Maroc. L’activité industrielle bat de l’aile

Maroc. L’activité industrielle bat de l’aile

A l’exception de l’«agroalimentaire», la production aurait reculé dans toutes les branches en août 2025 Les nouvelles ne sont pas bonnes sur le front de l’activité industrielle. L’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib au titre du mois d’août fait ressortir une baisse de l’activité. Une mauvaise surprise pour l’exécutif qui espère, sans doute, terminer l’année tout autrement. En effet, à l’exception du secteur de l’agroalimentaire où une hausse aurait été enregistrée, la production aurait reculé dans toutes les branches, a récemment annoncé la Banque centrale, soulignant que le taux d’utilisation des capacités (TUC) aurait ainsi stagné à 79% au cours de cette période. Selon l’enquête, menée du 1er au 30 septembre 2025, les ventes auraient enregistré une progression, recouvrant une hausse dans l’«agroalimentaire» et dans la «chimie et parachimie» et une baisse dans le «textile et cuir» et dans la «mécanique et métallurgie». Par destination, les ventes auraient progressé tant sur le marché local qu’étranger, suggèrent les résultats de l’enquête qui ont été établis sur la base d’un taux de réponse de 68%. Toujours selon Bank Al-Maghrib, les commandes auraient affiché une stagnation, recouvrant une progression dans l’«agroalimentaire», une stabilité dans la «mécanique et métallurgie» et une baisse dans la «chimie et parachimie» et dans le «textile et cuir». Quant aux carnets de commandes, ils se seraient situés à un niveau inférieur à la normale dans toutes les branches d’activité à l’exception de l’«agroalimentaire» où ils se seraient situés à un niveau supérieur à la normale. Qu’à cela ne tienne, pour les trois prochains mois, les industriels prévoient cependant une hausse de la production et des ventes dans toutes les branches d’activité à l’exception de la «chimie et parachimie» où ils s’attendent à une baisse des ventes. Dans le détail, la production de la branche «agro-alimentaire» aurait progressé et le TUC se serait situé à 75%. Tout comme les ventes auraient augmenté, reflétant une hausse sur le marché local et une stagnation sur le marché étranger. Avec un carnet qui se serait situé à un niveau supérieur à la normale, les commandes auraient également progressé, selon BAM. Les industriels du secteur anticipent ainsi une hausse de la production et des ventes au cours des trois prochains mois. Au cours de la même période, la production de la branche « textile et cuir » aurait enregistré une baisse dans l’ensemble de ses sous-branches à l’exception de l’«industrie de l’habillement et des fourrures» où elle aurait stagné.  BAM rapporte ainsi que le TUC se serait établi à 80%. S’agissant des ventes, les opinions des industriels font état d’un recul dans l’ensemble des sous-branches. Par destination, elles auraient augmenté sur le marché local et diminué sur le marché étranger. Les commandes auraient reculé dans l’ensemble des sous-branches, alors que les carnets de commandes se seraient situés à un niveau inférieur à la normale. Si les industriels déclarent s’attendre à une hausse de la production et des ventes au cours des trois prochains mois,  plus d’une entreprise sur quatre déclarent des incertitudes quant à leur évolution future. En ce qui concerne la  production de la «chimie et parachimie», l’enquête révèle qu’elle aurait affiché  un recul et le TUC se serait établi à 79%; tandis que les ventes auraient augmenté, recouvrant un accroissement des expéditions à l’étranger et une stagnation des ventes locales. Avec un carnet qui se serait situé à un niveau inférieur à la normale, les commandes auraient à l’inverse baissé. Dans ces conditions,  les entreprises s’attendent à une hausse de la production et une baisse des ventes dans les trois prochains mois. Enfin, en août dernier, la production de la «mécanique et métallurgie» aurait reculé et le TUC se serait établi à 87% au terme du mois d’août dernier. Les ventes se seraient repliées aussi bien sur le marché local qu’étranger tandis que les commandes auraient stagné (avec des carnets qui se seraient situés à un niveau inférieur à la normale). Malgré ces évolutions, pour les trois prochains mois, les industriels s’attendent à une hausse de la production et des ventes Alain Bouithy

Dérive sécuritaire et exécutions sommaires : les généraux Sassou, Oboa et Boka en difficulté ( lecture en 5 minutes)

