Le fédéralisme communautaire : une régression de l’idée d’un État-nation camerounais

Le fédéralisme communautaire : une régression de l’idée d’un État-nation camerounais

PARLONS-EN. Le monde s’unifie : les langues se généralisent, les peuples se mélangent sans se perdre. C’est l’évolution naturelle des sociétés : la planète devient de plus en plus un village. Mais au Cameroun, certains programmes politiques semblent vouloir nous maintenir dans des considérations ethniques et géolocalisées. La proposition du candidat Cabral Libii (le fédéralisme communautaire ) illustre parfaitement cette tendance : enfermer les Camerounais dans des sphères identitaires, tribales et sociologiques. Pourtant, nous devons travailler à reléguer les identités communautaires à l’intime pour faire rayonner une identité nationale commune. Ce fédéralisme propose un découpage territorial basé sur les communautés. Il semble oublier que les migrations internes ont profondément modifié le visage de chaque région : des communautés complètement différentes partagent aujourd’hui les mêmes espaces. Il oublie le métissage grandissant qui façonne une population camerounaise de plus en plus « homogène ». Un enfant peut être de père Bassa, de mère Bangangté, avoir une nièce Douala et un cousin Bulu. Où placer cette génération de mélange dans un découpage territorial strictement communautaire ? Les partisans de ce projet affirment qu’il vise à valoriser les identités ethniques. L’intention peut sembler noble, mais la méthode est problématique. Dans un Cameroun uni, il ne s’agit pas d’effacer nos identités, elles sont notre richesse. Il s’agit de les connaître, de les faire connaître, de les partager, de les ouvrir aux autres pour renforcer notre fraternité. C’est cette proximité culturelle qui, associée à notre identité nationale commune fera naître un Cameroun des cœurs, non pas la création de nouvelles frontières. Le fédéralisme communautaire prétend également mettre en valeur les compétences régionales. Mais cette approche pourrait au contraire alimenter frustrations et rivalités hégémoniques. Que se passera-t-il si une région, moins développée économiquement, devient la cible de stigmatisations ? Je suis pour un Cameroun fédéral, mais sur la base de critères géographiques et économiques, et non sur l’ethnicité. Je suis pour un Cameroun qui valorise les identités, mais pas au détriment d’une identité nationale qui fonde la nationalité et la cohésion sociale. Je suis pour un Cameroun qui met en avant les compétences, mais dans une logique nationale, au service du bien commun. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Congo : chronique d’une adjudication fantôme et d’une gouvernance moribonde qui confirme la faillite ( lecture en 4 minutes )

