérêts. Rien d’autre. Lorsque Washington agit contre un dirigeant comme Maduro ou Khoméni, ce n’est pas pour défendre un quelconque principe démocratique: Il n’en a que cirer comme tout le reste de l’occident d’ailleurs. Trump ne combat pas les dictatures. Il combat les gouvernements qui refusent de se plier aux exigences américaines et qui ose les défier. Nuance fondamentale que certains refusent de voir. Ce n’est pas la nature autoritaire d’un régime qui dérange Mai’s son degré d’obéissance. Et que dire de nos propres dirigeants, ces chefs sans colonne vertébrale, prêts à troquer la liberté de leur peuple contre une assurance vie politique ? Ils n’attendent même pas qu’on les somme de se plier. Eux même offrent la soumission. Ce sont des serviteurs volontaires Leur seule ambition consiste à durer au pouvoir quitte à brader les ressources, les institutions, la dignité nationale. Eyadema l’a fait dès 1967 quand il a demandé à l’état d’Israël d’assurer sa protection sur le plan militaire et diplomatique en échange de ses services. Imaginer que de tels hommes seraient menacés par Trump relève du fantasme. Croire qu’une alliance entre un pouvoir américain guidé par la seule logique de l’intérêt et des autocrates africains obsédés par leur survie produira la liberté relève de l’absurde. Le salut d’un peuple ne vient pas des patrons de nos dictateurs qui leur sont loyaux et fidèle depuis des décennies. Elle exige du courage, de la lucidité et un minimum de dignité nationale. Ceux qui fantasment sur un sauvetage trumpien devraient commencer par se demander si leurs propres oppresseurs sont en conflit avec Washington. La réponse est embarrassante. Farida Bemba Nabourema Citoyenne Africaine Désabusée! »

