Pool : entre le buffle, le chasseur et l’épine — lecture stratégique et morale des violences politiques

LIBRES PROPOS. Denis Sassou Nguesso, ou l’État qu’il incarne, n’a pas un problème spécifique avec Ntumi en tant qu’individu, mais plutôt avec les populations du Pool, qu’il a souvent perçues comme étant en opposition à son autorité. Que cela soit clairement établi. Une incompréhension récurrente du débat sur le Pool Chaque fois que les violences politiques dont sont victimes les filles et fils du Pool sont dénoncées, une réponse revient de manière presque automatique dans les échanges publics : « débarrassez-vous de Ntumi ». Cette réaction, répétée au fil des années, traduit une lecture réductrice d’une situation pourtant profondément complexe. Dans une précédente publication, nous avions déjà tenté d’aborder cette question en refusant les simplifications faciles. Car réduire les tensions du Pool à un seul acteur revient souvent à masquer les dynamiques structurelles, les responsabilités multiples et surtout les conséquences humaines durables de ces violences. C’est dans cette logique que nous proposons aujourd’hui une relecture à travers une métaphore, non pas pour caricaturer, mais pour mieux éclairer les rapports de force, les logiques politiques et les responsabilités morales en présence. La métaphore du buffle, du chasseur et de l’épine Pour comprendre les violences politiques dans le Pool, nous utilisons l’image du buffle, du chasseur et de l’épine. Dans cette représentation, le buffle incarne Denis Sassou Nguesso, symbole de la puissance de l’État, de sa force institutionnelle et militaire, et de sa capacité de contrainte. Le buffle avance avec lourdeur et détermination, parfois sans percevoir les conséquences de sa course sur le terrain humain qu’il traverse. Le chasseur représente les populations du Pool. Il incarne la vie quotidienne, la survie, la mobilité contrainte, mais aussi la résilience. Le chasseur avance dans un environnement instable, marqué par les tensions, les déplacements forcés et la recherche permanente de sécurité. L’épine, enfin, représente Ntumi, perçu comme un élément de friction, une source de blessure dans le parcours du chasseur. En marchant dessus, celui-ci se blesse, saigne et souffre, ajoutant une douleur supplémentaire à un contexte déjà difficile. Lecture stratégique : comprendre les rapports de force Au-delà de la métaphore, une lecture stratégique s’impose. Dans toute configuration de conflit, il existe des niveaux de danger différents. L’épine est visible, localisée, et peut être contournée ou retirée avec des moyens adaptés, dans un environnement sécurisé. C’est souvent en fuyant la furie du buffle que le chasseur perd le contrôle de sa trajectoire et finit par marcher sur l’épine. Elle représente un problème tactique, souvent circonscrit. Le buffle, en revanche, incarne une force systémique. Il agit à grande échelle, avec un impact direct sur l’ensemble de l’espace traversé. Sa trajectoire, sa puissance et sa dynamique déterminent l’état général du terrain. Dans cette logique, réduire toute la problématique du Pool à l’épine revient à ignorer la structure du danger principal. Le chasseur peut survivre à une blessure, se soigner, s’adapter et même résoudre ce problème dans un cadre apaisé. Mais face au buffle en mouvement, sans espace de protection ni de médiation, les marges de manœuvre se réduisent considérablement. Lecture politique : la confusion des responsabilités Sur le plan politique, cette métaphore met en lumière une confusion fréquente dans les débats publics : celle qui consiste à confondre cause structurelle et facteur déclencheur. En désignant uniquement l’épine comme problème central, on occulte la question de l’environnement global dans lequel elle existe. Or, aucune épine ne peut être analysée indépendamment du terrain dans lequel elle s’inscrit, ni des forces qui l’écrasent ou la renforcent. Ainsi, limiter la lecture des violences dans le Pool à une seule figure revient souvent à déplacer le débat et à