Dérive sécuritaire et exécutions sommaires : les généraux Sassou, Oboa et Boka en difficulté ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. En procédant aux exécutions sommaires des « kulunas », l’action de la DGSP et de la GR quoiqu’applaudie par 83% des congolais ou salutaire pour « raison d’État », met M. Sassou en porte à faux avec la Constitution congolaise de 2015, l’Etat de droit, les traités internationaux et une partie de l’opinion qui est apeurée. Selon l’article 8 de la Constitution : « La personne humaine est sacrée et a droit à la vie. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. […]. La peine de mort est abolie. » La sacralité de la vie et l’abolition de la peine de mort ainsi énoncées suscitent des interrogations sur le fondement juridique de l’opération menée par les éléments de la direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et de la garde républicaine (GR) qui ont pour rôle respectivement, de protéger le président et sa famille ainsi que les institutions et leurs animateurs. En effet, la DGSP et la GR se sont mises en mouvement comme des appareils de répression sans cadre légal incluant la police et la gendarmerie. En principe et selon toute logique, l’armée n’intervient que pour faire face à une agression extérieure et détruire l’ennemi conformément à son propre protocole d’engagement qui établit de facto un régime d’exception juridique. Cette situation qui divise les populations entame de plus belle l’ordre juridique et ternit l’image du Congo à l’extérieur. S’agit-il de manière voilée, d’une opération visant à étouffer les contestations du peuple martyrisé comme le disent moult personnes ? La réponse est oui et non. Pour justifier, par exemple, sa gestion scabreuse par le passé, le système Sassou n’hésitait pas d’utiliser les ninjas de Pierre Oba, d’Isidore Mvouba et d’Adélaïde Moundélé Ngolo sous l’égide de Mantsanga et Cie pour faire le sale boulot dans le département du Pool et sur le Cfco. Il sied de dire que depuis un demi-siècle, au Congo, les revenus pétroliers irriguent un cercle restreint d’acteurs liés par le sang, l’alliance ou la dépendance, transformant ainsi l’État en guichet clanique. La nomination du général Serge Oboa (S.O) à la tête de la DGSP et sa parenté avec J.J. Bouya illustre cette logique : la sécurité présidentielle et l’infrastructure publique se trouvent sur l’axe le plus riche et le plus dangereux (…) que nous évoquions il y a une dizaine de jours. Selon nos informations, cette opération fait suite à un ème accrochage entre la police et la DGSP couplé à l’assassinat de Bruno Obambi. Le Commandant en chef Denis Sassou qui aime se cacher, a donné son quitus à Oboa et à Boka mais sans note officielle. Normalement, M. Sassou devrait prendre un décret envoyant la GR et la DGSP appuyées la gendarmerie et la police comme ça été fait : Dans cette opération, MM. Sassou, Oboa et Bouka utilisent la doctrine de Bandenbekämpfung, doctrine de terreur très violente d’extermination et de destruction institutionnalisée lors de la Seconde guerre mondiale, sous le régime nazi pour lutter contre les bandits et autres. Cette opération bien qu’elle soit la toute première action du quinquennat de M. Sassou est applaudit par 83% de la population qui a maille à partir avec les Kulunas. Cependant, les exécutants de celle-ci tombent sous le coup de la loi et renvoient en l’air la présomption d’innocence. Ils situent le Congo, d’un côté, dans une administration hypertrophiée dans ses bras coercitifs mais atrophiés dans ses services. De l’autre côté, dans des règles écrites substituées par des règles relationnelles à partir desquelles la parenté l’emporte sur le mérite et la proximité sur l’institution. Le ministère de l’intérieur, la police, la gendarmerie et la justice sont court-circuités dans leurs missions et attributions par des réseaux parallèles où la loyauté clanique pèse davantage que la hiérarchie administrative. Nous l’avons déjà dit, le pouvoir se concentre dans le clan présidentiel, et l’autorité civile est rognée par une présidentialisation rampante de la sécurité. Dans ce contexte, le communiqué de la DGSP, appelant la population à dénoncer les Kulunas contre primes sonnantes et trébuchantes, est la manifestation de cet accaparement . En s’adressant directement aux citoyens, reprécisons le, l’organe présidentiel écarte la police et la gendarmerie. En transformant la collaboration civique en transaction, il installe un régime de suspicion généralisée. La citoyenneté devient marchandisée, la solidarité convertie en opportunisme. Plus encore, la DGSP et la GR fabriquent l’ennemi dont elles ont besoin : le terme « Kulunas », importé de Kinshasa, englobe indistinctement gangs structurés, jeunes marginaux et parfois opposants politiques. Cette catégorisation floue légitime la répression et étend la compétence présidentielle à des domaines jadis dévolus à la justice ordinaire. ( la suite mardi avant de revenir sur le dossier Figa) Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Le Groupe de la Banque africaine de développement et le Niger signent un accord de près de 145 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’énergie, la compétitivité et la résilience économiques

