CAMEROUN : la photocratie

CAMEROUN : la photocratie

HAUT-ET-FORT. La photocratie, ou gouvernance par la photo, est un néologisme crée par les Camerounais pour décrire l’invisibilité de leur président. Complètement effacé de la vie publique, Paul Biya (bientôt centenaire) se montre rarement. Chaque apparition devient un événement célébré par ses partisans. Depuis janvier, il n’a été vu que trois fois. Enfin… deux fois et demi pour être précis. Lors de la fête de l’unité, il fut brièvement aperçu, filmé de loin, comme pour cacher une sénilité pourtant évidente. Paul Biya a toujours été distant du peuple camerounais, non pas seulement à cause de son âge, mais sans doute par manque d’amour. En quarante-trois ans, il n’a jamais visité toutes les dix régions du pays. Peut-être refuse-t-il d’exposer ses yeux et sa conscience à la misère hideuse qu’il a contribué à créer ? En revanche, mon président adore la Suisse. Jusqu’à récemment, il passait les trois quarts de l’année à l’hôtel Intercontinental de Genève, dont il a finalement été chassé par des activistes camerounais. Il aime aussi la France, où il se vante d’être le “meilleur élève”. Là-bas, il rend compte, pendant que son peuple attend en vain des comptes. Le mépris de Paul Biya est tel qu’il fait recevoir les chefs traditionnels par de simples supplétifs du palais. Mais il trouve encore la force de rencontrer l’ambassadeur de France en fin de mission au Cameroun. Une rencontre mise en scène, filmée à bonne distance, pour éviter de zoomer sur un visage marqué par les outrages du temps. Mon président semble dégoûté de ses citoyens. On dirait que nous le répugnons. Même dans les moments de deuil national, il reste absent. En 2020, lors du massacre de Ngarbuh, où une trentaine de civils dont des femmes enceintes et des enfants furent exécutés, le Cameroun attendait son président aux côtés des familles. Il s’est contenté d’un communiqué tardif et de quelques billets de banque. Il fit de même lors de la catastrophe de Dschang, qui fit vingt morts. Son mépris n’épargne personne, pas même la presse. En plus de quatre décennies, on peut compter sur les doigts d’une main le nombre d’interviews accordées aux médias locaux. Inutile de comparer avec les médias français. La distance entre Paul Biya et le peuple qu’il gouverne est abyssale, presque divine, disent certains de ses partisans. Pour eux, il est Dieu, et ils sont ses créatures. Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, l’a même affirmé en mondovision. Plus absurde encore : une thèse de doctorat sur le silence de Paul Biya a été validée dans une université camerounaise. Pas étonnant que nos institutions académiques soient reléguées en bas du classement mondial. En vérité, l’échec de Paul Biya n’est pas seulement celui de l’incompétence et de la cupidité. C’est surtout celui d’un homme qui n’a jamais aimé le peuple camerounais. Teddy Patou Journaliste et animateur radio

