Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u : « Macron s’enferme dans le solipsisme du pouvoir solitaire »

POLITIQUE. Le président de la République française, Emmanuel Macron, « ne bâtit pas une démocratie renouvelée » selon Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u. « Il prépare le terrain glissant d’une dictature douce, où le masque républicain cache de moins en moins bien la crispation autoritaire », affirme ce logisticien aéronautique & aérospatial, également activiste politique, dans la tribune ci-dessous. « Quand la démocratie se travestit. La Macroni, une honte pour la France. Emmanuel Macron aime se présenter comme le héraut de la démocratie libérale, le garant d’une République équilibrée face aux vents contraires du populisme. Mais les actes, eux, trahissent les postures. À l’heure où la France traverse une zone de turbulences politiques inédites, où l’Assemblée nationale ne lui accorde aucune majorité stable, que fait-il ? Il choisit de resserrer le cercle du pouvoir autour de ses fidèles, nommant Sébastien Lecornu comme un verrou supplémentaire sur la forteresse présidentielle. Ce geste n’est pas celui d’un chef d’État en quête d’unité nationale. Ce n’est pas la main tendue d’un démocrate qui écoute, négocie, et respecte le pluralisme. Non, c’est le réflexe d’un prince moderne, enfermé dans sa tour d’ivoire, qui ne supporte pas la contestation et s’agrippe à ses courtisans. La démocratie n’est pas l’art d’imposer un clan au mépris des équilibres. Elle est le patient exercice du compromis, de l’écoute, de la reconnaissance de l’autre. Mais Macron, sourd au peuple, sourd aux appels de la réalité sociale et politique, s’enferme dans le solipsisme du pouvoir solitaire. C’est là le véritable danger : lorsqu’un président oublie que le pouvoir ne lui appartient pas, mais qu’il émane du peuple, il ouvre la porte à la dérive autoritaire. Aujourd’hui en France, les symptômes sont clairs : mépris du dialogue, verrouillage des institutions, nominations de complaisance. Macron ne bâtit pas une démocratie renouvelée ; il prépare le terrain glissant d’une dictature douce, où le masque républicain cache de moins en moins bien la crispation autoritaire. Et l’Histoire nous l’enseigne : être sourd à son peuple, c’est toujours commencer à marcher dans les pas des tyrans. Tyrans d’Afrique, recevez votre fils dans votre club très fermé. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u«
États-Unis : la croissance freine, pénalisée par l’incertitude et les chocs tarifaires

L’économie américaine a progressé de 3% en rythme annualisé au deuxième trimestre 2025 (après -0,5% au premier, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Économie et des Finances. « Le commerce extérieur a contribué pour 5 points à la croissance grâce à la chute des importations (-30% après +38%), tandis que les stocks l’ont amputée de 3,2 points. La consommation des ménages a accéléré (1,4% après 0,5%) et les dépenses publiques ont rebondi (0,4% après -0,6%), alors que l’investissement fixe a ralenti (0,4% après 7,6%) », indique la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’août 2025 (N°342). Citant le FMI, la DEPF rappelle que le PIB américain devrait croître de 1,9% en 2025 et de 2% en 2026, après une solide expansion de 2,8% en 2024 portée par la consommation et un marché du travail dynamique. Les tensions commerciales et géopolitiques sapent la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. Face à une inflation persistante, la Fed maintient des taux élevés. L’aggravation des déficits publics et une dette fédérale record soulignent la persistance des défis budgétaires, poursuit-t-elle. D’après la note, les données à haute fréquence restent contrastées. L’indice PMI flash composite (55,4 en août après 55,1 en juillet) signale la plus forte expansion de l’année, portée par un rebond du secteur manufacturier (53,3 après 49,8), malgré une légère modération des services (55,4 après 55,7). En ce qui concerne les ventes de détail, elles ont marqué une reprise (+0,5% en