Le Groupe de la Banque africaine de développement et le Niger signent un accord de près de 145 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’énergie, la compétitivité et la résilience économiques

Le Premier ministre du Niger, Ali Lamine Mahamane Zeine, et le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, ont signé un accord de financement de 144,70 millions de dollars américains destiné à améliorer l’accès à l’énergie et la compétitivité du secteur privé au Niger. L’accord, signé au siège de l’institution à Abidjan, porte sur un appui budgétaire du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque. Il permet aux autorités nigériennes de mettre en œuvre la phase 1 du Programme d’appui à la gouvernance du secteur de l’énergie et à la compétitivité (PAGSEC). Le programme permettra de répondre à deux problématiques majeures. Il lèvera, d’une part, les principales contraintes qui affectent la compétitivité de l’économie, en particulier l’accès à l’énergie, afin de consolider la reprise économique. Il s’attellera, d’autre part, à renforcer la gouvernance financière ainsi que la transparence, avec un accent particulier sur les facteurs de résilience (prise en compte des groupes vulnérables, du genre et des facteurs climatiques). L’appui du Groupe de la Banque vise des objectifs énergétiques ambitieux, avec le développement des capacités d’énergie renouvelable et la viabilité financière du secteur. Il contribuera à augmenter l’accès national à l’électricité de 22,5 % à 30 % d’ici à 2026, tout en stimulant la contribution de l’industrie manufacturière au PIB de 2,5 % à 3,8 %. « C’est avec un grand plaisir que nous venons de formaliser cet accord qui est très important pour le Niger. C’est un accord qui s’inscrit dans le cadre de notre forte coopération avec le Groupe de la Banque africaine de développement », a déclaré le Premier ministre du Niger. « L’appui de notre Banque est venu à un moment important et le processus a conduit aujourd’hui à mettre en place ce programme (qui) a pour objectif de soutenir la compétitivité économique du Niger et sa résilience aux multiples chocs à travers, notamment, l’amélioration de l’accès à l’énergie, la promotion du secteur privé, la consolidation du cadre budgétaire et une meilleure prise en compte des populations vulnérables dans les politiques publiques », a ajouté M. Zeine, qui assure également les fonctions de ministre de l’Économie et des Finances du Niger, et à ce titre, de gouverneur du Groupe de la Banque pour son pays. « Je peux vous garantir que le Groupe de la Banque africaine de développement restera, comme il l’a toujours été, un soutien fort à tous nos États membres régionaux dans leur recherche d’un développement harmonieux et d’une prospérité partagée. Je profite de cette occasion pour féliciter les équipes de la Banque qui travaillent d’arrache-pied et aussi remercier le Conseil d’administration pour le soutien qu’il apporte à nos efforts », a souligné M. Ould Tah. Afdb

Congo. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u au général Serge Oboa : « un État digne n’agit pas dans l’émotion ni dans la barbarie »

Congo. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u au général Serge Oboa : « un État digne n’agit pas dans l’émotion ni dans la barbarie »