Groenland: L’humeur prédatrice de Trump

Groenland: L’humeur prédatrice de Trump

PARLONS-EN. La tentative du président américain Donald Trump de «s’emparer» du Groenland constitue une tentative néocoloniale de la part d’un «shérif» mondial qui ne respecte manifestement pas la souveraineté nationale et les droits fondamentaux de l’île. Des manifestations ont donc eu lieu à Nuuk, la capitale – les plus importantes de l’histoire du Groenland – et à Copenhague, avec des slogans tels que «Le Groenland n’est pas à vendre» et «Le Groenland appartient aux Groenlandais», soulignant ainsi la volonté d’autodétermination. Parallèlement, les sondages montrent qu’environ 85% des Groenlandais rejettent la perspective d’un rattachement aux États-Unis. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, âgé de 34 ans, a par ailleurs qualifié ces pressions d’«irrespectueuses» et a appelé à la fin des menaces et des discours d’annexion «entre amis». La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, s’exprimant au Parlement le mardi 20 janvier 2026, a déclaré : « Nous traversons une période sombre» et a précisé que «le Danemark ne peut négocier sa souveraineté, son identité, ses frontières et sa démocratie». Le revirement ultérieur du président américain Donald Trump concernant son projet d’occuper le Groenland par la force militaire et l’annulation des droits de douane supplémentaires imposés à huit États membres européens de l’OTAN qui s’opposaient à son projet d’acquisition de l’île sont phénoménaux, car ses dispositions agressives et conquérantes n’ont en réalité pas diminué du tout, tandis que la «fracture» au sein de l’axe euro-atlantique s’est approfondie, mettant à l’épreuve la cohésion du monde occidental. Mais voyons quelles sont les données concernant le Groenland et pourquoi cette île est si importante. Le Groenland est la plus grande île de notre planète, avec une superficie de 2 166 086 kilomètres carrés. L’Australie, bien que plus vaste, est considérée comme un continent et non une île. Le Groenland est actuellement une île autonome et membre du Royaume du Danemark, lequel est membre de l’OTAN et allié des États-Unis depuis 1721. Le Groenland était une colonie danoise jusqu’en 1953. Depuis, il est un comté du Danemark. Il est autonome depuis 1979 et, en 2009, il s’est vu octroyer une autonomie encore plus grande, avec le droit d’exploiter ses ressources naturelles, une mesure que beaucoup ont perçue comme prélude à une indépendance totale. Le chef de l’État est le roi Frédéric X du Danemark (depuis le 14 janvier 2024), représenté par un haut-commissaire. Le chef du gouvernement est le Premier ministre, élu par le Parlement. Le gouvernement est également élu par le Parlement, appelé Landstinget. Les 31 membres du Parlement sont élus par le peuple au scrutin proportionnel simple dans des circonscriptions plurinominales et leur mandat dure 4 ans. Toute personne âgée de 18 ans ou plus a le droit de vote. La majorité de la population, qui s’élève à environ 56 000 personnes, est composée d’Inuits (Esquimaux), qui se sont mélangés aux premiers colons européens (d’origine danoise et norvégienne) et parlent le groenlandais et le danois. Cette île arctique est géographiquement située en Amérique du Nord, tandis que sur les plans culturel, démographique et politique, le Groenland est une île liée à l’Europe. Au sud-est du Groenland se trouvent l’océan Atlantique et l’Islande, à l’est la mer du Groenland, au nord l’océan Arctique et à l’ouest la baie de Baffin et le Canada. La majeure partie de l’île, soit environ 80 % de sa superficie (1 700 000 km²), est recouverte d’une immense calotte glaciaire. Seules les zones côtières sud-ouest et sud-est, qui représentent les 20 % restants, sont libres de glace. Il s’agit de la seule zone habitée et non recouverte de glace, mais elle est aride, parsemée de rochers, de fjords et d’îlots. Chaque été, pendant deux mois, elle connaît le «soleil de minuit», une lumière continue, tandis qu’en hiver, elle subit la «nuit polaire», une obscurité permanente. Le Groenland ne possède pas de réseau routier développé reliant les villes et les villages. Les transports se font principalement par voie maritime et aérienne, avec des aéroports et des héliports répartis sur l’ensemble du territoire. Sur terre, les déplacements se font en motoneige et en traîneau. L’économie de l’île, dont la monnaie est la couronne danoise et dont le PIB est estimé par la Banque mondiale entre 3,5 et 4 milliards de dollars, repose sur la pêche, qui représente 95 % des exportations du Groenland, et sur la transformation du poisson, une activité industrielle majeure. Quelques habitants pratiquent également une agriculture de subsistance sur la côte sud-ouest, où ils élèvent des bovins, des ovins et de la volaille. Le Groenland n’est donc pas riche au sens conventionnel du terme, ses ressources étant largement sous-exploitées. Son économie est petit et, pour «survivre», il reçoit une subvention annuelle de 520 millions d’euros du Danemark, soit environ 9 000 euros par habitant. C’est aussi pourquoi nombre d’habitants de l’île hésitent à réclamer une indépendance immédiate du Danemark, qui a par le passé fait preuve de comportements coloniaux. Le Groenland possède également des gisements d’or, d’uranium et de charbon. Selon des recherches récentes, on y trouve aussi des gisements de pétrole et de gaz naturel. Son territoire recèle également d’importants gisements de terres rares. D’après des données fiables, 25 des 34 minéraux que la Commission européenne a classés comme «matières premières critiques» sont présents sur l’île. Les États-Unis, cependant, ne considèrent pas le Groenland comme un simple réservoir de matières premières, mais comme une île d’une valeur stratégique qui garantit l’accès, la surveillance et la défense au-dessus des corridors de l’Atlantique Nord et de l’Arctique. Sur le plan militaire, les États-Unis exploitent déjà la base spatiale de Pituffik au nord-ouest du Groenland, près de Kanak, l’une des villes les plus septentrionales du monde. Cette base abrite des radars d’alerte précoce, intégrés au réseau de défense antimissile américain, et constitue un élément avancé du système NORAD pour la détection des tirs de missiles balistiques traversant l’Arctique. Le Danemark, quant à lui, renforce constamment sa présence dans la région grâce à de nouveaux navires de guerre, des drones et une infrastructure satellitaire. En conclusion, je tiens à souligner que seuls les habitants du Groenland

