RDC. Cinq retombées de la condamnation de J. Kabila

TRIBUNE. À l’issue du procès contre Joseph Kabila, la Haute Cour militaire a prononcé par contumace ce mardi 30 septembre la sentence de la condamnation à mort de l’ancien président congolais. La même juridiction a également ordonné son arrestation immédiate. Kabila a été reconnu coupable de crimes de guerre, incluant viols, meurtres, trahison, complot, ainsi que d’apologie et propagande en faveur d’actes de crimes de guerre. Outre ce verdict, en tant que sénateur à vie, Kabila devra encore répondre devant la Cour militaire pour plus de 120 chefs d’accusation, dont des crimes graves, des détournements de fonds et d’autres violations bien documentées en RDC. Est-ce l’application des principes d’une justice équitable à tout congolais, quel que soit son rang social? Est-ce le début en RDC d’une nouvelle ère de fin d’impunité en RDC? En simple analyste, je crois comprendre que les choses sont un peu plus complexes et appellent de la prudence, de beaucoup de prudence sur les tenants et les aboutissants de ce procès. Ce dont je suis certain, ce sont les répercussions socio-politiques de cette mesure judiciaire inédite et elles se comptent au nombre de cinq. 1. Il y a quelques mois, le pouvoir de Kinshasa voyait en Kabila le chef direct de M23 et de l’AFC. Condamner ce dernier à mort revient à condamner le processus de Doha qui augurait un dialogue entre belligérants congolais de Kinshasa et de deux groupes rebelles. Hier l’émissaire de Trump en Afrique faisait de l’étape de Doha une condition sine qua non à l’application de l’Accord de Washington. En condamnant Kabila, le pouvoir de Kinshasa a coupé l’herbe sous les pieds de ces tentatives de pacification de la RDC par voie de dialogue et de négociation. 2. À bien analyser les choses, l’ancien président congolais est en train de payer cash le prix de sa trahison de par ses choix politiques à l’encontre de la vérité des urnes et d’avoir imposé au peuple souverain et au détriment de Martin Fayulu, celui qui le traite de la manière que tout le monde sait. Par ailleurs, cette saga judiciaire sur Kabila aura indubitablement des répercussions sur le plan international. D’abord avec les trois chefs d’Etat ( Égypte, Kenya et Afrique du Sud) jadis pris à témoin en fin de l’année 2018 dans les arrangements à l’africaine et anticonstitutionnels de passation de pouvoirs entre le président sortant ( Kabila) et le président entrant (Tshisekedi). Ensuite au niveau de nombreux autres Etats africains et du monde qui verront au-delà de ces procès en série, une claire volonté politique de diabolisation de l’opposition politique et d’autoritarisme de mauvais goût qui n’honorent pas l’image du pays. 3. Et la sentence sur la lourde amande de 29 milliards de $ à payer à l’état congolais et celle de 2 milliards à payer en guise de réparation aux victimes des zones sinistrées du Nord et Sud Kivu et l’Ituri ne se comprennent que dans la clause finale de déposséder Kabila de tous ses biens en RDC. Qui ignore que l’argent reste depuis toujours le nerf de la guerre et Tshisekedi a compris que l’unique manière d’affaiblir la machine guerrière de Kabila consisterait à sécher ses sources financières d’approvisionnement. Le Magazine Forbes qui plébiscitait Kabila le plus riche africain avec 32 milliards de $ ( bien avant l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote avec ses 28 milliard de $) a fait comprendre à tous le secret de Kabila Entertainment et la somme totale de 31 milliards de $ s’avère une grande coupe en faveur d’un pays dont le budget annuel est évalué à 6 milliards ( cinq fois inférieur à la fortune de son ancien président). Cette somme de 31 mlds qui sera prélevée sur l’ensemble de ses biens veut tout simplement dire en d’autres mots que quasi toutes ses richesses et avoirs de l’ancien président seront transférés à l’État congolais. 