INSECURITE. « La violence disproportionnée de la DGSP n’est pas une démonstration de force, c’est l’aveu d’un État faible, incapable d’assumer sa propre faillite éducative et sociale », dénonce Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u, observateur et activiste politique, dans une lettre ouverte au directeur général de la Sécurité présidentielle, dont nous publions une copie ci-dessous. « Lettre ouverte au Général Oboa et à ceux qui confondent maintien de l’ordre et barbarie d’État Général Oboa. Patron de la tristement célèbre DGSP, je m’adresse directement à vous, et à travers vous, à tous ceux qui croient encore que la force des armes suffit à écraser un peuple en quête de dignité. Depuis la diaspora, nous voyons vos hommes s’acharner sur une partie de la jeunesse congolaise, humiliée, frappée, parfois abattue en pleine rue, comme si leur humanité n’avait aucune valeur. On nous dit : « Ce sont des hors-la-loi. » Soit. Mais, Général, même hors-la-loi, ces jeunes demeurent les fils et les filles du Congo. Leur délinquance n’est pas tombée du ciel : Elle est aussi le fruit d’un échec collectif, et d’abord celui du gouvernement. Car avant d’être des bébés noirs, ces jeunes furent des enfants sans école digne de ce nom, des adolescents sans formation, des étudiants abandonnés faute d’opportunités, des citoyens ignorés par un État qui les a laissés dans la misère et le désespoir. La pauvreté endémique, le chômage massif, l’absence de politique culturelle et éducative cohérente, tout cela a nourri cette violence que vous prétendez combattre aujourd’hui uniquement par la matraque et la balle. Personne ne nie la nécessité de traquer ces délinquants qui terrorisent nos quartiers. Oui, ils doivent être arrêtés, jugés et condamnés. Mais un État responsable ne se venge pas de sa propre faillite en massacrant ses enfants. Un État digne n’agit pas dans l’émotion ni dans la barbarie , il combat le crime avec justice et fermeté, mais dans le respect des droits humains et de la dignité de chaque citoyen. L’armée républicaine n’est pas une machine de répression, mais une institution de protection, d’encadrement et de réinsertion. L’Histoire vous le rappelle, en Haïti, les tontons macoutes croyaient leurs armes éternelles. Ils ont pourtant été balayés par un peuple lassé de vivre sous la peur. Croyez-vous, Général, que les Congolais resteront indéfiniment soumis, contraints d’applaudir leurs bourreaux ? Un peuple peut se taire par peur, mais il n’oublie jamais. Et quand il se lève, aucune garde prétendument « républicaine » ne peut arrêter la marée de la liberté. Vous avez aujourd’hui un choix historique ; être républicain, fidèle à la Nation et respectueux du droit, ou rester l’exécutant d’un régime qui vous utilise et qui, demain, vous abandonnera comme un fusil usé. Vaut-il mieux être le défenseur d’un clan ou l’homme respecté d’une République ? La violence disproportionnée de la DGSP n’est pas une démonstration de force, c’est l’aveu d’un État faible, incapable d’assumer sa propre faillite éducative et sociale. Car, en vérité, la racine de ce problème est politique, un pouvoir qui a sacrifié sa jeunesse sur l’autel du clientélisme, de la corruption et de l’indifférence. Depuis la diaspora, nous refusons le silence. Nous refusons l’oubli. Nous refusons que la barbarie devienne la norme, surtout à la veille d’une élection que l’on cherche à verrouiller par la peur. Peuple congolais, cessons d’applaudir nos bourreaux. Retrouvons notre voix. Car un peuple qui se tait légitime sa propre oppression, mais un peuple qui s’éveille devient irrésistible. Général Oboa, souvenez-vous : Mieux vaut être républicain que complice d’un régime condamné. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u Observateur & Activiste politique« 

Congo-Brazzaville : le Rassemblement des Forces du Changement conditionne sa participation à la présidentielle de 2026

Congo-Brazzaville : le Rassemblement des Forces du Changement conditionne sa participation à la présidentielle de 2026