Congo : chronique d’une adjudication fantôme et d’une gouvernance moribonde qui confirme la faillite ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. Le 19 août 2025, le Trésor public congolais a organisé une adjudication de Bons du Trésor Assimilables (BTA) censée rapporter dix milliards de francs CFA. Les résultats consignés dans le communiqué n°000403/MFBPP/DGT/DGAT/DOBM/SOMD publié, le 21 août 2025 pour le ministre des finances et par ordre, le D.G du trésor, tient de la farce tragique : à peine cent cinquante-trois millions ont été soumissionnés, soit un ridicule 1,53 % du montant recherché. Et de ce montant déjà dérisoire, rien n’a été servi. Le marché a tourné le dos, et l’État, obstiné, a préféré tout annuler plutôt que d’affronter la réalité du prix auquel il est désormais contraint de se financer. La scène est surréaliste. Sur vingt-cinq spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) théoriquement agréés pour animer le marché, seuls quatre se sont manifestés. Les quelques propositions qui sont tombées plaçaient le coût du risque souverain congolais entre 6,5 et 8 %. Mais, dans un geste qui tient plus de l’aveuglement politique que de la rationalité financière, le Trésor a fixé un taux limite à zéro. Un taux nul, comme si le risque Congo ne valait rien, comme si les investisseurs pouvaient encore accepter de prêter gratuitement à un État dont la réputation est déjà ternie par l’endettement opaque, les scandales financiers et les retards de paiement. En agissant ainsi, l’émetteur s’est sabordé lui-même : plutôt que de reconnaître le prix réel du marché, il a décrété l’inexistence de ce marché. Ce fiasco n’est pas anecdotique, il est révélateur. Il traduit une rupture profonde de confiance. Quand le Trésor d’un pays n’arrive plus à lever le moindre franc sur son marché domestique, c’est le signal d’une défiance systémique. Le peu d’institutions qui ont osé soumissionner l’ont fait à des conditions raisonnables compte tenu du risque, mais la réponse du Trésor a été un refus catégorique, un déni pur et simple. Ainsi, le Congo envoie à ses partenaires financiers et à ses bailleurs un message catastrophique : il ne veut pas, ou ne peut pas, affronter la vérité du prix de sa dette. Les conséquences d’un tel blocage sont multiples. D’abord, la crédibilité de la signature souveraine s’effondre. Si les banques, les assurances congolaises et même la BSCA qui est montée en puissance depuis bientôt trois ans, rechignent à prêter à l’État aujourd’hui, comment convaincre des investisseurs extérieurs de le faire ? Ensuite, l’échec fragilise le système bancaire local, pris en étau entre des besoins massifs de refinancement du Trésor et l’impossibilité d’y répondre sans rémunération décente. Enfin, l’impasse budgétaire s’aggrave : faute de financement par le marché, le gouvernement sera tenté de se tourner vers la planche à billets ou vers des arrangements opaques avec des partenaires extérieurs, au prix d’une dépendance accrue et d’une perte de souveraineté économique. Ce qui choque le plus dans cet épisode, ce n’est pas seulement la faiblesse des soumissions mais l’entêtement du Trésor à préférer l’humiliation du zéro servi plutôt que d’assumer que le pays doit désormais se financer autour de 7 ou 8 %. Cette obstination est un scandale en soi. Elle illustre une gouvernance financière autiste, incapable d’admettre l’évidence, préférant nier le marché plutôt que de l’écouter. C’est un choix politique de façade : masquer la réalité du coût de la dette en proclamant une adjudication blanche, comme si l’absence de transaction effaçait le problème. En vérité, elle le grossit. Nous ne sommes plus dans l’anecdote technique mais au seuil d’une crise obligataire congolaise. Un État qui ne parvient plus à lever de l’argent sur son propre marché est un État en détresse de trésorerie. L’épisode du 19 août signe un point de bascule. Le marché congolais des titres publics, déjà fragile, bascule dans l’inopérant. Sans une réforme radicale — transparence accrue, acceptation de taux réalistes, élargissement de la base d’investisseurs —, le pays risque de se retrouver totalement exclu de son propre marché, condamné à mendier ailleurs à des conditions encore plus douloureuses. Il faut dire les choses comme elles sont : cette adjudication fantôme est un scandale d’État. Elle dévoile le gouffre entre un Trésor qui vit dans l’illusion et des investisseurs qui, eux, savent que le risque Congo a un prix. Ce prix, l’État refuse de l’assumer. Et dans ce refus s’esquisse une faillite larvée, une perte de confiance généralisée, une fragilisation de la monnaie commune de la CEMAC. Car si un État membre est incapable de lever le moindre franc CFA sur son marché, c’est toute l’union monétaire qui vacille. Le 19 août 2025 restera dans l’histoire financière congolaise comme le jour où le masque est tombé : derrière les communiqués ronflants et les discours sur la maîtrise budgétaire, il ne reste que le vide. Le marché a parlé, et il a dit non. Le Trésor a répondu par le silence. Entre les deux, le gouffre s’ouvre. Pourtant, le Congo n’est pas pauvre. Mais, les méchants – dignitaires préfèrent le piller pour se constituer un trésor de guerre ou investir dans l’immobilier et ailleurs à leur propre compte, témoin : les building qui poussent au quotidien çà et là. Bref, c’est la conséquence du manque de sanctions et de confier des responsabilités aux incompétents Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Revue de presse: L’Afrique dans la presse internationale