4. Cette condamnation à mort d’une telle sévérité prononcée en RDC contre un ancien Chef de l’Etat est une première en RDC et constitue en même temps un précédent juridique fondamental qui ouvre la voie à toutes les hypothèses, y compris le sort post-pouvoir de celui qui règne aujourd’hui sur le Congo. Cela annonce, plaise au ciel, la fin de l’impunité présidentielle et tout ce qui en découlera dans l’avenir que ce soit pour pour le justiciable actuel comme pour ses successeurs. D’autre part ce verdict est ambivalent, il risque de porter quelque chose de constructif et de fâcheux. De constructif dans ce sens que les futurs mandataires de l’Etat comprendront que la recréation est finie et qu’il faudra prendra beaucoup de précaution et de transparence dans la gestion de la chose publique. De fâcheux également d’autant plus qu’au regard du traitement dégradant subi par celui qui a voulu inaugurer « pacifiquement » la passation du pouvoir, très peu d’autres futurs présidents en exercice prendront le risque de céder pacifiquement et démocratiquement le poste à un successeur, de peur de subir les menaces d’un procès ou d’une condamnation. 5. Ce verdict coupe le tout petit fil d’espoir de réconciliation qui restait entre les deux anciens alliés Tshisekedi et Kabila. La blessure profonde et l’humiliation que cela provoque dans la personne de l’illustre condamné ne seront pas sans reaction de sa part. Et comme toutes les voies de négociation semblent épuisées, c’est la carte militaire qui semble vouloir dire le dernier mot. J’espère vraiment que les mercenaires de Blackwaters dont on annonce l’arrivée à Kinsangani ne feront pas comme nos braves Roumains à Goma et qu’eux au moins feront pencher les rapports de force en faveur de celui qui les a invités. Kabila blessé dans son amour-propre et retiré dans des derniers retranchements ne semble plus avoir que le seul recours des armes pour laver son honneur souillé et pour porter un coup fatal à ses détracteurs. Ce verdict risque de ne pas être la fin de la tragédie politique qui se vit au sommet du pouvoir congolais. Il risque d’être suivi par beaucoup de rebondissements tragiques. Avec au final
Maroc : la croissance économique bondit à 5,5% au deuxième trimestre 2025

ACCELERATION. L’économie marocaine accélère sa croissance au deuxième trimestre 2025. Selon les statistiques publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance économique nationale s’est établie à 5,5% contre 3% durant la même période de l’année 2024. « Cette croissance a été portée par la demande intérieure, dans un contexte marqué par une maîtrise de l’inflation et une aggravation des besoins de financement de l’économie nationale », a précisé l’institution publique dans sa note d’information sur la situation économique nationale 2025. La même source annonce également une hausse de 5,5% des activités non agricoles au cours de cette période tandis que celles du secteur agricole ont progressé de 4,7%. Dans le détail, la valeur ajoutée du secteur primaire a progressé de 4,2% au deuxième trimestre 2025 après une baisse de 4,8% durant la même période de l’année 2024. « Cette évolution est le résultat de la hausse de 4,7% de l’activité de l’agriculture au lieu d’une baisse de 4,4% une année auparavant et de la baisse de celle de la pêche de 7,7% au lieu d’une baisse de 12,4% », a indiqué l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. De son côté, la valeur ajoutée du secteur secondaire en volume a affiché une hausse de 7,4% au lieu 3,1% au deuxième trimestre de l’année précédente. Le Haut-commissariat attribue cette progression à la hausse des valeurs ajoutées des activités du bâtiment et travaux publics (6,7% au lieu de 3,6%), de l’électricité et eau (8,9% au lieu d’une baisse 5,2%), des industries de transformation (6,9% au lieu de 2,6%) et du ralentissement des activités de l’industrie d’extraction à 10,9% au lieu de 20%. Toujours selon le HCP, la valeur ajoutée du secteur tertiaire, pour sa part, a enregistré une augmentation de son taux d’accroissement au cours de ce trimestre, atteignant 4,8% au lieu de 4,2% le même trimestre de l’année précédente. La VA du secteur a été marquée par l’amélioration des activités de l’hébergement et la restauration (10,5% au lieu de 9,4%), des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale (4,8% au lieu de 3,9%), du commerce et réparation de véhicules (4,4% au lieu de 3,4%) ainsi que de la recherche et du développement et des services rendus aux entreprises (4,2% au lieu de 3,7%). Dans sa note d’information, le Haut-commissariat ajoute qu’elle a également été marquée par l’amélioration des activités de l’information et la communication (2,5% au lieu de 2,3%), des services immobiliers (0,8% au lieu d’une baisse de 1,6%) ainsi que du ralentissement des activités des services de l’éducation, de la santé et des activités de l’action sociale (5,7% au lieu de 6,4%) et du transport et entreposage (4,3% au lieu de 7,9%). Alain Bouithy