POLITIQUE. Le Rassemblement des Forces du Changement (RFC) pose ses conditions pour participer au scrutin, notamment la libération des prisonniers politiques et une gouvernance électorale crédible. À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2026, la nouvelle plateforme de l’opposition congolaise, réunie au sein du Rassemblement des Forces du Changement (RFC), pose des conditions préalables à sa participation au scrutin. Le RFC se dit favorable à une élection inclusive, mais insiste sur le respect de certaines conditions. La première exigence concerne la libération de tous les prisonniers politiques, notamment Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, figures de l’opposition détenues respectivement depuis le 16 juin 2016 et le 10 janvier 2017. À la suite de procès largement critiqués comme iniques, Mokoko a été condamné à vingt ans de prison et Okombi Salissa à vingt ans de travaux forcés. Les Nations unies considèrent ces détentions comme arbitraires et demandent leur libération. Le RFC s’appuie sur les avis du Conseil des droits de l’homme  Groupe de travail sur la détention arbitraire : La plateforme affirme que la libération de Mokoko, Okombi Salissa et d’autres prisonniers politiques et la  gouvernance électorale crédible sont des conditions incontournables pour garantir un processus électoral crédible en 2026. Dans sa déclaration, la nouvelle plateforme de l’opposition congolaise a également rendu hommage à Guy Brice Parfait Kolélas, candidat malheureux de la présidentielle de 2021, décédé en pleine campagne, laissant « un testament fort » pour la lutte démocratique au Congo. En posant ces conditions, le RFC entend créer les bases d’une élection présidentielle libre, démocratique, apaisée, crédible et transparente, à l’image de celle de 1992. Dans un pays où les scrutins successifs sont régulièrement contestés par l’opposition et une partie de la société civile, et avec une appréciation souvent mitigée de la communauté internationale, ces exigences reflètent la volonté de rétablir la confiance dans le processus électoral. Fredrich Gunther M’bemba

Les femmes au cœur du développement : comment la microfinance dynamise les entreprises dirigées par des femmes en Afrique

Les femmes au cœur du développement : comment la microfinance dynamise les entreprises dirigées par des femmes en Afrique