L’enlèvement sans précédent de Maduro

L’enlèvement sans précédent de Maduro

TRIBUNE. L’enlèvement sans précédent dans les annales du monde, de la manière dont cela s’est produit, du président vénézuélien Nicolas Maduro constitue non seulement une intervention militaire dans un pays souverain et indépendant en violation des principes du droit international, mais aussi un avertissement clair à la planète entière. Un avertissement à tout dirigeant insubordonnéde chaque pays. Le 3 janvier 2026 déjà, lors d’une conférence de presse concernant l’opération militaire et l’arrestation de Maduro, le président américain Donald Trump a proféré des menaces contre le président colombien Gustavo Petro, déclarant : “Il ferait bien d’être prudent”. Dans le même temps, le président américain a laissé entendre que Cuba pourrait être un sujet de discussion dans le cadre de la politique américaine plus large dans la région, soulignant ainsi la capacité de Washington à étendre son champ d’action au-delà du Venezuela. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a même déclaré que le gouvernement cubain devrait s’inquiéter après l’arrestation de Maduro. Il a notamment affirmé : « Si je vivais à La Havane et que j’étais membre du gouvernement, je serais au moins inquiet », ajoutant que « Cuba est un désastre » et que le pays est « dirigé par des hommes incompétents et dépravés ». L’histoire des États-Unis est par ailleurs marquée par de nombreuses interventions impérialistes, tant territoriales qu’interventionnistes, dans d’autres pays. Plus précisément, on dénombre environ 400 interventions depuis 1776, date à laquelle le Second Congrès continental adopta la Déclaration d’indépendance le 4 juillet, proclamant l’indépendance des treize colonies américaines vis-à-vis de l’Empire britannique, un événement qui marqua la fondation officielle des États-Unis d’Amérique. Qui pourrait oublier que, du 15 au 19 avril 1961, 1 400 combattants anticastristes, entraînés et financés par la CIA, tentèrent de débarquer à la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans parvenir à renverser le régime communiste cubain. Ces combats firent une centaine de morts de chaque côté. « Avec la victoire de Salvador Allende aux élections du 4 septembre 1970 au Chili et la présence déjà de Fidel Castro à Cuba, nous allons nous retrouver avec un sandwich rouge en Amérique latine qui deviendra inévitablement entièrement rouge », craignait Richard Nixon, et sa crainte fut bientôt confirmée par les résultats des élections. Face à cette réalité déplaisante pour les États-Unis, une solution s’imposait. Elle fut trouvée le matin du 11 septembre 1973, lorsqu’un coup d’État militaire fut perpétré sous la direction du général Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis, mais aussi du Brésil, dont le régime militaire était parfaitement ami et coopératif avec les États-Unis. Les putschistes, après avoir encerclé et bombardé le palais présidentiel, prirent d’assaut ce dernier. Salvador Allende et ses proches collaborateurs furent tués après une résistance acharnée. Les États-Unis ont également envahi le Panama à la mi-décembre 1989, sous la présidence de George Bush, l’Ancien. L’objectif de cette invasion militaire était de destituer le dirigeant de facto du Panama, le général Manuel Noriega, accusé par les autorités américaines d’extorsion et de trafic de drogue. Ainsi, si l’on cherche un parallèle historique où les États-Unis ont arrêté le dirigeant de facto d’un pays et l’ont extradé vers les États-Unis pour y être jugé, l’affaire Noriega est la plus caractéristique. Et cela s’est produit après une véritable invasion militaire, c’est-à-dire dans le contexte d’une intervention armée coordonnée, et certainement pas dans un contexte de paix « normale ». Noriega parvint à s’échapper et se réfugia à l’ambassade du Vatican à Panama, la capitale du pays, où il resta onze jours. Il y subit une intense guerre psychologique pour le contraindre à se rendre. L’armée américaine installa un mur de son assourdissant devant l’ambassade. Une flotte de Humvees équipés de haut-parleurs diffusait en permanence du hard rock et, parfois, du heavy metal. On y passait notamment le titre « Panama » du groupe Van Halen. Le Saint-Siège s’en est plaint à juste titre auprès du président Bush, et la guerre musicale prit fin après trois jours. Le 3 janvier 1990, le général accepta de se rendre. Mais quelles sont les raisons profondes de l’invasion militaire américaine du Venezuela et de la volonté de renverser le régime insubordonné en place? Le Venezuela possède donc les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303,8 milliards de barils en 2021. À titre de comparaison, les principaux pays producteurs de pétrole disposent de réserves plus modestes. L’Arabie saoudite, par exemple, en possède environ 267 milliards de barils et le Koweït 101,5 milliards. Dans le même temps, les réserves prouvées de gaz naturel du pays ont dépassé 5,6 billions de mètres cubes en 2021. Il convient de noter, par ailleurs, que dans l’hémisphère occidental, seuls les États-Unis disposaient de réserves plus importantes. Par ailleurs, les réserves totales de minerai de fer du Venezuela sont estimées à 4,5 milliards de tonnes. Il convient de souligner que le pays se classe deuxième dans la région après le Brésil pour ces réserves. Enfin, le Venezuela possède certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite, un minerai utilisé pour la production d’aluminium. Ses réserves totales de bauxite s’élèvent à 950 millions de tonnes. Il est donc clair pour tout observateur objectif que les États-Unis convoitent les ressources naturelles du Venezuela, sources de richesse. Des ressources qu’ils ne peuvent obtenir avec le régime actuel, partenaire politique et militaire et allié de Moscou, Pékin et Téhéran, mais aussi principal fournisseur de pétrole de la Chine, dont le contrôle tarit le flux. Pour les États-Unis, la solution pour asseoir leur suprématie dans la compétition internationale impitoyable réside dans le renversement du régime vénézuélien actuel et l’installation d’un président et d’un gouvernement parfaitement complaisants et à leur service. Le reste – à savoir la légalité et la nature démocratique d’une telle chose – leur importe peu. En conclusion, je tiens à souligner que les dirigeants d’un pays ne sont renversés que par leur peuple, c’est-à-dire par des soulèvements populaires et des révolutions, comme cela s’est produit dans divers pays par le passé. Ils ne sont pas renversés par l’intervention militaire d’un autre pays, d’une puissance étrangère. Par conséquent, l’invasion