Revue de presse: L’Afrique dans la presse internationale

Mercredi 17/09. Le Monde Afrique : Le premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé le lancement de « titres patriotes et citoyens » auprès des Sénégalais établis à l’étranger. Objectif : financer une partie de son « plan de redressement » destiné à rééquilibrer les comptes du pays. RT en français : La Cour d’assises de Paris a ouvert le 16 septembre le procès en appel de Sosthène Munyemana, ancien gynécologue rwandais condamné en 2023 à 24 ans de réclusion pour génocide et crimes contre l’humanité. Jeune Afrique : Accusé par Bangui d’avoir été l’un des relais de la communication de l’ex-chef rebelle Armel Sayo, le cyberactiviste centrafricain, interpellé à Cotonou, fait l’objet d’une demande d’extradition. Pour l’heure, sans succès. TV5monde : Cela fait cinq ans que les Guinéens n’ont pas voté. Dimanche 21 septembre, c’est donc le grand retour aux urnes pour les 6.7 millions d’électeurs du pays. L’objet du scrutin: un référendum. Pour ou contre le projet de Constitution proposé par les autorités militaires au pouvoir? Sputnik : Les cryptos peuvent se superposer aux multiples monnaies nationales, a déclaré à Sputnik Afrique Yamb Ntimba, économiste, écrivain et philosophe camerounais, commentant la croissance de plus de 50% des transactions en cryptomonnaies en Afrique subsaharienne au cours de l’année financière 2024. Mardi 16/09. La Libre Afrique : Avec la chute annoncée dans les tout prochains jours de Vital Kamerhe et d’une partie de son bureau (le premier vice-président, Jean-Claude Tshilumbayi, et le 2e vice-président, Christophe Mboso, sont épargnés par la motion), c’est la musique du changement de la Constitution pour permettre à Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir après 2028 qui revient dans toutes les têtes. France 24 : En Côte d’Ivoire, où la moitié de la population a moins de 30 ans, le chômage des jeunes reste deux fois supérieur à la moyenne nationale. Malgré les efforts du gouvernement, l’accès à un emploi décent demeure un défi pour les jeunes ivoiriens. RT en français : En RDC, les rebelles de l’AFC/M23 sont accusés de traitements inhumains, d’actes de torture et d’humiliation qui auraient été commis à l’encontre de militaires congolais, selon le témoignage d’un sergent évadé de captivité. Le Monde Afrique : Cinq personnes rapatriées au Nigeria et en Gambie, où elles sont parfois menacées de persécutions ou de torture, accusent Washington d’avoir téléguidé leur retour illégal via Accra. Jeune Afrique : Les ministres de la Justice des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont réunis ce mardi pour discuter des modalités d’un retrait coordonné de la Cour pénale internationale, qu’ils souhaitent remplacer par une Cour pénale sahélienne. Lundi 15/09. France 24 : Au Cameroun, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de Paul Biya a été désigné par le Front du changement 2025, comme candidat « consensuel » d’une partie de l’opposition. Une désignation qui est pourtant loin de faire l’unanimité. RT en français : La Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), dans sa 4ᵉ édition organisée à Alger du 4 au 10 septembre, « a été un plein succès, reconnu par toutes les institutions continentales associées à son organisation, et salué par l’ensemble des participants : exposants, opérateurs économiques et visiteurs », selon le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf. Adrien Thyg

Maroc. L’indice de production des industries manufacturières poursuit sa tendance haussière

Maroc. L’indice de production des industries manufacturières poursuit sa tendance haussière

