Afrique : La législation américaine cherche à réviser les politiques de change de la Banque des États d’Afrique centrale qui réduisent les investissements de la Central African Economic and Monetary Community de 45 milliards de dollars

Afrique : La législation américaine cherche à réviser les politiques de change de la Banque des États d’Afrique centrale qui réduisent les investissements de la Central African Economic and Monetary Community de 45 milliards de dollars

La Chambre africaine de l’énergie soutient la loi américaine CEMAC, qu’elle considère comme une étape cruciale pour forcer la Banque des États d’Afrique centrale à réformer ses politiques de change L’AEC a toujours adopté une position ferme contre les réglementations de change imposées par la BEAC, qualifiant ces politiques d’« absurdes », d’« hostiles aux investisseurs étrangers » et d’incompatibles avec les normes financières mondiales. En restreignant les flux de devises étrangères dans la région, ces réglementations sapent la confiance des investisseurs, retardent les paiements aux entrepreneurs, empêchent le rapatriement des capitaux et introduisent des risques inutiles dans les projets énergétiques. La réglementation devrait réduire les investissements étrangers dans la région de la CEMAC de 45 milliards de dollars d’ici 2050, tout en réduisant les recettes publiques des pays de la CEMAC de 86 milliards de dollars. Les conséquences de cette situation ne peuvent être surestimées. Riche en pétrole et en gaz, la région de la CEMAC a le potentiel d’exploiter ses ressources naturelles pour une croissance économique à grande échelle et à long terme. Les opérateurs américains, forts de leur expertise et de leur forte présence dans la région, joueraient un rôle déterminant dans la réalisation de cet objectif. Il s’agit notamment de grandes entreprises du secteur de l’énergie telles que Chevron, ExxonMobil, Vaalco Energy et bien d’autres. Outre les entreprises américaines, d’autres acteurs majeurs tels que TotalEnergies, Trident Energy, BW Offshore, Eni et Perenco pourraient freiner les investissements, ce qui aurait un impact significatif sur l’avenir énergétique de la région. Sans ces entreprises, la région risque de perdre des projets majeurs. Le méga-hub gazier de Guinée équatoriale, par exemple, permettra de monétiser les ressources gazières de la région. Dirigé par Chevron et Marathon Oil, le projet traite le gaz du champ d’Alba dans l’usine de GNL de Punta Europa. L’accord pour la deuxième phase, qui relierait le champ d’Aseng, a déjà été signé, tandis que des accords d’importation de gaz avec le Cameroun et le Nigeria voisins sont en place. Le Cameroun fait des progrès pour valoriser ses ressources gazières sous-développées, tandis que le Gabon fait avancer un projet de FLNG qui produirait 700 000 tonnes par an de GNL et 25 000 tonnes de GPL. Développé par Perenco, le projet devrait démarrer en 2026. La République du Congo augmente sa capacité de GNL dans le cadre du projet Congo LNG dirigé par Eni. La société vise 3 millions de tonnes par an en 2025. Parallèlement, conformément aux objectifs nationaux visant à porter la production de pétrole à 500 000 barils par jour, TotalEnergies investit 600 millions de dollars dans le champ pétrolifère de Moho Nord. Toutefois, ces efforts ne porteront leurs fruits que si la BEAC crée un environnement monétaire plus transparent et plus stable. L’introduction de la loi CEMAC marque un changement significatif dans la façon dont la communauté internationale perçoit les politiques de la BEAC. Les législateurs américains, reflétant les points de vue de l’AEC et de nombreux chefs d’entreprise africains, prennent des mesures décisives là où les gouvernements africains auraient dû agir depuis longtemps. Les entreprises africaines soutiennent massivement cette législation car elle tient la BEAC pour responsable et impose des réformes indispensables. Depuis des années, l’AEC appelle les dirigeants africains à pousser la BEAC à adopter des politiques plus transparentes et plus favorables aux investisseurs. Maintenant que les États-Unis interviennent, la BEAC est sous pression. En refusant de soutenir les actions du FMI, le projet de loi signale que ces politiques monétaires ont sapé la confiance mondiale et présentent désormais un risque pour le système financier international, ce qui pourrait avoir un effet domino sur le financement du développement, les efforts de restructuration de la dette et les futurs programmes du FMI. « Nous avons toujours appelé la BEAC à se comporter de manière raisonnable et à rechercher ce qui est dans le meilleur intérêt des Africains, et non à subir les pressions du FMI qui détruisent l’emploi et les investissements, dissuadent les investisseurs et conduisent les pays de la CEMAC à des sanctions ou à des restrictions commerciales qui plongent leurs citoyens dans une pauvreté encore plus grande. La BEAC doit mieux agir et c’est un signal d’alarme pour nous faire comprendre que les investisseurs qui investissent dans la région ne peuvent plus être traités d’une manière qui ne soit pas dans l’intérêt des citoyens et des investisseurs. Ils ont une nouvelle occasion de revenir à la table des négociations et de faire ce qu’il faut en se débarrassant de ces réglementations qui maintiennent notre région à la traîne. À l’AEC, nous comprenons la position du Congrès américain et, en tant que personnes qui ont toujours appelé à une approche pragmatique et sensée de ces questions, nous pensons que nous avons l’obligation de protéger les investisseurs tout en encourageant la croissance, l’emploi et les opportunités pour les pays de la CEMAC », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. L’AEC s’engage à soutenir le dialogue et la collaboration entre les acteurs des secteurs public et privé afin de garantir que ces changements essentiels soient apportés. C’est clair : les politiques de change obsolètes de la BEAC ne sont plus acceptables et une réforme est urgente. L’adoption potentielle de la loi CEMAC est un signal d’alarme, et l’AEC exhorte la BEAC et les décideurs politiques d’Afrique centrale à y voir une opportunité de créer un écosystème financier plus juste et plus fonctionnel qui attirera les capitaux internationaux et soutiendra les ambitions industrielles de la région. La transition énergétique de l’Afrique centrale, son avenir économique et sa capacité à être compétitive sur la scène mondiale sont en jeu. En réformant le mandat de la BEAC et en alignant ses politiques sur les normes mondiales, la région peut instaurer la confiance et la stabilité dont elle a besoin pour attirer les investissements essentiels à sa prospérité à long terme. African Energy Chamber.