éviter les questions de gouvernance, de gestion des conflits et de responsabilité de l’État dans la protection des populations. Lecture stratégique : sortir du piège de la focalisation D’un point de vue stratégique, toute approche durable d’un conflit suppose une hiérarchisation claire des problèmes. Une erreur fréquente consiste à traiter les symptômes comme des causes principales. Dans le cas du Pool, la focalisation exclusive sur l’épine détourne l’attention des dynamiques plus larges. Or, tant que le cadre global reste instable, toute tentative de traitement localisé reste fragile et souvent temporaire. La véritable stratégie de paix ne peut donc pas reposer sur la seule élimination d’un acteur, mais sur la transformation de l’environnement qui produit les tensions et les violences. Lecture morale : responsabilité et conscience Au-delà de la stratégie, une dimension morale essentielle doit être prise en compte. La question centrale est celle de la protection de la vie humaine. Quelle que soit la lecture que l’on adopte des responsabilités individuelles ou collectives, aucune justification ne peut rendre acceptable la souffrance prolongée des populations civiles. La morale impose donc une hiérarchie claire : la protection des vies humaines doit toujours primer sur les considérations politiques, sécuritaires ou symboliques. Dans cette perspective, continuer à exposer durablement les populations du Pool à des logiques de violence, quelles qu’en soient les justifications, pose une question éthique fondamentale. Conclusion : vers une sortie par le haut Ainsi, que le buffle laisse le Pool en paix. Les filles et fils du Pool, en tant que chasseur, sauront eux-mêmes, dans un cadre apaisé, comment gérer l’épine, traiter les blessures et reconstruire leur trajectoire. Mais aucune solution durable ne peut émerger dans un environnement dominé par la peur, la contrainte et la répétition des violences. La paix véritable ne naît pas de la disparition d’un seul élément du problème, mais de la transformation de l’ensemble du cadre qui produit ces déséquilibres. Et c’est à cette condition seulement que le chasseur pourra marcher sans blessure, et que le terrain pourra enfin redevenir un espace de vie et non de survie. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Congo, entre mensonges et vérités : les imbroglios de la gouvernance de Sassou ( Lecture en 4 minutes)

HAUT-ET-FORT. La gouvernance économique, la recrudescence des violences dans le Pool, la perturbation de l’accès internet ne cessent d’inquiéter les congolais depuis 15 jours. Depuis les affrontements entre les ninjas et la DGSP le 11, le pilonnage du 16 janvier 2026 de 4h00 à 8h30 à Mayama et les bombardements de Mihété par des hélicoptères, les Congolais se demandent si ces événements n’ont pas été prémédités pour assombrir la période électorale. Le doute gagne de plus en plus l’esprit des populations qui pensent également que les perturbations de l’accès à internet procéderaient de la même manœuvre belliciste. De nombreux Congolais sont enclins à croire que, Castanou et Sakala brouillent les réseaux pour donner l’avantage à Serges Oboa de capturer Ntumi. Faux, la vérité est que, depuis le 8 janvier, une panne générale sur le câble sous-marin, West Africa Cable Système (WACS), qui assure le trafic internet entre l’Europe et l’Afrique, perturbe l’accès à internet. Yves Castanou qui gère Congo -Telecom a tenté de raccorder le Congo en RDC et au Gabon mais ces deux lignes de secours (backups) malgré les surcoûts sont tombés aussi en panne. La RDC connaît les mêmes problèmes depuis le 13 janvier. Dans la foulée, le régulateur du secteur des télécoms, le colonel Louis Marc Sakala et ses équipes se sont mis à allumer le câble 2 Africa pour soulager les congolais en attendant de trouver d’autres solutions pérennes. Léon Ibombo ne s’en préoccupe vraiment pas. Ce qui compte pour lui, ce sont les intrigues et l’argent puisqu’il a mis en place une nouvelle taxe injustifiée sur les nouveaux terminaux numériques (RTN), au