LA PAIX EN RDC : Patrick Muwawa et Massad Boulos ont deux visions différentes

TRIBUNE. « Aujourd’hui le président américain Donald Trump a demandé une prière pour la paix au Congo à la Maison Blanche, vous pensez que ça ne représente rien? Vraiment si cet accord n’était pas ce qu’il était, croyez-vous que le président allait autant s’y investir ? » C’est en ces termes élogieux que Patrick Muwawa, le ministre congolais des communications, s’expliquait devant un partenaire des journalistes pour donner crédit au probable Accod de Washington. Cette approche fait montre d’une grande ignorance de la mécanique de la diplomatie américaine. Et voici comment. – Commençons par la fameuse prière présidentielle. Mais quelle prière ? Et à quel Dieu? Puisque ce n’est pas le Dieu de Jesus-Christ qui est l’architecte de la guerre qui déchire le Congo-Kinshasa depuis 1996 mais la politique américaine depuis Bill Clinton jusqu’à ce jour. Les règles mises en place pour le pillage via des proxies africains des richesses rd congolaises, ces règles là n’ont jamais été abrogées. De GW Bush à Trump II, chaque nouveau dirigeant américain arrive à la Maison Blanche avec un narratif qui fait croire aux congolais que les choses ne seront plus comme auparavant mais en réalité rien de substantiel ne change. On modifie le maquillage mais le fond stratégique reste indemne. Pour preuve? En dépit des nombreux accords signés, les congolais continuent à être tués comme des mouches, leurs femmes violées comme des choses et leurs enfants massacrés sans aucune once de pitié. – Sachons-le une fois pour toutes : le président américain ne s’investit pas dans cet accord au nom du bien-être du peuple congolais. Dans la vision globale de la politique de son second mandat « America Great Again », l’objectif principal est d’exploiter le plus rentablement possible, le chaos qu’ils ont organisé partout dans le monde pour pérenniser l’hégémonie américaine mondiale. Et Trump n’y va pas de main morte. En RDC, les clauses de ce probable accord leur rapporterait 50% net de dividendes d’exploitation des ressources minières et le petit 25% concédé au véritable propriétaire ( peuple congolais) et qui pis est, à parité de 25% concédés gracieusement au pays agresseur ( Rwanda), sûrement à titre de récompense pour ses “bons” et loyaux services vis-à-vis du Donneur des ordres. Que conclure??? Trois constats. – Le premier constat : l’approche géopolitique que les dirigeants rd congolais se font du conflit interlacustre accuse beaucoup de déficit. La rage avec laquelle ils s’attaquent au Rwanda et la confiance et soumission quasi aveugles avec lesquelles ils traitent avec Washington les exposent à haïr l’exécutant pour cajoler son commanditaire. Ce qui bien entendu ne pourra rien changer sur le théâtre des opérations militaires à l’Est du Congo. – Entretemps la “diplomatie de jérémiades” maintes fois employée dans des tribunes internationales s’avère inféconde et démontre même à la face du monde l’impuissance d’un pays incapable de s’organiser pour défendre l’intégrité de ses frontières. En réalité les puissances mondiales lisent derrière es sempiternelles plaintes et acccusations, les signaux d’un État faible et failli. Pour cette raison ils trouvent plus de garantie, au nom de leurs intérêts, de traiter avec l’Etat Agresseur car ce dernier répond à leurs critères de puissance impérialiste. L’envoi tout récent par les USA des réfugiés sur le territoire rwandais; l’organisation d’un tournoi international du cyclisme à Kigali cette semaine en cours et le changement de narratif américain sur la guerre en RDC démontrent qui du gouvernement congolais ou rwandais bénéficient de plus de confiance aux yeux du Maître commandeur. – Que personne ne s’étonne de graves tournants qu’est en train de prendre ce projet devenu hypothétique de l’accord de Washington annoncé tambour battant par les officiels congolais mais qu’hier Massad Boulos, l’émissaire du président américain en Afrique, a remis dans ses justes proportions en déclarant : « la guerre qui déchire l’Est du Congo ne