CEMAC : une hausse de 3,6% prévue en 2024

CEMAC : une hausse de 3,6% prévue en 2024

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devrait connaître une croissance économique de 3,6% en 2024, principalement soutenue par la bonne tenue des activités non pétrolières. Un communiqué de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) souligne que cette performance résulte d’une série de politiques économiques stratégiques mises en œuvre par les pays membres de la CEMAC visant à renforcer la stabilité financière et à stimuler la croissance économique dans un contexte mondial incertain. Lors de la première réunion du Comité de politique monétaire (CPM) tenue, lundi à Yaoundé, la BEAC a observé une inflation de 5,5% en 2024, tandis que les finances publiques de la sous-région affichent un léger déficit de -0,2% du produit intérieur brut (PIB). Les réserves de change devraient légèrement baisser de 2,7% pour atteindre 6.699 milliards de francs CFA (environ 11,09 milliards de dollars) à fin 2024, ce qui correspond à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 74% et représente 4,3 mois d’importations de biens et services. Face à ces perspectives, le CPM, présidé par le gouverneur de la BEAC? Yvon Sana Bangui, a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés pour soutenir la stabilité économique de la zone CEMAC.

CEMAC: Le Centrafricain Yvon Sana Bangui nouveau gouverneur de la BEAC

Le Centrafricain, Yvon Sana Bangui, a été nommé nouveau gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), à l’issue d’un sommet des chefs d’État tenu par visioconférence. Yvon Sana Bangui, un cadre de la BEAC depuis une vingtaine d’années, succède au tchadien Abbas Mahamat Tolli dont le mandat de 7 ans, non renouvelable, a expiré officiellement le 7 février. Une réforme de la gouvernance des institutions de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) impose une présidence tournante à tous les postes clefs des institutions communautaires. Le premier pays à diriger la BEAC grâce à cette réforme fut la Guinée Equatoriale, suivi du Tchad. Les 6 pays membres de la CEMAC dont la monnaie est gérée par la BEAC sont: le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad.