LA PAIX EN RDC : Patrick Muwawa et Massad Boulos ont deux visions différentes

LA PAIX EN RDC : Patrick Muwawa et Massad Boulos ont deux visions différentes

TRIBUNE. « Aujourd’hui le président américain Donald Trump a demandé une prière pour la paix au Congo à la Maison Blanche, vous pensez que ça ne représente rien? Vraiment si cet accord n’était pas ce qu’il était, croyez-vous que le président allait autant s’y investir ? » C’est en ces termes élogieux que Patrick Muwawa, le ministre congolais des communications, s’expliquait devant un partenaire des journalistes pour donner crédit au probable Accod de Washington. Cette approche fait montre d’une grande ignorance de la mécanique de la diplomatie américaine. Et voici comment. – Commençons par la fameuse prière présidentielle. Mais quelle prière ? Et à quel Dieu? Puisque ce n’est pas le Dieu de Jesus-Christ qui est l’architecte de la guerre qui déchire le Congo-Kinshasa depuis 1996 mais la politique américaine depuis Bill Clinton jusqu’à ce jour. Les règles mises en place pour le pillage via des proxies africains des richesses rd congolaises, ces règles là n’ont jamais été abrogées. De GW Bush à Trump II, chaque nouveau dirigeant américain arrive à la Maison Blanche avec un narratif qui fait croire aux congolais que les choses ne seront plus comme auparavant mais en réalité rien de substantiel ne change. On modifie le maquillage mais le fond stratégique reste indemne. Pour preuve? En dépit des nombreux accords signés, les congolais continuent à être tués comme des mouches, leurs femmes violées comme des choses et leurs enfants massacrés sans aucune once de pitié. – Sachons-le une fois pour toutes : le président américain ne s’investit pas dans cet accord au nom du bien-être du peuple congolais. Dans la vision globale de la politique de son second mandat « America Great Again », l’objectif principal est d’exploiter le plus rentablement possible, le chaos qu’ils ont organisé partout dans le monde pour pérenniser l’hégémonie américaine mondiale. Et Trump n’y va pas de main morte. En RDC, les clauses de ce probable accord leur rapporterait 50% net de dividendes d’exploitation des ressources minières et le petit 25% concédé au véritable propriétaire ( peuple congolais) et qui pis est, à parité de 25% concédés gracieusement au pays agresseur ( Rwanda), sûrement à titre de récompense pour ses “bons” et loyaux services vis-à-vis du Donneur des ordres. Que conclure??? Trois constats. – Le premier constat : l’approche géopolitique que les dirigeants rd congolais se font du conflit interlacustre accuse beaucoup de déficit. La rage avec laquelle ils s’attaquent au Rwanda et la confiance et soumission quasi aveugles avec lesquelles ils traitent avec Washington les exposent à haïr l’exécutant pour cajoler son commanditaire. Ce qui bien entendu ne pourra rien changer sur le théâtre des opérations militaires à l’Est du Congo. – Entretemps la “diplomatie de jérémiades” maintes fois employée dans des tribunes internationales s’avère inféconde et démontre même à la face du monde l’impuissance d’un pays incapable de s’organiser pour défendre l’intégrité de ses frontières. En réalité les puissances mondiales lisent derrière es sempiternelles plaintes et acccusations, les signaux d’un État faible et failli. Pour cette raison ils trouvent plus de garantie, au nom de leurs intérêts, de traiter avec l’Etat Agresseur car ce dernier répond à leurs critères de puissance impérialiste. L’envoi tout récent par les USA des réfugiés sur le territoire rwandais; l’organisation d’un tournoi international du cyclisme à Kigali cette semaine en cours et le changement de narratif américain sur la guerre en RDC démontrent qui du gouvernement congolais ou rwandais bénéficient de plus de confiance aux yeux du Maître commandeur. – Que personne ne s’étonne de graves tournants qu’est en train de prendre ce projet devenu hypothétique de l’accord de Washington annoncé tambour battant par les officiels congolais mais qu’hier Massad Boulos, l’émissaire du président américain en Afrique, a remis dans ses justes proportions en déclarant : « la guerre qui déchire l’Est du Congo ne peut plus être perçue uniquement comme conflit régional mais comme un conflit INTERCONGOLAIS » . Toujours durant cette interview, le même émissaire va enfoncer le clou en levant certains malentendus diplomatiques. Il a réfuté certaines rumeurs dans le microcosme politique congolais annonçant la tenue d’un sommet à la Maison Blanche entre Tshisekedi et Kagame. Ce qui s’apparente en politique à un grand RECUL DIPLOMATIQUE qui balaie tout espoir misé par le pouvoir congolais sur la tenue de ce sommet en vue de mettre fin au conflit congolais. Ceci dit, le ministre Muyaya doit revoir son optimisme béat et se mettre en tête que pour les Yankees comme pour d’autres pays, seule compte la fructification de leurs propres intérêts vitaux même si pour cela des millions des vies congolaises sont sacrifiées. On l’a dit à maintes reprises et je le répète : Personne d’autre mais alors personne de l’extérieur ne sauvera le Congo en coma avancé sinon les congolais eux-mêmes réunis dans un nouveau contrat social autour d’un même idéal patriotique et d’une nouvelle vision stratégique globale. Par Germain Nzinga