Partout en Afrique, les entreprises dirigées par des femmes sont confrontées à des obstacles bien connus qui entravent leur croissance et leur accès au financement. Beaucoup de femmes ne peuvent pas utiliser des terrains, des biens immobiliers ou des actifs majeurs comme garantie, car elles n’en sont pas propriétaires. Elles ont donc souvent recours à des services financiers informels, tels que les groupes d’épargne. La méfiance envers les banques, qui découle parfois d’expériences passées ou d’une connaissance limitée du monde financier, restreint encore davantage leur accès au crédit. Les responsabilités domestiques, notamment la garde des enfants et la prise en charge des personnes dépendantes, font que beaucoup de femmes ont moins de ressources à épargner ou à réinvestir dans leur entreprise. De plus, les normes liées au genre et les restrictions en matière de prise de décision et de mobilité créent des obstacles supplémentaires. En Afrique du Nord et de l’Ouest, notamment en Tunisie, au Ghana et en Côte d’Ivoire, Advans explore des moyens de combler ces lacunes. En concevant des produits sur mesure, en nouant des partenariats avec des acteurs locaux de confiance et en menant des évaluations rigoureuses, Advans apprend à rendre les services financiers accessibles et faciles à utiliser pour les femmes. Les entrepreneurs ont besoin de financement pour se développer, et la plupart de ces entreprises sont viables mais restent vulnérables en l’absence de systèmes financiers structurés. Les risques sont encore plus importants dans le secteur agricole, où les chocs climatiques et la volatilité des marchés ont un impact disproportionné sur les femmes. Selon le CGAP, les agricultrices ont moins accès au financement, aux outils d’adaptation et aux ressources de gestion des risques que les agriculteurs.[1] En Tunisie, Advans Tunisie a lancé El Beya, un prêt spécialement conçu pour les femmes. D’un montant compris entre 1 000 et 10 000 dinars tunisiens (environ 300 à 3 000 euros), ces prêts sont assortis de frais moins élevés et d’exigences moins strictes en matière de garanties. Après deux cycles de prêt, les femmes peuvent emprunter des montants plus importants sans fournir de garantie. Une étude de suivi réalisée en juin 2025 a révélé que 82 % des clientes avaient augmenté leurs revenus, 39 % avaient dépensé davantage pour l’éducation et 13 % avaient créé des emplois.[2] Au Ghana, le programme AdvansHer propose aux femmes entrepreneurs un accompagnement personnalisé dans la promotion sur les réseaux sociaux, la comptabilité et la structuration d’entreprise. Plus de 100 PME dirigées par des femmes y ont participé depuis son lancement, avec le soutien de la Banque de Développement du Ghana. L’institution a également lancé un programme d’épargne pour les frais de scolarité appelé EduSave, spécialement destiné aux femmes. Vicentia Ananepia[3], dirigeante d’une entreprise d’accessoires de mode au Ghana, se souvient du moment où elle a failli perdre une cargaison. À ses débuts, son mari l’a aidée à financer le lancement de son entreprise. Mais lorsque de sérieux obstacles se sont présentés, elle a dû trouver elle-même une solution. « Un jour, mes marchandises sont arrivées de Chine, mais je n’avais pas les moyens d’aller les récupérer », explique-t-elle dans son témoignage. « Je me suis donc tournée vers Advans. Ils m’ont prêté de l’argent pour payer mes factures et j’ai pu mettre les marchandises en vente. » Ce prêt a été le coup de pouce qui l’a aidée à développer son activité. Aujourd’hui, elle possède trois boutiques. « En tant que femme, je suis fière de moi, car il n’est pas facile pour une femme de faire du négoce. » Les modèles d’Advans ne reposent pas que sur l’octroi de prêts ; ils visent à faciliter les activités commerciales, en fournissant des services financiers variés et adaptés aux besoins des clients. La Côte d’Ivoire en est un autre exemple : Advans y a conçu des produits d’épargne et de crédit destinés aux femmes rurales par l’intermédiaire d’associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) et de coopératives, en particulier dans les régions productrices de cacao.[4] Au-delà de la Côte d’Ivoire, les résultats obtenus à travers le groupe Advans sont palpables : le réseau dessert désormais plus de 240 000 femmes, dont plus de 26 000 ont contracté un emprunt. Les femmes représentent 35 % de l’ensemble des épargnants du réseau.[5] Le Kenya illustre ce que la finance inclusive peut accomplir à grande échelle. En 2024, l’adoption généralisée du ‘mobile money’ avait réduit l’écart entre les genres en matière d’accès aux services financiers à seulement 1,6 %, contre des écarts persistants de 12 points de pourcentage en Afrique subsaharienne et de 15 points au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, selon le Global Findex 2025 de la Banque Mondiale.[6] Le constat est clair : l’inclusion financière des femmes ne consiste pas à simplifier les produits existants, mais à les repenser en profondeur. Les outils financiers doivent refléter la manière dont les femmes vivent, gagnent leur vie et planifient leur avenir. Une note du FMI sur l’égalité des genres publiée en 2023 souligne que lorsque les femmes ont accès à des services financiers adaptés, les retombées positives se répercutent sur l’ensemble de la société, favorisant le bien-être familial, renforçant la résilience économique et développant le capital humain.[7] Que ce soit à travers El Beya en Tunisie, AdvansHer au Ghana ou les services d’épargne et de crédit liés aux AVEC en Côte d’Ivoire, nous constatons chez Advans que les femmes adoptent plus rapidement les services et obtiennent de meilleurs résultats lorsque les produits sont conçus pour répondre à leurs réalités. Il ne s’agit pas de réduire les obstacles, mais d’adapter les solutions aux réalités des femmes. Par Wilfried Sam [1]CGAP – women in rural/ag livelihoods overview: Financial Solutions for Women in Rural & Agricultural    Livelihoods. [2]Advans Tunisia – El Beya results (June 2025): Advans services help empower Tunisian female  entrepreneurs. [3]To safeguard her anonymity, the client’s surname has been modified [4]Advans Côte d’Ivoire – cooperative/VSLA model: Cooperatives: A Key Driver for MFIs to Improve the Livelihoods of Cocoa-Producing Communities. [5]Advans International – female client footprint (public

Le 11e Sommet mondial pour la paix d’HWPL réunit 800 dirigeants mondiaux pour présenter les réalisations et la vision pour la paix

Le 11e Sommet mondial pour la paix d’HWPL réunit 800 dirigeants mondiaux pour présenter les réalisations et la vision pour la paix