peut plus être perçue uniquement comme conflit régional mais comme un conflit INTERCONGOLAIS » . Toujours durant cette interview, le même émissaire va enfoncer le clou en levant certains malentendus diplomatiques. Il a réfuté certaines rumeurs dans le microcosme politique congolais annonçant la tenue d’un sommet à la Maison Blanche entre Tshisekedi et Kagame. Ce qui s’apparente en politique à un grand RECUL DIPLOMATIQUE qui balaie tout espoir misé par le pouvoir congolais sur la tenue de ce sommet en vue de mettre fin au conflit congolais. Ceci dit, le ministre Muyaya doit revoir son optimisme béat et se mettre en tête que pour les Yankees comme pour d’autres pays, seule compte la fructification de leurs propres intérêts vitaux même si pour cela des millions des vies congolaises sont sacrifiées. On l’a dit à maintes reprises et je le répète : Personne d’autre mais alors personne de l’extérieur ne sauvera le Congo en coma avancé sinon les congolais eux-mêmes réunis dans un nouveau contrat social autour d’un même idéal patriotique et d’une nouvelle vision stratégique globale. Par Germain Nzinga
Maroc. Abdeljalil Elblidi: Une force d’expression éclatante

ZOOM. Dans ses œuvres, l’artiste-peintre marocain Abdeljalil Elblidi mène un véritable combat pictural. Ses meilleurs atouts : des couleurs vives et généreuses posées sur la toile. Largesse du geste, force d’expression, ce plasticien qui vit et travaille à Rabat, nous entraîne dans une intense joie visuelle à travers ses portraits, natures mortes, autour du patrimoine immatériel du Maroc. Les œuvres paysagistes, figuratives, suggestives, expressionnistes de notre artiste génèrent une interaction entre la matière et la forme. L’esthétique matérielle de la couleur, fluide, ou raclée en est le moteur. Décidément, le plasticien Abdeljalil Elblidicultive un lâcher-prise qui autorise à sa création de remonter de l’obscurité jusqu’au grand jour. Ici encore, la composition s’impose d’elle-même en une sorte de lumineux éclat visionnaire, à partir de quelques éléments entrevus que l’ensemble se construit au rythme de l’élan créateur. Comme les Nymphéas de Monet, sa peinture nécessite de prendre du recul: près du tableau, les jeux de matières, les larges aplats parsemés de touches et de points, à la limite de la projection. Le regard à l’œuvre découvre alors des silhouettes suggérées qui évoluent si librement dans l’espace. Suggérées car les formes restent avant tout allusives, comme si les êtres devaient se fondre avec la nature, dans une harmonie qui exclurait toute vaine tentative de domination. Elblidis’inspire de sujets oniriques, ou fantasmagoriques mais ses œuvres restent cependant fidèles à la réalité des formes. Elles déroutent, interrogent, dégagent de la poésie. Dans l’univers de l’artiste-peintre Abdeljalil Elblidi, le chromatisme vif et contrasté de ses tableaux ne dépend que des rapports des tons entre eux, selon les surfaces qu’ils animent, de manière totalement subjective. Tout cela se bouscule sur la toile en voisinages inattendus, suscitant chez le spectateur la surprise et le questionnement. Le rapprochement est tantôt éloquent, tantôt obscur, jusqu’à ce que l’effort soit fait de se laisser inviter dans cet univers et de s’en imprégner. Abdeljalil Elblidi semble avoir inscrit ses travaux dans la lignée des Peintres de la Réalité Poétique, dont Maurice Brianchon fut le chef de file. Dans une période attachée à l’ordre, cette conception privilégie le retour au réel et à la figuration, mais un réel transfiguré par la poésie. Les sujets de prédilection de notre artiste sont alors des scènes d’extérieur, mais il excelle aussi dans les scènes d’intérieur et les natures mortes. Il y fait preuve d’une solide construction et d’un harmonieux équilibre des couleurs. Peinture à l’huile, l’aquarelle, l’acrylique, bois… Abdeljalil Elblidi, lui, jongle avec les différentes techniques mises à sa disposition.Sa réflexion technique se métamorphose ainsi en méditation quasi-spirituelle. Qu’on le veuille ou non, bien qu’il soit toujours dans la recherche et l’expérimentation, il reste fidèle à son vocabulaire formel et chromatique qui signifie en dépit et au-delà de la finalité qu’il lui assigne. C’est dire qu’admirer ses oeuvres, c’est aussi rencontrer la sincérité et une certaine conviction qui ne