RDC. MUTAMBA : LES ENJEUX D’UN VERDICT JUDICIAIRE…

RDC. MUTAMBA : LES ENJEUX D’UN VERDICT JUDICIAIRE…

POINT DE VUE. C’est avec beaucoup d’attention que j’ai suivi le procès de Constant Mutamba et le verdict qui venait d’être prononcé de la manière que l’on sait . J’en tire principalement trois leçons ci-après. 1. Au regard du prochain calendrier électoral prévu pour 2028, la durée de CINQ ANS d’inéligibilité et de non accès aux fonctions publiques requis contre le condamné sonne comme une stratégie d’élimination déguisée d’un adversaire politique que l’on veut marginaliser de la conquête du pouvoir. Ce jeune homme devenu trop populaire dérange le système. En réussissant à gagner les cœurs et les esprits d’une grande partie de l’opinion publique congolaise, il commençait à être vu par cette dernière comme une alternative sérieuse à la maffia politico-militaire qui a élu domicile à Kinshasa et qui cherche mille voies et moyens pour perdurer. 2.Observez bien le triple cycle vital du pouvoir tutsi de l’AFDL qui a pris NAISSANCE depuis 1997 sur le sol congolais, qui a atteint son APOGÉE sous les 18 ans de l’ère Kabila dans sa capacité d’infiltrer toutes les institutions républicaines congolaises. Depuis un moment, ce système aura déjà entamé sa phase existentielle de VIEILLISSEMENT et de DISPARITION. Les mensonges, les manipulations et le chaos organisé sur lesquels il a été construit ( cfr l’ouvrage « Stratégie du chaos et du mensonge: Poker menteur en Afrique des Grands Lacs » de Patrick Mbeko & Honoré Ngbanda) se révèlent de plus en plus inefficaces car tout congolais – jusqu’aux habitants des villages – a compris leur mode opératoire. Ça ne fonctionne plus que par la répression et surtout par la volonté mortifère de « tuer » politiquement ou physiquement tout congolais qui entreprend des actions spectaculaires capables de précipiter sa disparition. Vous aurez alors compris pourquoi Vital Kamerhe (un pied ici et un autre là-bas) a dû procéder illégalement et précipitamment à la levée de l’immunité du ministre de la justice. Son initiative s’accordait justement avec la volonté jusqu’au boutiste du système tutsi-afdl de bâillonner toutes velléités qui pousseraient les congolais de sortir la tête de l’eau et de commencer à démanteler cette maffia. Seule la mort politique de Mutamba était la finalité et non point l’assainissement du climat généralisé de pillages du trésor public, de corruptions et de concussions massives qui caractérise la vie quotidienne en RDC. 3.Les juges de la Cour de cassation, en prenant le courage de ne pas se laisser intimider par de nombreuses pressions et d’aller jusqu’au bout du prononcé du verdict, ont réussi à sauver les meubles de l’institution judiciaire mais juste pour un petit répit. Pourquoi ? Parce que ce que viennent de faire les avocats de la Cour de cassation est un couteau à double tranchant. Il a taillé Mutamba à la gorge tout en le jetant au placard de Makala mais ce même couteau risque bien de se retourner désormais contre les avocats de cette même cour et contre de nombreux barons du régime cités dans de nombreuses « casseroles » liées aux détournements dix fois plus importants que ce dont est accusé Mutamba. Bref le verdict sur Mutamba ne clôt pas le procès, bien au contraire il ne fait qu’ouvrir la boîte de Pandore. À moins d’un éventuel recours, il s’avère qu’aux yeux de la jeunesse congolaise, le procès ne fait que commencer et est en voie de pousser de toute évidence le peuple congolais à devenir plus regardant et plus IMPITOYABLE à la geste politique congolaise et à toutes ses dérives. Ce procès a eu l’avantage d’ouvrir la boîte de Pandore et la puanteur, sa trop grande puanteur au regard des pillages systématiques des caisses de l’Etat pourra faire vasciller les fondations du système politique tout entier mis en place depuis la « fausse » libération de mzi 1997. Par Germain Nzinga

Congo. Chaos structurel, pilotage déficient et Mur de la dette : M. Sassou danse la valse de la quémande en Chine (lecture en 5 minutes)

Congo. Chaos structurel, pilotage déficient et Mur de la dette : M. Sassou danse la valse de la quémande en Chine (lecture en 5 minutes)