juillet après +0,9% en juin). Néanmoins, la confiance des ménages (indice Michigan) a reculé en août (58,6 après 61,7 en juillet), sur fond de craintes accrues d’inflation. Quant au marché de l’emploi, il montre des signes de ralentissement. « Le taux de chômage a rebondi à4,2% en juillet, après 4,1% en juin. L’économie n’a créé que 73k postes nets en juillet, bien en dessous des attentes (110k). Les chiffres de mai et juin ont été fortement révisés à la baisse (-258k au total) », peut-on lire. La DEPF précise que les gains d’emplois se sont concentrés dans la santé (+55k) et l’assistance sociale (+18k), tandis que les autres secteurs ont peu évolué. L’emploi fédéral a continué de reculer (-12k, -84k depuis janvier). Quant à l’inflation globale, elle est restée stable à 2,7% en juillet, tandis que l’inflation sous-jacente a accéléré à 3,1%, son plus haut taux en cinq mois (après 2,9% en juin). Dans ce contexte, la Fed a maintenu ses taux à 4,25%-4,5% en juillet, pour la 5ème fois consécutive,restant prudente face aux risques tarifaires et géopolitiques. Le « dot plot » prévoit deux baissesd’ici fin 2025, tandis que les marchés en anticipent 2 à 3, la première dès septembre. Selon la Fed,toute révision dépendra des données à venir, des perspectives et des risques. Martin Kam avec DEPF
La préservation de la nature, un atout pour la croissance et l’emploi

Les défis environnementaux sont des opportunités pour un développement durable et intelligent, selon un rapport de la Banque mondiale Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé «Reboot Development: The Economics offrit Livable Planet», la protection de la nature peut créer des emplois, stimuler la croissance économique et améliorer la résilience. La restauration des systèmes naturels est possible et peut s’avérer extrêmement bénéfique, affirme le rapport qui estime cependant que «90 % de la population de la planète est exposée à la dégradation des sols, à la pollution de l’air ou au stress hydrique». Cette situation freine considérablement la croissance économique et les possibilités qui s’offrent aux populations, déplore le document publié récemment. Dans son rapport, l’institution financière révèle que «rien que dans les pays à faible revenu, huit personnes sur dix sont privées des trois éléments essentiels que sont une atmosphère, une eau et des terres saines». Le rapport estime toutefois que préserver la nature constitue un atout pour la croissance et l’emploi. En effet, «si elle est bien gérée, la nature peut créer des emplois, stimuler la croissance économique et améliorer la résilience», fait-il remarquer. Selon les auteurs dudit rapport, un usage plus efficace des ressources naturelles pourrait réduire de moitié la pollution, et de meilleures pratiques agricoles en matière d’utilisation d’engrais azotés peuvent générer des bénéfices 25 fois supérieurs à leur coût, tout en augmentant le rendement des cultures. De l’avis des experts de la Banque mondiale, «le renforcement des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement pourrait sauver des vies : la chloration de l’eau au point d’utilisation permettrait ainsi de sauver un quart des enfants qui meurent prématurément à cause de problèmes liés à l’eau». Par ailleurs, et d’après les explications de l’institution, les marchés de «droits à polluer» ne se contentent pas de réduire la pollution de l’air, ils sont aussi extrêmement rentables, car chaque dollar dépensé génère des profits allant de 26 à 215 dollars. Comme le relève Axel van Trotsenburg, directeur général senior de la Banque mondiale, «les populations et les communautés du monde entier ne sont pas seulement confrontées à une crise environnementale, elles subissent aussi une crise économique. La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent». Cependant, poursuit-il, «si les pays font les bons investissements maintenant, les systèmes naturels peuvent être restaurés, avec des retours substantiels sur la croissance et l’emploi». Ainsi, «ce rapport propose un nouveau regard sur les