nous laissent pas insensibles. Dans ses œuvres, le contemplateur s’aperçoit immédiatement les possibilités de notre artiste de guider méthodiquement son imagination pour faire quelques pas dans les territoires infinis de la création. Il bouscule, malmène et renverse le sens commun des choses pour arriver à leur signification profonde. Il faut dire que l’œuvre d’Abdeljalil Elblidi statue que l’harmonie des couleurs repose uniquement sur l’entrée en contact avec l’âme humaine et que cette base constitue le principe de la nécessité intérieure : la spiritualité. Ayoub Akil Bio-express : Abdeljalil ELBLIDI est né en 1974 à Rabat, a l’âge de 3 ans, il a été initié à la peinture, il reproduisait ses bandes dessinées préférées. Depuis son enfance, il était très sollicité par ses amis et proches pour leur offrir un portrait ou leur dessiner une image. C’est un artiste peintre autodidacte qui a su joindre l’utile à l’agréable en faisant de sa passion une carrière, il peint des tableaux figuratifs marqué par le réalisme du traitement. Il aime le détail, la précision et la perfection du dessin. Parmi ses expositions individuelles et collectives : 2023 : L’association culturelle D’Art Louane, 3éme édition de l’événement Gal’Rues. 2022 : L’association culturelle D’Art Louane, 2éme édition de l’événement Gal’Rues. 2020 : L’association culturelle D’Art Louane, 1 ère édition de l’événement Gal’Rues. 2019 : Centre culturel de l’Agdal, 2eme édition Vide Cartons. 2017 : L’association culturelle D’Art Louane, Rabat. 2009 : Club Royal, Rabat. 2008 : Centre de formation et d’insertion des jeunes, Ain Aouda. 2008 : Place Jaddah, Avenue Mohammed V, Rabat. 2008 : Galerie BabRouah, Rabat. 2008 : Théâtre Mohammed V, Rabat.
Congo. Ghislain Ondelé met en garde la Sécurité présidentielle : les exécutions sommaires nourrissent la violence et l’impunité

Procéder à des exécutions sommaires n’est pas une solution pour éradiquer l’insécurité liée au phénomène « Bébé Noir » et aux groupes dits Kulunas, affirme l’activiste et défenseur des Droits Ghislain ONDELE KANGA. « C’est un crime qui ne fera qu’alimenter la violence et l’impunité », prévient-il dans un message adressé au directeur général de la Sécurité Présidentielle du Congo. Son message est à retrouver ci-dessous. « Message ouvert au Directeur Général de la Sécurité Présidentielle Monsieur le Directeur Général, Je m’adresse à vous en tant que citoyen préoccupé par la récente opération de lutte contre la délinquance menée dans plusieurs quartiers de Brazzaville. De nombreux témoignages concordants font état d’exécutions sommaires imputées à des éléments de la Garde Républicaine. La situation d’insécurité liée au phénomène « Bébé Noir » et aux groupes dits Kulunas ne date pas d’hier. Elle est le fruit de causes structurelles et profondes où l’État lui-même porte une part de responsabilité. Procéder à des exécutions sommaires n’est pas une solution : c’est un crime qui ne fera qu’alimenter la violence et l’impunité. Il y a de cela une semaine, le Président de la République, M. Denis Sassou Nguesso, a pris la parole lors du 80ᵉ anniversaire de l’ONU, appelant le monde entier à des réformes pour bâtir des États de droit et des environnements propices à une vie digne pour tous. Ces paroles fortes risquent de perdre tout leur impact si, dans le même temps, des pratiques contraires à l’État de droit sont tolérées sur notre propre sol. Ces faits, s’ils sont avérés, constituent une violation grave : de la Constitution de la République du Congo, qui garantit le droit à la vie et à un procès équitable ; des engagements internationaux du Congo, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme. En tenant compte de votre lourde responsabilité à la tête de la DGSP, associer de telles exécutions à votre image contribuera inévitablement au dénigrement de la personne du Président de la République, M. Denis Sassou Nguesso, et fragilisera l’autorité morale du Chef de l’État. Je vous exhorte, dans l’exercice de votre haute responsabilité, à : 1. Mettre fin immédiatement à tout usage de la force létale hors des strictes conditions de légitime défense. 2. Ordonner une enquête indépendante sur les exécutions signalées et traduire en justice tout auteur, quel que soit son grade. 3. Réaffirmer publiquement l’engagement de votre service au respect de la Constitution et des droits humains. La stabilité d’un pays se mesure à la force de son droit, non à la peur qu’il inspire. L’Histoire retiendra les choix faits aujourd’hui. Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression d’un citoyen déterminé à défendre la dignité et la vie de chaque Congolais. Respectueusement, Ghislain ONDELE KANGA Entrepreneur Social | Auteur | Mentor | Formateur | Coach en Leadership I Autodidacte & Multipotentiel | Activiste & Défenseur des Droits. Diplômé de la Grande Université de la Vie. »
