Congo. Faut pas continuer de penser que si nous importons la nourriture, c’est la faute à l’Etat !

Collinet Makosso tente de dédouaner son candidat

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Le Ministre Collinet Makosso

OPINION. Nous avons analysé, il y a deux jours, le fait que Denis Sassou N’Guesso s’étonnait que le Congo continue à importer de la bouffe, et n’indiquait pas que c’était l’échec des politiques publiques en la matière.

Dans le cadre du service après-vente, son porte-parole n’a pas attendu longtemps pour nous répondre. Anatole Collinet Makosso a profité de la conférence de presse qu’il a animée dans la matinée de dimanche à Pointe-Noire, faisant le point des deux premiers meetings de son candidat, pour éclairer la pensée de son candidat.

Me trouvant à Pointe-Noire, dans le cadre d’une série de formations avec les journalistes des médias publics et privés, j’ai été spécialement invité à cet échange avec la presse. Je n’ai pas hésité de relancer Anatole Collinet Makosso sur cet étonnement étonnant de Denis Sassou N’Guesso.

« Il ne faut pas continuer de penser que si nous importons (énormément de la nourriture), c’est la faute à l’Etat. Non ! », a-t-il répondu, serein et catégorique.

« N’en déplaise à ceux qui font diverses interprétations de tout ce qui se fait dans notre pays », a abondé Collinet Makosso, qui a estimé par ailleurs que « les journalistes et les intellectuels doivent arrêter avec cette forme stigmatisation ».

M. Makosso qui est en fait directeur de campagne adjoint et porte-parole de Sassou N’Guesso, a donc expliqué le fond de la pensée de son candidat, disant que si le président sortant avait eu cet étonnement, c’est pour pousser le peuple à travailler, arguant qu’il croyait lui-même en l’agriculture et qu’il prêchait par l’exemple.

« Il s’interroge et se parle d’abord à lui-même pour espérer convaincre son peuple à s’impliquer au développement agricole. L’agriculture est l’un des projets portés par Denis Sassou N’Guesso depuis les années 80 », a soutenu le porte-parole.

A l’époque, il avait placé l’agriculture au cœur de son action, avec des slogans du genre, « Agriculture priorité des priorités ».

Plusieurs offices (OCV, OCC,…) ont été créés pour racheter la production des paysans. L’Etat a aussi créé des fermes et financé des coopératives pour limiter les importations de produits alimentaires dans le pays. Mais la crise financière avait coupé cet élan.

Et pourtant, la réalité aujourd’hui c’est que le Congo importe chaque année jusqu’à 700 milliards de francs CFA de nourriture. Des importations qui s’illustrent à certains produits comme le safou (Cameroun), les légumes (RDC), les oignons (Burkina, pays sahélien).

Les initiatives et les investissements colossaux de l’Etat n’ont pas profité aux agriculteurs, les vrais. Par exemple, beaucoup de fonctionnaires de l’Etat se sont tranquillement servis dans le Fonds de soutien à l’agriculture, sans compter qu’ils ont bénéficié des bœufs dans le cadre du métayage.

En plus, après 37 ans cumulés de pouvoir, le président a étonné en s’étonnant.

Son porte-parole Anatole Collinet Makosso a reconnu que c’était tout de même un grand chantier pour les cinq années à venir, s’ils gagnaient.

« Est-ce que ce n’est pas pour cette dernière grande bataille qu’il s’est représenté à cette élection ? », s’est interrogé ACM.

Par Arsène SEVERIN -Journaliste Fb

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