PARLONS-EN Pop de trésorerie qui devrait s’élever à plus 500 milliards de fcfa si rien n’était fait. Mais, Anatole Collinet Makosso (ACM) et la bande des 5 ont poursuivi l’inconsciente et dangereuse escalade vers des dépenses de prestige dans une boulimie gargantuesque, empirant ainsi, la crise . Conséquences, plus de 1200 milliards de fcfa sont recherchés en urgence pour que le Congo ne s’arrête ou ne sombre pas dans les violences qui risquent de survenir Pendant que les impénitents incroyablement orgueilleux continuent à siphonner à volonté le trésor public, le pays est dans un précipice profond. L’humeur mitigée de M. Sassou au départ de son périple pour la Chine ce 31 août cache un premier objectif extrêmement urgent : récupérer 1000 milliards de fcfa pour renflouer les caisses de l’État. Sont convoqués pour les nécessités de la cause en raison de la délégation de gestion qui leur avait été attribuée : Jean Jacques Bouya, Denis Christel Sassou Nguesso et Gilbert Ondongo. Est convié pour assister et comprendre les mécanismes, Christian Yoka, Ministre des finances et du budget, dont l’absence de compétence et d’anticipation sont palpables : le roi Christian est nu comme un ver ! La déception du peuple est grande et sa colère froide et muette devant ces monstres qui s’en mettent plein les poches avec la bénédiction de leur géniteur Sassou. Dans la foulée, le gouvernement parallèle dirigé par Françoise Joly qui a certaines cartes Azerbaidjanaises, du Moyen-Orient et autres est appelée à la rescousse. Les finances du Congo ont pris de l’eau et rien n’y fait malgré tous les changements opérés à la tête de l’argenterie nationale. Pourquoi donc avoir relevé les ministres Andely ou Ondaye si c’est pour s’enfoncer davantage? La débâcle que connaît le Congo participe t-elle de la complaisance des services judiciaires et de sécurité ou de l’incompétence des gestionnaires des finances…? La réponse va sans dire. Un gouvernement des pillards avec un ministère des Finances sans cap opérationnel Au commencement, ACM avait donné espoir aux congolais. Mais au fil des temps, il a fini par se perdre dans une gestion peu orthodoxe et la méchanceté. Après avoir effectué deux premiers déplacements en vols réguliers entre Pointe Noire et Brazzaville, les Congolais croyaient en l’homme mais ont vite déchanté parce que le lucre s’est emparé du personnage. Depuis, il ne prend que des jets qui coûtent des centaines de millions mensuels alors que cette somme pourrait éponger les émoluments du personnel médical ou ceux des vacataires de l’université Marien Ngouabi, par exemple. Nous reviendrons longuement sur des exemples chiffrés de la gabegie de ACM. Mais le comble, c’est de voir le magistrat ACM s’exhiber dans des campagnes d’adhésion des membres du Pct et s’affronter avec Digne Elvis Tsalissan ou faire le lit à la maîtresse de Mboulou alors qu’il est attendu sur d’autres chantiers. Quant à Christian Yoka, il arrive avec un CV de financier du développement à l’AFD et affiche l’ambition de réduire le coût de la dette et diversifier l’économie. Huit mois plus tard, sur la gestion de la trésorerie, trois “angles morts” restent visibles. 1) Prévisibilité et profondeur de marché. Un Trésor avec rating de la dette souveraine du Congo a besoin d’un calendrier d’émission ultra-prévisible, de réouverture sur 2-3 lignes “benchmark” et d’un dosage fin des maturités (éviter de surcharger le court terme quand la souscription patine). Or, 2024–2025 a montré des séances avec souscriptions erratiques et des corrections par le haut sur les clearing yields. Faute d’anticipation et de guidance crédible, la pente de courbe reste pénalisante et l’effet-prix domine l’effet-volume. C’est le grand désordre ! 2) Base d’investisseurs trop étroite. Tant que l’essentiel des encours reste dans les bilans la moindre tension de liquidité bancaire se traduit en spread souverain. Le cadre ONC (utile à court terme) ne suffit pas : il faut institutionnaliser une demande non-banque (assureurs, caisses, OPCVM, épargne de détail) via produits, règles prudentielles et incitations fiscales calibrées. Ce chantier n’a pas été engagé au point où on se pose des questions ! 3) Crédibilité budgétaire et arbitrage. L’annonce d’un assainissement (réduction du service, revues de dépenses, meilleure séquence des investissements) est là grâce au FMI, mais l’exécution est nulle. Tant que la masse salariale (≈ 35,8 Mds/mois), les transferts (≈ 49,2 Mds/mois) et les retraites (≈ 6,7 Mds/mois) ne sont pas encadrés par des règles pré-engagées et qu’aucune priorisation publique de ces dépenses d’investissement (Capex) n’est publiée – avec suivi trimestriel et sanctions – la prime de risque ne se refermera pas. Or, le Congo reste noté très spéculatif (CCC+), ce qui verrouille l’accès externe à coût soutenable et répercute la pression sur le domestique. Le chaos a élu domicile en terre congolaise et rien ne présage d’une lueur d’espoir. La marche vers la décrépitude a pris une cadence qui donne le tournis. ( A suivre) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Maroc/Croissance économique régionale en 2023 : Cinq régions au-dessus de la moyenne nationale

Maroc/Croissance économique régionale en 2023 : Cinq régions au-dessus de la moyenne nationale

Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, piliers de la création de richesse au Maroc En 2023, d’importants écarts de croissance du Produit intérieur brut (PIB) en volume ont été observés entre les différentes régions du Maroc, comparativement à l’année précédente, selon le Haut-Commissariat au plan (HCP). Si la moyenne nationale de la croissance économique s’est établie à 3,7%, portant le PIB en volume à 1382,28 milliards de dirhams (MMDH), l’institution publique  note que « certaines régions ont connu une forte performance, tandis que d’autres ont affiché une croissance plus modeste, voire négative ». Dans sa note d’information sur les comptes régionaux de l’année 2023, le Haut-Commissariat relève que « cette diversité souligne l’importance des particularités économiques locales et de leurs impacts variés ». La même source indique que cinq régions ont été plus dynamiques que l’ensemble de l’économie nationale, en affichant des taux de croissance du PIB supérieurs à la moyenne nationale. A commencer par la région Dakhla-Oued Ed Dahab qui a affiché un taux de 10,1% en  2023. Cette évolution reflète « une dynamique économique soutenue, impulsée principalement par le développement des secteurs de la pêche maritime et du bâtiment et travaux publics (BTP) », selon les explications de l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Elle est suivie par la région de Fès-Meknès (8,9%), dont la progression de la croissance est attribuée à la bonne performance des secteurs de l’agriculture et des services, et celle de Marrakech-Safi (6,3%), portée par la reprise notable du secteur d’hébergement et restauration. Arrivent ensuite Casablanca-Settat avec 5% soutenu par la performance du secteur des industries manufacturières et des services, et  Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec un taux de croissance de 4,9% porté principalement par l’essor constant du secteur des industries manufacturières et des services. Cinq régions affichent une croissance positive, mais inférieure à la moyenne Dans sa note d’information, le HCP précise en outre que « cinq régions ont connu une croissance positive, mais en deçà de la moyenne nationale, avec des taux variant de 0,7% à 2,9% ». Il s’agit des régions de Laâyoune-Sakia El Hamra (2,9%), Souss-Massa (1,8%), Rabat-Salé-Kénitra (0,7%), Guelmim-Oued Noun (1,2%) et Drâa-Tafilalet (1,5%). Concernant l’évolution du taux de croissance de Laâyoune-Sakia El Hamra, la note du Haut-Commissariat souligne qu’il est tiré principalement par les services non marchands et les activités industrielles. Bien que la croissance de Souss-Massa soit limitée, « la région a vu les effets positifs de la dynamique industrielle et de la pêche amoindris par la contraction du secteur agricole », a justifié l’institution. Il est important de noter que deux régions ont enregistré une croissance négative au terme de la même période. Il s’agit de Béni Mellal-Khénifra, qui a affiché une contraction de 1,3% de son PIB, suite à une diminution significative de la performance du secteur agricole  et de l’Oriental dont le PIB a reculé de 1% en raison de la chute marquée de la production agricole. La note du HCP s’est aussi intéressée à la contribution régionale à la création du PIB en valeur. Ainsi, selon l’institution, les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont généré 58,5% du PIB, grâce à « leur dynamisme industriel, commercial et de services, ainsi qu’à la présence d’infrastructures clés ». Casablanca-Settat demeure le moteur économique du pays Dans le détail, Casablanca-Settat demeure le moteur économique du pays en générant 32,2% du PIB national. Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,7%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,6%). Bien que jouant un rôle moins dominant que les trois premières, cinq régions ont collectivement contribué à 33,8% du PIB national : Marrakech-Safi (8,5%), Fès-Meknès (8,4%), Souss-Massa (6,6%), Béni Mellal-Khénifra (5,4%) et l’Oriental (5%). Enfin, les régions  qui n’ont contribué qu’à hauteur de 7,6% à la création du PIB en valeur sont Drâa-Tafilalet (2,8%), Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed Dahab   (4,8%). Alain Bouithy

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye invite à faire de l’agriculture un secteur attractif pour la jeunesse africaine

Sénégal: Bassirou Diomaye Faye invite à faire de l’agriculture un secteur attractif pour la jeunesse africaine

Le Président Bassirou Diomaye Faye a appelé, mardi 01 septembre, à faire de l’agriculture un secteur attractif pour la jeunesse africaine et le moteur d’une renaissance africaine fondée sur la souveraineté, l’innovation et le développement partagé. S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du 19ᵉ Forum africain des systèmes alimentaires à Diamniadio, le chef de l’Etat sénégalais « a insisté sur la nécessité d’investir massivement dans la modernisation de l’agriculture, la maîtrise de l’eau, la transformation locale, le développement des chaînes de valeur », indique la présidence sénégalaise un communiqué. Dans son allocution, devant son homologue, Son Excellence Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, et de nombreuses hautes personnalités africaines et internationales, il a également souligné l’importance du commerce intra-africain, de l’innovation et la digitalisation. Et rappeler que « l’Afrique détient 65% des terres arables mondiales, une jeunesse créative et une richesse hydrique considérable ». Autant d’atouts qui, selon Bassirou Diomaye Faye, font de l’Afrique « la clé de sa propre souveraineté alimentaire et un acteur majeur pour nourrir le monde ». Martin Kam