défis environnementaux, pour ne plus les voir comme des contraintes, mais comme des occasions à saisir pour un développement plus intelligent», souligne-t-il. Il est possible de développer l’économie sans nuire à l’environnement Pour la Banque mondiale, il est possible de développer une économie sans dégrader davantage l’environnement. Et les enseignements tirés de l’expérience de bien de nombreux pays mettent en évidence l’importance de trois domaines clés. Le premier domaine concerne l’information. Il est question de détecteurs de pollution atmosphérique et d’imagerie satellite. De l’avis de la Banque mondiale, «des données en temps réel peuvent aider les gouvernements à cibler les problèmes et à autonomiser les citoyens, tout en favorisant la responsabilisation». Le deuxième porte sur la coordination. Le rapport soutient que «les politiques sont plus efficaces lorsqu’elles se conjuguent et une démarche systémique permet de coordonner les actions entre les différents secteurs». La coordination elle permet également d’éviter des conséquences involontaires, telles que la baisse de la pollution dans une zone mais son augmentation ailleurs, et de faciliter les arbitrages entre l’efficacité et l’équité, expliquent-ils. Le troisième domaine est l’évaluation. Ici, il est question de comprendre, plutôt que de supposer. Des évaluations régulières permettent de maintenir les politiques sur la bonne voie, d’appliquer à plus grande échelle ce qui fonctionne et de s’assurer que les réformes peuvent s’adapter à des réalités changeantes. Alain Bouithy
Elvis Kiminou, chef d’orchestre de Ballet Africa : « Une tournée européenne réussie »

INTERVIEW. « Nous sommes heureux d’avoir dignement représenté le Congo-Brazzaville, notre pays d’origine, ainsi que le Royaume du Maroc, notre terre d’accueil. D’un point de vue artistique, nous sommes disposés à accompagner le Maroc dans le cadre de la CAN », a confié à PAGESAFRIK.COM le chef d’orkestre du groupe Ballet Africa, Elvis Kiminou. PAGESAFRIK.COM : Quelles sont vos impressions après votre récente tournée en Roumanie ? Elvis Kiminou : Cette tournée en Roumanie a été une expérience formidable, pleine d’émotions et de belles rencontres. Le public roumain a accueilli notre groupe avec beaucoup de chaleur et d’enthousiasme. C’était un vrai plaisir de partager la richesse des danses et rythmes africains dans un pays qui a une culture très différente que la nôtre, mais qui a su se montrer réceptif et ouvert. Pour nous, c’était une confirmation que l’art et la musique n’ont pas de frontières. Quelles sont les villes dans lesquelles vous vous êtes produits ? Nous avons eu la chance de nous produire dans plusieurs villes importantes de Roumanie, notamment Braila, Slobozia, Galati Chaque ville avait son atmosphère particulière, mais partout l’accueil a été chaleureux et le public très réactif j’en garde de bons souvenirs Les trophées reçus témoignent du succès de votre tournée. Qu’est-ce que cela représente pour vous en tant que chef du groupe Ballet Africa Maroc ? Recevoir des trophées et diplômes parmi les 12 pays participants est une grande fierté, non seulement pour moi en tant que chef du groupe, mais surtout pour toute l’équipe. C’est une reconnaissance de notre travail, de notre discipline et de notre passion. Pour moi, cela confirme que nous sommes sur la bonne voie et que notre message artistique, qui allie tradition et modernité, touche les cœurs partout où nous passons. Le groupe Ballet Africa du Maroc compte en son sein des jeunes Marocains. Pouvez-vous affirmer que ce groupe est la preuve d’une intégration culturelle réussie ? Absolument. Le groupe Ballet Africa Maroc est l’exemple vivant d’une intégration culturelle réussie. Nous réunissons des artistes venus de différents horizons, africains et marocains, et nous travaillons ensemble dans le respect, le partage et la créativité Les jeunes Marocains qui font partie du groupe démontrent que l’unité africaine n’est pas un vain mot, mais une réalité concrète. et d’un point de vue artistique nous