détriment de l’usager lambda. Cette taxe contredit le discours de M. Sassou qui parle de vulgarisation des NTIC. L’echec de la capture de Ntumi et la déstabilisation du Pool Dimanche 25 janvier 2026, Serges Oboa qui disait maîtriser l’information a passé le rubicon en faisant décoller les hélicoptères qui sont partis bombarder Mihété et d’autres contrées sans atteindre la cible (Ntumi et les ninjas). Les victimes collatérales ne sont plus à compter : habitants disparus et blessés, bétail décimé et volé, propriétés détruites, champs ravagés, etc. Le Zaïrois Hellot, le Nihiliste Moungalla Thierry, les griots Mvouba Isidore, N’Silou Claude, Kolelas Landy, Moughani Adélaïde, Malanda Samba et Cie auront du mal à pondre encore un communiqué dénué de sens et truffé de mensonges comme ils l’ont fait récemment. Qui de Ntumi ou des éléments de la DGSP, est venue l’initiative de terroriser les populations le dimanche 25 janvier ? Les faits sont indéniables : le machiavélisme du chef suprême des “faibles” armées congolaises (FAC), s’est encore mis à l’œuvre en vue de se faire le malin plaisir de voir les populations du Pool être à l’errance. L’échec de capturer Ntumi avec une armée et une élite divisée était prévisible. Tout le reste est fait volontairement pour détourner l’attention des Congolais sur des vrais problèmes économiques qui attendent d’être résolus. Agendas cachés et les finances La restauration de l’autorité de l’État et l’opération zéro Kuluna coincent. Plusieurs cadres, civils et militaires sont résignés. Ils ne comprennent pas le mode opératoire de cette opération, et sa durée sans qu’un bilan à mi-parcours n’ait été fait. L’image d’un Oboa » restaurateur de la paix et de l’État de droit » ne convainc plus : son opération est perçue comme illégale et contraire au droit international et aux doctrines militaires. Les motivations d’Oboa divisent et sont jugées suspectes. Depuis qu’il a reçu le Go de El-Sas, Oboa n’en fait qu’à sa tête au point de sauter le CEMG et le haut commandement. Quant aux motivations, l’opinion n’est pas dupe. À dire vrai, autre chose l’anime. M. Sassou très confus ce 26 janvier 2026 lors du mini conseil stratégique de défense et à sa rencontre hebdomadaire avec Collinet, n’a pas hésité de remonter les bretelles, à Serges Oboa sur la mission au Pool mal ficelée et, à ses communiquants et services qui ne suivent plus rien.Bref, les signes du temps ne trompent pas. Les Saintes Écritures nous en disent long. Elles renseignent qu’un pays qui ne passe son temps qu’à grappiller en entretenant la violence sur toutes les formes est voué à l’échec. D’autres priorités s’imposent. Et pour le Congo, l’heure est au changement, changement de la gouvernance, des mentalités, des normes désuètes, des lois scélérates (projet de loi des finances 2026). L’heure est à la prise de conscience. Le Congo sombre dans l’abîme, le monde le voit, le sait. Les médias internationaux en parlent. Il suffit d’ouvrir les pages de El Pais, le plus grand média espagnol, de suivre France 24, TV5Monde, de lire E-Journal Kinshasa, etc., par exemple pour se convaincre des actions intellectuelles menées et qui confondent le bilan du quinquennat Collinet-Sassou. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Congo : bombardements à Mihété et crises systémiques à l’approche des élections

PARLONS-EN. À Brazzaville, à la veille des élections présidentielles et législatives, une crise socio-économique persistante s’ajoute à la panique générale après les bombardements rapportés ce dimanche 25 janvier 2026 à Mihété, dans le département du Pool. La population, déjà angoissée, et des politiciens influents s’interrogent sur l’avenir de leurs postes, dans un climat marqué par le clanisme et les intrigues plutôt que par les compétences démocratiques. Des sources locales décrivent des tirs intenses sur une foule rassemblée pour prier à Mihété, rappelant les exactions du 16 janvier à Mindouli, où des militaires avaient ouvert le feu de 4h à 8h, provoquant un exode vers la RDC. Un communiqué