Le Ministre congolais de l’économie et des finances, Jean-Bapiste Ondaye, préside le Conseil d’administration du 4ème trimestre 2023 de la BEAC

Le Ministre congolais de l’économie et des finances, Jean-Bapiste Ondaye, préside le Conseil d’administration du 4ème trimestre 2023 de la BEAC

Lundi 18 décembre 2023, à l’Agence de la (BEAC) de Douala (Cameroun), s’est tenu le dernier Conseil d’Administration ordinaire de cette Institution financière de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), au titre de l’année 2023. Cette session a marqué, également, la fin du Mandat de la République du Congo à la présidence tournante du Conseil d’administration de cette Banque centrale commune aux six États, que sont le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, la Guinée Équatoriale et le Tchad. Dans son discours d’ouverture des travaux, le Ministre congolais de l’Économie et des Finances, a, d’abord, exprimé sa gratitude renouvelée à Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, et au peuple camerounais, pour le soutien et l’accueil chaleureux dont il a bénéficié tout au long de son mandat. Ensuite, il a dit toute sa reconnaissance au Président congolais, son Excellence Monsieur Denis SASSOU-N’GUESSO, Président de la République du Congo, qui, a-t-il souligné , « En désignant, en 2022, ma modeste personne au poste de Ministre de l’Économie et des finances, m’ a offert l’opportunité de me hisser au rang de Président en exercice, pour un Mandat d’un an, à la fois du Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) ; de Président du Comité de Pilotage (COPIL) du Programme des Réformes Économiques et Financières (PREF-CEMAC) ; de Président du Groupe d’Action Contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC) et de Président du Conseil D’Administration (PCA) de la BEAC ». Après douze mois de mandat (année 2023), à la tête des institutions de l’UMAC, le Ministre congolais de l’Économie et des Finances, Monsieur Jean-Baptiste ONDAYE, en a dressé le bilan. Au plan international, a-t-il dit : « nous avons, au cours de notre mandat , œuvré à faire entendre la voix de notre Sous-région et celle de l’Afrique, à l’occasion des différents forums internationaux auxquels nous avons participé, notamment, les Assemblées annuelles du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM) ;Les Réunions de la Banque Africaine de Développement(BAD) ; les Réunions du Caucus Africain ; les réunions d’AFREXIMBANK ; les réunions CEMAC-France ; et les Réunions tripartites avec le FMI ». Ajoutant qu’« au cours de ces réunions, nous avons joint notre voix à celles des autres Ministres Africains, pour défendre les thématiques liées à la Réforme des institutions de Bretton Woods (FMI-Banque Mondiale) et des banques multilatérales, pour un système financier international plus inclusif et plus équitable ; ainsi que les thématiques liées aux défis de la montée des inégalités et de la pauvreté ; aux changements climatiques ; et à la protection de la biodiversité ». S’agissant des actions au titre du COPIL du PREF-CEMAC, Monsieur Jean-Baptiste ONDAYE a indiqué : « Nous avons conduit des missions de haut niveau ayant débouché sur la Table Ronde des bailleurs de fonds de Paris, organisée mardi 28 et mercredi 29 novembre 2023, pour la mobilisation des financements de la deuxième génération des projets intégrateurs de la CEMAC. A l’issue de cette Table Ronde, le montant total des financements mobilisés s’élève, provisoirement, à 9.210 millions d’Euros, soit 104,2% du financement recherché ». Concluant son bilan sur sa présidence à l’UMAC, l’orateur a rappelé : « Nous avons eu à cœur de faire progresser plusieurs dossiers d’intérêt commun. Au nombre desquels , l’évolution de la coopération monétaire avec la France ; les négociations avec le secteur des industries extractives ; la réflexion sur l’adoption d’une monnaie numérique de la Banque Centrale et l’élaboration d’un Cadre normatif Communautaire encadrant les cryptoactifs dans la CEMAC ; le processus de recrutement des agents d’encadrement supérieur de la BEAC, qui a donné lieu à un point supplémentaire au cours de la présente session du Conseil d’Administration ; et l’examen des textes qui sous-tendent la gouvernance de la BEAC ».