Deuxième trimestre consécutif de progression L’indice de la production des industries manufacturières hors raffinage de pétrole reste sur une tendance haussière, pour le deuxième trimestre consécutif, selon les récentes statistiques publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP). D’après l’institution publique, chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, il «a enregistré une hausse de 7% au cours du deuxième trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024», suite essentiellement à la hausse des indices de production dans plusieurs branches. Ces hausses ont été enregistrées particulièrement dans les branches de l’«industrie chimique» (9,3%), de la «fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» (10,8%), des «industries alimentaires» (9%), de la «fabrication de produits à base de tabac» (19,1%), de l’«industrie automobile» (5,6%), de la «fabrication d’équipements électriques» (16,3%) et la «métallurgie » (17,2%), a-t-elle souligné dans sa note d’information relative à l’indice de la production industrielle, énergétique et minière (IPIEM, base 100 : 2015) du deuxième trimestre 2025. A titre de comparaison, au premier trimestre 2025, l’indice de la production avait enregistré une hausse de 3,2% résultant principalement de la hausse des indices de production des branches : l’«industrie chimique» (8,2%), l’«industrie automobile» (12,7%), la «fabrication d’équipements électriques» (24,7%), l’«industrie pharmaceutique» (10,6%), la «fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» (2,9%) et la «métallurgie» (14,0%). Toujours selon le Haut-commissariat, au deuxième trimestre dernier, l’indice de l’«industrie de l’habillement» a en revanche enregistré une baisse de 11,6%, tandis que ceux de la « fabrication d’autres matériels de transport», de l’«industrie du cuir et de la chaussure» et de la «fabrication de produits en caoutchouc et en plastique» ont reculé respectivement de 14,5%, 9,1% et 3,2%.  Au premier trimestre dernier, les données recueillies faisaient état d’une baisse de 27,3% de l’indice de la «fabrication de produits à base de tabac», tandis que ceux de la «fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements», de la «fabrication de boissons», de la «fabrication d’autres matériels de transport» et de la «fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques» avaient reculé respectivement de 6,1%, 5,5%, 12,1% et 5,6%. Dans sa dernière note d’information, l’institution indique par ailleurs que l’indice de la production des industries extractives a enregistré une hausse de 16,8% au cours du deuxième trimestre. Cette progression s’explique par la hausse de l’indice de la production des « produits divers des industries extractives » et de celui des « minerais métalliques » qui ont bondi respectivement de 17,4% et 0,1% au cours de cette période. S’agissant de l’indice de la production de l’énergie électrique, les chiffres montrent qu’il a enregistré, en parallèle, une hausse de 9,4%. Au trimestre précédent, l’indice de la production des industries extractives avait enregistré une hausse de 10,8%, justifiée par la hausse de l’indice de la production des «produits divers des industries extractives» de 11,3% et de celui des «minerais métalliques» de 0,2% ; tandis que l’indice de la production de l’énergie électrique avait progressé de 7,1%. Alain Bouithy

Gabon: Brice Oligui Nguema pose la première pierre de la centrale thermique à gaz d’Owendo

Gabon: Brice Oligui Nguema pose la première pierre de la centrale thermique à gaz d’Owendo

Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé lundi 15 les travaux de construction de la centrale électrique à gaz dans la commune d’Owendo, quelques mois après la mise en marche des centrales électriques flottantes Karpowership. La pose de la première pierre de la centrale thermique à gaz d’Owendo intervient après la signature, le 24 juin dernier à Libreville, d’un mémorandum d’entente, puis la conclusion d’une convention de prêt avec l’AFREXIMBANK le 27 juin à Abuja, au Nigeria, rappelle la Présidence du Gabon. « Cette convention concerne la construction par la société Solar Energy Sustainable Services de 3 centrales thermiques à gaz pour un montant global d’environ 130 milliards de FCFA », précise un communiqué de la Présidence. Selon la même source, « ce projet ambitieux va permettre d’augmenter de 300 MW la capacité de production d’électricité au réseau d’ici 3 ans ». Et d’ajouter: « cette puissance énergétique sera répartie sur 3 sites stratégiques dont 220MW à Owendo, 40 MW à Port-Gentil et 40 MW à Lambaréné afin de répondre à la demande croissante des ménages, des entreprises et des industries ». Il est à noter que la centrale thermique d’Owendo sera dotée d’une turbine à double carburant/gaz/gazoil pour la production d’électricité primaire de marque GE Alstom et d’un générateur de vapeur à récupération de chaleur qui capte la chaleur des gaz d’échappement et d’une turbine à vapeur de marque Alstom qui utilise la production d’énergie supplémentaire. En plus d’un système de refroidissement par eau pour soutenir la continuité et la fiabilité des opérations, ainsi que divers matériels auxiliaires garantissant la performance des installations. Enfin, « la mise en œuvre de ces 3 centrales générera plus de 1000 emplois directs et indirects durant la phase de construction et environ 300 emplois en phase d’exploitation ». Martin Kam

