
«Je tiens à rassurer l’opinion nationale qu’il n’y a pas de problème de liquidité aujourd’hui. Les banques se portent bien malgré la crise. Toutes les mesures qui sont prises par le gouvernement, la banque centrale et les autres acteurs vont dans le sens de pouvoir permettre aux banques de continuer à financer l’économie de façon à ce que les entreprises et les particuliers puissent retrouver une activité et un mode de vie souhaitable », a fait savoir le directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), M. Michel Dzombala.
Il a fait cette annonce, le 15 mai 2020 à Brazzaville, à l’occasion de la réunion inaugurale du Comité national économique et financier (Cnef), précisant que les banques commerciales sont capables de financer l’économie congolaise dans cette période de crise sanitaire tenant compte des mesures prises par les autorités et la banque centrale.
Le directeur national de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a justifié cet optimisme sur les mesures prises par l’Etat dans le cadre de la Task force. La banque centrale en a également pris dans le sens de l’assouplissement de sa politique monétaire, à travers la baisse des taux directeurs et de la facilité de prêt marginal.
Pour lui, la banque centrale a élargi la qualité de certains supports qui sont admis au financement. Toutes ces actions, a-t-il dit, sont destinées à permettre aux banques de financer de manière beaucoup plus active l’économie congolaise.
La mise en œuvre de toutes ces mesures se justifie par la crise sanitaire qui n’épargne pas le Congo, et qui va avoir un impact sur le comportement des ménages et des entreprises. Il y aura forcément des difficultés dans le remboursement de certains prêts et une réticence des banques commerciales pour financer l’économie si rien n’est fait, parce que d’un autre côté, elles ont également des contraintes sur le plan prudentiel, a-t-il indiqué.
Selon lui, dans les prochaines semaines, les banques vont procéder à la mise en place des différentes mesures pour apporter ou soulager les entreprises, parmi lesquelles celles qui sont complètement sinistrées, à savoir, celles relevant des secteurs du BTP, du tourisme et de l’hôtellerie.
Prenant appui sur la présence du Covid-19, M. Dzombala a prévenu que la situation économique sera difficile, puisqu’il y aura un impact sur l’emploi, la croissance et la consommation. Il y aura aussi des difficultés en ce qui concerne les importations et les exportations. Les mêmes difficultés seront observées au niveau de la balance courante. Mais les mesures prises par les autorités, la banque centrale et les autres institutions vont permettre au pays de faire face à la pandémie et retrouver le sentier de la croissance.
«Nous sommes encore en train de collecter toutes les informations sur tous les secteurs macroéconomiques, et nous sommes très avancés. Mais les chiffres qui ont été émis par le comité de cadrage macroéconomique tablent sur une récession qui va tourner entre -6 et -9%. Ce sont encore des chiffres provisoires que nous devons affiner, dans le cadre de la collecte des informations que nous avons engagée sur tout le territoire national », a expliqué M. Dzombala.
Florent Sogni Zaou