sommes disposes à contribuer a la réussite de la coupe d’Afrique des nations que le Maroc organise en décembre 2025 » Quelles sont les perspectives du groupe Ballet Africa Maroc ? Nos perspectives sont ambitieuses. Nous souhaitons continuer à représenter le Maroc et l’Afrique dans les plus grands festivals internationaux. Nous travaillons aussi sur de nouveaux spectacles qui mêlent davantage les influences africaines et marocaines, afin de proposer une identité artistique encore plus forte. À long terme, nous espérons créer un centre de formation où les jeunes talents pourront apprendre, s’exprimer et perpétuer cet héritage culturel. Propos recueillis par Fredrich Gunther M’bemba
7 SEPTEMBRE 869 : DE LA CASTRATION DES NOIRS A LEUR INSURRECTION…

HISTOIRE. Nous africains, avons pris l’habitude de beaucoup ergoter sur la traite des esclaves noirs pratiquée par les nations occidentales via le commerce triangulaire de l’Océan Atlantique. Beaucoup parmi nous ignorent qu’il en existe une autre, encore plus cruelle, notamment la traite des noirs africains par les nations arabo-musulmanes. La technique de guerre usée par ces dernières était les razzias. Après avoir encerclé un village en pleine nuit, les guetteurs éliminés, un meneur poussait un cri afin que ses complices allument leurs torches. Les villageois surpris dans leur sommeil étaient mis hors d’état de se défendre, les hommes et les femmes âgées massacrées ; le reste était garrotté en vue du futur et long trajet. Ceux qui avaient réussi à s’enfuir étaient pourchassés par les molosses dressés à la chasse à l’homme. Il arrivait que des fugitifs se réfugient dans la savane, à laquelle les trafiquants mettaient le feu pour les débusquer. Les capturés furent acheminés à travers le désert dans des conditions impitoyables. Les adultes mâles « accouplés » à l’aide d’une fourche de bois et retenus par un collier de fer (qui à la longue creusait les chairs) au cours de leur interminable et dur trajet. 20% des captifs périssaient durant le voyage. Et une fois arrivés à destination du pays des bourreaux, il s’opérait une sélection drastique. Les femmes belles étaient des « bonnes à tout faire » placées dans le harem pour le plaisir sexuel des arabes et les moins belles allaient paitre les troupeaux. Quant aux hommes, ils étaient destinés aux travaux domestiques et agricoles, ou incorporés dans le corps d’armée ou encore affectés à la surveillance des harems. Le même sort les attendait tous : la castration pour éviter qu’ils se reproduisent. Ils se faisaient entièrement coupés le scrotum ainsi que leurs pénis afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent. La castration se pratiquait sans anesthésie, plus de 60% ne survivaient pas à la procédure et étaient laissés pour mort, se vidant de leurs sang. Afin de stopper l’hémorragie, les arabes utilisaient du charbon ardent posé directement sur la plaie nue. Ils devenaient complètement des eunuques. Selon les historiens, la traite des noirs par les arabes a duré quasi un millénaire, de 650 après J.-C. jusqu’à ce jour. Jusqu’au siècle dernier, bien avant la crise libyenne, on comptabilisait plus de 20 millions de noirs ayant péri suite à ces traitements inhumains. Ils ont disparu sans laisser de traces suite aux castrations dont ils étaient victimes. Ce fut un véritable holocauste, une extermination programmée d’une race ! L’ouvrage très documenté de Tidiane N’diaye (Le génocide voilé : enquête historique) est très instructif sur les crimes innommables des nations arabo-musulmanes sur les noirs africains. Ces africains noirs captifs furent dispersés dans différentes nations arabo-musulmanes comme en Mésopotamie, l’actuel Irak ou en Perse l’Iran. Ils étaient appelés Zendjs et ce sont eux qui étaient affectés à la construction des villes comme Bagdad et Basra. Conformément à ce que rapporte l’historien Ibn-Khaldum, l’idéologie commune aux nations arabo-musulmanes était la suivante : « les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal ». Pour cette raison, les Zendjs étaient