Le Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan dévoile les jurys de sa 30ᵉ édition

Le Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan dévoile les jurys de sa 30ᵉ édition

MAROC. Le Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan, événement phare de la région, dévoile les membres des jurys qui auront la mission de départager les films en compétition lors de sa 30ᵉ édition, prévue du 25 octobre au 1er novembre 2025. Composés de personnalités éminentes du cinéma, de la critique et de la formation, les membres des jurys illustrent l’engagement du festival en faveur de l’excellence et de la pluralité des expressions cinématographiques. Le FCMT célèbrera trois décennies d’engagement pour la diffusion du cinéma méditerranéen et le soutien aux talents émergents, en offrant des espaces de rencontres, de formation et de dialogue. Cette édition anniversaire investira les lieux culturels emblématiques de Tétouan, permettant aux cinéphiles et aux professionnels de découvrir une sélection de films reflétant la créativité des cinémas de la région. 10 longs-métrages de fiction et de documentaires issus de différents pays méditerranéens seront en lice pour plusieurs distinctions. Le jury officiel attribuera notamment le Grand Prix de la Ville de Tétouan “Tamouda”, ainsi que le Prix Mohamed Reggab (Prix spécial du Jury), le Prix Azzeddine Meddour pour une première œuvre, ainsi que les Prix d’interprétation féminine et masculine. Jury longs-métrages : sous la présidence de Leonardo Di Costanzo À la présidence du jury des longs-métrages de fiction et documentaires : Leonardo Di Costanzo, réalisateur italien reconnu pour ses films qui explorent les dynamiques sociales et humaines avec une sensibilité particulière. Parmi ses œuvres notables, The Interval (2012) a été primé au Festival de Venise, et The Inner Cage (2021) a remporté le prix du meilleur scénario aux David di Donatello. Aux côtés de Di Costanzo, des cinéastes et critiques de renom départageront les films en compétition : Asmae Al Moudir (Maroc) – Réalisatrice et scénariste, primée au Festival de Cannes et à l’IDFA, elle s’est imposée sur la scène internationale avec La Mère de tous les Mensonges, documentaire hybride primé dans plusieurs festivals. Serge Barbuccia (France) – Acteur, auteur et metteur en scène, il est le fondateur du Théâtre du Balcon à Avignon. Son travail mêle théâtre, musique et cinéma, et il est reconnu pour ses adaptations audacieuses de classiques littéraires au théâtre. Isabel Machado (Portugal) – Productrice et directrice de festivals, elle est impliquée dans le développement de projets cinématographiques indépendants au Portugal. Elle a également travaillé en tant que productrice exécutive sur plusieurs films primés. Amir Ramsis (Égypte) – Réalisateur et scénariste, il est connu pour ses documentaires et films de fiction qui interrogent les réalités sociales et politiques de la région. Il est également directeur artistique du Festival du Film d’El Gouna.  Jury de la critique “Mustapha Mesnaoui” Parallèlement, le jury de la critique “Mustapha Mesnaoui” récompensera une œuvre pour son approche esthétique et sa portée critique. Il réunira trois critiques et journalistes de renom : Fatima Ifriqui (Maroc) – Journaliste et critique de cinéma, elle est une voix influente du paysage culturel marocain, reconnue pour son analyse affûtée des œuvres cinématographiques. Cédric Lépine (France) – Critique de cinéma collaborant avec plusieurs médias européens, il est spécialisé dans le cinéma indépendant et les nouvelles écritures cinématographiques. Francesco Pontiggia (Italie) – Journaliste et critique, il écrit pour des publications de référence et intervient régulièrement dans des jurys internationaux. Ces jurys incarneront l’esprit de la 30ᵉ édition du Festival de Cinéma Méditerranéen de Tétouan : une célébration de la richesse et de la pluralité des cinémas méditerranéens, un lieu de rencontre entre les cultures et un tremplin pour les talents de demain. A propos du FCMT Connu pour son engagement et sa contribution à la diffusion du cinéma méditerranéen, le festival est d’abord celui d’une ville, Tétouan, terreau des arts qui, de la musique aux arts plastiques, a abrité et continue d’abriter des mouvements artistiques qui connaissent un rayonnement bien au-delà de la région. C’est donc dans cette ville au climat culturel favorable que, tout naturellement, une poignée d’enseignants cinéphiles imagine ce projet, alors même que les ciné-clubs, au sein desquels ils ont été formés, disparaissaient au Maroc.