d’une frange de ressortissants du Pool et Djoué Lefini, rédigé par le journaliste Joachim et lu par Hellot Matson, attribue ces violences aux « ninjas » de Pasteur Ntumi. « Ces attaques du 11 et 16 janvier à Mindouli sont l’œuvre des ninjas », y lit-on, niant tout rôle de la DGSP et de toutes les forces armées congolaises (FAC). Le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla qui avait minimisé les affrontements du 11 janvier, est sommé de s’expliquer : à qui profite le bombardement de fidèles en pleine prière ? Pourquoi déployer des militaires à Loukouo ? Ces contradictions alimentent les rumeurs d’un malaise au sommet de l’État et des FAC, malgré les appels à l’apaisement de la commission mixte-paritaire. Des figures comme Isidore Mvouba, Landry Kolélas, Adélaïde Moughani, Claude Alphonse N’Silou et Cie, accusés de vivre de mensonges et d’intrigues, voient leur influence fragilisée. Une crise socio-économique asphyxiante La réunion de la Cemac le 22 janvier à Brazzaville a mis en lumière la mauvaise gouvernance et le rapatriement urgent de fonds. Pénuries d’électricité et d’eau, grèves récurrentes, vie chère et injustices – comme dans le paiement de la dette intérieure, où le bakchich dicte les priorités malgré les audits – touchent toutes les couches : jeunes, retraités, étudiants, enseignants, agents de santé. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, qui vante un bilan positif du quinquennat 2021-2026, est interpellé sur cette paupérisation généralisée. Élections sous le signe de la « démocrature » Au Congo, les élections relèvent plus de la « démocrature » que de la compétition loyale, critiquent des observateurs. Interdiction de meetings et débats par Serge Oboa, menaces contre André Okombi Salissa, Jean-Marie Michel Mokoko, Fred Makita ou Norbert Dabira : la Constitution semble bafouée. « Aucune alternative sans renouvellement de l’élite », martèle un analyste, pointant les calculs égoïstes de dirigeants qui s’accrochent au pouvoir via des stratagèmes ubuesques. Nous reviendrons prochainement sur le combat symbolique qui oppose » l’Aigle du pouvoir » au « Porteur de lumière » dans le Pool et Djoué Lefini avec des répercussions nationales. Combat qui avait intéressé déjà Aimé Emmanuel Yoka et Florent Ntsiba.Mais, ces violences et crises « desservent M. Sassou « , concluent plusieurs critiques. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
La présidentielle 2026 au Congo : l’égoïsme des élites amplifie la crise des liquidités et autres (lecture en 3 minutes)

PARLONS-EN. Malgré la fin du quinquennat et les turbulences qui secouent le Congo, les gouvernants et leur entourage refusent de calmer le jeu. Loin de se pencher sur la crise multidimensionnelle dont celle du Pool ou sur l’élection présidentielle sans enjeux prévue en mars 2026, les communiquants du pouvoir se vantent sur les canaux officiels des projets ostentatoire. Des gestes que même Denis Sassou Nguesso et sa directrice de communication, Claudia Sassou n’auraient pas osé, alors que le pays frôle la rupture. La campagne électorale ajoute un stress inédit, non seulement politique – avec une obstination aveugle face aux obstacles –, mais surtout logistique et financier. Les dépenses électorales, peu bancarisées, font exploser la demande de liquidités au pire moment : la BEAC resserre l’accès au cash bancaire, le Trésor mise tout sur des adjudications OTA/BTA gérées par Ngondo et ses équipes dans un jeu risqué, et les banques préservent jalousement leurs ratios de trésorerie. L’effet est exponentiel : une ruée sur l’argent liquide désorganise le marché monétaire, renchérit le refinancement de l’État et paralyse la chaîne des paiements publics. Un scénario de « stress aigu » quasi inévitable au premier trimestre 2026 Comme nous l’anticipions dans notre précédent papier, le Congo s’engage dans un scénario hautement probable de tension extrême. Ses marqueurs ? Des taux exorbitants et une sous-couverture sur les adjudications de dette intérieure, l’accumulation d’arriérés, une