considérés comme des sous-hommes par les arabes. C’était pour eux un moyen de leur nier toute dignité humaine pour mieux les asservir et les soumettre au sevrage. Ce que l’histoire nous cache, c’est que ces captifs africains avaient réussi à organiser trois grandes révoltes contre leurs bourreaux. Dans ce pays les Noirs étaient affectés aux tâches les plus rebutantes. Parqués sur leur lieu de travail dans des conditions misérables, ils percevaient pour toute nourriture quelques poignées de semoule et des dattes. Les Africains laisseront éclater leur haine avec l’objectif de détruire Bagdad, la cité symbole de tous les vices. Armés de simples gourdins ou de houes et formés en petites bandes, ils se soulevèrent dès l’an 689. D’après l’étude fouillée d’Abdoulaye Mbaye, cette première insurrection se produisit au cours du gouvernement de Khâlid ibn `Abdallah, successeur de Mus`ab ibn al-Zubayr. Les révoltés qui s’étaient organisés avaient réussi par la suite, à se procurer des armes. Ils se fortifièrent dans des camps installés à des endroits inaccessibles. Et à partir de ces différents points, ils lançaient des raids. Un grand nombre d’embuscades et de batailles tournèrent à leur avantage. Ils réussirent par la suite à s’emparer de principales villes du bas Irak et du Khûzistân comme al-Ubulla, Abbâdân, Basra, Wâsit, Djubba, Ahwâz etc. Les troupes abbassides allaient toutefois réussir à réoccuper sans mal, toutes ces villes que les Zendjs avaient prises, pillées puis abandonnées. Les Zendjs seront finalement vaincus, les prisonniers remis en esclavage ou décapités et leurs cadavres pendus au gibet. Ceci ne les dissuadera pas de fomenter une seconde révolte mieux organisée. Cette insurrection eut lieu cinq ans plus tard, en 694. Elle semble avoir été plus importante que la première, et surtout mieux préparée. Cette fois, les Zendjs furent rejoints par d’autres Noirs déserteurs des armées du calife, des esclaves gardiens de troupeaux venus du Sud en Inde et aussi d’autres originaires de l’intérieur du continent africain. Les insurgés infligèrent dans un premier temps, une lourde défaite à l’armée du calife venue de Bagdad, avant d’être battus. Les armées arabes furent néanmoins obligées de s’y prendre à deux fois pour les écraser. Quant à la troisième révolte des Zendjs, elle est la plus connue et la plus importante. Elle secoua très fortement le bas Irak et le Khûzistân, causant des dégâts matériels énormes et des centaines de milliers de morts voire plus de deux millions selon certaines sources. C’est le 7 septembre 869, que sous les ordres d’un chef noir charismatique, Ali Ben Mohammed surnommé « Sâhib al-Zandj » qui veut dire le « Maître des Zendjs » que les Africains se soulevèrent. L’homme était d’origines assez obscures ¬ mais avait visiblement pu approcher les classes dirigeantes de son époque. Il était également un poète talentueux, instruit, versé dans les sciences occultes et socialement
Maroc/Marché immobilier : Les prix restent stables au deuxième trimestre 2025

En glissement annuel, l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) est resté stable au cours du deuxième trimestre 2025, selon le dernier rapport de Bank Al-Maghrib (BAM) et de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). D’après ces deux institutions publiques, cette stagnation recouvre « une hausse de 0,1% des prix des biens résidentiels et une baisse de 0,3% de ceux des terrains et de ceux des biens à usage professionnel ». Dans une note sur la tendance globale du marché immobilier au deuxième trimestre, BAM et l’ANCFCC indiquent que les transactions se sont repliées de 21,2%. Ce recul traduit les baisses de 25,9% pour le résidentiel, de 3% pour les terrains et de 20,9% pour les biens à usage professionnel. Par catégorie d’actifs, les prix du résidentiel ont légèrement augmenté de 0,1%, en raison de la hausse de 0,1% de ceux des appartements et de 1,6% de ceux des villas et de la stabilité des prix des maisons. Le rapport fait état, en parallèle, d’une baisse de 25,9% des transactions