
TRIBUNE. Après deux décennies de réflexion et d’engagement pour un avenir meilleur de mon pays, j’ai fini par me faire des idées très claires quant à ce.
1. L’ennemi du Congo est loin d’être un individu comme le pensent malheureusement beaucoup de mes compatriotes congolais. Il ne nous suffit pas de faire tomber tel leader pervers et tel autocrate pour pouvoir libérer le Congo. C’est là une vision simpliste de choses, car l’ENNEMI de la RD Congo est un SYSTÈME soutenu farouchement sur place par une cinquantaine d’armées étrangères sur le sol congolais et possédant une grande capacité stratégique d’adaptation aux diverses circonstances de l’histoire. Ses OBJECTIFS de domination et de dépossession des congolais restent intacts. Seules changent ses MÉTHODES pour pouvoir mieux s’adapter aux circonstances. Il change juste des ACTEURS tout en maintenant férocement sa politique de domination.
Et l’ignorance de cette vérité de base nous pousse à commettre les erreurs suivantes.
2. La foi naïve du peuple de croire changer le cours des événements par des voies DÉMOCRATIQUES telles les ÉLECTIONS alors que ces élections sont devenues à leur tour une ARME redoutable des impérialistes contre la souveraineté du peuple congolais. Grâce à elles, tous les cinq ans, les impérialistes continuent à faire miroiter au peuple de détenir un pouvoir de nommer ses mandataires pendant qu’en réalité ce pouvoir lui a échappé totalement en 2006, 2011 et 2018 et en voie de l’être en 2023.
Comment peut-il en être autrement dans un pays sous occupation depuis mai 1997 où les dirigeants ne sont pas élus mais nommés et cooptés aux intérêts de l’Ennemi? Tout le processus électoral est dès lors truqué du début à la fin et, sur ces entrefaites, les résultats ne seront jamais l’expression de la volonté du peuple mais uniquement le diktat de la puissance OCCUPANTE.
3. L’erreur monumentale des congolaises et des congolais, c’est de croire qu’un système comme celui très coriace qui asservit le Congo depuis février 1885 jusqu’à nos jours peut tomber par un coup de baguette magique ou par des simples bulletins de vote glissés dans les urnes. Alors qu’un tel système ne peut s’écrouler qu’en se confrontant à UN AUTRE SYSTÈME aussi coriace ou plus.
4. Et cet autre système, on le mettrait en place en fédérant toutes les forces ou tout au moins les leaders de différentes composantes socio-politiques autour d’un seul et même idéal de libération et de grandeur d’un pays et d’un peuple.
Ces querelles enfantines qui se passent présentement entre partis politiques ou entre confessions religieuses démontrent à suffisance que l’élite congolaise est déjà inféodée et instrumentalisée par le système en face qui veut continuer à nous DIVISER pour mieux nous RÉGENTER sous ses ordres.
5. Et cette régence sera renforcée les jours qui viennent de par un chaos programmé qui a commencé avec la crise institutionnelle en voie d’être concoctée à la formation du Bureau de la CENI avant celle plus profonde qui fera suite au déroulement du scrutin présidentiel lui-même. Tous les faits et gestes de ces élites congolaises sans idéal ni vision et qui se déchirent entre elles à longueur de journée, prouvent que ces élites ne sont que de simples PANTINS dont les ficelles sont tirées ailleurs par le grand Échiquier.
En conclusion, d’ici 2023, on assistera à des joutes et des rixes de toutes sortes entre politiciens et probablement entre groupes tribaux juste pour DISTRAIRE le peuple et le DÉTOURNER des enjeux vitaux de son destin.
La crise congolaise ne sera point désamorcée mais plutôt exacerbée au fil des mois en vue d’aboutir à un RÉSULTAT VOULU non par le peuple mais par ses sempiternels maîtres dominateurs.
Par Germain Nzinga