ECONOMIE. Kristalina Georgieva : «Il incombe à chaque pays de mettre ses affaires en ordre»

Face à des perspectives de croissance faible et d’endettement élevé Les perspectives de l’économie mondiale restent moroses, en dépit de la résilience dont elle a fait preuve face aux chocs qui se sont succédé ces dernières années, selon la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. «Nous continuons de faire face à des perspectives de croissance faible et d’endettement élevé», a-t-elle affirmé dans un récent rapport annuel du FMI intitulé «Cap sur la croissance en période d’incertitude». D’après la DG de l’institution financière internationale, «la prévision de croissance mondiale à cinq ans s’établit à environ 3%, bien en deçà de l’expansion moyenne d’après-guerre de 3,7%». Dans ce contexte, Kristalina Georgieva estime que «les pays membres du FMI traversent des difficultés considérables» et qu’«il leur faut notamment préserver la stabilité macroéconomique et financière tout en assurant la viabilité de la dette, remédier aux déséquilibres entre pays et améliorer les perspectives de croissance». Elle prévient cependant que la réalisation de ces objectifs exige des mesures urgentes et de grande envergure. Aussi, s’il revient aux pouvoirs publics d’intervenir en premier lieu au niveau national, la patronne du Fonds soutient qu’il incombe à chaque pays de mettre ses affaires en ordre. La patronne du FMI se dit toutefois confiante quant à la capacité des autorités nationales à «stimuler la productivité et renforcer la croissance intérieure, rétablir les marges de manœuvre budgétaires nécessaires à des investissements indispensables et en prévision de futurs chocs, renforcer la stabilité financière et accroître leur résilience», estimant qu’à l’échelle internationale, les pays doivent rechercher des solutions concertées à leurs défis économiques communs. Dans ce rapport, Kristalina Georgieva rappelle un contexte économique mondial en pleine mutation depuis une année, marqué par de profonds changements: du passage au numérique à l’intelligence artificielle, en passant par les transitions démographiques. Et d’ajouter: «En outre, les politiques économiques connaissent des transformations majeures de nature à reconfigurer les échanges commerciaux et les flux de capitaux au niveau mondial». Quoi qu’il en soit, «le FMI continuera de soutenir ses pays membres», s’adaptera, si nécessaire, pour aider les pays à traverser cette période difficile et à remédier aux déséquilibres dont ils pâtissent, a-t-elle assuré. Dans son rapport, le Fonds affirme que le contexte actuel exige clarté, détermination et coordination. «Si l’économie mondiale a fait preuve d’une remarquable résilience ces cinq dernières années, les tensions commerciales se sont fortement accentuées depuis la publication du précédent Rapport annuel, et l’incertitude entourant les politiques économiques s’est accrue», fait-il remarquer. De l’avis des experts du FMI, les autorités sont en butte à un durcissement des conditions financières et à un surcroît de volatilité sur les marchés, et les chocs survenus ces dernières années ont épuisé leurs marges de manœuvre. En conséquence, les décideurs doivent rapidement s’atteler à trois priorités essentielles.L’institution estime qu’ils doivent en premier apaiser les tensions commerciales et corriger les déséquilibres qui y contribuent. Elle les invite à «faire respecter des règles équitables, d’éviter de mettre en œuvre des politiques génératrices de distorsions pour s’arroger un avantage concurrentiel, et de s’abstenir de prendre des mesures de nature à entraver les échanges commerciaux». La deuxième priorité consiste à agir collectivement pour préserver la stabilité économique et financière, en mettant leurs propres affaires en ordre en procédant de manière réaliste à des plans d’ajustement crédibles. Quant au troisième axe prioritaire, il «consiste à accélérer les réformes propices à la croissance, afin de rehausser la productivité et le potentiel de production», a indiqué le Fonds. L’institution appelle les pays à privilégier les politiques intérieures et les réformes structurelles des marchés du travail, des biens et des produits financiers, tout en continuant à faire preuve de rigueur sur le plan réglementaire. Alain Bouithy