Cameroun. Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC)

Cameroun. Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC)

Une session ordinaire du Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) s’est tenue, jeudi 28 septembre 2023 à Douala (Cameroun), sous la présidence de Jean-Baptiste Ondaye, Ministre congolais de l’Economie et des Finances. Les participants ont examiné plusieurs points inscrits à l’ordre du jour, parmi lesquels 9 dossiers, à savoir :

Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Une politique monétaire prudente dans une perspective économique internationale contre performante

Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Une politique monétaire prudente dans une perspective économique internationale contre performante

C’est ce qu’il faut retenir de la troisième réunion annuelle du Comité de Politique Monétaire(CPM), qui s’est tenue le 25 septembre 2023 à Douala au Cameroun. Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la Beac a tenu une conférence de presse, en mode présentiel et virtuel, à l’issue de cette troisième session ordinaire du CPM. Les perspectives macroéconomiques et financières dans la zone cemac, reconnaît Abbas Tolli, restent marquées par plusieurs facteurs, notamment par un léger décrochage du taux de croissance économique, de 2,8 % en 2022 à 2,5 % en 2023. Une contre performance qui s’explique par l’important recul de l’activité pétrolière dont dépendent 5 pays sur 6 de la sous-région. Les tensions inflationnistes resteraient élevées autour de 5,7% en moyenne annuelle en 2023, mais en baisse à partir du troisième trimestre de l’année. Les données budgétaires et commerciales connaissent également des variations. On note cependant une progression des réserves en devises( reserves de change) de 14,6 % qui se situeront à 7 850,8 milliards de fcfa à fin 2023, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 78,5 % contre 73,1 % en décembre 2022 et des réserves d’importations de biens et services de 5,23 mois en 2023 contre 4,94 en 2022. Compte tenu de ces évolutions économiques et financières, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés les taux d’intérêt, notamment le Taux d’Intérêt des appels d’offres à 5,00 %, le Taux de la facilité de prêt marginal à 6,75 %, le taux de la facilité de dépôt à 0,00 %, et les coefficients des réserves obligatoires à 7,00 % sur les exigibilités à vue et 4,50 % sur les exigibilités à terme. Cette décision, dans une approche prudentielle, vise à assurer la stabilité économique et monétaire de la zone dans un contexte international marqué par le ralentissement l’activité économique, en raison des contreperformances du secteur manufacturier dans les économies avancées, de la faiblesse du secteur immobilier en Chine et du durcissement des conditions monétaires dans la plupart des économies développées et émergentes. Il convient de noter que les perspectives de l’économie mondiale publiées en juillet 2023 par le FMI prévoient une croissance mondiale statique de l’ordre de 3 0% en 2023 et 2024 contre 3,5% en 2022. Les tensions inflationnistes devraient cependant s’atténuer, avec un taux d’inflation qui se situerait à 6,8 % en 2023 et 5,2 % en 2024, après 8,7 % en 2022. Autant d’indicateurs macro économiques qui invitent à l’observation des normes prudentielles en matière de politique monétaire de la sous-région Cemac. Tout à fait sur un autre registre, le gouverneur de la Beac en a profité pour rassurer les agents économiques de la sous-région, sur la qualité des nouveaux billets de banque en circulation. Leur falsification par des faussaires, reconnait-il, reste quantité bien négligeable. Toutefois, la Banque reste vigilante et s’emploie à réduire à une portion congrue ces pratiques de falsification. Les agents économiques doivent donc redoubler de vigilalnce tant la la falsification crève les yeux. En ce qui concerne les quotas fixés aux utisateurs des cartes bancaires internationales(visa, master card…), la Beac, avoue la main sur le cœur, Abbas Mahamat Tolli, a fixé un maximum d’utisation de 5 millions de fcfa pour tout usager détenteur d’une carte bancaire internationale en séjour à l’étranger. Il arrive malheureusement que des banques primaires, faute d’un stock de devises conséquent, limite en interne leur seuil d’utilisation. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier, Brazzaville Congo