avec des diminutions de 17,1% pour les appartements et de 26,9% pour les maisons et une hausse de 11,4% pour les villas. En ce qui concerne le foncier, le document indique que « les prix ont reculé de 0,3% et les ventes ont diminué de 3% ». S’agissant des biens à usage professionnel, les prix ont affiché une baisse de 0,3%. Ce recul résulte « des diminutions de 0,1% pour les locaux commerciaux et de 2,7% pour les bureaux », souligne la note ajoutant que « les transactions ont marqué un repli de 20,9%, reflétant des diminutions de 22,5% pour les locaux commerciaux et de 13,2% pour les bureaux ». Comparativement à un trimestre auparavant, les données montrent que l’indice des prix des actifs immobiliers a enregistré une légère baisse de 0,2% au deuxième trimestre de l’année 2025. Selon la Banque centrale et l’ANCFCC, cette variation recouvre « des diminutions de 0,3% des prix du résidentiel et de 0,2% de ceux des terrains et de ceux des biens à usage professionnel ». Sur la même période, le nombre de transactions a affiché un repli de 10,8%, reflétant des baisses de 15,1% des ventes des biens résidentiels et de 13,3% de celles des biens à usage professionnel et une hausse de 6% de celles des terrains, soulignent les deux institutions. Il est à noter qu’en glissement trimestriel, « les prix du résidentiel ont affiché une baisse de 0,3%, recouvrant un repli de 0,3% des prix des appartements et de ceux des maisons et une hausse de 1,5% de ceux des villas», selon BAM et l’ANCFCC. Dans leur rapport, les deux institutions relèvent aussi que le nombre de transactions a reculé de 15,1%, traduisant des baisses de 2,3% pour les appartements et de 16,2% pour les maisons et une hausse de 23,7% pour les villas. Pour leur part, « les prix des terrains ont baissé de 0,2% et le nombre de transactions a augmenté de 6% par rapport au trimestre précédent ». Quant à l’indice des prix des biens à usage professionnel, les données montrent qu’il s’est replié de 0,2%, en lien avec la baisse de 0,2% des prix des locaux commerciaux. Ceux des bureaux ayant, en revanche, augmenté de 1,3%. Tout comme le nombre de transactions a diminué de 13,3%, avec des baisses de 13,3% pour les locaux commerciaux et de 13,1% pour les bureaux. Alain Bouithy
Niger: Clémence Aïssatou Habi, veuve de l’ex-Président Ibrahim Baré, nommée Ambassadrice aux Etats-Unis

DIPLOMATIE. Mme Clémence Aïssatou Habi, veuve de l’ancien Président Ibrahim Baré Mainassara, a été nommée Ambassadrice de la République du Niger auprès des Etats-Unis d’Amérique, rapporte l’agence de presse du Niger(APN). Médecin, spécialiste en parasitologie et dans les traitements du VIH/SIDA, Mme Clémence Aïssatou Baré était, jusqu’à la mort de son mari, médecin-chef de la Clinique médicale privée Pasteur. Elle enseignait également en tant que chargée de cours à la Faculté de médecine de Niamey. Arrivé au pouvoir le 27 janvier 1996 à la suite d’un coup d’Etat militaire contre le régime de l’Alliance des Forces du Changement (AFC), l’ancien Président Ibrahim Baré Mainassar fut assassiné le 9 avril 1999 lors d’un putsh mené « par des éléments de sa garde personnelle à la tête de laquelle se trouvait le Commandant Daouda Mallam Wanké », rappelle la même source. Patricia Engali
Congo : anatomie d’une crise du POP (Profound Operational Pit) de la dette et autre ( lecture en 4 min )

PARLONS-EN. Comme nous l’avons dit dans nos précédentes publications, nous avons été les premiers à alerter, en janvier 2025, sur la fosse profonde dans laquelle on ensevelissait le Congo du fait de l’immense dette contractée, provoquée et entretenue par la mauvaise gouvernance du pouvoir de Brazzaville qui s’offre à coeur joie le plaisir cynique de brader les richesses nationales pour leurs intérêts personnel. Nous pressentions déjà le chaos qui devait arriver à son paroxysme en octobre. Le désert financier s’annonce et ça sent le brûlis. La crise des finances publiques actuelle est une trajectoire structurelle attestée par trois marqueurs. D’abord, la dépendance au marché domestique, où