La Fondation ASAF Cameroun d’Eran Moas récompense les lauréats de son concours d’écriture

La Fondation ASAF Cameroun d’Eran Moas récompense les lauréats de son concours d’écriture

La Fondation ASAF Cameroun a célébré le talent et la créativité de jeunes écrivains lors de la cérémonie de remise des prix du concours national d’écriture, qui s’est tenue le 13 septembre à Douala. Lauréats, familles et passionnés de littérature se sont réunis pour mettre en lumière l’imagination des jeunes participants. Lancé début août par la Fondation ASAF Cameroun, créée par Eran Moas, le concours a rencontré un vif succès avec plus de 150 participants venant de tout le pays, représentant différentes classes sociales et régions, y compris le Nord et le NOSO, en plus des grandes villes et capitales. Fidèle à sa mission de placer l’éducation au cœur de ses actions, la fondation s’engage à renforcer l’accès à l’école et à promouvoir l’égalité filles-garçons. La scolarisation des filles au secondaire reste faible, avec seulement 43 % d’entre elles inscrites selon l’UNESCO. À travers ce concours, la fondation offre aux jeunes un véritable espace d’expression et de développement, ouvert à tous, sans distinction de milieu ou de région. Ambassadrice d’honneur du concours et lauréate du Prix Goncourt des Lycéens 2020, Djaili Amal Amadou a lu les textes des participants et récompensé les plus remarquables. Reconnue pour une écriture qui inspire et soutient les enfants issus de milieux défavorisés, elle anime depuis deux ans des ateliers d’écriture dans les bibliothèques de quartier, favorisant la créativité et l’expression personnelle. Lors de la cérémonie, elle a salué des textes riches de sensibilité et d’imaginaire.Afin d’assurer une représentativité équilibrée et de mettre en valeur la diversité des talents, les gagnants ont été répartis en trois catégories d’âge.8-10 ans : Amina Aïda Tikire (8 ans), Samuel Providence Akim (9 ans), Abigail Ngebi Tanwie (10 ans).11-13 ans : Gloriane Abigail Wabon Boh (13 ans), Mansour Hamadou (12 ans), Grâce Stéphanie Winidy Haman (13 ans).14-16 ans : Adora Tiangueu Emako (15 ans), Noëlla Grâce Delemouele (14 ans), Ashmen Paam (16 ans). Un prix spécial a également été décerné à Christelle Bime (15 ans) pour la qualité de son écrit.Les lauréats ont reçu des sacs, tablettes, fournitures scolaires et autres lots pratiques destinés à les accompagner dans leur réussite académique. Tous les participants, qu’ils aient pu être présents à la cérémonie ou non, recevront un cartable et un certificat de participation, valorisant leur créativité et leur engagement. « Avec ce concours, nous avons voulu montrer aux jeunes qu’écrire n’est pas seulement un exercice scolaire, mais aussi une façon de s’exprimer, de prendre confiance et de se projeter. C’est une fierté de voir leur enthousiasme. », a déclaré Eran Moas, fondateur de la fondation ASAF Cameroun. De son côté, Djaili Amal Amadou a rappelé que « L’écriture, c’est le pouvoir des mots. Elle permet de transformer, de libérer et d’inspirer. ». Au-delà du concours, la Fondation ASAF Cameroun poursuit son engagement en faveur de l’accès à la culture et de la promotion de la lecture. Elle appuie le travail des bibliothèques communautaires Djaili Amal Amadou en leur fournissant livres et manuels, permettant ainsi aux jeunes de continuer à créer, apprendre et rêver tout au long de l’année. Avec cette initiative, la fondation réaffirme sa conviction : chaque mot peut être une force de changement. En donnant la parole à la jeunesse, ASAF Cameroun entend créer un espace où les idées circulent, se confrontent et se renforcent, en incluant tous les jeunes du pays, quelles que soient leur région ou leur origine sociale. Ce concours n’est qu’une étape d’un engagement plus vaste : renforcer la confiance des jeunes dans leur capacité à écrire leur propre histoire, tout en leur offrant des outils concrets pour réussir. L’ambition est claire : faire de la lecture et de l’écriture des leviers de réussite scolaire, personnelle et citoyenne.L’édition 2026 est déjà en préparation, avec l’objectif de toucher encore davantage de jeunes à travers le Cameroun et d’élargir l’accès aux ateliers d’écriture dans les bibliothèques communautaires. À propos de la fondation ASAF CamerounFondée en 2016 par Eran Moas, la Fondation ASAF Cameroun est une organisation à but non lucratif engagée dans la promotion du développement social et humain au Cameroun. Elle œuvre notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et dans la protection de la faune.À travers ses programmes et partenariats, la Fondation ASAF Cameroun vise à renforcer les capacités locales, soutenir des initiatives durables et encourager l’innovation sociale. Elle place l’humain et la solidarité au cœur de toutes ses actions afin de contribuer à un avenir plus équitable et prospère pour tous.