Cameroun. Réunion ordinaire du Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC)

Cameroun. Réunion ordinaire du Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC)

Le Ministre congolais de l’Economie et des Finances, Jean-Baptiste Ondaye, Président de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et Président du Conseil d’Administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a présidé une session ordinaire dudit Conseil, jeudi 20 juillet 2023, à Douala (Cameroun).  Parmi les dossiers soumis à l’examen des membres du Conseil d’Administration de cet institut d’émission monétaire de la zone CEMAC, figuraient la conjoncture économique, les perspectives et le cadrage macro-économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ainsi que la conjoncture internationale. Ils ont noté que la croissance, au niveau mondial, connaît, globalement, un léger ralentissement.  « Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), il était prévu une croissance de 3%. Mais, selon les nouvelles prévisions pour 2023, on s’attend à une moyenne de 2,4% », ont estimé les administrateurs.  Cette conjoncture, selon eux, reste marquée par des tensions inflationnistes, aussi bien pour la sous-région CEMAC, que pour le reste du monde. Le taux d’inflation dépasse, par exemple, 6%, en zone CEMAC, alors que la norme communautaire est de 3%.  Le Conseil a aussi examiné les différentes mesures prises par les six États membres, en 2020 et 2021, à la suite de l’épidémie de Covid-19. Toutes ces mesures se résument aux subventions des produits pétroliers à la pompe et des produits alimentaires ; au gel des factures des produits de consommation courante (comme l’eau et l’électricité), ainsi qu’aux allègements fiscaux et des droits douaniers à l’importation des produits de première nécessité.  Les administrateurs ont observé que cette inflation n’est pas que du ressort de la Banque centrale.  Pour le court terme, ils ont suggéré un meilleur ciblage des dépenses sociales dans tous les États membres et une vigilance de la Banque centrale dans l’examen de la conjoncture, afin d’ajuster tous les instruments de politique monétaire pour la maîtrise de l’inflation.  Les administrateurs ont également examiné les déterminants de l’inflation. Il ressort de cette analyse que l’inflation d’origine externe est dominante à plus de 58 % dans la zone, et que la composante ‘’Produits alimentaires et boissons non alcoolisées’’ constitue la composante la plus importante dans la formation de l’inflation en zone CEMAC.  Au nombre des recommandations, à long terme, formulées par les participants pour contrer la flambée des prix, se trouve la diversification des bases économiques dans la zone CEMAC, afin d’accroître l’offre.  La situation de la soutenabilité extérieure de la BEAC a été aussi examinée. Il ressort de cette analyse que les réserves de change se consolident avec une garantie de 5 mois d’importation. Au mois d’avril 2023, on a enregistré un pic de 7.600 milliards, contre seulement 1.000 milliards de F CFA de réserves de change en 2018. « Cette tendance devrait être consolidée », a indiqué Abbas Mahamat Tolli, Gouverneur de la BEAC.  Le Budget de la Banque centrale a été aussi examiné. Il fait ressortir, d’ici la fin de l’année 2023, une prévision de près de 300 milliards, alors que le Budget initial était estimé à 142 milliards de F CFA.  Le Plan stratégique de la BEAC 2018-2023 a été également examiné. Son taux d’exécution a été établi à environ 90 %. Le Conseil s’est félicité de ces résultats et, surtout, de l’impact des effets de ce Plan et de sa mise en œuvre.    Notons, à titre indicatif, que la session ordinaire du Conseil d’Administration de la BEAC du 20 juillet 2023 a été précédée de la réunion du Gouvernement de la BEAC.  Au cours de cette rencontre, Jean-Baptiste Ondaye a évoqué certains points de blocage qui minent le fonctionnement de cet institut d’émission monétaire, considéré comme le fleuron de l’intégration sous-régionale en zone CEMAC (Cameroun, Congo, RCA, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad).