l’encours des titres publics CEMAC culmine à 8451,8 Mds fcfa au 31 mars 2025, pour un coût régional fin mars 2025. Cette “prépondérance de l’offre” renchérit mécaniquement la prime exigée par les investisseurs, surtout lorsque la liquidité bancaire se tend. Enfin, la microstructure du marché, verrouillée autour des banques des spécialistes en valeurs de trésor (SVT) : environ 66 % des titres publics régionaux sont en portefeuille bancaire. Le cadre ONC (offres non compétitives) de la BEAC permet de “coiffer” une adjudication sans payer plus (service au prix/taux moyen pondéré du compétitif, plafond 5 % par ligne), mais il n’élargit pas la base d’acheteurs ; il stabilise la demande “cœur de livre” sans corriger la prime Congo. Résultat : une élasticité de prix élevée et des spreads qui s’écartent à la moindre friction. Dans ce contexte, le stock “trésorerie à payer” de 506 Mds de fcfa au 30 octobre devient un très haut mur d’échéances, non un incident. Arithmétique courte (La loi des Finances 2025) : charges incompressibles mensuelles ≈ 91,7 Mds fcfa (salaires ≈ 35,8 ; retraites ≈ 6,7 ; transferts ≈ 49,2). Sur 30 jours, l’effort brut à financer frôle ≈ 597,7 Mds (506 + 91,7). D’ici fin T4, s’il faut tenir deux mois de charges supplémentaires, on approche de 689,4 Mds (506 + 2 × 91,7), hors intérêts et hors autres dépenses non salariales. En rythme annuel, rien que ces trois postes pèsent ≈ 1100 Mds (430 + 590 + 80), avant service de la dette de 220 Mds à rajouter. Avec une courbe domestique installée au-dessus de la moyenne de zone depuis 2021 et des rendements longs flirtant régulièrement avec ~9-10 % fin 2024 de bons de trésor assimilable (BTA~7 %), la charge d’intérêts sur l’encours intérieur congolais (ordre de grandeur : plusieurs milliers de milliards de fcfa) se chiffre en centaines de milliards par an – ce qui évince de facto l’investissement. En français facile on peut dire, qu’il n’y a plus d’argent et rares sont les entités qui veulent encore nous le prêter aux conditions des autres pays de la CEMAC. En effet, le cycle 2021–2023 a vu la prime Congo s’écarter, portée par (i) un resserrement monétaire global et régional, (ii) une profondeur de carnet SVT limitée et (iii) un statut crédit CCC (risque de reprofilage) ; entre 2024 et T1 2025, la moyenne CEMAC baisse (=> 7,58 %) mais le Congo reste au-dessus sur les maturités OTA, reflet d’un sur-rendement exigé pour absorber le stock (≈ 2 500 Mds de FCFA) et les réémissions de roulement. Récapitulons : Il faut trouver 506 milliards d’ici fin septembre/octobre ; 594 fin décembre auxquels se rajoutera le service annuel de la dette ~220 Mds. Soit un total de 1320 Mds auxquels il faut rajouter la couverture d’un périmètre élargi (entreprises publiques, budgets annexes, comptes spéciaux, arriérés sociaux et charges hors budget général). Il ne faut pas oublier les « frais » de précampagne présidentielle 2025/2026 qui souvent sont de l’ordre de 100 Mds ! Certes, les valises de M. Sassou seront légèrement remplies des miettes pour rembourser les créanciers et amorcer la campagne présidentielle mais insuffisante pour satisfaire les députés godillots qui traînent 11 mois d’arriérés, les retraités, les agents de santé, les enseignants vacataires, etc. La solution la plus simple ce n’est pas de brader le pétrole comme on vient de le faire récemment avec Total et Cie mais plutôt : procéder, aux audits, des sanctions et aux rapatriements des fonds. Bouya, Ondongo, Sassou Christel et autres devraient expliquer ce qu’ils ont fait les milliers de milliards confiés à eux et planqués en Chine (Hong-Kong, Macau, Shenzhen), etc. Les comptes s’annoncent douloureux car l’argent a fondu comme neige au soleil, réaffecté à une stratégie de « Calife à la place du Calife » c.a.d, à préparer le renversement ou la succession de l’empereur. De même les délinquants en col blanc et les nouveaux riches avec leurs rejetons doivent s’expliquer. Les services de sécurité et judiciaires sont appelés à contribution. Nous y reviendrons. Ghys Fortune BEMBA DOMBE