Cheongju, République de Corée – Heavenly Culture, World Peace, Restoration of Light (HWPL), une ONG internationale pour la paix basée en Corée du Sud, a organisé le 11e anniversaire du Sommet mondial pour la paix du 18 septembre d’HWPL le 18 et 19 septembre à Cheongju sous le thème « Solidarité pour la paix, Tâche de l’humanité à accomplir ensemble ». La commémoration continuera à travers 78 villes majeures dans le monde entier jusqu’en octobre. Le sommet de cette année a rassemblé plus de 800 dirigeants mondiaux –y compris des Chefs-États et des Premiers Ministres anciens et actuels, des présidents de parlement, des juges en chef, des ministres du cabinet, et des dirigeants des secteurs de l’éducation, de la religion, des médias et de la jeunesse – qui se sont volontairement rendus en Corée, démontrant le soutien mondial étendu aux initiatives pour la paix d’HWPL. Depuis le premier Sommet mondial pour la paix d’HWPL en 2014, l’organisation s’est engagée à adopter des approches concrètes pour la résolution des conflits par le biais du droit international, de la coopération interconfessionnelle, et de l’éducation à la paix. À l’occasion de son 11e anniversaire, HWPL a présenté ses réalisations principales depuis l’année dernière, notamment le développement de modèles de partenariats public et privé pour ancrer une paix durable dans divers contextes nationaux. Un point central à l’ordre du jour était l’expansion mondiale du soutien à la Déclaration pour la paix et la cessation des guerres (DPCW), un cadre juridique proposé par HWPL pour mettre fin aux guerres et établir une paix durable. La DPCW énonce des principes tels que la prohibition de l’emploi de la force, la prévention et la médiation des conflits, et assurer une paix durable. Au cours de l’année écoulée, 17 corps internationaux et religieux – y compris le Parlement latino-américain et caribéen (PARLATINO), les législatures du Paraguay, de la République dominique et du Soudan du Sud, ainsi que les gouvernements locaux des Philippines, de Mongolie, de l’État américain de Géorgie, de Madagascar, du Mali, et de l’Inde – ont adopté des résolutions à l’appui de la DPCW. Man-hee Lee, président d’HWPL, a insisté sur la coopération mondiale pour la paix, déclarant : « Le conflit ne peut jamais être une bonne chose. Seulement l’établissement de la paix est vraiment une bonne chose. Si nous ne parvenons pas à établir un monde pacifique aujourd’hui, nous laisserons le fardeau des conflits aux générations futures. On doit laisser derrière nous un monde de paix, pas de L’ancien président de la Croatie, S.E. Ivo Josipović, a adressé un message de félicitations en déclarant : « Nous devons tous être conscients que notre activité pour interdire la guerre dans le monde est plus importante que jamais. » Il a souligné que les réalisations de cette année sont la garantie que l’humanité atteindra un jour la paix éternelle. Dans le secteur religieux, le lancement du Comité de l’alliance des religions pour la paix (SRPC) a marqué une étape importante. HWPL gère actuellement 292 bureaux WARP dans 132 pays, facilitant le dialogue basé sur les Écritures et les discussions interconfessionnelles. Depuis 2023, l’Académie internationale pour la paix religieuse HWPL est un programme d’apprentissage interconfessionnel officiellement reconnu dans plusieurs pays comme une plateforme permettant aux dirigeants et aux citoyens d’engager un dialogue axé sur la paix. Dans le domaine de l’éducation, des progrès ont été réalisés dans l’institutionnalisation de l’éducation à la paix HWPL dans les programmes scolaires publics. La Zambie a déployé le programme dans les écoles de sa capitale, Lusaka, et a annoncé son intention de l’étendre à l’ensemble du pays, en collaboration avec le ministère de l’Éducation. La Mongolie a également signalé des progrès dans l’intégration de l’éducation à la paix HWPL dans les institutions d’éducation tout au long de la vie et l’enseignement public. Lors de la Conférence mondiale sur l’éducation à la paix, M. Ian Miyoba, directeur des politiques éducatives au ministère zambien de l’Éducation, a déclaré : « Grâce à l’éducation à la paix, nous amplifions la voix des citoyens en faveur de la paix et favorisons une culture de la paix. Elle permet de prévenir des problèmes tels que les violations des droits de l’enfant, le mariage précoce et la consommation de drogue, créant ainsi un changement tangible au sein de la communauté. C’est ce qui rend l’éducation à la paix HWPL si unique et pourquoi elle était parfaitement adaptée à la Zambie. » Le sommet a également accueilli la Conférence internationale 2025 sur la préparation à l’unification pacifique de la péninsule coréenne, dont les discussions ont porté sur la « Libre circulation intercoréenne grâce au partenariat public-privé ». Suite au lancement du Comité préparatoire pour l’unification pacifique de la péninsule coréenne (PCPUK) en mars, la conférence de cette année a débattu de plans d’action axés sur les échanges intercoréens, l’éducation à l’unification et la coopération internationale. Au cours de la dernière année, le nombre de membres d’HWPL a augmenté de 140 000, dépassant les 580 000. Le secrétaire général d’HWPL, Tae-hoKang, a souligné dans son rapport d’activité : « Les citoyens du monde entier, victimes des guerres et des conflits, aspirent ardemment à une paix véritable, au-delà de l’ordre actuel. Cette aspiration collective a directement contribué à la croissance rapide du nombre d’adhérents d’HWPL. » Alors que le sommet de Cheongju a été l’événement phare, HWPL a souligné que les événements commémoratifs se poursuivront dans 78 pays jusqu’en octobre. Plus de 15 000 dirigeants d’organisations internationales, de gouvernements et de la société civile sont attendus pour participer à des discussions approfondies sur des stratégies à long terme pour une paix durable, adaptées à leurs contextes nationaux respectifs.