compression brutale des dépenses publiques, et des arbitrages impossibles entre service de la dette extérieure et paix sociale. Sans intervention rapide, la crise de trésorerie et de crédibilité actuelle basculera en crise de solvabilité, avec un risque de dérapage rapide faute de coordination. L’enjeu du début 2026 n’est ni le solde budgétaire annuel ni le stock de dette, mais la capacité de l’État à honorer ses engagements vitaux. Sans plan de trésorerie d’urgence, un reprofilage crédible de la dette intérieure et une action régionale via la CEMAC et la BEAC, l’enchaînement sera fatal : crise de liquidités, explosion sociale, contagion bancaire, puis risque monétaire régional aboutissant à une dévaluation du franc CFA. Dette intérieure : la bombe systémique sous les élections Le gouvernement navigue en zone de fragilité maximale, entre chocs externes, contraintes monétaires régionales, dette intérieure mal gérée, crise sociale persistante et pression électorale. Les OTA/BTA représentent un péril systémique : leur tension accélérée étouffe le crédit au privé, assèche les liquidités bancaires et menace la stabilité macroéconomique. Encourager une escalade au Pool, tolérer des dépenses de prestige ou exhiber des biens – acquis pendant le mandat 2021-2026 – n’a aucun sens. C’est narguer un peuple épuisé. Claudia Sassou, communicatrice en chef qui a levé le pied sur le Congo le temps qu’elle est restée au chevet de sa fille, conviendrait avec nous que la République vau- l’eau. Le silence de N’Silou, Mvouba, Moughani, Collinet et Cie est blâmable et synonyme de complicité à la déchéance du pays, aux massacres commises dans le Pool et aux sevices que connaissent les populations de ce département au point de s’exiler constamment en RDC. Bref, l’incompétence politique, militaire, morale et technique des élites condamne le pays à l’échec dans une crise qui réclame des techniciens aguerris. À défaut, le Congo risque de devenir le détonateur d’une déstabilisation macro-financière en zone CEMAC en 2026. Dommage, que les techniciens patriotes soient aux carreaux et, la prêtresse Lydia Mikolo qui a fait le tour des départements du Pool et de la bouenza en décembre 2025 avec des mini projets de développement, n’y repartes plus alors qu’elle est réclamé dans ses contrées et… Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. Au lieu de s’attaquer aux problèmes majeurs du pays, les généraux Denis Sassou Nguesso et Serges Oboa ont choisi la pire stratégie et la doctrine de la Bandenbekämpfung. Entre la résurgence des violences dans le Pool et l’organisation d’une présidentielle sans enjeu, les indicateurs financiers, économiques et sociaux passent du rouge au noir . Dimanche 11 janvier 2026, les hordes de soudards de la DGSP se sont rendues dans le département du Pool et du Kouilou pour tuer et semer le chaos, encouragées par leur chef Serges OBOA dont le discours calamiteux, menaçant et condescendant, prononcé lors du port des insignes a suscité indignation et émoi chez les Congolais qui craignent pour leur démocratie. Avec des mots empreints d’autoritarisme, ce général aux pieds d’argile s’est fondu dans une confusion de rôles, crachant sur les dispositions constitutionnelles. À « Mounkala », Ses soudards ont violé le domicile privé de NTUMI, brûlé une moto et menacé de mort, à l’aide d’un poignard, le sieur Brazza. Le convoi d’une dizaine de véhicules, bourré d’éléments, a poursuivi sa route jusqu’au village « NGandou » où ils ont brûlé une deuxième moto. À “Mindu”, ces derniers ont pénétré dans le lieu de culte de Ntumi où ils ont embarqué une moto et son propriétaire. Dans la foulée, les membres du CNR ont prévenu leurs collègues de Mindouli qui ont barricadé la route nationale, revendiquant la remise en liberté du paroissien enlevé, la restitution de la moto et l’arrêt de l’élan machiavélique de la DGSP. La tension est vite montée d’un cran à Mindouli, laissant les coups de feu prendre le dessus. Bilan : 17 morts de part et d’autre. Les combats se sont poursuivis dans la