Etats-Unis : la sénatrice Jeanne Shaheen qualifie d’illégale la rétention de fonds de sécurité nationale par le président Trump

Etats-Unis : la sénatrice Jeanne Shaheen qualifie d’illégale la rétention de fonds de sécurité nationale par le président Trump

WASHINGTON. « La tentative du président Trump d’annuler un financement de 4,9 milliards de dollars que le Congrès a déjà approuvé et que le président lui-même a promulgué est illégale et dangereuse », selon la sénatrice américaine Jeanne Shaheen (D-NH), membre de la commission des affaires étrangères du Sénat. « En refusant de dépenser ces fonds, le président Trump rend l’Amérique moins sûre et moins prospère », a-t-elle estimé dans une déclaration en réponse à la tentative du président américain d’annuler ce financement. Pour la sénatrice Jeanne Shaheen, le président Trump « sape les efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique, bloque les programmes de renforcement de la démocratie et de lutte contre la corruption et met fin aux initiatives de sécurité alimentaire et d’agriculture qui profitent aux entreprises américaines ». Et de rappeler qu’«alors que les États-Unis se retirent, la République populaire de Chine accélère ses investissements et se définit comme le partenaire politique et économique le plus fiable ». « C’est le Congrès, et non le président, qui décide de la manière dont l’argent des contribuables est dépensé. Cette prise de pouvoir inconstitutionnelle est une fin de course illégale autour du Congrès et devrait être catégoriquement rejetée par le Congrès des deux côtés de l’allée », a-t-elle conclu. Adrien Thyg

