
TRIBUNE. Le 29 janvier 2026 à Djambala, en marge de la conférence des préfets, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, a annoncé la tenue d’une nouvelle concertation politique en amont de l’élection présidentielle de mars 2026. Selon le Gouvernement, il s’agirait de réunir les partis politiques afin de s’accorder sur les conditions d’organisation et de préparation du scrutin.
Mais à quoi servent réellement ces concertations préélectorales devenues rituelles dans notre pays ?
À chaque veille d’élection présidentielle, le même scénario se répète : des concertations sans lendemain, assimilables à des messes de requiem démocratiques, voire à des messes noires destinées à endormir le peuple congolais. Un jeu politique cynique où les dés sont jetés bien avant que le peuple ne vote.
Pour améliorer durablement la gouvernance électorale, les Congolais n’ont nullement besoin de concertations improvisées à la dernière minute. Gouverner, c’est prévoir et anticiper. Or, cette fuite en avant révèle un pouvoir aux abois, incapable d’instaurer un cadre électoral crédible et stable. Dès lors, une question fondamentale s’impose : à quoi sert réellement la Commission Nationale Électorale Indépendante (CNEI) si les règles du jeu doivent être renégociées avant chaque scrutin ?
Pire encore, ces concertations politiques de circonstance se transforment en un véritable business politique. Elles profitent au ministre de l’Intérieur et à certains acteurs de l’opposition plus préoccupés par les per diem que par l’intérêt général et la vérité des urnes.
Les concertations initiées par le ministre Mboulou sont en totale contradiction avec l’esprit et la lettre de la Constitution. L’article 228 est pourtant clair :
« Le Conseil National du Dialogue est un organe de concertation, d’apaisement et de recherche du consensus entre les forces vives de la Nation, sur les grands problèmes politiques d’intérêt national. »
Or, les concertations préélectorales actuelles ne recherchent ni consensus durable, ni apaisement réel. Elles relèvent davantage de la mascarade politique que d’un véritable dialogue national. Elles ne règlent aucun problème de fond et entretiennent la défiance populaire.
Les Congolais ne sont plus dupes.
Comme le rappelait Jean Rostand :
« Pour qu’il n’y ait pas de mensonge d’État, il faut qu’il n’y ait pas de vérité d’État. »
Fait à Chambéry, le 1er février 2026
Evrard NANGHO
Le Patriote Engagé