RDC : AVANCER EN RECULANT…

RDC : AVANCER EN RECULANT…

TRIBUNE. Je viens une fois de plus de faire ma petite analyse rétrospective sur l’actualité politique de mon pays et c’est avec beaucoup de stupeur que j’observe une constante depuis des mois : à savoir la capacité du régime au pouvoir de lever de nombreux lièvres pour pousser le peuple congolais à courir dans tous les sens FUTILES sauf dans ce bons sens-là qui porterait un débat public sur des enjeux essentiels à la survie du Congo comme nation. Observez de quelle manière les événements s’enchaînent : d’abord cette chasse aux sorcières contre la personne de Joseph Kabila, sa diabolisation, sa condamnation par contumace et tout récemment la tentative de le traduire à la Cour Pénale Internationale de la Haye pour ses crimes de guerre et crime contre l’humanité. Concomitamment la une sur cette levée d’immunité et le procès judiciaire de Constant Mutamba qui ont tenu en haleine tout un peuple durant des mois. À peine la cour de cassation venait-elle de prononcer sa condamnation, les projecteurs se sont vite tournés vers la destitution programmée de Vital Kamerhe. Toute la presse écrite et orale s’y délecte à longueur des journées et les réseaux sociaux en font les choux gras. En attendant la prochaine victime à offrir en holocauste (sûrement J.-P. Bemba à qui la machine de propagande udepesienne attribue le dessein de coup d’état par la Tout de contrôle), force est de constater la dynamique de diversion à laquelle le pouvoir en place oblige les masses populaires congolaises pour qu’elles restent ignorantes de ce qui se boutique contre son destin. L’élimination politique de Kabila, de Kamerhe ou de Mutamba ne stoppera pas la marche de M23/AFC sur Uvira et sur Kalemie ni celle des forces militaires soutenues par l’Ouganda vers Kisangani. Cette agonie lente mais sûre d’un pays qui se disloque au vu et su de tous et d’un peuple qui a le net sentiment d’être abandonné à son triste sort est douloureuse à regarder. Encore plus douloureuse cette insoutenable légèreté d’être et de faire de nos responsables publics qui, tant au niveau provincial que national, ne donnent aucun signal de redressement de la crise. De diversion en diversion, des têtes tombent sans rien améliorer du climat sécuritaire et du climat d’affaires, sans jamais poser un diagnostic de la crise et sans imposer un plan de sortie. On a vraiment le sentiment de marcher à reculons. Cette navigation à vue, ce vide stratégique délibéré ou non pour sortir de l’ornière, ça me fait mal, très mal. Par Germain Nzinga