nuit avec les hommes de Ntumi qui ne comprenaient pas pourquoi les corps de Hervé et de Franck ont été brûlés après qu’ils aient été abattus, ou, pour dire mieux, assassinés. En guise de représailles, les éléments de la DGSP à bord de 9 véhicules qui font des allers et retours ont enlevé au village dépôt, MM. Mouanga et Boris qui venaient de la chasse. Quoique l’on dise, c’est un véritable camouflé pour ce corps d’élite qui s’est fait ravir des armes et a enregistré des morts. Les renseignements dont parlait Oboa ne sont que du bla-bla et pures fanfaronades. La preuve, il n’a vu que du feu sur le “voyage” des Américains qui ont fait un aller-retour Washington-Brazzaville via Paris. Pire, il ignore la loi à laquelle il faisait allusion dimanche à Mpila. Or, cette loi n’a jamais été adoptée ni promulguée. Donc, elle ne dispose pas encore de texte d’application. Si Serges Oboa était bien renseigné comme il le prétend, comment n’arrive t,-il pas à se défaire d’un petit nombre de kulunas depuis bientôt 4 mois. À l’évidence, il poursuit cette opération par goût du sang et pour se faire du beurre. S’il veut la tête du criminel ou terroriste Ntumi, pourquoi ne pas agir à l’image de Donald Trump qui a capturé Maduro ? Ntumi n’a-t-il pas signé des accords de paix avec le gouvernement ? Pour ce qui est des élections, les dés ne sont-ils pas déjà pipés ? En tout état de cause, ces élections n’ont pas d’enjeux. Les candidats en lice ne sont que des accompagnateurs du dictateur. Dès lors, il est probable que les violences électorales déstabilisant la paix ne se passent que dans la tête de Serge Oboa qui, disons-le encore, veut se faire du blé et une réputation à la tonton macoute. La paix avec des indicateurs financiers et sociaux au noir intense? Dans son livre « Parler vrai pour l’Afrique », Denis Sassou Nguesso déclare : « La paix signifie la possibilité et la capacité pour nos sociétés et nos économies d’assurer pour chaque humain la satisfaction sans cesse accrue de ses besoins fondamentaux… ». Le vrai problème de la paix, c’est la gouvernance économique, financière et sociale.Selon la loi de finances 2026 (version DGB au 1ᵉʳ octobre), le ministre des Finances Yoka Christian retient un pilotage très « pétrole-centré » tout en affichant un excédent budgétaire global ; mais cet excédent coexiste avec un déficit primaire hors pétrole fortement négatif, ce qui révèle une soutenabilité encore conditionnelle à la rente et au refinancement. Nous y reviendrons avec des chiffres à l’appui. En attendant, il sied de dire haut et fort que la situation du Congo est chaotique contrairement aux mensonges que distillent Anatole Collinet Makosso et ses incompétents qui ont un bilan négatif. Pourquoi n’arrivent-ils pas à payer les 50 mois d’arriérés de pensions de retraite, les bourses, les salaires et émoluments des enseignants communautaures, des agents de santé ou des personnels émargeant au budget de transfert ? Enfin, le communiqué appelant à l’apaisement signé conjointement ce 15 janvier entre les hommes de Ntumi et le ministère de l’intérieur n’accouchera que de souris devant un Serges Oboa qui… Ghys Fortune BEMBA DOMBE
CONGO/Paul Valentin NGOBO : Un ministre pragmatique dans l’exercice de ses fonctions dans le Pool

AGRICULTURE, ELEVAGE ET PÊCHE. Malgré quelques secousses sociopolitiques qui les ont plus ou moins ébranlées il y a quelques années, les populations du Pool, particulièrement celles de Vinza et de Kindamba n’ont pas perdu leur vocation dans le domaine de l’agriculture. Et cela s’est fait remarquer le 11 novembre 2023 dans ces deux localités. Aussi, en présence du Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche dont la présence se remarque presque dans toutes les régions, les populations de Vinza et de Kindamba, en liesse, ont accueilli ce dernier avec ferveur, venu se ressourcer dans ces deux Zones Agricoles Protégées (ZAP), deux greniers du Pool. Toujours aux côtés des paysans, attitude qui le caractérise dans l’exercice de ses fonctions qui lui demandent d’être