M. Sidi Ould Tah prend ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement

M. Sidi Ould Tah prend ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement

Une nouvelle page d’histoire s’est ouverte aujourd’hui au moment où M. Sidi Ould Tah a prêté serment en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement. À 11h04 très précisément (heure d’Abidjan), par un lundi matin pluvieux, M. Tah a prêté serment, assumant la direction de la première institution financière de développement en Afrique et succédant ainsi à M. Akinwumi Adesina à l’issue de ses deux mandats successifs. Le président de la Côte d’Ivoire, M. Alassane Ouattara, et son homologue mauritanien, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ont honoré de leur présence la cérémonie officielle qui s’est déroulée au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Les anciens présidents du Groupe de la Banque, M. Akinwumi Adesina et M. Donald Kaberuka, ainsi que les membres du Conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque, y compris ses administrateurs, le personnel de l’institution et des personnalités internationales de haut rang, étaient présents pour assister à cette passation de pouvoir. Le ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale de la République du Congo, M. Ludovic Ngatsé, en sa qualité de président du Conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque, a présidé la cérémonie de prestation de serment. De nationalité mauritanienne M. Tah, âgé de 60 ans, a été élu, le 29 mai dernier, avec plus de 76 % des voix des actionnaires, ce qui représente la plus forte marge obtenue par un président élu pour un premier mandat à la tête de l’institution. Le président Ouattara a qualifié ce changement de direction de « jalon historique dans la vie de notre institution panafricaine », et a déclaré qu’il « ouvrait la voie à une nouvelle ère d’espoir pour la Banque ». Dans son discours de félicitations prononcé immédiatement après la cérémonie de prestation de serment, le président Ghazouani a souligné que M. Tah avait « la lourde responsabilité de veiller à ce que la Banque renforce son rôle clé dans la promotion du développement économique et social du continent, afin qu’elle reste un levier à part entière pour répondre aux aspirations des Africains à la paix, à la prospérité et au développement ». Le président Ghazouani a exprimé sa confiance dans la capacité du nouveau président du Groupe de la Banque à tenir ses promesses pour le continent. « Nous serons la banque qui comblera les fossés entre les régions, entre les ambitions et la mise en œuvre, entre le public et le privé, entre l’urgence et la bureaucratie. Allons de l’avant ensemble, avec célérité, avec unité et avec une responsabilité sans faille », a déclaré M. Sidi Ould Tah dans son discours d’investiture, qui a reçu un accueil très favorable. M. Tah a présenté les quatre points cardinaux de sa stratégie, qui comprennent une écoute attentive, le lancement d’un programme de réformes accéléré, l’approfondissement des partenariats et l’accélération des solutions concrètes comme priorités fondamentales qui guideront sa présidence au cours des cent premiers jours de son mandat. Le nouveau président a réaffirmé que la Banque serait « attentive, réactive et capable de fixer les priorités qui comptent ». M. Tah a ensuite souligné que la Banque renforcerait ses partenariats en travaillant en étroite collaboration avec les gouvernements, le secteur privé et les partenaires internationaux, « afin qu’ensemble, nous créions un cadre financier qui serve l’Afrique selon ses propres conditions ». M. Tah a salué la présence des partenaires de la Banque, notamment Finance en commun, l’Alliance des institutions financières africaines, le Club international de financement du développement et le Groupe de coordination arabe, et s’est déclaré prêt « à étendre le partenariat de la Banque à de nouveaux acteurs tels que les fonds souverains, les fonds de pension, et d’autres ». Par ailleurs, il s’est engagé à « revoir d’urgence nos modèles d’investissement afin d’y inclure un pilier dédié à l’investissement dans la paix ». Le président Tah a affirmé son intention d’organiser « dans les prochains jours » une réunion publique pour le personnel de la Banque, qu’il a qualifié de « ressource la plus précieuse de l’institution ». M. Tah a envisagé le rôle essentiel que peut jouer la Banque en tant que guide pour un continent confronté aux défis du 21e siècle en matière de démographie, de technologie et de changement climatique : « L’Afrique doit regarder vers le nord, le sud, l’est et l’ouest, non pas pour imiter, mais pour puiser la sagesse et la force dans toutes les directions, tout en définissant sa propre voie. À l’instar d’un navigateur guidé par sa boussole, la Banque devrait aider l’Afrique à naviguer vers une autonomie accrue, une ambition accrue et une plus grande capacité d’action », a-t-il suggéré. Il a toutefois souligné que ce rôle important de leadership dans l’élaboration de solutions universelles « façonnées par les perspectives, les priorités et l’autonomie africaines » doit être abordé de manière sélective, affirmant que « la Banque africaine de développement ne doit pas chercher à être tout pour tout le monde. Elle doit se concentrer sur les domaines où elle peut avoir le plus d’impact, toujours dans un esprit de partenariat ». M. Tah est l’ancien président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), où il a supervisé une transformation institutionnelle historique. Sous sa présidence, les actifs de la BADEA sont passés de quatre milliards à près de sept milliards de dollars, les approbations annuelles ont été multiplié par douze et les décaissements par fois ; l’institution a obtenu la notation de crédit AA+/AAA. M. Tah apporte à la présidence du Groupe de la Banque africaine de développement plus de quatre décennies d’expérience reconnue dans le domaine des banques de développement, de la politique économique et de la transformation institutionnelle. Il a également occupé les fonctions de ministre de l’Économie et des Finances de Mauritanie entre 2008 et 2015, et de gouverneur de la Mauritanie au sein des conseils d’administration de la Banque africaine de développement, de la Banque mondiale et de la Banque islamique de développement, entre autres. Parlant couramment

