RDC. MUTAMBA : LES ENJEUX D’UN VERDICT JUDICIAIRE…

POINT DE VUE. C’est avec beaucoup d’attention que j’ai suivi le procès de Constant Mutamba et le verdict qui venait d’être prononcé de la manière que l’on sait . J’en tire principalement trois leçons ci-après.

1. Au regard du prochain calendrier électoral prévu pour 2028, la durée de CINQ ANS d’inéligibilité et de non accès aux fonctions publiques requis contre le condamné sonne comme une stratégie d’élimination déguisée d’un adversaire politique que l’on veut marginaliser de la conquête du pouvoir. Ce jeune homme devenu trop populaire dérange le système. En réussissant à gagner les cœurs et les esprits d’une grande partie de l’opinion publique congolaise, il commençait à être vu par cette dernière comme une alternative sérieuse à la maffia politico-militaire qui a élu domicile à Kinshasa et qui cherche mille voies et moyens pour perdurer.

2.Observez bien le triple cycle vital du pouvoir tutsi de l’AFDL qui a pris NAISSANCE depuis 1997 sur le sol congolais, qui a atteint son APOGÉE sous les 18 ans de l’ère Kabila dans sa capacité d’infiltrer toutes les institutions républicaines congolaises. Depuis un moment, ce système aura déjà entamé sa phase existentielle de VIEILLISSEMENT et de DISPARITION. Les mensonges, les manipulations et le chaos organisé sur lesquels il a été construit ( cfr l’ouvrage « Stratégie du chaos et du mensonge: Poker menteur en Afrique des Grands Lacs » de Patrick Mbeko & Honoré Ngbanda) se révèlent de plus en plus inefficaces car tout congolais – jusqu’aux habitants des villages – a compris leur mode opératoire. Ça ne fonctionne plus que par la répression et surtout par la volonté mortifère de « tuer » politiquement ou physiquement tout congolais qui entreprend des actions spectaculaires capables de précipiter sa disparition.

Vous aurez alors compris pourquoi Vital Kamerhe (un pied ici et un autre là-bas) a dû procéder illégalement et précipitamment à la levée de l’immunité du ministre de la justice. Son initiative s’accordait justement avec la volonté jusqu’au boutiste du système tutsi-afdl de bâillonner toutes velléités qui pousseraient les congolais de sortir la tête de l’eau et de commencer à démanteler cette maffia. Seule la mort politique de Mutamba était la finalité et non point l’assainissement du climat généralisé de pillages du trésor public, de corruptions et de concussions massives qui caractérise la vie quotidienne en RDC.

3.Les juges de la Cour de cassation, en prenant le courage de ne pas se laisser intimider par de nombreuses pressions et d’aller jusqu’au bout du prononcé du verdict, ont réussi à sauver les meubles de l’institution judiciaire mais juste pour un petit répit. Pourquoi ? Parce que ce que viennent de faire les avocats de la Cour de cassation est un couteau à double tranchant. Il a taillé Mutamba à la gorge tout en le jetant au placard de Makala mais ce même couteau risque bien de se retourner désormais contre les avocats de cette même cour et contre de nombreux barons du régime cités dans de nombreuses « casseroles » liées aux détournements dix fois plus importants que ce dont est accusé Mutamba.

Bref le verdict sur Mutamba ne clôt pas le procès, bien au contraire il ne fait qu’ouvrir la boîte de Pandore. À moins d’un éventuel recours, il s’avère qu’aux yeux de la jeunesse congolaise, le procès ne fait que commencer et est en voie de pousser de toute évidence le peuple congolais à devenir plus regardant et plus IMPITOYABLE à la geste politique congolaise et à toutes ses dérives. Ce procès a eu l’avantage d’ouvrir la boîte de Pandore et la puanteur, sa trop grande puanteur au regard des pillages systématiques des caisses de l’Etat pourra faire vasciller les fondations du système politique tout entier mis en place depuis la « fausse » libération de mzi 1997.

Par Germain Nzinga

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