un homme de terrain et non un « ministre de bureau », Paul Valentin Ngobo était présent à Vinza et Kindamba comme un poisson dans l’eau habillé en « tenue de paysan », comme il le fait quand il se retrouve dans son monde agricole. Aussi, grande était la joie des paysans de ces deux localités devant les encouragements de leur fils et frère ministre dont la modestie a été manifeste.Une grande surface de plusieurs hectares réservée pour la culture mécanisée dans le but d’avoir un meilleur rendement pour les prochaines récoltes, tels ont été les propos du sous-préfet Victor Loumouamou au cours de ce séjour du Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche à Kindamba : « La mise en chantier de cette zone agricole protégée est un symbole fort contribue qui à booster, je ne dirai pas l’espérance, l’espoir mais la foi pour l’avenir que nous offre le président de la République ». Vinza et Kindamba, deux greniers du Pool pour respecter les directives du président de la République qui fait de l’agriculture et de l’élevage, deux leitmotivs pour une indépendance alimentaire de la population congolaise. Noël Kodia-Ramata
Congo/Pool : Toujours en attente de l’apport des partenaires techniques et financiers

Le Haut-commissariat à la réinsertion des ex-combattants, Euloge Landry Kolélas, a sollicité, le 25 mars 2023 à Brazzaville, l’appui des partenaires techniques, des financiers bilatéraux et multilatéraux dans la mobilisation des ressources du programme Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) pour le département du Pool. Cette demande a été lancée au cours d’une table ronde à Brazzaville. C’est un programme DDR-Pool qui date du 31 août 2018 par la signature du document programme entre le gouvernement et les Nations unies et qui peine à décoller à cause de la non mobilisation des fonds. Ce programme dont la vocation principale est de contribuer à la pacification, à la sécurisation et au développement socioéconomique du Pool, présente des enjeux socioculturels de taille. Pour le haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants, Euloge Landry Kolelas, depuis la date de sa signature jusqu’à ce jour, certaines contraintes structurelles et conjoncturelles n’ont malheureusement pas permis le démarrage effectif du programme DDR-Pool. Ce programme DDR-Pool prévu pour quatre ans, a pour but d’assurer le désarmement, la démobilisation et la réinsertion d’au moins vingt mille bénéficiaires dont 7500 ex-combattants, 2500 associés et 10 000 membres de leurs communautés d’accueil. Il s’agit donc d’une opportunité offerte aux communautés du Pool en matière de relèvement communautaire et de relance des activités économiques et agropastorales pour un département qui fut un des principaux greniers du pays. Le haut-commissaire a de ce fait sollicité de la communauté internationale un accompagnement dans la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce programme, dont la présente table ronde en est le point de départ. Il a rassuré que le gouvernement congolais venait d’honorer son engagement tout en précisant que cela ne suffisait pas. Parlant des différentes démarches menées auprès des partenaires techniques et financiers, la représentation nationale du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a souligné que la non démobilisation des ex-combattants est un facteur d’insécurité puisqu’ils pourraient échapper au contrôle de leur chef. Le Pnud a en outre insisté sur la cohésion sociale, le développement économique et la prévention des conflits dans le cadre de la mise en œuvre du programme DDR. Il a également été soulevé le problème de l’approche des élections de 2026 et 2027, et incité à faire démarrer le programme DDR et la prise en compte du département du Pool dans la cartographie d’investissement en cours d’élaboration dans le pays. Le représentant résidant du Pnud au Congo, Opia Mensah Kumah, a reconnu l’engagement politique des autorités nationales qui viennent de verser la contrepartie pour permettre à certains partenaires qui s’étaient engagés