Cameroun. Je suis Bamiléké et fier de l’être

Cameroun. Je suis Bamiléké et fier de l’être

HAUT-ET-FORT. Loin d’être un repli identitaire, cette affirmation est un rappel de mes origines. Un rappel essentiel, surtout en ces temps qui courent. Oui, il y a un problème Bamiléké au Cameroun. Une fixation malsaine pèse sur ce peuple des hautes montagnes de l’Ouest. Une obsession héritée de la colonisation. On se souvient tous de cette phrase tristement célèbre de Jean-Marie Lamberton, officier français des années 60, qui qualifiait les Bamiléké de « caillou dans la chaussure du Cameroun ». Cette bamiphobie a été reprise et entretenue par le régime néocolonialiste d’Ahidjo, puis par celui de Paul Biya. Elle n’a pas seulement été un outil politique : elle est devenue une construction sociologique et culturelle. Le Bamiléké a été décrit comme un envahisseur, un roublard. Dans le Cameroun où nous avons grandi, certains allaient jusqu’à parodier une chanson en la transformant en : « si tu es Bami, c’est que Dieu t’a maudit ». Les insultes et assimilations animales ont suivi : « le porc », « le Bosniaque ». Ceci dans un pays qui prétend pourtant lutter contre le tribalisme. Cette bamiphobie se fait encore plus violente en politique. Ils aiment les Bamiléké bouffons (Jean de Dieu Momo), malléables, obéissants, exactement comme le colon aimait son « nègre de maison ». Mais le Bamiléké intelligent, influent, cohérent, objectif devient un obstacle. C’est ce que subit le professeur Maurice Kamto. On ne lui reproche pas son programme ni ses idées, mais simplement d’être Bamiléké. Dans ce pays, un ressortissant du Nord peut soutenir Bello ou Tchirouma sans être traité de tribaliste. Un Bassa peut appuyer Cabral Libii sans être accusé de communautarisme. Mais qu’un Bamiléké soutienne Kamto, et immédiatement il est stigmatisé. Oui, il y a un problème Bamiléké au Cameroun. Certains rétorquent en citant quelques Bamiléké présents au gouvernement. Mais Juvénal Habyarimana aussi avait quelques Tutsis dans son gouvernement : cela n’a pas empêché le génocide. Pourquoi cette bamiphobie s’est-elle exacerbée aujourd’hui ? Parce qu’une nouvelle génération de Bamiléké a émergé : fière, le torse bombé, les épaules droites et le regard ferme. Une génération qui a réussi à se débarrasser d’un complexe longtemps entretenu. Elle ose en politique, elle excelle dans les domaines les plus pointus. Elle a conscience de ses forces et de sa contribution à l’histoire du Cameroun indépendant, une contribution souvent payée au prix du sang de ses aïeux. Cette affirmation de soi scandalise les architectes de la bamiphobie. Elle les rend violents, au point de crucifier tout un pays simplement pour atteindre le Bamiléké. Nous devons continuer d’éduquer nos enfants à l’estime de soi, à l’amour de soi dans le respect des autres, à la justice et à l’équité. Nous devons les ancrer dans leur culture et leur identité, tout en leur rappelant qu’ils appartiennent à une nation diverse et hétérogène. Cette bamiphobie disparaîtra le jour où ceux qui l’entretiennent comprendront qu’ils n’ont pas d’autre choix que de faire avec nous. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Maroc. Le déficit commercial se creuse de nouveau à fin juillet