Congo. Rodric Steeve Mpassy : il faut examiner à la racine le phénomène des violences attribuées aux « bébés noirs »

Congo. Rodric Steeve Mpassy : il faut examiner à la racine le phénomène des violences attribuées aux « bébés noirs »

POINT DE VUE. Les « bébés noirs » seraient une création du régime de Brazzaville, instrumentalisée dès 2016 pour instaurer la peur et maintenir la population dans le chaos, accuse Rodric Steeve Mpassy, acteur de la société civile congolaise, dans un message publié sur les réseaux sociaux et reproduit ci-dessous. « L’opération menée par le général Serge Oboa n’a aucun sens. Elle ne répond pas à l’intérêt général des Congolais mais sert uniquement les intérêts du régime de Brazzaville. Il est important que nos compatriotes comprennent la finalité de cette « fameuse opération », dirigée par un général resté fidèle à Denis Sassou Nguesso depuis plus de 30 ans. Rappelons-le : la DGSP n’est pas l’armée congolaise, ni la police, encore moins la gendarmerie. C’est avant tout une garde présidentielle. Une milice privée de Dénis SASSOU Ngeusso qui protège ses intérêts. Face à une situation de cette ampleur, nous devons éviter de réagir par émotion. Il faut plutôt faire appel à notre intelligence collective et à la Constitution congolaise, notamment ses articles 8 et 9 : Article 8 : La personne humaine est sacrée et a droit à la vie. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger. Article 9 : La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce qu’un procès équitable ait établi sa culpabilité. Je ne cautionne pas les violences attribuées aux « bébés noirs », mais il faut examiner ce phénomène à la racine. C’est d’abord un problème sociologique et éducatif. Lorsque Denis Sassou Nguesso a sciemment détruit l’école congolaise, à quoi pouvait-il s’attendre ? Ces « bébés noirs » sont une création du régime lui-même, instrumentalisée dès 2016 pour instaurer la peur et maintenir la population dans le chaos. La police, dirigée par l’incompétent Obami Itou, avait été présentée comme la « solution finale » à ce fléau. Mais pourquoi alors ne pas mobiliser l’armée nationale, plutôt que de livrer des jeunes en pâture à la DGSP ? Exposer publiquement la jeunesse, l’humilier et la brutaliser ne résout rien. Au contraire, cela crée des traumatismes profonds. La jeunesse congolaise n’est pas un problème : elle est une richesse et un atout pour l’avenir du pays. À chaque fois que Denis Sassou Nguesso invente une « solution », ce sont les innocents qui en paient le prix. En 2016, lors des violences attribuées aux « Ninjas », ce sont les jeunes des quartiers sud de Brazzaville qui ont subi la répression. En 2024, avec l’« Opération Coup de Poing », ce sont encore des innocents qui ont souffert, comme l’ont documenté plusieurs organisations de défense des droits humains. Malgré ces bavures, les « bébés noirs » continuent de semer la terreur. Si une telle opération devait exister, elle devrait être conduite dans le respect strict des droits humains. Mais chaque fois que Sassou Nguesso met en place une « solution », il sème surtout la désolation, incapable de résoudre les problèmes qu’il a lui-même créés. Rodric Steeve Mpassy Acteur de la société civile congolaise«