à contribuer à hauteur de 75% de se prononcer. Il a annoncé l’arrivée sur la liste de quatre autres partenaires. Le représentant du pasteur Ntumi, Ané Philippe Bibi, a apprécié l’engagement des différents acteurs dans ce processus. Il a aussi interpellé la conscience collective, notamment celle du peuple congolais sur l’impérieuse nécessité de prendre son destin en main, son respect de la personne humaine ainsi que son engagement à mobiliser les énergies et de les mettre au service du développement, de la paix et de la justice sociale. Il a dit le caractère irréversible de leur volonté de paix est. Pour lui, l’état d’avancement du processus de paix dans le département du Pool commande qu’on redouble les efforts en vue de réparer les équilibres rompus au cours des différentes turbulences qu’il a connues. Il sied de souligner que le coût global du programme DDR-Pool est de 8 milliards 300 000 000 FCFA dont 2 000 000 000 de contrepartie du gouvernement. Florent Sogni Zaou
Congo/Politique : Le CNR dénonce l’arrêt du processus DDR

Le Conseil national des républicains (CNR) a fustigé, le 4 février 2023 à Brazzaville, l’arrêt du processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants dans le département du Pool. Le CNR réclame l’établissement du statut particulier à attribuer à son président fondateur, Frédéric Bintsamou, dit Pasteur Ntoumi. Les responsables de ce parti politique ont dénoncé l’arrêt systématique depuis un moment du processus DDR des ex-combattants enclenché pourtant après la signature de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités entre le gouvernement et les ex-rebelles, le 23 décembre 2017. La structure avait rempli quelques-unes de ses missions tel que prévu dans l’accord. Les activités y relatives portaient sur la sensibilisation de la population aux valeurs de paix dans le département et sur le ramassage d’armes. A cet effet, 8007 armes à feu de petit calibre avaient été collectées pour être incinérées. Pour Ané Philippe Bibi, secrétaire chargé de l’organisation du CNR, il s’était aussi agi de normaliser la circulation dans la contrée par le démantèlement de tous les barrages sur l’ensemble du réseau. Il a cependant été noté que malgré tous ces efforts, tout le processus s’est arrêté sans justification du gouvernement, alors que plus de 15 000 ex-combattants attendent impatiemment d’être réinsérés socialement. Pour lui, après le ramassage des armes, il était prévu la réinsertion socio-économique des ex-combattants, la détermination du statut particulier du président du CNR et la libération de ses résidences privées de Soumouna et Mbouaboundi. Il constate que rien n’a malheureusement été fait jusqu’à ce jour et invite le gouvernement à le faire car ces points font partie des conditions essentielles pour garantir une paix durable dans le Pool. Pour le gouvernement, le lancement du DDR visant à contribuer à la consolidation de la paix et l’amélioration de l’environnement sécuritaire dans le Pool est imminent. A l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, le président Isidore Mvouba a annoncé le déblocage de la contrepartie du Congo pour sa mise en œuvre effective. Il avait affirmé que ce programme ciblait au moins 7 500 ex-combattants et environ 2500 personnes issues de leurs familles ainsi que les communautés. Le secrétaire général du parti, Bienvenu Nzengui, et Ané Philippe Bibi, candidats malheureux aux législatives dans la circonscription électorale unique de Mayama, ont profité pour dénoncer « la tricherie » observée aux législatives. Ils ont toutefois précisé que leur formation politique a pu avoir quatre élus au niveau des conseils. Selon eux, malgré ce « hold-up électoral », le CNR garde sa détermination à conquérir le pouvoir par les voies démocratiques. Ils ont annoncé que le révérend Pasteur Ntoumi se porte très bien, contrairement à ce que disent les gens précisant qu’il a le regard fixé vers des horizons nouveaux, motivé par l’envie de conquérir le pouvoir par des voies démocratiques. Florent Sogni Zaou