Trump attaque l’Iran pour sauver la face

Trump attaque l’Iran pour sauver la face

TRIBUNE. Contrairement aux prévisions de mes analyses d’hier, Trump mis sous pressions de puissants lobbies a poussé les États-Unis à lancerune attaque directe contre l’Iran : Fordow, Ispahan, Natanz. Tout est classique : d’abord, des déclarations audacieuses sur les tueurs de bunkers, les tomahawks, « le tyran du Moyen-Orient ». Puis, il s’avère que les superbombes ont percé des trous à l’entrée et à la sortie, mais que la cible elle-même est intacte. Téhéran considère les attaques américaines comme une entrée directe de Washington dans la guerre, et que la décision d’une riposte ultérieure « reviendra à Téhéran lui-même ». Les États-Unis assumeront la responsabilité des conséquences des frappes contre l’Iran, a déclaré un membre de la direction houthie au Yémen. L’Iran n’étant pas tombé, Fordow tenant bon : le programme nucléaire deviendra désormais une idée nationale. Les Iraniens ne se contentent plus de construire des réacteurs : ils se vengent des martyrs du nucléaire, d’une génération qui a grandi sous les sanctions et a appris à ne pas avoir peur. Que retenir? Les États-Unis sont officiellement entrés en guerre, et il ne s’agit plus d’un conflit israélo-iranien, mais d’une guerre directe entre les États-Unis et l’Iran, avec tous les effets collatéraux énumérés dans mon analyse d’hier. Israël se replie dans l’ombre. Mais les risques potentiels sont là : Les Houthis, les chiites irakiens, les Yéménites et leurs alliés en Syrie et au Liban risquent d’entrer en scène. Le détroit d’Ormuz risque d’être menacé de fermeture. Et les bases du Koweït et de Bahreïn devenir des cibles faciles. Le marché mondial risque d’entrer en arrêt maladie et la paix mondiale ne tient plus qu’à un petit fil.. Par Germain Nzinga

L’offensive protectionniste américaine fait plonger les marchés mondiaux dans le noir

L’offensive protectionniste américaine fait plonger les marchés mondiaux dans le noir

La guerre commerciale déclenchée par les tarifs douaniers américains imposés par Donald Trump continue de semer un vent de panique à travers le monde, notamment en Europe et en Asie où plusieurs marchés boursiers ont fortement été secoués lundi 7. L’inflexibilité du président américain sur ses droits de douane a en effet fortement secoué les principales bourses du monde au point de provoquer le plongeon «historique», rapporte l’AFP. Le plongeon des marchés financiers Alors que la Bourse de Francfort dévissait de 5,75% dans les premiers échanges, après avoir brièvement chuté de plus de 10%, les bourses de Paris, Londres, Milan et de Suisse chutaient de leur côté respectivement de 5,68% ; 5,21% ; 6,37% et 6,51%. Egalement touchées par ce mouvement, plusieurs places financières asiatiques ont du fermer, alimentant ainsi les risques d’escalade destructrice pour l’économie mondiale. Pour se faire une idée de la gravité de la situation : la Bourse de Hong Kong s’est effondrée de plus de 12% lundi, dévissant de 12,65% dans les derniers échanges ; l’indice composite de Shanghai et de Shenzhen a dégringolé de 7,34% et 9,66% vers 07H20 GMT, la Bourse de Tokyo a clôturé sur un plongeon de presque 8%, de même que celle de Séoul a terminé la séance en repli de 5,6%, selon l’AFP. Il est important de noter que les droits de douanes américains annoncés par le président américain ne laisse pas indifférentes les institutions économiques spécialisées à l’instar du  Fonds monétaire international (FMI). «Nous sommes encore en train d’analyser les conséquences macroéconomiques des mesures douanières annoncées, mais il est manifeste qu’elles font peser un risque important sur les perspectives internationales dans un contexte de croissance atone», a récemment déclaré la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Mais pour la patronne de l’institution financière internationale, « il est important d’éviter des décisions susceptibles de nuire davantage à l’économie mondiale ». Elle a ainsi appelé les États-Unis et ses partenaires commerciaux à œuvrer de façon constructive à résoudre les tensions commerciales et à réduire l’incertitude et promis que son institution publiera très prochainement les résultats de son analyse dans les Perspectives de l’économie mondiale lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui se tiendront à la fin du mois. Même son de cloche du coté de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui affirme suivre et analyser de près les mesures annoncées par les États-Unis le 2 avril 2025. «De nombreux membres nous ont contactés et nous collaborons activement avec eux pour répondre à leurs questions concernant l’impact potentiel sur leurs économies et le système commercial mondial», a déclaré sa directrice générale, Dre Ngozi Okonjo-Iweala, assurant qu’en dépit de ces mesures, la grande majorité des échanges mondiaux continuent de s’effectuer selon le principe de la nation la plus favorisée (NPF) de l’OMC. La DS appelle à son tour « les membres à gérer les pressions qui en résultent de manière responsable afin d’empêcher la prolifération des tensions commerciales ». Et de rappeler que cette organisation « a été créée précisément pour servir de plateforme de dialogue dans des moments comme celui-ci, pour prévenir l’escalade des conflits commerciaux et pour soutenir un environnement commercial ouvert et prévisible. Alain Bouithy