Brazzaville: inhumation de l’artiste Toussaint Essou des Bantous de la Capitale

DISPARITION. L’artiste musicien et chanteur Toussaint Essou, membre de l’orchestre Les Bantous de la Capitale, est inhumé ce mardi 30 septembre au cimetière du centre-ville de Brazzaville. Né le 1ᵉʳ novembre 1974 en République Démocratique du Congo (RDC), Toussaint Essou a rendu son dernier souffle dans la matinée du dimanche 31 août 2025, au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville des suites d’une maladie. L’artiste laisse derrière lui un vide aussi bien sein de l’orchestre des Bantous de la Capitale que de sa famille biologique. Repéré et soutenu par Jean Serge Essou, paix à son âme, alors qu’il évoluait au sein de l’orchestre Bana Plus à Pointe-Noire, Toussaint s’était fait remarquer en reprenant magistralement la célèbre chanson Tantine Tata ya Mwassi . Après cette expérience, il rejoint Brazzaville et intègre plusieurs formations musicales, notamment Patrouille des Stars, Z1 International et G7. En 2024, il s’enregistre avec l’orchestre Les Bantous de la capitale. Théo Blaise Kounkou s’est dit profondément touché par la disparition de Toussaint Essou. « Je suis très triste que mon petit Toussaint soit parti si tôt. Il était souvent à mes côtés dès qu’il apprenait que j’étais au Congo, me disant : “Président, je suis là” », a-t-il confié à Pagesafrik.com. « Toussaint et moi nous sommes rencontrés au sein de l’orchestre des Bantous de la Capitale. J’ai de très bons souvenirs de lui, je l’ai côtoyé pendant des années », témoigne, de son côté, le bassiste Mapassa, membre de l’orchestre. La disparition de Toussaint « est une énorme perte, non seulement pour la famille des Bantous de la Capitale, mais aussi pour ses membres, admirateurs, sympathisants, hommes et femmes de culture, et tous les amoureux de la rumba congolaise », a-t-il ajouté. Cette épreuve douloureuse que traverse aujourd’hui l’orchestre doit le rendre encore plus fort. Elle appelle à l’unité et à la solidarité entre musiciens, ainsi qu’à la poursuite de l’œuvre entamée avec vigueur et détermination. Toussaint Essou rejoint d’autres grandes figures qui ont marqué l’histoire de la musique congolaise en général et des Bantous en particulier : Pamelo, Nganga Edo, Jean Serge Essou, Pandi Célestin, Koukou Mpassi Mermen, Kabako Lambert et tant d’autres. Merci, artiste, pour tout ce que tu as offert à la musique congolaise en général, et aux Bantous de la Capitale en particulier, ta famille de toujours. Va en paix. Fredrich Gunther M’bemba
Congo : le ridicule et les obstacles de la note sur la commission de déshérence du premier ministre Collinet Makosso ( lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. Faisant suite à notre article sur la note n°0020/PMCG/CAB signée par le premier ministre ACM sur la mise en place d’une commission chargée du recouvrement des fonds publics en déshérence, et compte tenu des remous qu’elle suscite, il sied d’y revenir. D’emblée, il faut signaler que, par dictat, même si la commission parvenait à exister juridiquement, elle buterait à plusieurs obstacles : Ces failles laissent présager des contentieux massifs, une inefficience opérationnelle et, à terme, un effondrement de la crédibilité de la démarche, à l’instar du fameux arrêté, n°1859 du 10 mars 2017 signé par Calixte Ganongo consacrant les détournements « légaux » en millions de milliards récemment par Dongou Armel alias Zidane et cie. Huit ans plus tard, le pays continue d’en payer le prix fort ! ACM doit prendre le courage de corriger impérativement La viabilité du projet d’ACM suppose :-De revoir les décrets n°1908 du 16 octobre 1995 signé par Adamo Mateta Luc ainsi que celui du ministre Calixte Ganongo, cité dessus. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE