Crise du Pool: Mgr Louis Portella largue des bombes à fragmentation sur les ondes de RFI

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Mgr Louis Portella

Mgr Louis Portella a accordé à RFI l’entretien dont nous publions ci-dessous des extraits qui risquent de faire du bruit et grincer des dents. Notamment celles du procureur de la République, Oko Ngakala qui, pourrait procéder à l’audition de l’évêque de Kinkala pour la gravité de ses interrogations.

(…) A l’origine de tout cela, il y a ces combats meurtriers qui ont éclaté le 4 avril dernier dans les quartiers sud de Brazzaville. Le pouvoir accuse les Ninjas du pasteur Ntumi d’être à l’origine de ces violences, mais plusieurs opposants répliquent qu’il s’agit d’un montage de la part du pouvoir. Quel est votre avis ?

Mon avis c’est que je reste perplexe parce que d’une part la ville est assez bien cernée par les forces de l’ordre. Et les Ninjas, en principe, sont censés avoir été désarmés. Depuis 2007, le Pasteur Ntumi a été intégré dans la structure du pouvoir, puisqu’il était conseiller spécial du président et donc on peut dire que toute la jeunesse qui était autour de lui était censée être réinsérée. Et maintenant, tout d’un coup, on voit ces jeunes qui interviennent. Avec quelles armes ? Point d’interrogation. Moi-même je suis dans la confusion. Je me pose mille et une questions là-dessus. Je n’y comprends absolument rien du tout. D’où viennent les armes qu’ils ont maintenant en leur possession ? Point d’interrogation.

Et dans les interventions qui ont lieu maintenant, les bombardements, jusqu’à maintenant il y en a qui sont arrêtés et on a l’impression que les chefs sont tranquilles. Si vous voulez, le drame actuellement c’est les populations elles-mêmes. Vous savez, pour des populations du Pool qui ont connu les affres de la guerre civile 1997-98 jusqu’en 2007 pratiquement, c’est un véritable traumatisme de plus. Et ce que nous avons dit dans notre message, c’est que les forces de l’ordre ont pour mission de protéger les populations. Et tout ce qui se passe actuellement ça met les populations dans une situation de détresse. Ce n’est pas là la mission de l’armée (…)

Quelques jours avant ces violences, il y a eu la présidentielle du 20 mars et le président Sassou Nguesso a dit alors : « La démocratie est en marche, c’est une élection qui rehausse le niveau de la démocratie congolaise. » Qu’est-ce que vous en pensez ?
Je suis interrogateur sur cette avancée de la démocratie.

Vous n’êtes pas convaincu ?
Pas du tout !

Et Pourquoi ?
Parce que je pense que tout ce qui s’est passé dans les élections, s’est passé dans ce qu’on pourrait appeler un manque de transparence.

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