Maroc. Le déficit commercial se creuse de nouveau à fin juillet

Le déficit commercial du Maroc s’est creusé de nouveau au terme des sept premiers mois de l’année 2025, atteignant près de 195 milliards de dirhams (MMDH). Selon l’Office des changes, comparativement à la même période un an auparavant, il s’est aggravé de 15,9% (-194,92 MMDH à fin juillet 2025 contre -168,20 MMDH un an auparavant). D’après les statistiques publiées par l’institution publique, cette évolution couvre une hausse de +8,8% (+37,8 MMDH) des importations de biens à 469,7 MMDH contre 431,8 MMDH une année auparavant et une augmentation des exportations de +4,2% (+11,13 MMDH) à 274,8 MMDH au lieu de 263,6 MMDH à fin juillet 2024. Dans son récent bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs, l’Office des changes justifie la hausse des importations de biens par celle des importations de produits bruts qui ont bondi de +28,8% (+5,45 MMDH) au cours des sept premiers mois, suite notamment à la hausse des importations des soufres bruts et non raffinés (+2,6 MMDH), de l’huile de soja brute ou raffinée (+756MDH) et de ferraille, déchets et autres minerais (+697MDH). La hausse des importations est aussi attribuée à l’augmentation des produits finis d’équipement de +14,5% (+13,9 MMDH), due à l’augmentation des achats des avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+2,70 MMDH), des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+2,2 MMDH) et des machines et appareils divers (+1,05 MMDH). Elle est également justifiée par l’accroissement des produits finis de consommation de +13,7% (+13,9 MMDH), en raison de la hausse des achats des voitures de tourisme de +39,9% (+5,9 MMDH), des médicaments et autres produits pharmaceutiques de +17,6% (+1,1 MMDH) et des sièges, meubles, matelas et articles d’éclairage de +23,2% (+736MDH). A noter aussi la hausse des demi-produits de +6,8% (+6,4 MMDH), suite, essentiellement, à la hausse des achats des produits chimiques (+1,2 MMDH), des matières plastiques et ouvrages divers en plastique (+931MDH), et des fils, barres et profilés en cuivre (+762MDH) ainsi que celle des produits alimentaires  de +2,7% (+1,4 MMDH) soutenue par la hausse des importations des animaux vivants (+1.048MDH), de maïs (+869MDH) et de café (+530MDH). En ce qui concerne les exportations, l’Office des changes explique qu’elles ont augmenté en raison principalement de la progression des ventes de phosphates et dérivés de +20,9% (+9,5 MMDH), suite à la hausse des ventes des engrais naturels et chimiques (+6,5 MMDH), des phosphates (+2,04 MMDH) et des ventes de l’acide phosphorique (+980MDH). L’évolution des exportations a été aussi soutenue par les expéditions dans les secteurs de l’aéronautique qui ont progressé de +8,9% (+1,3 MMDH), grâce à l’accroissement des ventes du segment de l’Assemblage de +895MDH et des exportations du segment EWIS de +488MDH. A noter également la hausse des exportations dans le secteur de l’agriculture et agro-alimentaire qui ont bondi de +3,4% (+1,7 MMDH), soutenues par la hausse des exportations de l’agriculture, sylviculture, chasse (+2,7 MMDH), atténuée par la baisse des exportations de l’industrie alimentaire (-808MDH). Hausse des exportations de services de 13,7 milliards de dirhams Enfin, les statistiques de l’Office des changes suggèrent par ailleurs un accroissement de l’excédent de la balance des services de 10,8% (+7,9 MMDH) à plus de 82,1 MMDH, contre +74,1 MMDH à fin juillet 2024. Cette évolution fait suite à l’augmentation des importations de +7% (+5,6 MMDH) à 86,7 MMDH et des exportations de +8,8% (+13,6 MMDH) à 168,9 MMDH. Alain Bouithy