En 2023, la croissance du Congo s’élèverait à 3,7 %

En 2023, la croissance du Congo s’élèverait à 3,7 %

Jean-Baptiste Ondaye, Ministre congolais de l’Economie et des Finances, a présidé la réunion du Comité national économique et financier (CNEF) de la République du Congo, session du vendredi 24 mars 2023, au siège de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Les travaux ont eu lieu, aussi bien en présentiel à Brazzaville (Congo) que par visioconférence à Yaoundé (Cameroun) et Libreville (Gabon). Selon le communiqué final, « en 2023, la croissance du Congo s’élèverait à 3,7 % ». L’ordre du jour comptant pour la première réunion de l’année a porté sur plusieurs points. Parmi lesquels le point trois comprenant les Notes sur la situation économique, monétaire et financière nationale ; sur le financement de l’Economie congolaise ; sur l’exécution budgétaire à fin décembre 2022 du CNEF-Congo ; et la résolution sur les modalités de contribution au Budget du CNEF-Congo. Selon, le communique final, « au plan international, le Comité a relevé un ralentissement de l’économie mondiale au 4ème trimestre 2022, avec un taux de croissance de Produit intérieur brut (PIB) qui est tombé à 1,1 % contre 1,6 % au trimestre 2022, en raison des répercussions de la guerre en Ukraine et de la baisse de la demande causée par le resserrement des politiques monétaires par les principales banques centrales.  Ainsi, les perspectives de l’Economie mondiale, publiées en janvier 2023 par le Fonds monétaire international (FMI) ont estimé la croissance mondiale du PIB réel à 3,4% en 2022 contre 6,1 % en 2021. Pour l’année 2023, ce taux reviendrait à 2,9 %.  Au niveau sous-régional, le Comité a constaté une consolidation des activités économiques, nonobstant la persistance des tensions inflationnistes, l’incidence de la crise ukrainienne et les perturbations des chaînes d’approvisionnement qui continuent de peser sur les Economies de la sous-région. Dans ce contexte, le taux de croissance du PIB de la zone progresserait à 2,9 % en 2022, contre 1,7 % en 2021, grâce notamment à la reprise du secteur hors pétrole et à l’évolution favorable des termes de l’échange. En 2023, la BEAC prévoit un taux de 2,6 %. Sur le plan national, le Comité a noté un regain de l’activité dans le secteur hors pétrole, en lien principalement avec la bonne tenue du secteur des Services, l’apurement des arriérés de la dette intérieure et la poursuite des investissements pétroliers. Cependant, cette reprise a été entravée par la baisse de la production pétrolière, en dépit de la bonne tenue des coûts du pétrole.  En conséquence, le taux de croissance du PIB réel a été estimé à 1,4 % en 2022, après une récession de 1,5 % en 2021.  Sur le front des prix, l’inflation a atteint le seuil communautaire de 3 % en moyenne annuelle, contre 2,3 % un an auparavant. En 2023, la croissance du Congo s’élèverait à 3,7 %. Examinant les différents modes de financement de l’Economie congolaise, le Comité a relevé une évolution mitigée de la situation du système bancaire national.  En effet, l’encours de crédit brut accordé à la clientèle, a connu une contraction de 11 % pour revenir à 1281,6 milliards au 31 décembre 2022. De même, les créances en souffrance ont diminué de 25 %, pour cette année, à 181,4 milliards. En revanche, sur le Marché des Valeurs du Trésor de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Trésor public congolais est resté très actif, en mobilisant 758,4 milliards de F CFA entre janvier et décembre 2022, soit une baisse de 15, 64 % par rapport à l’année précédente.  Ensuite, le Comité a pris acte de l’exécution budgétaire de son Secrétariat général pour l’exercice 2022.  Le Comité a tenu également à exprimer ses félicitations au gouvernement congolais pour la validation par le Conseil d’Administration du Fonds monétaire international (FMI), le 6 février 2023, de la deuxième revue du Programme économique et financier (PEF) appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) et l’a encouragé à poursuivre la mise en œuvre de ce Programme, afin de renforcer la stabilité macroéconomique du pays.  Enfin, le Comité a pris connaissance des décisions du 15ème Sommet des Chefs d’Etat de la CEMAC, qui s’est tenu à Yaoundé, le 17 mars 2023 ».